”Issu d’une pauvre mais pieuse famille d’Athènes, saint Michel était resté sans instruction, et il n’avait pas trouvé d’autre travail pour vivre que de transporter sur son âne du fumier pour les jardins. Un jour, alors qu’il était âgé d’à peine dix-huit ans, rentrant en ville après une tournée dans les villages, il se heurta aux gardes qui l’accusèrent de transporter de la poudre pour les brigands qui étaient cachés dans les montagnes. Sans aucune preuve, ils le jetèrent en prison, en le frappant; et, pendant trente jours, des Turcs vinrent quotidiennement le visiter pour le convaincre, sous menaces de mort, de se convertir à l’Islam. Un pieux chrétien, Georges, réussit pourtant à se glisser dans la prison pour encourager le jeune garçon à rester ferme dans sa foi au Christ, afin de remporter la couronne du martyre. On le présenta au tribunal, où le juge lui fit miroiter de trompeuses promesses, auxquelles Michel ne répondait que par ces mots : « Je ne deviendrai pas Turc! » Transféré auprès du pacha de Joannina qui se trouvait alors à Athènes, il se montra tout aussi résolu, malgré les propositions du magistrat d’être quitte après un engagement verbal. Soumis à la question, il répétait toujours les mêmes paroles, aussi la sentence de mort fut-elle prononcée. Il courut avec empressement sur le chemin menant au lieu de l’exécution, en demandant pardon aux chrétiens qu’il rencontrait, et arrivé là, il s’agenouilla, inclina la nuque, attendant la mort comme promesse de vie éternelle. Le bourreau l’ayant d’abord frappé légèrement, le saint cria à deux reprises : « Frappe, pour la foi! » et l’homme lui assena alors, de toutes ses forces, le coup mortel qui lui procura la couronne inflétrissable du martyre (30 juin 1770).