”Au XIVe siècle vivait au Monastère de Rimets, l’un des plus anciens ermitages de Transylvanie, un moine à la vie ascétique édifiante, nommé Gélase, qui resta dans la mémoire des moines de ce monastère et des fidèles de la région jusqu’à nos jours. On raconte qu’il vivait en hésychaste dans les montagnes en compagnie de douze disciples, avant de devenir higoumène. Le jour, il travaillait avec ses disciples, et il veillait toute la nuit, puis célébrait la sainte Liturgie à l’aube. Il ne participait au repas que le samedi et le dimanche, et les autres jours, il se contentait de la seule sainte Communion. Pendant les périodes de carême, il rendait visite aux ermites qui étaient dispersés dans les environs et les soutenait de ses conseils paternels et de ses prières, et quand il redescendait au monastère des foules de malades, de possédés et de nécessiteux l’attendaient pour recevoir la bénédiction de Dieu par ses prières. Un jour d’été, pour rafraîchir ses disciples, il fit jaillir une source dont les fidèles viennent aujourd’hui encore recueillir l’eau aux vertus thérapeutiques. En 1924, une inondation entraîna dans son courant de nombreuses reliques du cimetière du monastère, dont le crâne du saint qui vint s’arrêter contre une fenêtre de l’église. Il est depuis gardé dans le sanctuaire et offert à la vénération des fidèles. En 1978, on découvrit, sous la deuxième couche de peinture de l’église de ce monastère, une inscription de l’an 1377, qui mentionne le nom de l’archevêque de Transylvanie Gélase, le premier hiérarque connu de cette région, qui devait avoir sa résidence au monastère. Les années suivantes, des fragments de ses saintes reliques furent découverts, qui ne cessent d’accomplir des miracles en faveur des foules de pèlerins qui se pressent vers ce saint lieu. C’est ainsi qu’une femme du village de Negresht-Oash, Marie, qui souffrait d’épilepsie, ayant été invitée à se rendre au monastère de Rimets par une colombe qui lui était apparue en rêve, fut complètement guérie en vénérant les reliques de saint Gélase. Un homme du village de Cocora (département d’Alba Julia), qui s’était éloigné de la foi orthodoxe et souffrait de paralysie, fut amené au monastère sur un char traîné par des bœufs et trouva la guérison grâce aux prières instantes des moines réunis devant les reliques du saint, et il rentra chez lui guéri de corps et d’âme comme le paralytique de l’Évangile.