”Lorsque l’impie Maximien (Galère) déclencha sa persécution contre les chrétiens, le gouverneur d’Égypte, Amplien, s’employa à appliquer les décrets de l’empereur avec une particulière cruauté. Un groupe de vaillants soldats du Christ se présenta alors spontanément au tribunal, déclarant qu’ils ne craignaient rien de ce serviteur du diable. Interrogés par Amplien, ils répondirent qu’en pleine connaissance de cause, ils venaient confesser devant lui le Sauveur, au mépris des tourments. Livrés à la bastonnade, ils déclarèrent qu’ils n’en éprouvaient aucun mal. On leur lacéra les chairs au moyen de crocs de fer, mais sans plus de succès. Amplien les déféra alors auprès de l’empereur Maximien, à Thessalonique. Comme les saints martyrs souffraient cruellement des sévices qui leur avaient été infligés en Égypte, Maximien ordonna d’exécuter sans retard les plus atteints et de garder les autres pour de nouveaux supplices. Trente-deux d’entre eux furent exécutés, et ne restèrent en prison que quatre valeureux martyrs : Paul, Bilon, Théon et Héron, originaires de la ville de Tanis. Le lendemain, l’empereur les fit comparaître à son tribunal. Paul déclina leur identité et déclara d’une voix assurée qu’ils refusaient de se soumettre à un décret inepte. Comme le tyran les menaçait de cruels châtiments, ils répondirent d’une seule voix : « Allez! Nous sommes prêts à souffrir tout tourment pour le Seigneur Jésus-Christ! » On les étendit sur le chevalet pour les écorcher vif, tout en allumant sous leurs pieds un brasier. Mais les saints endurèrent les souffrances en chantant et demandant à Dieu de leur venir en aide, comme Il l’avait fait autrefois pour les trois Jeunes Gens à Babylone.
Le Christ leur apparut alors et leur dit : « Ne craignez rien, car Je suis avec vous! » Et aussitôt les mains des bourreaux se trouvèrent paralysées et la fournaise s’éteignit. L’empereur, attribuant ce miracle à un tour de magie, laissa éclater sa colère et ordonna de les livrer aux fauves. Amenés dans l’arène, en présence de toute la population, les saints se montrèrent tout aussi inflexibles dans leur confiance en Dieu; et les bêtes vinrent leur caresser le visage de leur queue, rivalisant pour prendre ainsi la bénédiction des saints. Comme le peuple s’écriait : « Grand est le Dieu des chrétiens! », l’empereur ordonna de réprimer dans le sang cet acte de rébellion. Plus de mille personnes furent alors massacrées et leurs corps furent jetés aux bêtes. Mais comme les fauves ne les touchaient point, le tyran les fit abattre. Les saints martyrs rendaient grâces à Dieu pour ces miracles, et c’est avec joie qu’ils se laissèrent conduire en dehors de la ville pour y être décapités. Une voix céleste se fit entendre : « Votre prière a été exaucée, les portes du Royaume des Cieux vous sont ouvertes, et la grâce de guérir tous ceux qui invoqueront vos noms vous est accordée. » C’est ainsi qu’ils reçurent la couronne glorieuse du martyre, le 2 juillet. Un chrétien, nommé Panès, donna une forte somme d’argent aux soldats pour acquérir leurs corps, qu’il ensevelit avec honneur en un lieu secret. Quelques années après, il procéda au transfert de leurs précieuses reliques à Tanis, leur patrie, où elles accomplirent de nombreux miracles.