”Né en 1009 dans le canton de Trialéti en Géorgie, dans une famille de la haute aristocratie, saint Georges fut consacré à Dieu dès l’âge de dix ans et c’est au monastère de Khakhouli dans le Tao-Khardjéti qu’il fut initié aux saintes lettres par son oncle Georges le Scribe. Attachés ensuite à la maison d’un noble Géorgien, ils durent aller vivre à Constantinople, où pendant douze ans Georges reçut une instruction grecque très complète auprès des philosophes et des hommes d’Église, formation qui le préparait admirablement à la mission que Dieu lui réservait. De retour dans son monastère de Géorgie, il y reçut l’Habit monastique à l’âge de 25 ans, et partit aussitôt en pèlerinage en Terre Sainte. Arrivé dans la région d’Antioche, où vivaient alors de nombreux moines géorgiens, il devint le disciple d’un saint ermite, Georges le Reclus, qui demeurait dans les rochers sur le Mont Admirable \[Cf. la notice de S. Syméon, au 24 mai]. Pendant trois ans, il reçut la charge de s’occuper des malades dans le monastère de Saint-Romain près d’Antioche, puis son maître le revêtit du Grand Habit et l’envoya au Mont Athos, afin d’y poursuivre l’œuvre de traductions laissée inachevée par saint Euthyme (cf. 13 mai).
Il ne trouva pas cependant dans le monastère des Ibères le zèle spirituel de ses fondateurs, et il fut relégué à d’humbles tâches, sans pouvoir commencer ses traductions. Lorsque son Ancien apprit la chose, il le fit ordonner prêtre et lui commanda avec irritation de se mettre sans retard au travail. Georges s’attacha aussitôt à la traduction du Synaxaire et, après avoir rassemblé les informations nécessaires, il composa les vies de saint Jean et saint Euthyme, dont il institua le culte et fit vénérer les reliques. Ses vertus étant alors appréciées à leur juste titre, il fut nommé higoumène (1045) et œuvra grandement pour le rétablissement du bon ordre et de la discipline cénobitique dans le monastère. Mais, rencontrant les mêmes difficultés que saint Euthyme pour mener de front l’administration de la communauté, ses combats ascétiques et son œuvre littéraire, il démissionna au bout de dix ans et retourna au monastère de Saint-Syméon du Mont Admirable (1056). De retour dans la région d’Antioche, il déploya une grande activité en faveur de l’autonomie de l’Église géorgienne auprès du patriarche d’Antioche, et fut chargé de diverses missions diplomatiques par la reine Marie, mère du roi Bagrat IV de Géorgie. Mais lorsqu’on lui proposa un siège épiscopal, il le refusa comme l’avait fait saint Euthyme.
Il traduisit de nombreux livres de l’Écriture sainte, qui devinrent la version officielle de l’Église géorgienne, les principaux livres liturgiques et les œuvres des plus éminents Pères de l’Église. Ces traductions acquirent une telle notoriété que saint Georges fut honoré par la suite comme l’un des maîtres de la langue et de la littérature géorgiennes. De retour en Géorgie, il passa cinq ans à réformer les mœurs de la société, puis il repartit pour l’Athos, emmenant avec lui quatre-vingts orphelins destinés à devenir novices à Iviron. Passant à Constantinople, il rendit visite à l’empereur Constantin XI Doukas, et c’est là qu’il remit son âme à Dieu (1065 ou 1068). Sa dépouille mortelle fut transportée à l’Athos et enterrée auprès de celle de saint Euthyme. \[Bien qu’il eût rendu son âme à Dieu le 24 mai, l’Église géorgienne, qui le vénère comme Égal-aux-Apôtres, a placé sa mémoire en ce jour de la Synaxe des saints Apôtres.]