”Né dans le village de Skiada, dans la région de Patras, en 1610, saint Joachim embrassa la vie monastique dès sa jeunesse. Après avoir, semble-t-il, fondé un monastère à Divris, il devint higoumène du petit monastère de la Mère de Dieu de Noténa, non loin de son village natal. Parvenu à un âge avancé, il démissionna de sa charge pour se retirer dans une cellule qu’il avait construite à un mille de là, et y vivre dans le silence et la prière. Pour vaincre la chair par le travail, il creusa de ses propres mains une petite chapelle dans le rocher, où un disciple prêtre venait célébrer pour lui la divine Liturgie. Il passait ses nuits, debout, retenu par des cordes suspendues au plafond et entre lesquelles était fixée une planche où était posé l’Évangile.

Mais il gardait soigneusement secrets ses travaux nocturnes et avait coutume de dire que la vertu, une fois révélée au grand jour, se perd comme le trésor exposé aux voleurs. Il ne possédait que deux chemises de dessous, qu’il ne lavait jamais et qu’il ne débarrassait de leurs poux qu’en les exposant au froid de la nuit. Sa nourriture était constituée de farine délayée dans de l’eau et bouillie avec un peu de miel; mais le samedi et le dimanche, il envoyait son disciple prendre la nourriture qui était servie au monastère. Bien qu’inculte, il avait une telle connaissance des saintes Écritures, que l’évêque de Patras venait souvent le consulter et se confesser à lui. Il recevait avec aménité les pèlerins qui venaient solliciter sa bénédiction, mais savait subtilement écarter toute occasion de trouble, tant pour lui-même que pour les pères du monastère. Peu avant de quitter cette vie, il convoqua les moines et les exhorta à garder avec soin la paix mutuelle, pour ne pas passer en vain les années de leur vie monastique. Trois ans après son bienheureux repos, l’évêque fit procéder à l’exhumation de ses restes, et son corps fut alors trouvé intact et exhalant un suave parfum. Mais il se décomposa par la suite et son crâne disparut lors de l’incursion russe dans le Péloponnèse, en 1749. Les quelques fragments qui sont gardés aujourd’hui dans son monastère, continuent néanmoins de procurer guérison et consolation spirituelle aux nombreux pèlerins qui viennent les vénérer.