”Originaire d’Antioche, sainte Marthe avait fait vœu de virginité; mais elle se soumit au désir de ses parents et épousa un certain Jean d’Édesse, suite à une révélation du saint Précurseur lui annonçant qu’elle donnerait naissance à un nouveau vase d’élection : saint Syméon du Mont Admirable (cf. 24 mai). Elle fut exempte des douleurs habituelles de l’enfantement et quarante jours après la naissance, elle conduisit l’enfant à l’église de Saint-Jean-Baptiste. Son mari étant mort au cours d’un tremblement de terre qui détruisit une grande partie de la ville, la sainte eut une nouvelle vision, au cours de laquelle elle se vit élevée dans les hauteurs pour présenter son fils à Dieu. Saint Syméon s’étant retiré au Mont Admirable, Marthe, qui demeurait au bourg de Daphni, ne manquait pas de venir souvent lui rendre visite. Elle passait tout son temps dans les églises, où elle priait avec componction, debout, toute son attention fixée vers Dieu : personne ne la vit jamais s’asseoir le dimanche ou parler avec qui que ce soit dans l’église. Elle distribuait de larges aumônes, recevait les étrangers en leur lavant humblement les pieds, vêtait ceux qui étaient nus, nourrissait les affamés, et offrait leur tunique baptismale aux catéchumènes qui n’avaient pas les moyens d’en acquérir une. De même, elle procurait les linges funéraires nécessaires pour ensevelir les indigents. Le jour où saint Syméon monta, en grande solennité, sur sa colonne définitive (551), sa mère ouvrait le cortège, en tenant en main une croix et chantant : « Sauve-nous, fils de Dieu, crucifié pour nous. Seigneur, gloire à toi, Alléluia ! »

Par la suite, elle vint à plusieurs reprises intercéder auprès du saint, pour qu’il intervienne en faveur du peuple éprouvé : que ce soit lors de la peste qui ravagea Antioche (555) ou lors des tremblements de terre (557), à Antioche et dans la région de Constantinople. Trois mois avant son bienheureux repos, elle fut avertie par des anges de la gloire qui lui était promise, en compagnie de son fils et père spirituel. Elle demanda à être enterrée dans la fosse réservée aux étrangers, à Daphni, où peu de temps auparavant un saint homme, Thomas d’Édesse, avait été enseveli. Après son trépas, saint Syméon fit cependant transférer le corps de sa mère, resté incorrompu, au Mont Admirable. Il fut placé à droite de l’église, près de la colonne ; mais la sainte apparut ensuite à son fils et lui recommanda de construire un sépulcre dans la partie méridionale de l’église. Le transfert de la relique eut lieu en grande pompe, accompagné de nombreux miracles. C’est dans cette chapelle que, quelque temps après, saint Syméon fut inhumé aux côtés de sa mère. [Le tombeau de Ste Marthe a été récemment retrouvé dans la chapelle sud du vaste ensemble construit autour de la colonne de S. Syméon.]