”Notre saint Père Jean était originaire de Parthénite, en Gothie \[Sur la côte méridionale de la Crimée. Sur la Gothie, cf. 18 av.], et fut consacré à Dieu par ses parents, dès son enfance, tel un nouveau Samuel. Au retour d’un pèlerinage de trois ans à Jérusalem et en Terre Sainte, il fut élu par le peuple pour succéder à l’évêque de Gothie qui, ayant souscrit aux édits iconoclastes de Constantin Copronyme, avait été promu au siège d’Héraclée en Thrace (761). Refusant d’entrer en communion avec les hérétiques, Jean alla recevoir l’ordination du métropolite d’Ibérie (Géorgie), puis rentra dans sa patrie, où il proclama la vraie foi par son enseignement et ses œuvres. Le diacre Longin, son disciple, qui avait été envoyé par le saint auprès du Patriarche de Jérusalem pour obtenir son soutien dans la lutte pour l’orthodoxie, fut arrêté par les Sarrasins sur le chemin du retour et mis en croix. Mais, dès qu’il invoqua le nom de Jean, le saint évêque apparut devant les barbares qui, effrayés, remirent aussitôt Longin en liberté.
À la mort de l’empereur hérétique (775), saint Jean se rendit à Constantinople et, présentant à l’impératrice régente Irène et au patriarche Paul (cf. 30 août) le dossier des citations de l’Écriture et des Pères sur les saintes images, qui lui avait été envoyé par le patriarche de Jérusalem, il les convainquit de ne pas retarder davantage le rétablissement de leur vénération par la convocation d’un Concile Œcuménique (787), puis il rentra en Gothie. Peu après, le khagan des Khazars se révolta contre l’autorité byzantine et ses troupes firent de grands ravages en Gothie, mettant à mort de la manière la plus cruelle quantité de chrétiens. Saint Jean essaya d’organiser la résistance, mais il fut arrêté et mis en prison. Il réussit cependant à s’enfuir et alla se réfugier à Amastris, dans le Pont, où il demeura quatre années dans la prière et les œuvres agréables à Dieu. Un jour, comme le saint évêque célébrait l’office du matin, il étendit les mains vers le ciel et se tint immobile, le corps soulevé de terre, jusqu’à la troisième heure.
Comme ses proches lui demandaient la raison de cette prière, il répondit qu’à cette heure ses disciples, qui avaient été faits prisonniers, comparaissaient devant les Khazars, et qu’ils avaient été délivrés de la mort. Par la grâce du Saint-Esprit qui habitait en lui, le saint accomplissait beaucoup d’autres miracles et dirigeait ses disciples en discernant leurs pensées secrètes. Quand il apprit la mort du Khagan, il dit : « Moi aussi, dans quarante jours, je vais m’en aller, pour être jugé avec mon persécuteur devant le tribunal du Christ. » Pendant cet intervalle de temps il ne cessa d’instruire le peuple sur ce qui est nécessaire au salut de l’âme et, le jour dit, il remit en paix son âme à Dieu (vers 800). Conformément à la prédication du saint, un navire se présenta le lendemain au port, et l’évêque Georges \[Probablement S. Georges, commémoré le 21 fév.] vint y placer son corps, en présence de tout le peuple qui chantait des hymnes et faisait monter de l’encens. De retour dans sa patrie, le saint fut déposé dans le monastère des Saints-Apôtres qu’il avait fondé, et il ne cessa pas de montrer sa sollicitude pour les chrétiens en accomplissant de nombreux miracles.