”Notre saint Père Pierre, né au temps de la régence de l’impératrice Irène (797-802) mère de Constantin VI, était issu d’une illustre famille : son père, nommé Constantin, était patrice et général de l’armée impériale. Dès sa plus tendre enfance, il s’adonna avec zèle à l’étude pour rassembler en son âme, telle une abeille diligente, ce qu’il pouvait trouver de meilleur dans la philosophie et la littérature. Après avoir pris femme, il devint à son tour patrice et reçut le titre prestigieux de Domestique des Scholes. Les Scholae Palatine, créées par Dioclétien comme corps de Garde de l’empereur, n’avaient plus guère alors qu’un rôle de parade, et ses membres étaient recrutés parmi la jeunesse aristocratique promise à une brillante carrière. Le Domestique, qui se trouvait à leur tête, occupait cependant la seconde place dans la hiérarchie militaire de l’Empire, et faisait office de général en chef.

Ensuite l’empereur Nicéphore Ier le nomma Domestique des Hikanates et le prit avec lui dans ses campagnes contre les Bulgares. Lors de la sanglante bataille contre Kroum, qui vit la mort de l’empereur (811), le saint fut fait prisonnier et fut jeté en prison, en vue d’être soumis à la torture, avec cinquante autres nobles. Mais saint Jean le Théologien lui apparut de nuit, le délivra de ses liens et le transporta en terre byzantine. À la suite de ce miracle, Pierre renonça à toutes choses de ce monde, les comptant comme des déchets, et se retira au Mont Olympe de Bithynie, où il revêtit le saint Habit angélique. S’étant rangé parmi les disciples de saint Joannice le Grand, il s’exerça pendant trente-quatre ans, avec soumission et vaillance, dans la palestre des saintes vertus. À la mort de saint Joannice (846), il retourna à Constantinople et s’installa près de l’église d’Évandros, qu’il avait fondée au-delà de la Corne d’Or, afin d’y poursuivre sa vie ascétique. Le bienheureux passa là huit années, après la mort de sa femme et de son fils, dans une petite cabane construite de ses mains. Il portait des vêtements de crin, sous lesquels il cachait, à même la peau, une tunique de paille tressée, avec laquelle il fut enseveli. Il restait pieds nus en tout temps, et affligeait son corps par les jeûnes, les veilles et toutes sortes de mortifications qui le rapprochaient des êtres incorporels. Après son repos, survenu le 1er juillet 854, son corps procurait la guérison à ceux qui venaient le vénérer avec foi.