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S’étudier soi-même

A l’armée, dans le service des Transmissions, nous avions un réseau de surveillance et un tableau d’identification. Nous devions opérer des contrôles afin de déterminer quelle station était étrangère et quelle station était la nôtre, car, parfois, des stations extérieures s’interposaient. De même le chrétien doit surveiller ses pensées et ses actes pour s’assurer qu’ils sont en accord avec les commandements évangéliques, bien saisir ses fautes et lutter pour les corriger. Car s’il laisse une faute lui échapper ou s’il ne prend pas la peine de se pencher sur un défaut qu’on lui signale, il ne pourra pas progresser spirituellement.
L’étude de soi est la plus bénéfique de toutes les études. On peut étudier livres sur livres, si on ne s’observe pas soi-même, tout cela est en pure perte. En revanche, si l’on s’observe, la moindre étude, aussi modeste soit-elle, apporte un profit considérable. Notre comportement devient plus adéquat dans tous ses aspects. Sinon, nous commettons de grosses fautes sans même nous en rendre compte. J’ai observé ceci à ma kalyva : les visiteurs me voient porter des rondins d’un bout à l’autre de la cour pour leur permettre de s’asseoir, mais ils ne se demandent pas qui va les remettre à leur place, quand ils se lèvent pour partir. Ou bien si j’apporte un tronc et qu’il en faut davantage, ils s’attendent à ce que ce soit moi qui aille les prendre. S’ils réfléchissaient un peu, ils se poseraient la question : «Bon, nous sommes cinq ou six ; allons-nous le laisser porter tout seul tant de rondins de l’autre bout de la cour ?» et ils iraient aussitôt les chercher.
— Géronda, une jeune sœur m’a posé la question : «Lorsqu’il était novice, le Géronda n’a-t-il pas connu de chutes dans son combat ? N’a-t-il jamais eu de mauvaises pensées ? Ne tombait-il jamais dans le péché de condamnation d’autrui ?
— Moi, lorsqu’un problème se présentait dans mon combat spirituel ou lorsqu’on me faisait une observation, je ne considérais pas ces difficultés comme «non imposables».
— «Non imposables» ? Que voulez-vous dire, Géronda ?
— Cela signifie laisser courir, considérer avec indifférence ses fautes. Ne pas en être affecté, les ignorer. Tel un sol endurci qui ne laisse pas l’eau de pluie le pénétrer, même s’il a plu en abondance, le cœur humain est un champ que l’indifférence endurcit et, dès lors, tout ce qu’on peut lui dire, tout ce qui peut lui arriver, le laisse insensible, incapable de se sentir en faute et de se repentir. Si quelqu’un me traitait d’hypocrite, je ne pensais pas : «Maudit soit ce type qui m’a dit ça», mais je cherchais à savoir ce qui l’avait poussé à tenir ces propos. Je songeais : «Il se passe quelque chose. Ce n’est pas sa faute. J’ai sûrement commis une négligence, j’ai dû lui donner une raison de se méprendre sur mon comportement. Impossible qu’il profère de telles paroles comme cela, sans motif. Si j’avais fait preuve de vigilance et de sagesse, il n’y aurait pas eu de malentendu. J’ai blessé autrui et j’en rendrai compte à Dieu». Et je m’efforçais aussitôt de découvrir ma faute pour la corriger. Je n’examinais pas comment ni pourquoi il avait parlé ainsi : par jalousie, par envie, ou s’il avait entendu quelqu’un d’autre tenir des propos sur moi et les avait mal interprétés. Cela ne me préoccupait pas. Et aujourd’hui encore, j’agis toujours ainsi. Supposons que j’entende dire du mal de moi. Je n’en dors plus. Est-ce à raison ? Je m’afflige et je tâche de me corriger. Est-ce à tort ? Je m’en attriste autant, car je pense que j’ai dû commettre une autre sorte de faute : j’ai manqué de vigilance et j’ai scandalisé autrui. Je ne fais pas porter aux autres le poids de ma responsabilité. J’examine comment mes actes seront jugés par Dieu, et non par les hommes.
Si l’on n’examine pas les choses de cette manière, on ne tire profit de rien. C’est pourquoi on entend dire très souvent : «Celui-là, il a perdu le contrôle de lui-même». Savez- vous quand on perd le contrôle de soi ? Lorsqu’on ne s’observe plus. Celui qui a un problème au cerveau, certes, ne se contrôle plus, et il a bien sûr des circonstances atténuantes. En revanche, celui qui a toute sa tête et qui, néanmoins, ne contrôle pas ses faits et gestes parce qu’il ne s’observe pas, celui-là n’a pas d’excuses.

L’expérience acquise à la suite de nos chutes

Lorsque vous vous examinez, il est d’un grand profit de ressaisir le cours de votre vie passée, depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui, afin de savoir où vous étiez, à quel point vous vous trouvez et où vous devriez être arrivées. Si vous ne comparez pas le passé au présent, vous ne vous apercevrez pas que, tout en ayant atteint un état spirituel relativement bon, vous n’êtcs cependant pas au niveau que vous devriez avoir atteint, et que vous affligez Dieu. Jeune, on est pardonnable de n’avoir pas encore atteint un niveau spirituel excellent, mais, en vieillissant, demeurer dans le même état ou ne l’avoir que légèrement amélioré est inacceptable.
Avec les années, l’homme mûrit spirituellement et, s’il tire profit de l’expérience acquise, il peut avancer avec plus d’assurance et d’humilité. Très souvent, même les hauts et les bas qui ont jalonné son combat l’aident à suivre dans sa vie spirituelle une voie ascendante stable et durable.
Le petit enfant qui commence tout juste à marcher va forcément prendre une ou deux bûches dans l’escalier, se heurter la tcte à la rampe, grimper sur une chaise et tomber. Il ne comprend pas que s’il monte sur la chaise et se tient sur le bord, il va culbuter. Mais en grandissant, il acquiert de l’expérience, il mûrit et commence à faire attention. «La dernière fois, pense-t-il, j’y suis monté et je suis tombé. Je ne vais pas monter !». De même dans notre combat spirituel : si nous observons toute chose et en tirons profit, nous acquérons une expérience que nous pouvons utiliser à bon escient, et cela nous aide considérablement.
Je me souviens qu’à Konitsa nous avions chez nous six chevaux, petits et grands. Un jour où je les faisais passer sur un pont fait de troncs d’arbres et de poutres, un tronc pourri céda soudainement sous leur poids et le pied d’un poulain de quatre ans se trouva momentanément coincé entre les planches. Depuis, j’eus beau élargir le petit pont et installer du bois plus solide, le poulain résistait malgré tout : il secouait la tête de droite à gauche et brisait sa bride pour s’enfuir ou bien se cabrait et sautait de l’autre côté. Si un poulain de quatre ans, un animal, apprend de son expérience passée à ne pas remettre les pieds sur le pont où il a chuté, cela vaut encore plus pour l’homme qui doit faire appel à l’expérience de ses chutes pour ne plus retomber.

Identifier et frapper l’Ennemi

-Géronda, je n’aime pas vraiment l’humilité, l’esprit de sacrifice, l’injustice que je dois subir et accepter…
— Ce n’est pas tout à fait vrai. Je ne suis pas inquiet pour toi, car je vois que la juste inquiétude a pénétré en toi. Tu seras bien vite délivrée des passions, car tu as commencé à saisir ton moi et cela aide davantage que toute autre ascèse. Celui qui saisit son moi renonce à son vieil homme et s’engage dans la bonne voie spirituelle. Notre vieil homme tente de s’emparer de ce que l’homme nouveau accomplit. Si nous savons comment le capturer, nous pouvons capturer tous les voleurs qui s’emparent de tous les biens que Dieu nous donne, et nous préservons notre richesse spirituelle.
— Géronda, je m’attriste d’avoir commis une faute, par exemple, lorsque j’ai mal parlé à une sœur : est-ce que ce sentiment m’aide ?
— Oui, il aide, mais attention à ne pas dépasser les limites ! Afflige-toi, mais soit aussi heureuse de l’occasion qui t’a été donnée de mettre au jour la maladie dont tu souffres et de la soigner. Songe donc : «Si j’ai mal parlé et me suis comportée ainsi envers cette sœur, c’est qu’une passion était enfouie à l’intérieur de moi et, grâce à cet incident, elle s’est révélée pour que je puisse en prendre conscience et la corriger». Bien sûr, tu dois demander pardon à la sœur. Les chutes t’aident à te connaître toi-même. Tout ce qui est en toi est dévoilé et, peu à peu, un travail spirituel correct peut se mettre en marche. Vois-tu, les médecins donnent parfois à leurs patients diverses substances pour faire apparaître les symptômes de la maladie et pouvoir établir le bon diagnostic. Ils leur administrent, par exemple, du sucre et effectuent ensuite une analyse de sang pour vérifier leur taux de glycémie.
Dans notre combat spirituel, il nous faut noter les points faibles de notre caractère, nos défauts, car c’est la cible que nous devons tâcher de frapper. En temps de guerre, lorsque nous procédons à une reconnaissance de terrain, nous relevons les positions où l’ennemi se trouve ou encore celles d’où il peut attaquer, et c’est là que nous nous concentrons. Car lorsqu’on sait à quels endroits précis se tient l’ennemi, on est plus confiant dans ses mouvements. On déploie la carte et on se prépare. «L’ennemi se trouve ici et là. Il faut le devancer en occupant telle ou telle position pour l’empêcher d’y arriver avant nous. À cet endroit, nous demanderons des renforts : à cet autre endroit, nous aurons besoin de munitions»… On peut ainsi mettre au point une stratégie. Mais pour savoir où sc trouve l’ennemi, il faut d’abord s’en inquiéter et effectuer des recherches ; on ne doit pas s’endormir.
— Géronda, vaut-il mieux que nous trouvions tout seuls nos défauts ou que les autres nous les signalent ?
— Il est bon de les rechercher et de les trouver soi-même. Ceci étant, si on nous les montre, nous ne devons pas réagir négativement, mais accepter l’avertissement avec joie. On peut croire très bien se connaître et, en fait, se voir comme on voudrait être, et non pas tel que l’on est réellement.
— Géronda, les autres ont-ils une meilleure vision de nous que nous-mêmes ?
— Si on le veut vraiment, on peut tout seul avoir une meilleure vision de soi-même, c’est-à-dire, mieux discerner chacune de ses réactions, chacun de ses défauts… et en trouver l’exacte origine — alors que les autres tirent des conclusions sur nous suivant les hypothèses qu’ils formulent.
— Géronda, est-il possible de ne pas réussir à se voir tel qu’on est, malgré tous les efforts que l’on fait ?
— Oui, si ces efforts comportent de l’orgueil, on ne parvient pas à discerner son vrai moi.

Se refléter dans le miroir d’autrui

On voit mieux son moi quand on sc reflète dans les yeux d’autrui. Dieu offre à chaque homme le charisme qui lui est nécessaire pour qu’il s’aide lui-même, et c’est à lui d’en tirer parti ou non. S’il en profite, il atteindra la perfection. Les défauts sont nôtres : ils sont soit acquis par notre propre négligence, soit hérités de nos parents. Chacun de nous doit mener la lutte qui lui incombe pour s’en délivrer. Pour y arriver, on doit s’observer soi-même dans les défauts d’autrui et examiner son propre état. Un défaut que l’on perçoit chez autrui doit nous faire penser aussitôt : «Voyons, n’aurais-je pas, moi aussi, ce défaut ?» et, le cas échéant, nous devons lutter pour l’éliminer.
— Géronda, et si ma pensée m’assure que je n’ai pas ce défaut, que dois-je conclure ?
— Tu dois te dire : «Si je n’ai pas ce défaut, j’en ai d’autres, plus graves encore ; celui-là est infime en comparaison des miens». Parfois, nos défauts sont peut-être moindres, mais nous avons aussi moins de circonstances atténuantes. Celui qui s’examine de la sorte constate bien qu’il a plus de défauts qu’autrui. Et en outre, il voit clairement les vertus des autres. «Voyons, songe-t-il, est-ce que je possède cette vertu ? Non. Oh là, là ! Comme je suis loin encore de l’état spirituel dans lequel je devrais me trouver !». Celui qui travaille ainsi au plan spirituel est aidé de toute part, il en est transformé au bon sens du terme et il se perfectionne. Il tire profit de l’exemple des saints, et en particulier des saints qui ont lutté ; il tire même parti des actions des séculiers. En effet, s’il voit un laïc ne pas compter sa peine et se sacrifier constamment, il pense : «Et moi, suis-je doté d’une telle générosité d’âme ? Non, je ne possède pas cette générosité et, pourtant, je me considère comme un homme spirituel !». Il tâche alors de prendre exemple sur ce laïc. Nous avons tous, humains que nous sommes, beaucoup de travail accomplir. Dans Sa sagesse, Dieu arrange toutes choses pour notre bien.

Quiconque se connaît bien connaît ce qu’est l’humilité

— Géronda, en général, je m’aperçois trop tard de mon orgueil, une fois que j’ai chuté.
— L’objectif est de t’en rendre compte avant de chuter. Si on te dit que tu as accompli une bonne action, il ne faut pas en ressentir de la satisfaction. Cet éloge ne doit avoir aucune prise sur toi.
— Qu’est-ce qui pourrait m’aider dans ce sens ?
— Te connaître toi-même. L’homme qui possède la connaissance de soi ne craint plus les louanges : elles sont comme des corps étrangers qui ne peuvent plus l’atteindre. Si quelqu’un sait qu’il est un vagabond, la pensée qu’il est un roi n’a aucune prise sur lui. Si toi donc, tu te prenais pour une princesse, tu serais bien sotte !
— Cela m’aiderait-il de me préparer à l’avance à ne pas accepter les éloges ?
— C’est bien sûr ce qu’il faudrait faire, mais tantôt tu es prête, tantôt tu ne l’es pas. L’essentiel est de connaître son moi. Si l’on ne connaît pas son vieil homme, on ne peut cultiver l’humilité. En conséquence, la rupture qui amènerait sur une orbite spirituelle ne peut se produire : nous restons sur notre orbite mondaine.
— Géronda, est-il possible que j’aboutisse à une connaissance erronée de moi-même ?
— Mais nous ne parlons pas ici de situation fausse. Celui qui se connaît bien lui-même possède l’humilité. Et lorsqu’on s’humilie, on est certain de recevoir la Grâce.
Quiconque accomplit le travail spirituel nécessaire à la connaissance de soi ressemble à un homme qui creuse la terre en profondeur pour y trouver des minéraux. Plus il creuse en lui-même pour mieux se connaître, plus il s’abaisse à ses propres yeux et s’humilie, mais la main de Dieu, elle, le relève sans cesse. Et lorsqu’il a réussi à se connaître véritablement bien, son humilité devient un état spirituel, et la Grâce divine demeure en lui «à loyer bloqué» si bien qu’il ne risque plus de tomber dans l’orgueil. En revanche, quiconque n’accomplit pas ce travail spirituel camoufle continuellement ses ordures ; celles-ci s’accumulent sous lui, il s’élève sur ce tas jusqu’à atteindre un sommet, reste là-haut pour un temps, enveloppé dans son orgueil, puis, finalement, s’effondre.

Connaître sa maladie

— Géronda, je remarque souvent les fautes d’autrui et je porte des jugements.
— Ta propre maladie, la connais-tu ?
— Non.
— Voilà pourquoi tu es au courant de la maladie des autres. Si tu connaissais ta propre maladie, tu ne connaîtrais pas tant les leurs. Je ne dis pas de ne pas compatir à la souffrance d’autrui, mais de ne pas s’occuper de ses fautes. Si nous ne nous occupons pas de nos propres chutes, le diable nous donnera des raisons de nous occuper des fautes d’autrui. En revanche si on penche sur soi-même, on se connaîtra mieux et on connaîtra mieux les autres. Sinon, les fausses idées qu’on se fait sur son compte amèneront à juger les autres aussi de manière fausse.
— Géronda, qu’est-ce qui peut le plus aider à nous corriger ?
— Tout d’abord, la volonté. La volonté est en quelque sorte le bon départ. Ensuite, on doit prendre conscience qu’on est atteint d’une maladie et commencer le traitement approprié. Car si celui qui est malade cache sa maladie, il peut soudain s’écrouler sans s’en rendre compte et il ne pourra plus être aidé médicalement. Prenons le cas d’un homme qui sait qu’il est pré-tuberculeux et qui, en conséquence, souffre d’anorexie. Quand on lui demande : «Pourquoi ne manges-tu pas ? — Eh. je ne l’aime pas, cette nourriture !». Puis, lorsqu’il est pris de faiblesse et a du mal à marcher : «Pourquoi marches-tu ainsi ? — Ah. vous savez, j’aime aller lentement. Que voulez-vous ? Que je coure comme un fou ?» répond-il. Il n’avoue pas qu’il est épuisé et ne peut marcher vite. «Pourquoi tousses-tu ? lui demande-t-on, quand il se met à tousser. – Ah, c’est de l’allergie» affirme-t-il ! Il n’avoue pas que ses poumons sont dans un état déplorable. Enfin, il crache du sang par moments. «Qu’est-ce qu’il t’arrive ? — Oh, ce n’est rien, j’ai la gorge irritée !».
— Et tous ces prétextes. Géronda, pour ne pas révéler qu’il souffre de tuberculose ?
— Oui, car il cache sa maladie. Et à force de cacher son mal, il développe une tuberculose galopante. Son poumon s’abîme, il n’arrête pas de cracher du sang, s’effondre et, finalement, sa maladie est révélée, mais elle est alors difficilement guérissable. Au contraire, s’il admettait que sa fièvre est due à la tuberculose et acceptait de se faire soigner, il serait ensuite en meilleure santé que les bien-portants. Je veux dire par là que dans la vie spirituelle aussi, quiconque justifie ses passions finit par subir une emprise démoniaque et ne plus pouvoir cacher sa maladie. Sais-tu ce que signifie pour un homme de se trouver sous l’emprise du diable ? Il s’emporte, enrage, réagit avec violence, insulte les autres avec insolence, et n’accepte l’aide de personne.
Il est donc essentiel de connaître d’abord la maladie dont on est soi-même atteint et de se réjouir de la connaître. Dès lors, on doit accepter le traitement, les remèdes appropriés et, au lieu de résister, ressentir de la gratitude envers le médecin : le confesseur ou le Géronda. Tel celui qui tend le bras pour qu’on lui fasse une transfusion et accepte qu’on le pique, qu’on lui fasse mal, car il sait que c’est pour son bien. Ou encore celui qui doit endurer l’épreuve d’une opération chirurgicale ! Or on accepte de s’y soumettre pour guérir.
— Géronda, je sais qu’une sévère remontrance pourrait m’aider et, pourtant, je ne l’accepte pas de bon cœur. Pourquoi ?
— Ecoute, tu ne l’acceptes peut-être pas de bon cœur, mais tu comprends au moins que ce n’est pas la réaction correcte, n’est-ce pas ?
— Oui, je le comprends.
— Eh bien, si tu le comprends, c’est déjà beaucoup. Vois-tu, le malade prend un comprimé amer, difficile à avaler et, néanmoins, il l’accepte avec plus de plaisir que s’il suçait un bonbon, car il comprend à quel point c’est pour son bien. S’il refuse de prendre le comprimé sous prétexte qu’il est amer, il ne guérira pas. Nous devons donc apprendre à connaître notre mal et accepter le traitement approprié pour que le Christ affermisse notre santé au plan spirituel.