11.1 Toute la terre avait alors une même parole ; il y avait une seule langue pour tous.

Le nouveau chapitre à décrire

Ayant dit sur les nations différentes et leur propagation géographique, saint prophète Moïse continue à décrire la sainte Histoire de Noé jusqu’à Abraham. Tout le monde avait une seule langue et selon les saints Pères et les écrivains chrétiens (saint Jérôme, Origène, saint Augustin, Eusèbe), cette langue était l’hébreu ancien ou le proto hébreu ancien.

 

11.2 Et il arriva qu’en s’éloignant de l’Orient, ils trouvèrent en la terre de Sennaar une plaine où ils s’établirent.

 

La première migration des gens après le déluge

L’Arménie était le premier endroit où les gens vivaient après le déluge. Puis, ils ont voulu de migrer au Sud, en la terre de Sennaar. Les paroles « Ils se sont éloigné de l’Orient » signifie l’éloignement des gens de Dieu. Saint Maxime le Confesseur dit que quand on s’éloigne de Dieu, on arrive forcément à la passion de la gourmandise car Sennaar signifie « la veille des dents », et puis on y construit la tour des passions jusqu’au ciel. Saint Jean Climaque a consacré toute une marche à la gourmandise dans son œuvre célèbre, la Sainte Echèlle qui est un livre de chevet pour la vie ascétique. En voici quelques premiers versets :

Sainte échelle, chapitre 14 :

QUATORZIEME DEGRÉ. DE LA GOURMANDISE, QUI, TOUT IMPITOYABLE QU’ELLE SOIT, PLAIT A TOUT LE MONDE.

  1. Si jamais, depuis que nous nous occupons de certains sujets, nous avons été obligés de parler contre nous, c’est surtout dans le sujet présent que nous devons le faire. En effet je crierais au miracle, si quelqu’un m’assurait qu’il a vu un homme qui s’est entièrement délivré pendant sa vie de la tyrannie de l’intempérance, à moins d’habiter dans la tombe.
  2. La gourmandise est un acte hypocrite de notre estomac, qui nous dit qu’en le rassasiant, il ne se rassasie pas, et qui, pourvu et même rempli de nourriture, ne cesse de nous répéter qu’il éprouve encore de grands besoins.
  3. Ce vice honteux est l’ingénieux inventeur des assaisonnements recherchés, et la source des plaisirs de la bonne chère.
  4. Si par une forte ligature faite dans une violente hémorragie, vous arrêtez le sang sur un endroit, il trouvera une issue ailleurs ; si encore là vous êtes assez heureux pour vous en rendre maître, il s’échappera par une autre voie.
  5. La gourmandise se joue de nos yeux ; tandis qu’une partie des mets qui sont sur la table serait plus que suffisante pour nous rassasier, elle nous fait croire que nous pourrons tous les dévorer.
  6. La satiété produit ordinairement l’incontinence, ainsi que la tempérance engendre la chasteté.

 

La gourmandise est une passion très dangereuse car elle donne naissance à beaucoup d’autres passions. En particulier, dans la classification des passions, la première place occupe la gourmandise qui est la mère de l’adultère.

 

Sainte échelle, chapitre 14 :

  1. Savez-vous à qui nous devons comparer une personne qui, tout en se rendant esclave de son ventre, s’efforce néanmoins de triompher du démon de l’impureté ? comparons-la, sans hésiter, à un homme qui, voulant éteindre un incendie, jetterait de l’huile sur les flammes.

Livre

 

11.3 Et chacun dit à son voisin : Allons, façonnons des briques et faisons-les cuire au feu. La brique leur servit donc de pierre, et le bitume de ciment.

Les confirmations archéologiques

Les recherches archéologiques modernes confirment le fait que les babyloniens savait produire les briques de pierre et le bitume de ciment.

Ur des Chaldéens

11.4 Puis ils dirent : Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête ira jusqu’au ciel, et faisons-nous un nom, avant de nous disséminer sur toute la face de la terre.

 

Faisons-nous un nom

« Faisons-nous un nom » signifie trouvons-nous de la gloire pour tout l’univers.

Saint Jean Chrysostome : « Voyez-vous comme ils montrent toute la corruption de leur âme. Bâtissons-nous une ville et faisons-nous un nom. Mais voyez qu’après une extermination aussi épouvantable les hommes n’en ont pas moins de vices. Qu’arrivera-t-il? Comment seront-ils punis de leur extravagance? Dieu a promis que, fidèle à sa bonté, il ne ferait plus de déluge; mais les hommes ne se sont point corrigés par les châtiments, ni rendus meilleurs par les bienfaits. » 

Pourquoi les gens bâtissent la tour ?

La première raison de la construction de la tour était l’amour de la gloire et le désir de se perpétuer dans les yeux des descendants. La deuxième raison était d’empêcher la dissémination des gens sur la terre et l’accomplissement des prophéties de Noé (Gn 9.25-27). C’est pourquoi c’étaient surtout les Chamites qui ont participé à la construction de la tour car ils pouvaient subir les conséquences des prophéties de Noé le plus (saint Philarète de Moscou).

Les paroles « avant de nous disséminer » peuvent être écrites comme « pour ne pas disséminer ».

Selon Josèphe Flavius, on a construit la tour comme un grand bunker pour se cacher au cas où le châtiment de Dieu s’Il renvoie de nouveau la pluie sur la terre.

Saint Éphrem le Syrien : « Pourquoi construire une ville fortifiée alors qu’il n’y avait personne à craindre? Pourquoi ont-ils besoin d’un pilier qui monte au ciel, lorsqu’une alliance immuable leur a été donnée qu’il n’y aurait plus d’inondation? Ils disent que nous ne nous disperserons pas sur la face de toute la terre. Qui devrait les disperser quand il n’y avait personne d’autre à part eux? Mais à partir de ce qu’ils ont dit: créons un nom pour nous-mêmes, il s’avère que la fierté et l’arrogance ont conduit à la construction de la ville et du pilier, et leur structure a été stoppée par la division qui s’est créée entre eux. » 

 

Nebroth est le roi de Babylone, l’auteur de la tour

Saint Augustin : « Cette ville, qui fut appelée Confusion, c’est Babylone, et l’histoire profane elle-même en célèbre la construction merveilleuse. En effet, Babylone signifie Confusion, et nous voyons par-là que le géant Nebroth en fut le fondateur, comme l’Ecriture l’avait indiqué auparavant en disant que Babylone était la capitale de son royaume, quoiqu’elle ne fût pas arrivée au point de grandeur où l’orgueil et l’impiété des hommes se flattaient de la porter. Ils prétendaient la faire extraordinairement haute et l’élever jusqu’au ciel, comme parlait l’Ecriture, soit qu’ils n’eussent ce dessein que pour une des tours de la ville, soit qu’ils l’étendissent à toutes; l’Ecriture ne parle que d’une, mais c’est peut-être de la même manière qu’elle dit le soldat pour signifier toute une armée, ou la grenouille et la sauterelle pour exprimer cette multitude de grenouilles et de sauterelles qui furent deux des plaies qui affligèrent l’Egypte Mais qu’espéraient entreprendre contre Dieu ces hommes téméraires et présomptueux avec cette masse de pierres, quand ils l’auraient élevée au-dessus de toutes les montagnes et de la plus haute région de l’air? En quoi peut nuire à Dieu quelque élévation que ce soit de corps ou d’esprit? Le sûr et véritable chemin pour monter au ciel est l’humilité. Elle élève le cœur en haut, mais au Seigneur, et non pas contre le Seigneur, comme l’Ecriture le dit de ce géant, qui était un chasseur contre le Seigneur » 

 

11.5 Le Seigneur descendit voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes.

 

 La grande patience de Dieu

Saint Jean Chrysostome : « Vous voyez qu’il ne réprime pas leur folie dès l’abord, il fait preuve d’une grande patience et attend que toute leur perversité se soit montrée dans leur œuvre avant de s’opposer à leurs efforts. Afin qu’on ne puisse pas dire que tout était resté en projet dans leur esprit, mais qu’ils n’avaient rien entrepris, Dieu attend qu’ils aient en effet commencé leur ouvrage, pour montrer combien leur tentative était insensée. Et le Seigneur Dieu descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Voyez l’excès de sa miséricorde ! s’il les a laissés travailler et se fatiguer, c’était afin que l’expérience fût pour eux une instruction suffisante. Mais quand il vit que leur malice augmentait et que le mal gagnait toujours, il montra encore sa bonté en les empêchant de continuer, de même qu’un bon médecin, quand il voit le mal s’accroître et la plaie devenir incurable a recours à l’amputation pour enlever la cause de la maladie. »

  

11.6 Et il dit : Les voilà une seule famille, avec une seule et même langue, et s’ils ont commencé par de tels travaux, rien désormais ne pourra échouer de tout ce qu’ils entreprendront.

11.7 Allons, et étant descendus, confondons ici leur langage de telle sorte que nul n’entende plus la parole de son voisin.

 

Le mélange et la division des langages est la même chose

Ici le fait que Dieu a confondu les langages veut dire qu’Il les a divisés en plusieurs (72 langages) selon chaque nation. Le Psaume dit : « Réduis à néant, Seigneur, divise leurs langues ! » Ps. 55.10

 

Allons, et étant descendus

« Allons, et étant descendus » est un anthropomorphisme pour décrire l’attention particulière de Dieu sur les gens impies. Selon saint Ephrèm le Syrien, saint Jean Chrysostome et saint Augustin la parole « allons » est prononcée par le Dieu Père pour le Fils et l’Esprit Saint (cf. Gn 1.26). Dieu confond le langage pour abolir la construction orgueilleuse de la tour. Une des conséquences positives du mélange du langage est ce que cela empêcherait la propagation rapide du péché et donc la possibilité d’isoler le futur peuple élu des influences négatives des païens aux alentours.

 

Evénement antipode au mélange des langages

Le péché cause le mélange des langues, la division des gens pour que le péché ne se propage pas rapidement sur tous les peuples. En Christ, la grâce de Dieu unit les gens et supprime les barrières entre les nations si bien qu’en Christ, il n’y a ici Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre ; mais Christ est tout et en tous. (Col 3.11) C’est pour ça que l’événement ontologiquement opposé au mélange des langues, selon l’idée de saint Cyril d’Alexandrie, est la descente de l’Esprit-Saint sur les apôtres Qui leur a communiqué le don de parler en d’autres langues pour abolir la barrière du langage et pour leur rendre la capacité de se comprendre.

Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. 2 Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. 3 Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. 4 Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.

5 Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. 6 Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. 7 Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? 8 Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ? 9 Parthes, Mèdes, Elamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, 10 la Phrygie, la Pamphylie, l’Egypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, 11 Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ? 12 Ils étaient tous dans l’étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres : Que veut dire ceci ? 13 Mais d’autres se moquaient, et disaient : Ils sont pleins de vin doux. (Act 2.1-13)

Les apôtres ont commencé à parler les langages existants à la différence des pentecôtistes qui prétendent d’avoir le don des langues mais jamais personnes d’entre eux n’a pas commencé à parler une des langues existantes pour évangéliser un peuple. Les scientifiques linguistiques ont analysé le langage produit par les pentecôtistes lors de leurs glossolalies et ont défini qu’il n’a pas de structure de la langue, qu’il n’obéit pas aux lois du langage et qu’il rappelle plutôt les sons discontinus qu’émettent les bébés irraisonnables.

 

11.8 Et de ce lieu, Dieu les dispersa sur la face de toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville et la tour.

 

Les nations ont commencé à se battre les unes avec les autres

Saint Ephrèm le Syrien : « Il est probable que chaque tribu a commencé à parler dans une langue spéciale, qui lui a été donnée. S’ils n’avaient pas perdu leur langue d’origine, le travail qu’ils avaient commencé n’aurait pas été arrêté. Avec la perte de la langue d’origine par toutes les tribus, à l’exception de la tribu dans laquelle elle est restée (celui de Héber), la construction a commencé à disparaître. Les nouvelles langues éloignaient tellement les tribus qu’elles ne pouvaient se comprendre ; de la division faite par la différence des langues, ils se sont battus. C’est la raison de la rébellion entre ceux qui, par peur des attaques, ont construit une ville fortifiée, et donc ceux qui en avaient peur se sont éparpillés sur la terre. Neurod participa également à la dispersion des tribus, qui s’emparèrent de Babylone et commençèrent à y régner car, s’il n’avait pas essayé de disperser les tribus une par une, il n’aurait pas pu maîtriser une patrie commune à tous. » 

 

11.9 À cause de cela, ce lieu fut appelé Babel (confusion), parce que là le Seigneur confondit les langues de toute la terre, et dispersa les hommes sur la face de toute la terre.

 

Dieu abolit les abus

Saint Jean Chrysostome : « Je leur inflige , dit-il , une punition, qui , monument éternel de leur folie , durera perpétuellement, pour qu’aucun siècle ne puisse l’oublier. Car, puisqu’ils ont abusé de l’unité de langage, ils seront punis par la diversité des langages. C’est ainsi qu’agit constamment le Seigneur. Il l’a fait dès l’origine à l’égard de la femme, elle abusait des dons qu’elle avait reçus; il la soumit à son mari. Il en fut de même pour Adam; comme il n’avait pas profité de son bonheur parfait et du séjour du paradis, mais qu’il avait mérité d’être puni  pour sa désobéissance, Dieu le chassa du paradis, et lui infligea une punition perpétuelle, en lui disant : La terre te produira des épines et des chardons. (Gen. III, 18.) De même ces hommes qui jouissaient de l’unité de langage ayant fait un mauvais usage de ce don qu’ils avaient reçu, Dieu punit leur méchanceté par la diversité des idiomes. Confondons, dit-il, leur langage, afin que personne ne comprenne son voisin, afin que ces hommes, réunis tait que leur langage était le même, soient séparés quand il sera différent. Car ceux qui n’ont pas le même idiome et le même dialecte, comment pourraient-ils vivre ensemble? »

 

Dieu perpétue les événements cruciaux de l’histoire

Saint Jean Chrysostome : « Voyez comme tout a été fait pour que le souvenir en soit éternel. D’abord, la division des langues avait été pronostiquée à l’avance par un nom, celui de Phalec, qu’Héber avait donné à son fils, et qui signifie séparation. Ensuite l’emplacement même fut appelé confusion, ce qui correspond à Babylone. Enfin Héber lui-même conserva l’ancien langage pour que ce fût encore une preuve évidente de la division. Vous voyez de combien de manières Dieu a pourvu à ce que le souvenir s’en conservât et que jamais un pareil événement ne pût s’oublier. Du reste, le père était ensuite obligé de dire à son fils la cause de cette diversité, et le fils demandait au père d’où venait le nom de cet endroit. Car on l’avait appelé Babylone, c’est-à-dire confusion, parce que c’était là que le Seigneur Dieu avait confondu les langues de toute la terre, et c’était à partir de là qu’il avait dispersé les habitants; en effet, le nom de cet emplacement me paraît s’appliquer aux deux choses, à la confusion des langues et à la dispersion des hommes. » 

 

La signification spirituelle de Babylone

Saint Philarète de Moscou : « Le nom de Babylone est mystérieux et éducatif (Apoc. 17: 5). Dans l’Apocalypse de Jean, Babylone s’oppose à Jérusalem et, comme le montre l’épouse de l’Agneau, au contraire, la première est la mère de la prostituée et des abominations de la terre (Apoc. 21: 9-10; Apoc. 17: 5). De là, il est clair que Babylone marque l’église de l’Antéchrist, comme Jérusalem, l’Eglise du Christ. Lorsque Babylone est appelée la grande et la mère, cela signifie l’église de l’Antéchrist dans tout son espace et sa continuation. Cette Babylone spirituelle s’ouvre enfin sensuellement dans une certaine société ou ville visible, décrite par Jean dans des traits vivants (Rév. Chap. 17, 18). Le désir de créer un nom plus qu’humain pour le mettre à la place du nom de Dieu; le désir de domination universelle par l’errance universelle avec les passions humaines, les vices, la superstition, l’incrédulité sont des signes de bâtisseurs et une construction qui se terminera par une confusion extrême et des exécutions de Dieu. »

Enfin, nous savons que l’Antéchrist viendra lorsqu’il y aura le seul gouvernement sur toute la Terre où il aura le règne universel pendant 3,5 ans. Les projets globalistes seront finalement accomplis.

 

Les témoignages non bibliques de la Tour de Babylone

Abydenus, l’historien grec dont les fragments cite Eusèbe de Césarée, décrit la construction de la Tour de manière suivante :

« Il en est qui disent que les premiers hommes issus de la terre, se glorifiant dans leur force et leur stature, méprisèrent les Dieux, et se croyant supérieurs à eux, élevèrent une tour très haute, dans le lieu où est maintenant Babylone. Ils s’approchèrent du ciel ; mais les vents venant au secours des Dieux, renversèrent toute cette construction au milieu de leurs travaux ; et ces débris portent le nom de Babylone. Jusqu’alors ils avaient parlé une même langue ; mais les Dieux leur envoyèrent la multiplicité des idiomes, et la guerre éclata. Le lieu où cette tour fut élevée s’appelle encore Babylone, en mémoire de la confusion des langues qui, précédemment avaient été intelligibles à tous. Les Hébreux désignent la confusion parle nom de Babel. »

Source : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation9.htm

 

11.10 Or, voici les générations de Sem : le fils Sem avait cent ans lorsqu’il engendra Arphaxad, deux ans après le déluge.

 

De Noé jusqu’à Abraham

Ici saint prophète Moïse revient à la généalogie pour montrer la continuité des générations entre Noé et Abraham.

 

11.11 Sem vécut, après avoir engendré Arphaxad, cinq cents ans ; il engendra des fils et des filles, et il mourut.

11.12 Arphaxad vécut cent trente-cinq ans, et il engendra.

11.13 Arphaxad vécut, après avoir engendré Caïnan, quatre cent trente ans, et il engendra des fils et des filles, et il mourut. Caïnan vécut cent trente ans, et il engendra Salé. Caïnan vécut, après avoir engendré Salé, trois cent trente ans, et il engendra des fils et des filles, et il mourut.

11.14 Salé vécut cent trente ans, et il engendra Héber.

11.15 Et Salé vécut, après avoir engendré Héber, trois cent trente ans ; il engendra des fils et des filles, et il mourut.

11.16 Héber vécut cent trente-quatre ans, et il engendra Phaleg.

11.17 Et Héber vécut, après avoir engendré Phaleg, deux cent soixante-dix ans ; il engendra des fils et des filles, et il mourut.

11.18 Phaleg vécut cent trente ans, et il engendra Réhu.

11.19 Et Phaleg vécut, après avoir engendré Réhu, deux cent neuf ans ; il engendra des fils et des filles, et il mourut.

11.20 Réhu vécut cent trente-deux ans, et il engendra Sarug.

11.21 Et Réhu vécut, après avoir engendré Sarug, deux cent sept ans ; il engendra des fils et des filles, et il mourut.

11.22 Sarug vécut cent trente ans, et il engendra Nachor.

11.23 Et Sarug vécut, après avoir engendré Nachor, deux cents ans ; il engendra des fils et des filles, et il mourut.

11.24 Nachor vécut soixante-dix-neuf ans, et il engendra Tharé.

11.25 Et Nachor vécut, après avoir engendré Tharé, cent vingt-neuf ans ; il engendra des fils et des filles, et il mourut.

 

La signification des noms

Sem Nom
Arphaxad voisin des Chaldéens
Caïnan Acquisition
Salé un messager ou un expulsé
Héber étranger venu de l’autre côté de la rivière Il était seul qui n’a pas participé à la construction de la Tour
Phaleg Séparation Pendant sa vie, les langages ont été divisés
Réhu Ami
Sarug Forteresse
Nachor Combattant
Tharé celui qui est parti Cela prédit le destin futur de Tharé, le père d’Abraham qui a quitté la terre d’Ur des Chaldéens

 

 

11.26 Tharé vécut soixante-dix ans, et il engendra Abram, Nachor et Aran.

Selon saint Philarète de Moscou, le fils aîné de Tharé était Aran dont la fille a épousé le deuxième fils Nachor. Le fils cadet était Abram. Aran sera le père de Lot et Nachor sera le grand-père de Rebecca (Gn 22.20).

 

11.27 Or voici les générations de Tharé : Tharé engendra Abram, Nachor et Aram, lequel engendra Lot.

11.28 Et Aram mourut devant son père Tharé, en la terre où il était né, au pays des Chaldéens.

 

La mort du fils devant son père

C’est-à-dire que le fils est mort alors que son père était encore en vie. Certains rabbins disent qu’Aran a été brûlé, parce qu’il ne voulait pas s’incliner devant le feu; d’autres – qu’il est mort en sauvant des idoles de la maison de son père, allumées par Abram; d’autres disent que, après avoir vu Abram, jeté dans le feu, mais sauvé miraculeusement, Aran se soumit sans succès à la même. Saint Epiphane (de Hares L. I) pense que la mort rare de son fils avant de son père fût une punition de Tharé pour son idolâtrie.

Saint Jérôme : « Au lieu de la lecture que nous avons adoptée, «dans le pays des Chaldéens» dans le texte hébreu se trouve «in ur chesdim (כַּשְׂדִּֽים א֥וּר)», c’est-à-dire «au feu des Chaldéens». Et sur cette base, les Juifs transmettent les informations suivantes: Abraham a été envoyé au feu parce qu’il ne voulait pas adorer le feu que les Chaldéens vénèrent; et libéré du feu grâce à l’aide divine, il échappa au feu de l’idolâtrie. Et un peu plus loin [sur soixante-dix interprètes], il est écrit que Tharé est venu avec sa progéniture du pays des Chaldéens. Dans le texte hébreu, se tient plutôt « hors de la flamme des Chaldéens ». Et les Juifs maintiennent la tradition selon laquelle ces mots: «Aran est mort sous les yeux de son père, Tharé, dans son pays natal, sous le feu chaldéen», ce qui veut probablement dire que, ne voulant pas s’incliner devant le feu, il a été détruit par le feu. Et ensuite le Seigneur dit à Abraham: « Je suis Celui qui t’ai tiré du feu des Chaldéens » (Genèse 15: 7). » 

 

 

11.29 Et Abram ainsi que Nachor épousèrent des femmes. Le nom de la femme d’Abram était Sara ; et le nom de la femme de Nachor, Melcha, fille d’Aran, père de Melcha et d’Iescha.

Selon saint Jérôme et saint Augustin, Aran était le père de Melcha et Sara dont le second nom était Iescha. Cela veut dire que Nachor et Abram ont épousé leurs nièces.

11.30 Sara était stérile, et elle n’enfanta point.

Le sens spirituel de la stérilité de Sara

Selon saint Philarète de Moscou, la stérilité de Sara dans la patrie mais qui devient fécond dans un pays lointain est l’image de l’âme qui ne peut pas donnee des fruits spirituels tant qu’elle se trouve en elle-même en espérant sur ses propres forces naturelles, mais qui par la suite sort au-delà de son essence pour la rencontre avec Dieu, elle donna du fruit, un grain cent, un autre soixante, un autre trente. L’homme sort au-delà de son essence par la vie ascétique et selon les commandements de Dieu qu’il a aimé plus que lui-même. Comment Dieu sort-Il au-delà de Lui-même ?

Selon saint Maxime le Confesseur, la rencontre entre Dieu et l’homme se fait là où chacun sort au-delà de son essence. Dieu se présente dans Ses énergies qui proviennent de Son essence. L’essence de Dieu, sa substance, est par définition inaccessible à l’homme. Elle est communiquée par le Père au Fils et à l’Esprit seuls, mais elle est impraticable pour les hommes, même les plus grands saints et ce, jusque dans l’eschatologie. Les énergies divines, elles, sont comme l’irradiation ou le rayonnement de l’essence divine. L’énergie divine n’a rien d’une créature, d’une œuvre de Dieu, elle est Dieu lui-même, incréée comme Lui. Mais cette énergie, c’est Dieu en tant qu’il se communique aux créatures, se rend participable. C’est donc Dieu à l’œuvre dans la création, dans sa providence, dans la révélation de lui-même, dans la sanctification de l’homme, dans tous les rapports de Dieu avec ses créatures. Elle est la source unique et divine de la déification de l’homme. Ainsi recevoir Dieu par grâce, participer à sa vie par la grâce, c’est toujours recevoir son énergie, participer aux énergies de Dieu, mais jamais à son essence.

Les énergies sont communes aux Trois Personnes divines, et sont communiquées du Père, à travers le Fils, dans l’Esprit Saint. Quand l’Esprit est donné par la foi, ce n’est pas son essence, ni son hypostase qui est donnée, mais bien l’énergie de Dieu attribuée à l’Esprit Saint. De même, la grâce est considérée comme une énergie. Cela signifie que la grâce est incréée et c’est précisément parce qu’elle est incréée, parce qu’elle est Dieu lui-même se révélant et se communiquant, que la grâce divinise l’homme. Voilà pourquoi l’Eglise rejette la conception catholique de la grâce créée, perçue comme insuffisante, impuissante par sa nature créée à diviniser ceux qui la reçoivent.

D’abord, la distinction forte entre essence et énergie permet d’éviter tout panthéisme et garantit la transcendance divine. Elle manifeste ainsi avec netteté que l’essence de Dieu ne se laisse pas saisir ou comprendre par les créatures. En second lieu l’affirmation de la grâce comme énergie incréée présente l’avantage de rendre compte de la divinisation de l’homme, c’est-à-dire de son salut. S’il n’y a pas divinisation, il n’y a qu’une union morale de l’homme à Dieu qui ne le sauve pas.

 

11.31 Tharé prit Abram son fils, et Lot fils d’Aran, son petit-fils, et Sara, femme d’Abram, son fils, et il les emmena du pays des Chaldéens pour être transportés en la terre de Chanaan ; ils allèrent ainsi jusqu’à Haran et ils y demeurèrent.

 

La contradiction possible avec les paroles de saint diacre Etienne ?

Saint Jean Chrysostome : « Étudions attentivement, je vous prie, cette lecture; pour comprendre le sens de ces paroles. D’abord, il semble se présenter une question. Tandis que lie bienheureux prophète (j’entends Moïse), nous dit: Tharra prit Abram et Nachor et les emmena de la terre des Chaldéens pour les conduire au pays des Chananéens : il vint jusqu’à Charran et s’y établit; saint Etienne, faisant l’éloge des Juifs, dit de son côté : Le Dieu de gloire s’est montré à notre père Abraham, en Mésopotamie, avant qu’il n’habitât Charran, d’où il le fît partir après la mort de son père. (Act. VII, 2, 4.) Quoi donc ! Les saintes Ecritures sont-elles en contradiction avec elles-mêmes? Non, certes. Mais nous devons en conclure que le fils étant croyant, Dieu lui apparut pour ordonner ce départ, et que, en étant instruit ; son père Tharra, quoique infidèle, voulut faire ce voyage avec son fils chéri; il vint à Charmai, s’y fixa, et c’est là qu’il quitta cette vie. Alors le patriarche vint par ordre de Dieu au pays de Chanaan. Du reste, Dieu ne le fit pas venir avant la mort de son père. Mais, après cette mort, le Seigneur dit à Abraham : quitte cette terre, ta famille et la maison de ton père, et viens dans la terre que je te montrerai. Je ferai naître de toi une grande nation, je te bénirai, et je glorifierai ton nom et tu seras béni ; je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront, et toutes les tribus de la terre seront bénies en toi. (Gen. XII, 1, 2, 3.) »

 

L’époque des patriarches errants

Saint Philarète de Moscou : « Tharé commence l’histoire des errances des patriarches, appelées par Dieu à partir d’un mélange de peuples. Le but moral de cette errance et, pour ainsi dire, de l’expulsion d’une tribu choisie du monde entier devrait être de s’assurer qu’elle soit ainsi préservée des superstitions et des illusions de son époque dans lesquelles, par une communication étroite et une confusion avec d’autres tribus, elle pourrait devenir complètement embourbée. La maison de Tharé n’était pas loin de cette destruction, comme Dieu a étendu à Abram la parole de grâce et de salut (Nav. 24: 2). 

L’apôtre Paul donne à l’histoire des patriarches errants la vue la plus haute et la raison lorsqu’il dit que cette errance s’accomplissait par la foi, attendant la fondation d’une ville dont l’architecte et fondateur est Dieu, la recherche de la patrie céleste (Héb. 11: 8-16). Cela signifie que les aventures extérieures et visibles des patriarches ont exprimé leur chemin spirituel et interne. »

 

11.32 Et tous les jours de Tharé, en la terre de Haran, formèrent deux cent cinq ans, et il mourut à Haran.

Selon Saint Maxime le Confesseur, Haran symbolise l’état de l’âme intermédiaire entre le péché (Ur de Chaldéen) et la vertu (la Palestine). Saint Abba Dorothé décrit cet état en basant sur les paroles de saint apôtre Paul : « Le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde.» (Gal 6,14).

« Nous disions donc que les pères offrirent à Dieu comme présents, en plus des autres vertus, la virginité et la pauvreté, et, comme nous l’avions dit auparavant, ils crucifièrent le monde à eux-mêmes et luttèrent ensuite pour se crucifier le monde, selon la parole de l’Apôtre : « Le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde.» (Gal 6,14). Quelle est donc la différence ? Le monde est crucifié pour l’homme, quand un homme renonce au monde pour vivre dans la solitude, et qu’il abandonne parents, richesses, biens, occupations, affaires : le monde est alors crucifié pour lui, puisqu’il l’a abandonné, et c’est ce que dit l’Apôtre : «Le monde est crucifié pour moi.» Puis il ajoute : «et moi pour le monde ». Comment l’homme est-il crucifié au monde ? Quand après avoir quitté les choses extérieures, il fait la guerre aux plaisirs et aux convoitises des choses ainsi qu’à ses volontés, et mortifie ses passions, il est alors lui-même crucifié au monde et peut dire avec l’Apôtre : «Le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde.»

Ainsi les pères, disions-nous, après avoir crucifié le monde à eux-mêmes, s’efforcèrent par des combats de se crucifier aussi au monde : Nous, nous avons paru crucifier le monde à nous-mêmes, en le quittant pour venir au monastère, mais nous refusons de nous crucifier au monde : car nous jouissons encore de ses plaisirs, nous gardons ses affections, nous éprouvons de l’attrait pour sa gloire, du goût pour des aliments, pour des vêtements. Qu’un outil soit bon, et nous nous y attachons : nous laissons cet outil de rien prendre chez nous la place d’un centenier comme dit l’abbé Zosime. Apparemment nous avons quitté le monde et abandonné ce qui est du monde en venant au monastère, et par des bagatelles nous assouvissons la convoitise du monde ! C’est une grande sottise de notre part de souffrir qu’après avoir renoncé à des choses considérables, nous satisfaisions nos passions avec les plus insignifiantes. Chacun de nous, en effet, a laissé ce qu’il possédait, de grands biens si nous en avions, ou le peu qui nous appartenait, chacun selon ses moyens, puis nous sommes venus au monastère, et là, comme je l’ai dit, nous satisfaisons notre convoitise par des choses misérables et sans valeur. Nous ne devons pas agir ainsi. Nous avons renoncé au monde et aux choses du monde; il faut de même renoncer à l’attachement aux choses matérielles. Il faut savoir ce qu’est ce renoncement, pourquoi nous sommes venus au monastère, et aussi quel est l’habit que nous prenons, afin de nous y conformer et de lutter à l’exemple de nos pères. »

DU RENONCEMENT

 

 

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