Genèse 7

 

7.1 Dieu dit alors à Noé : Entre dans l’arche avec toute ta maison, parce que parmi toute cette race, je t’ai vu juste devant moi.

 

Noé est juste non seulement parmi les hommes mais devant Dieu

Saint Philarète de Moscou souligne que Noé était juste non seulement de l’extérieur ce qui est visible pour tout le monde mais aussi de l’intérieur ce que le Seul Dieu voit. Il devient lui-même le juge pour tous les autres hommes parce qu’ils n’ont pas cru.

Saint apôtre Paul dit : « Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? » (1 Cor 6.2). Même la présence d’un juste juge le pécheur qui vivaient dans les mêmes circonstances mais qu’il n’a pas voulu accomplir les commandements de Dieu. C’est pour cela que toute tentative de s’autojustifier devant Dieu pendant le Dernier Jugement sera vaine, car Dieu pourra montrer un juste qui vivant dans les mêmes circonstances que nous, mais qui vivait autrement que nous.

 

Dieu demande les mesures différentes de la vertu de chacun

Saint Jean Chrysostome : « Ensuite, le Dieu plein de bonté nous enseigne la mesure de la vertu qui était alors exigée d’un juste : (En effet, il n’attend pas de tous la même mesure de vertu : la variété des temps amène la différence dans la vertu qu’il réclame.) Dieu dit parce que je t’ai vu juste et parfait devant moi au milieu de cette génération, si dépravée, si corrompue, si ingrate. »

Dieu sait que nous sommes incapables d’imiter les vies des saints Pères d’Egypte du IV siècle qui vivaient dans le désert inhabité pendant plusieurs dizaines d’années et qui mangeaient en un mois ce que nous mangeons en un jour. Mais Dieu exige de chacun sa propre mesure de la vertu en fonction de ses talents et ses circonstances.

 

 

L’entrée dans l’arche symbolise l’entrée de l’esprit dans le cœur

Saint Ambroise de Milan, en interprétant allégoriquement l’entrée de Noé dans l’arche, voit l’entrée de l’esprit dans le cœur de l’homme. Il dit « si ton esprit est en sécurité, ta maison et ton âme le sont aussi. L’esprit prudent retient toutes les passions, gère les sentiments et la parole. C’est pourquoi, le Seigneur dit raisonnablement au juste : « entre ! », c’est-à-dire entre dans toi-même, entre au sein de ton âme par l’esprit. Ici, tu as le salut, la demeure, et en dehors il y a le déluge, le danger. Si tu es à l’intérieur, tu seras en sécurité à l’extérieur, car là où règne l’esprit, là se trouvent les bonnes pensées et les bons actes. » Saint Ambroise parle de l’état de la concentration interne de l’esprit, l’enfermement de l’esprit à l’intérieur du cœur. Cet état précède la prière attentive lorsque l’esprit ne saute pas à droite et à gauche comme un petit cheval têtu, mais qui dirige par la prière tout l’être vers Son Créateur comme un flèche lancé vers le ciel.  Ignace de Loyola a enseigné par exemple à l’inverse, qu’il faut imaginer la vie du Christ, Sa crucifixion, Sa résurrection, il faut les revivre par ses sentiments. Pour les Pères de l’Eglise c’est la voie directe dans l’erreur spirituelle grave.

7.2 De tous les bestiaux purs introduis auprès de toi sept couples, mâles et femelles, et de tous les animaux impurs deux couples mâles et femelles ;

 

Les animaux purs

Les créatures destinées à être sacrifiées (vache, mouton, chèvre, colombe) et utilisées pour les besoins de l’homme s’appellent des animaux purs, et toutes les autres créatures qui respirent sont appelés impures. Pour le meilleur élevage, les premiers sont pris par sept couples (nous savons que juste après le Déluge, Dieu a permis de manger la viande et qu’il était donc nécessaire d’augmenter rapidement leur population). Les six couples sont pour l’élevage et le septième couple était destiné au sacrifice que Noé voulait faire après son salut.

Saint Jean Chrysostome : « Le Dieu plein, de bonté connaissait sa vertu ; il savait que ce’ juste, touché de la miséricorde du Seigneur, après avoir foui d’un si grand bienfait de la divine faveur, quand il se verrait sauvé d’un si grand désastre, délivré de tout péril, affranchi de la captivité qu’il subit dans l’arche, manifesterait sa reconnaissance, et lui offrirait en actions de grâces des victimes et des sacrifices. Dieu ne voulut pas que les couples fussent dépareillés ; voilà pourquoi le Seigneur, qui prévoyait les sacrifices de la reconnaissance, ordonna d’introduire sept mâles et sept femelles de toutes les espèces d’oiseaux ; c’était afin que, quand la destruction universelle cesserait, quand l’homme juste manifesterait la piété de son âme, les couples des oiseaux et des autres animaux ne fussent pas dépareillés. »

 

Les animaux impurs sont un symbole des pécheurs dans l’Eglise

L’arche de Noé est un symbole de l’Eglise où il est possible d’entrer pour chacun tant qu’il vit. Ici se cache la miséricorde considérable de Dieu pour toutes Ses créatures à qui Il ne souhaite pas la mort. Le Seigneur Jésus Christ en parle aussi : Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. (Mat 5.45). Dans le proverbe sur les noces du Fils, le Roi -Père appelle les invités, mais ayant y renoncé, les invités sont devenus indignes. Alors, le Roi appelle tout le monde aux noces de Son Fils, les méchants et les bons ! (Mat 22.10). Pourquoi appelle-t-il les méchants ? L’Eglise est ouverte pour les méchants qui se repentent de ces péchés comme pour ceux qui se réjouissent de la Bonté de Dieu. Au cours de la vie chrétienne, on retrouve souvent les deux états de notre âme : la tristesse pour Dieu, pour notre éloignement de Lui à cause de nos péchés et la joie infinie de Son salut. Les deux sont précieux pour Dieu. La Sainte Tradition nous raconte une histoire sur deux pécheurs qui se sont repentis les deux dans leurs péchés mortels et les deux ont décidé de passer la vie comme ermites. Le premier priait en pleurant continument de ses péchés commis et en demandait le pardon à Dieu. Le second priait en se réjouissant en permanence du salut que Dieu lui a offert et qu’Il l’a délivré de la mort éternelle. Et lequel d’entre eux a plu plus à Dieu, a demandé un disciple à son abba. Et l’abba a répondu que les deux ont plu à Dieu dans la même mesure.

Cependant, l’Eglise du Christ reste toujours sainte et la multitude des pécheurs à l’intérieur de ses murs n’effondre pas sa sainteté qui provient de sa Tête, le Seigneur Jésus Christ. Saint Philarète de Moscou répond à la question comment l’Église peut-elle être sainte s’il y a tellement de pécheurs ?

« Ceux qui pèchent, mais qui se purifient avec une vraie repentance, n’empêchent pas l’Église d’être Sainte. D’autre part, les pécheurs impénitents sont coupés du Corps de l’Église comme les membres morts, soit par l’action visible de l’autorité ecclésiastique (1 Co 5:13), soit par l’action invisible du jugement de Dieu. L’Église demeure ainsi Sainte dans tous les cas. »

 

Saint Augustin d’Hippone : « Donc, après avoir énuméré « les brebis, les bœufs, et les animaux des champs », on peut fort bien se demander quels sont ces animaux des champs, -puisque l’on peut désigner ainsi les brebis et les bœufs. Mais l’expression, « et même, insuper », nous force à y trouver je ne sais quelle différence ; et cette expression, « et même », embrasse non-seulement les animaux des champs, mais les oiseaux du ciel, les poissons de la mer, qui parcourent les sentiers de l’abîme. Quelle est donc cette différence ? Rappelons-nous les pressoirs, où le vin est mêlé au marc, et l’aire qui contient la paille et le froment (Marc, III, 12 ), et les filets qui renferment de bons et de mauvais poissons (Matt. XIII, 47), et l’arche de Noé, qui abrite des animaux purs et des animaux impurs (Gen. VII, 8 ); et vous verrez que l’Eglise ici-bas, jusqu’au jour du jugement, renferme non-seulement des brebis et des boeufs, c’est-à-dire de saints laïques et de saints ministres, mais « encore des animaux des champs, des oiseaux du ciel, des poissons de la mer, qui parcourent les sentiers de l’abîme ». Ces animaux des champs figurent très-bien les hommes qui mettent leur joie dans les voluptés charnelles, où ils n’ont rien d’escarpé, rien de fatigant à gravir. On peut appeler campagne, cette voie large qui conduit à la mort (Gen. IV, 8 );»

Source

 

 

Noé connaît quels animaux sont purs et impurs

Noé a vécu bien longtemps avant la Loi écrite de Dieu qui était formée à l’époque du prophète Moïse, mais néanmoins il sait distinguer les animaux impurs et purs sans avoir lu le 11ième chapitre du livre de Lévitique. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que Noé connaissait la Tradition orale et ancienne qu’il a reçue depuis son père Lémec. La Bible nous montre que les hommes de Dieu comme Noé, Abraham, Moïse, les apôtres du Seigneur se servaient de la Tradition orale qu’ils ont reçu de leurs Pères. De même manière, nous les chrétiens du XXI vivons non seulement par la Tradition de la Bible mais de la Tradition orale qui nous a été transmises de nos Pères. Celui qui rejette la sainte Tradition de l’Eglise déroge le commandement de Dieu donné par saint apôtre Paul : « Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez la Tradition (παράδοσις) que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre. » (2 Thess 2.15)

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7.3 De tous les oiseaux purs du ciel sept couples mâles et femelles, et de tous les oiseaux impurs deux couples mâles et femelles, afin d’en conserver la semence pour toute la terre.

 

7.4 Car, encore sept jours, et je ferai tomber la pluie sur toute la terre, quarante jours et quarante nuits ; et j’effacerai de la face de toute la terre tout ce qui s’y élève et que j’ai fait.

 

Pourquoi Dieu donne encore sept jours aux hommes ?

Saint Jean Chrysostome : « Dieu déclare qu’il attendra encore sept jours; il veut, par la terreur, corriger les hommes, et les ramener au repentir. Ce qui prouve que c’est bien là sa pensée , qu’il ne veut -pas faire pleuvoir sur les hommes ce déluge qu’il annonce, c’est ce qui est arrivé aux habitants de Ninive. Voyez bien, comprenez, la différence entre ceux de Ninive et les hommes d’autrefois. C’est en vain que, pendant tant d’années, ces hommes entendirent répéter que les plus grands malheurs étaient à leurs portes; ils ne renoncèrent pas à leurs iniquités; c’est là, en effet, notre habitude; nous devenons négligents, quand on ajourne la punition; mais quand les fléaux tombent sur nous; nous nous humilions alors, et nous montrons que nous sommes convertis. C’est ce qui est arrivé aux gens de Ninive : quand ils entendirent ces paroles : Encore trois jours et Ninive sera détruite (Jean, III, 4) , non-seulement ils ne désespérèrent pas, mais ils se réveillèrent, et ils s’abstinrent si bien de toute action mauvaise , et ils mirent tant de- soins à se confesser qu’ils étendirent jusque sur les animaux la confession; non pas que les animaux se soient confesses; comment auraient-ils pu le faire n’ayant pas la parole? mais les Ninivites voulaient; par ce moyen, se concilier la miséricorde du Dieu de bonté. On publia un jeûne, dit l’Ecriture; le roi ordonna, de sa bouche, que-ni les brebis, ni les bœufs , ni les autres animaux ne fussent point menés aux pâturages, et ne bussent point d’eau. (Jon. III, 7). Tout le peuple, tous, couverts de sacs, et le roi lui-même, sur son trône, firent une grande pénitence, avec les animaux, et cette pénitence, ils l’accomplirent sans savoir s’ils échapperaient au châtiment, car ils disaient : Qui sait si Dieu ne se retournera point vers nous pour nous pardonner? (Jean, IX.)

Avez-vous compris la sagesse de ces barbares? Avez-vous compris que la brièveté du délai ne les a pas frappés d’engourdissement , ni jetés dans le désespoir ? Voyez maintenant ces hommes du déluge ; après tant d’années d’attente, lorsqu’ils entendirent ces paroles: Encore sept jours, et le déluge viendra, ils ne se sont pas convertis; ils sont restés dans leur insensibilité stupide; d’où il faut dire que c’est notre volonté qui est la cause de tous les maux. En effet, et ces hommes-là et les hommes de Ninive avaient même nature, mais non même volonté; aussi leur sort ne fut-il pas le même. Ceux de Ninive échappèrent au désastre; Dieu dans sa bonté, dans sa clémence, agréa leur repentir; mais les autres furent engloutis, et périrent tous, de la destruction universelle: Je n’attendrai plus, dit-il, que sept jours, et, après cela, je ferai pleuvoir sur la terre. »

 

Pourquoi la pluie tombe 40 jours et nuits ?

Saint Jean Chrysostome : « Qu’est-ce à dire? Ne pouvait-il pas, s’il avait voulu, en un seul jour faire pleuvoir tout le déluge? Que dis-je, en un seul jour? Un seul moment lui suffisait. Mais ce qu’il dit, c’est à dessein; il veut inspirer la terreur, et, en même temps, ménager à ces hommes l’occasion d’échapper au châtiment, qui était déjà à leurs portes : Et j’exterminerai, dit-il, de dessus la terre, toutes les créatures que j’ai faites, depuis l’homme jusqu’aux animaux. Voyez comment, une fois, deux fois, il prédit la destruction, et cependant il s’abstient; tout ce qu’il faisait, c’était pour nous montrer que c’était avec raison qu’il leur infligeait un châtiment si terrible, c’était afin qu’aucun homme ne pût prétexter l’ignorance , afin que nous ne pussions pas dire : S’il avait attendu au lendemain, peut-être se seraient-ils repentis , peut-être se seraient-ils abstenus de leurs actions mauvaises, peut-être seraient-ils retournés à la vertu. C’est encore pour cette raison qu’il nous a fait savoir le nombre des années, et qu’il a ordonné la construction de l’arche. Et, après tous ces préliminaires, il annonce encore sept jours, afin de faire taire toutes les langues qui parlent au hasard , sans réserve et sans pudeur.»

 

Le chiffre 40

Saint Philarète de Moscou dit que le chiffre 40 et celui de la purification et de la tentation (Ex. 24:18; Ex. 34:28; Nombres 14:34; Deut. 9:18; Deut. 25: 3; 3 Rois 19: 8; Ézéchiel 4: 6; Jean 3: 4; Matthieu 4: 1-2.)

 

 

Les animaux n’ont pas quitté l’arche pendant 7 jours

Pendant 7 jours, la porte de l’arche était ouverte, mais les animaux ne l’ont pas quitté.

Saint Ephrem le Syrien dit : « Même après que Noé et tous les animaux soient entrés dans l’arche, Dieu a hésité pendant sept jours supplémentaires, laissant la porte de l’arche ouverte. Il est surprenant qu’aucun des lions ne se souvienne de leurs forêts de chênes et que d’autres animaux et oiseaux de toutes sortes ne cherchaient plus leurs habitations, et il est d’autant plus surprenant que les contemporains de Noé, voyant tout ce qui se passait en dehors de l’arche et dans l’arche, n’étaient pas convaincus de quitter la méchanceté de leurs actes » 

 

Pourquoi Dieu a promis 120 ans pour la repentance mais n’a donné que 100 ans ?

En Gn 6.3 nous lisons « Alors l’Éternel dit : Mon Esprit ne restera pas à toujours dans l’homme, car l’homme n’est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. » Mais Dieu n’a donné que 100 ans, entre les âges 500 et 600 de la vie de Noé. Pourquoi Dieu a ôté 20 ans ?

Saint Ephrem le Syrien en répond : « En testant la race humaine pendant cent ans, Dieu réduisit cependant vingt ans, car ces sept jours (pendant que Dieu attendait encore même après l’entrée des animaux dans l’arche) selon les signes accomplis, étaient plus significatifs que vingt ans. Car si selon les signes qui ont été accomplis au cours de ces sept jours, les gens ne se sont pas repentis, alors il est évident qu’ils ne se repentiraient pas même pendant vingt ans qui se seraient écoulés sans signes. C’est pourquoi Celui qui a ôté vingt ans a sauvé ainsi les hommes d’un plus grand nombre de crimes. »

 

 

 

7.5 Noé fit tout ce que lui ordonna le Seigneur Dieu.

Saint Jean Chrysostome : « Et Noé, dit l’Ecriture, accomplit tout ce que le Seigneur Dieu lui avait commandé. Voyez comme la divine Ecriture célèbre ici la sagesse et l’obéissance de l’homme juste. Elle nous enseigne qu’il n’a rien négligé de ce qui lui avait été commandé, et qu’en accomplissant tout, il a encore prouvé, par cette obéissance, la Perfection de sa vertu. »

 

7.6 Il était âgé de six cents ans, lorsque le déluge vint sur la terre.

 

La comparaison avec les barbares repentis

Saint Jean Chrysostome : « Notre Seigneur dans ce jour terrible, j’entends le jour du jugement, faisant comparaître les serviteurs avec les serviteurs, prononcera la condamnation, en montrant que ceux qui ont joui des mêmes biens, qui ont reçu des mêmes biens leur part, n’ont pas pratiqué la même vertu : souvent encore il compare l’inégalité des conditions, pour condamner plus rigoureusement les négligents et les lâches. C’est ainsi qu’il dit dans les Evangiles : Les Ninivites s’élèveront, au jour du jugement, contre cette race, et la condamneront, parce, qu’ils ont, fait pénitence à la prédication de Jonas, et cependant il y a ici plus que Jonas. (Matth. XII, 41.) Ces paroles revenaient à dire : Des barbares, dont on n’a pris aucun soin ,qui n’ont pas entendu l’enseignement des prophètes , qui n’ont pas vu de signes, qui n’ont pas contemplé de miracles, qui n’ont vu qu’un homme, un seuls un échappé de naufrage; après avoir entendu des paroles faites pour les jeter dans le désespoir, et la dernière perplexité, à tel point qu’ils auraient eu raison de mépriser et cet homme et ses discours, ces barbares non-seulement n’ont pas méprisé les paroles du prophète, mais, dans le court espace de trois jours, ces hommes ainsi surpris, ont fait une pénitence si active, si fervente, qu’ils ont fait révoquer l’arrêt du Seigneur. Ces Ninivites, dit-il, condamneront cette génération pour qui on a dépensé tant de soins, qui a été nourrie des livrés des prophètes, qui a vu chaque jour des signes et des miracles. Ensuite, pour montrer l’excès de l’incrédulité de ces juifs, il constate l’admirable sagesse des Ninivites, parce qu’ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas ; et cependant il y a ici plus que Jonas : Voyez, dit-il, ces Ninivites, à l’aspect d’un homme méprisable, à l’aspect de Jonas, ont accueilli sa prédication , et ils ont accompli la plus parfaite pénitence : et ceux-ci, à l’aspect de Celui qui est beaucoup plus que Jouas, qui est le Créateur même de l’univers, vivant au milieu d’eux; opérant tant et de si grands miracles, chaque jour purifiant les lépreux, ressuscitant les morts, corrigeant les vices de la nature, chassant les démons, guérissant les maladies, accordant dans sa pleine puissance la rémission des péchés, ils n’ont pas montré la même foi que les barbares. »

 

7.7 Bientôt Noé, et avec lui ses fils, et sa femme, et les femmes de ses fils entrèrent dans l’arche, à cause de l’eau du déluge.

7.8 De tous les oiseaux purs et de tous les oiseaux impurs, de tous les bestiaux purs et de tous les bestiaux impurs, ainsi que de tous les animaux qui rampent sur la terre,

7.8 Deux couples mâles et femelles entrèrent auprès de Noé dans l’arche, selon que le Seigneur avait prescrit à Noé.

7.9 Et après que les sept jours furent passés, l’eau du déluge vint sur la terre.

7.10 L’an six cent de la vie de Noé, le vingt-septième (dix-septième) jour de la seconde lune, toutes les sources de l’abîme jaillirent et les cataractes du ciel furent rompues.

 

Les sources de l’abîme

Les profondeurs des océans se sont ouvertes et les eaux de l’intérieur de la terre se sont écoulées.

 

Le ciel furent rompus

Les sources d’eau qui sont au-dessus de l’étendue se sont précipités sur la terre.

 

Le dix-septième jour de la seconde lune

Selon le calendrier hébreu, cette date correspond au dix-septième jour du mois de marhesvan, ce qui correspond à tout début du mois de novembre.

 

Les hommes avaient tout pour se repentir mais ils ne voulaient pas

Les hommes avaient des prophètes comme Hénoc, Seth, Noé ; la vue des animaux qui entraient dans l’arche ; 100 ans pour la repentance, 7 jours avant le déluge et 40 jours pendant le déluge.

Saint Jean Chrysostome : « Et, après nous avoir montré ce nombre d’années, elle nous a raconté la corruption des hommes dépassant toute mesure, la pensée de chaque homme s’appliquant au mal, dans chacun d’eux, dès sa jeunesse; et voilà pourquoi Dieu dit : Mon esprit ne demeurera pas toujours avec ces hommes, parce qu’ils ne sont que chair. (Gen. VI, 3.) Il leur annonce ainsi d’avance que son indignation déborde ; ensuite , voulant leur donner un temps suffisant pour se repentir, pour échapper aux effets de son indignation, il dit : Le temps de l’homme ne sera plus que de cent vingt ans (Ibid. VI, 3) ; c’est-à-dire j’attendrai encore, j’ajouterai, à ces cinq cents ans, pendant lesquels cet homme juste, rien que par le nom qu’il porte, les a suffisamment avertis, leur a suffisamment conseillé, pour peu qu’ils voulussent être attentifs, de renoncer à l’iniquité, de se convertir à la vertu. Maintenant encore, malgré tant de patience dans le passé, je leur fais la promesse de les supporter cent vingt années de plus, afin qu’ils emploient comme il convient le temps qui s’écoulera encore; afin qu’ils s’écartent de l’iniquité qu’ils embrassent la vertu. Et il ne lui suffit pas de promettre cent vingt ans, il commanda au juste de construire une arche dont le seul aspect, suffisait pour raviver leur mémoire, et ne permettait à personne d’ignorer la grandeur du châtiment à venir. Car, ce seul fait, que ce juste, qui était parvenu à la vertu la plus haute, construisait l’arche avec tant d’ardeur, devait suffire pour inspirer à tous ceux qui n’étaient pas dépourvus de sens l’angoisse et l’épouvante; pour leur persuader d’apaiser enfin le Dieu qui leur montrait ainsi sa clémence et sa bonté. » 

 

7.11 La pluie tomba sur la terre quarante jours et quarante nuits.

 

Le châtiment temporel pour alléger le châtiment éternel

Dieu peut punir les pécheurs dans le temps pour leur alléger le châtiment éternel.

Saint Jean Chrysostome : « Le Seigneur qui avait promis que sa patience attendrait pendant ce nombre d’années, n’attend-il pas que les années promises soient entièrement accomplies pour opérer la destruction universelle? Je dis que cela même est la plus forte marque de sa bonté. Quand il vit que, chaque jour, ils commettaient des fautes irréparables; que, non seulement son inexprimable patience ne leur était d’aucune utilité, mais que les ulcères s’étendaient, alors il retrancha du temps pour les empêcher de s’exposer à des châtiments plus sévères. Mais, m’objecte-t-on, quel châtiment peut être plus sévère que celui-ci ? Il est, n’en doutez pas, mes bien-aimés, un châtiment plus sévère, plus terrible, le châtiment sans fin, le châtiment de l’âge à venir. Quelques pécheurs, pour avoir ici subi le châtiment, n’échappent pas cependant à l’autre; seulement l’autre châtiment sera plus léger; la rigueur des supplices endurés ici-bas, c’est autant de moins pour l’avenir. Ecoutez le Christ, déplorant le malheur de Bethsaïde : Malheur à toi, Chorazim ! dit-il; malheur à toi, Bethsaïde ! parce que, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous, avaient été faits dans Sodome, il y a longtemps qu’elle aurait fait pénitence, dans le sac et dans la cendre. C’est pourquoi je vous déclare qu’au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que vous. (Matth. XI, 21, 22; Luc, X, 13, 14.) Voyez-vous, mon bien-aimé, comment cette expression, moins rigoureusement, montre que ces villes, quoiqu’elles aient subi sur la terre un si grand châtiment, cet incendie étrange, étonnant, supporteront aussi, dans l’avenir, un autre châtiment encore, plus léger toutefois, parce qu’elles ont déjà éprouvé un effet terrible de l’indignation de Dieu? »

On peut en déduire également deux conclusions :

  • Les villes qui ont entendu la Bonne Nouvelle inaltérée du Christ mais qui l’ont rejetée seront jugées plus sévèrement que les villes qui ne l’ont pas du tout entendue ;
  • Dans le sens contraire, Dieu peut laisser souffrir le juste dans le temps, pour le glorifier davantage dans l’éternité. Les vies des saints martyrs le montrent, ainsi que, par exemple, les vies des saints Grégoire Palamas et saint Païssios du Mont d’Athos sont morts dans les souffrances par le cancer de l’intestin.

 

Pourquoi le déluge dure 40 jours et nuits ?

Saint Jean Chrysostome : « En effet, dans sa profonde miséricorde, Dieu voulait que quelques hommes au moins, de cette génération qu’il châtiait, pussent échapper à la destruction universelle, quand ils verraient périr, soin leurs yeux, des créatures leurs semblables, quand ils verraient la perte commune prête à les envelopper. Il est vraisemblable, en effet, qu’une bonne partie périrent le premier jour de l’inondation ; le second jour, la proie du déluge s’augmenta, et de même le troisième jour et les jours suivants. Dieu donc différa de quarante jours et de quarante nuits l’achèvement du déluge pour ôter aux hommes toute excuse. S’il avait voulu se borner à ordonner le déluge, en un moment, il pouvait tout inonder, mais écoutant encore sa clémence, il employa la longueur des jours. »

 

7.12 En ces jours-là, Noé, Sem, Cham, Japhet, fils de Noé, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils, étaient entrés dans l’arche.

 7.13 Et toutes les bêtes fauves, par espèces ; tous les bestiaux, par espèces ; tous les reptiles se traînant à terre, par espèces ; tous les oiseaux ailés, par espèces ;

 7.14 Étaient entrés auprès de Noé, dans l’arche, par deux couples, mâles et femelles, de toute chair en laquelle était souffle de vie.

 7.15 Tous les mâles et femelles de toute chair étaient donc entrés dans l’arche, selon ce que le Seigneur avait prescrit à Noé, et le Seigneur Dieu avait fermé l’arche en dehors.

 

La fermeture de la porte de l’arche est un symbole du Dernier Jugement

Jusqu’à ce que la porte ait été ouverte, tout le monde pouvait entrer dans l’arche. De même, avant le Jugement personnel après la mort ou en particulier le Jugement Dernier, personne ne peut plus se repentir et entrer dans la communauté des sauvés. Le deuxième nom de l’enfer est « tard ».  Et même dans la vie, il existe des situations lorsque Dieu n’accepte plus la repentance à cause des multiples des péchés de l’homme. C’est ce qui se passait dans la vie du roi Saul.

Écris à l’ange de l’Église de Philadelphie : Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n’ouvrira. (App 3.7)

 

Pourquoi Dieu ferme l’arche ?

Saint Ephrem le Syrien dit que pour qu’aucun homme impie n’entre dans l’arche.

Dieu a fermé l’arche pour ne pas attrister son juste par la vue de l’extérieur, dit saint Jean.

Saint Jean Chrysostome : « Dieu ferma l’arche par dehors. C’est pour nous apprendre qu’il mit le juste dans une parfaite sécurité. Voilà pourquoi le texte dit, ferma, et le texte ajoute: par dehors, afin que ce juste ne pût voir la destruction universelle, qui lui aurait causé une trop cruelle douleur; car, s’il se fût représenté dans son âme cet atroce, cet épouvantable bouleversement, s’il eût pu s’imaginer la destruction de l’espèce humaine, la fin commune de tous les êtres sans raison, la mort frappant à la fois les hommes et les bêtes de somme, et, pour ainsi dire, la destruction de la terre elle-même; saisi d’une noire tristesse, il eût été trop fortement troublé dans son coeur. Sans doute, c’étaient des pervers qui périssaient, mais les âmes honnêtes éprouvent une pitié profonde à la vue des châtiments qui frappent les hommes. Et vous verrez que tous les prophètes, les justes, bien souvent, adressent à Dieu des prières pour les méchants. Ainsi faisait le patriarche pour les habitants de Sodome, ainsi n’ont cessé de faire les prophètes; il en est un qui disait: Hélas! Seigneur Dieu, perdrez-vous donc tout ce qui reste d’Israël? (Ezéch. IX, 8. ) Un autre maintenant s’écrie: Ferez-vous donc les hommes semblables aux poissons de la mer, qui n’ont point de chef? (Habac. I, 14.) Donc, parce qu’un homme juste était d’ailleurs confondu, troublé, pour que cet affreux spectacle ne le plongeât pas dans une trop amère tristesse, Dieu, pour ainsi dire, l’emprisonne dans l’arche; il épargne à ses regards un spectacle qui le frapperait de terreur. Il est à croire, en effet, que si Noé avait pu voir cette inondation, tant de flots amoncelés, il aurait craint d’être lui-même destiné à périr. Donc, par intérêt, par bonté pour lui, Dieu n’a pas voulu qu’il contemplât la rage cruelle des eaux, qu’il vît la destruction des hommes, l’extermination universelle. Pour moi, quand je médite sur la vie de ce juste dans l’arche, je m’étonne, j’admire et j’attribue encore son existence, j’attribue tout à la bonté de Dieu.  

Le Dieu de bonté fit bien de fermer l’arche pour épargner au juste. ce spectacle; car si nous, après un si grand nombre d’années , après tant de siècles écoulés , au seul récit de l’Ecriture, nous sommes saisis d’épouvante et de stupeur, qu’aurait éprouvé , ce juste , si ses regards avaient vu cet effroyable abîme? aurait-il pu supporter, un seul moment, ce spectacle? Ne serait-il pas aussitôt, rien qu’en l’entrevoyant, tombé sans vie, glacé, absolument incapable de résister à cette affreuse image? Méditez ici, considérez, mes bien-aimés, ce qui nous arrive, quand une pluie médiocre tombe sur nos têtes; nous sommes dans les angoisses, et nous désespérons pour ainsi dire, et de l’univers et de notre vie. Qu’aurait éprouvé ce juste, s’il avait vu, à cette prodigieuse hauteur, les eaux montant toujours? »

 

La porte de l’arche symbolise le Christ

Saint Philarète de Moscou dit que la véritable porte pour le salut des hommes est le Seigneur Jésus Christ. En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance. (Jn 10.8-10)

 

La porte est un symbole de l’amour

L’amour est la couronne de toutes les vertus selon l’apôtre Paul. Comme la fermeture de la porte faite par Dieu Lui-même était un accord final de la construction de l’arche, de même l’amour est donné directement par Dieu après que l’homme acquiert toutes les vertus préalables. Saint Abba Dorothé compare l’acquisition des vertus avec la construction de la maison :

« L’Écriture dit de ces sages-femmes qui laissaient vivre les enfants mâles des Israélites : « Par leur crainte de Dieu, elles se firent des maisons » (cf. Ex 1,21).  S’agit-il de maisons matérielles ? Mais comment pourrait-on dire qu’elles bâtirent de telles maisons par la crainte de Dieu, alors qu’on nous apprend au contraire qu’il est avantageux d’abandonner, par crainte de Dieu, même celles que nous possédons (cf. Mt 19,29) ? Il ne s’agit donc pas d’une maison matérielle, mais de la maison de l’âme, que l’on se bâtit par l’observance des commandements de Dieu. Par cette parole, l’Écriture nous enseigne que la crainte de Dieu dispose l’âme à garder les commandements, et que par eux s’édifie la maison de l’âme. Veillons donc sur nous, frères. Ayons-nous aussi la crainte de Dieu, et bâtissons-nous des maisons, pour y trouver abri durant la mauvaise saison, en cas de pluie, d’éclairs et de tonnerre, car la mauvaise saison est une grande misère pour qui n’a pas de logis.

Mais comment s’édifie la maison de l’âme ? Nous pouvons l’apprendre avec exactitude d’après la maison matérielle. Qui veut bâtir celle-ci doit l’assurer de toutes parts, il doit l’élever sur ses quatre côtés et non pas s’occuper d’une seule partie, en négligeant les autres ; autrement, il n’arriverait à rien, mais perdrait sa peine, et toutes ses dépenses seraient vaines. Ainsi en est-il pour l’âme. L’homme ne doit négliger aucun élément de son édifice, mais le faire monter d’une manière égale et harmonieuse. C’est ce que dit l’abbé Jean : « Je désire que l’homme prenne un peu de chaque vertu, et ne fasse pas comme certains qui s’attachent à une seule vertu, s’y cantonnent et n’exercent que celle-là, en négligeant les autres. »  Ils ont peut-être une supériorité dans cette vertu et, par suite, ne sont pas gênés par la passion contraire. Les autres passions cependant les abusent et les oppriment, mais ils n’en ont pas souci et s’imaginent avoir quelque chose de grand. Ils ressemblent à un homme qui construirait un mur unique et l’élèverait aussi haut que possible, et qui, considérant sa hauteur, penserait avoir fait quelque chose de grand, sans savoir que le premier coup de vent le jettera par terre. Car il se dresse seul, sans avoir l’appui des autres murs. On ne peut d’ailleurs se faire un abri d’un seul mur, car on serait à découvert de tous les autres côtés. Il ne faut donc pas agir de la sorte, mais qui veut bâtir sa maison pour s’y abriter, doit la construire de chaque côté et l’assurer de toutes parts.

Voici comment : il doit d’abord poser le fondement, qui est la foi.  Car « sans la foi, dit l’Apôtre, il est impossible de plaire à Dieu » (Héb 2,6). Puis, sur ce fondement, il doit bâtir un édifice bien proportionné. A-t-il l’occasion d’obéir ? Qu’il pose une pierre d’obéissance ! Un frère vient-il à s’irriter contre lui ? Qu’il pose une pierre de patience ! A-t-il à pratiquer la tempérance ? Qu’il pose une pierre de tempérance ! Ainsi, de chaque vertu qui se présente, il doit mettre une pierre à son édifice, et l’élever de la sorte tout autour, avec une pierre de compassion, une pierre de retranchement de la volonté, une pierre de mansuétude, et ainsi de suite … Il doit prendre soin surtout de la constance et du courage, qui sont les pierres d’angle : ce sont elles qui rendent la construction solide, unissant les murs entre eux et les empêchant de fléchir et de se disloquer. Sans elles, on est incapable de parfaire une seule vertu. Car l’âme sans courage manque aussi de patience, et sans patience, nul ne peut rien faire de bien. Aussi le Seigneur dit-il : « Vous sauverez vos âmes par votre patience » (Lc 21,19).

Le bâtisseur doit aussi poser chaque pierre sur du mortier, car s’il mettait les pierres les unes sur les autres sans mortier, elles se disjoindraient et la maison tomberait. Le mortier, c’est l’humilité, car il est fait avec la terre, que tous ont sous leurs pieds. Une vertu sans humilité n’est pas une vertu, et comme le dit le Géronticon : « De même qu’on ne peut construire un navire sans clous, de même il est impossible d’être sauvé sans humilité. »  On doit donc, si l’on fait quelque bien, le faire humblement, pour le conserver par l’humilité. La maison doit avoir encore ce qu’on appelle des chaînages : il s’agit de la discrétion, qui consolide la maison, unit les pierres entre elles et resserre le bâtiment, tout en lui donnant beaucoup d’apparence.

Le toit, c’est la charité, qui est l’achèvement des vertus, comme le toit est l’achèvement de la maison (cf. Col 3,14). Après le toit, vient la balustrade de la terrasse. Quelle est cette balustrade ? II est écrit dans la Loi : « Quand vous bâtirez une maison et que vous y ferez un toit en terrasse, entourez-le d’une balustrade, pour que vos petits-enfants ne tombent pas de ce toit » (Dt 22,8). La balustrade, c’est l’humilité, couronne et gardienne de toutes les vertus.  De même que chaque vertu doit être accompagnée d’humilité, comme chaque pierre, nous l’avons dit, est posée sur du mortier, de même la perfection de la vertu a encore besoin de l’humilité et c’est en progressant par elle que les saints arrivent naturellement à l’humilité. Je vous le dis toujours, « plus on s’approche de Dieu, plus on se voit pécheur. » 

Mais que sont ces petits enfants dont la Loi dit : « pour qu’ils ne tombent pas du toit ?» Ce sont les pensées qui naissent dans l’âme : il faut les garder par l’humilité pour qu’elles ne tombent pas du toit, c’est-à-dire de la perfection des vertus. »

 

Source 

 

 

7.16 Et le déluge fut sur toute la terre quarante jours et quarante nuits ; l’eau se gonfla, et emporta l’arche qui s’éleva bien au-dessus de la terre.

7.17 Et l’eau dominait ; elle montait, montait toujours sur la terre, et l’arche était portée sur la surface de l’eau.

7.18 Et l’eau dominait beaucoup, beaucoup sur la terre ; et elle couvrait toutes les hautes montagnes qui étaient sous le ciel.

7.19 L’eau s’éleva à quinze coudées au-dessus de leur sommet.

 

15 coudées forment environ 7 mètres

 

La purification de la terre entière

Saint Jean Chrysostome : « Le monde entier avait donc besoin d’être complètement purifié ; il fallait en laver toutes les taches , supprimer tout le ferment de la première malignité, ne laisser, de cette malignité aucune trace, renouveler, pour ainsi dire, les éléments; un bon ouvrier, qui voit un vase que ronge une rouille invétérée, le jette au feu, en fait disparaître toute trace de rouille, et rend au vase sa première beauté : c’est ce qu’a fait le Seigneur notre Dieu; il a purifié le monde entier par ce déluge; il l’a délivré de la malice des hommes , de la corruption dès longtemps amassée et profonde; il en a renouvelé la face; il l’a rétabli, il l’a rendu plus beau, ne permettant pas qu’il restât la moindre trace de ce qui le souillait auparavant. L’eau s’éleva au-dessus des montagnes, dit le texte, de quinze coudées. Ce n’est pas sans dessein que l’Ecriture nous fait ce récit ; elle veut nous apprendre que, non-seulement les hommes , les bêtes de somme, les quadrupèdes, les reptiles furent engloutis, mais, avec eux, et les oiseaux du ciel, et tous les animaux qui vivaient sur les montagnes: je veux dire les animaux sauvages et tous les autres êtres dépourvus de raison. Voilà pourquoi le texte dit : L’eau s’éleva au-dessus des montagnes de quinze coudées. C’est pour vous apprendre que l’arrêt de Dieu a été accompli en réalité. » 

 

Les animaux meurent avec les hommes

Saint Jean Chrysostome : « L’Ecriture nous fait ce récit, non-seulement pour nous apprendre à quelle hauteur tes eaux sont parvenues, mais pour nous faire voir, en même temps, qu’aucun animal absolument, soit bête féroce, soit bête de somme, n’a été épargné, mais que tout a été supprimé avec le genre humain. Comme tous ces animaux avaient été produits à cause de l’homme, en détruisant l’homme, il était juste de les détruire. »

 

7.20 Alors mourut toute chair se mouvant sur la terre, oiseaux et bestiaux, bêtes fauves et reptiles se traînant à terre, et tout homme.

7.21 Tout ce qui avait souffle de vie, et tout ce qui vivait sur la terre ferme mourut.

 

Le déluge est une figure du salut des hommes

Saint Justin le Philosophe : « Vous savez, mes amis, que Dieu parle en ces termes à Jérusalem, par la bouche d’Isaïe : « C’est moi qui t’ai sauvé du déluge de Noé. » Que signifient ces paroles, sinon que dans le déluge se trouvait une figure du salut des hommes. Le juste Noé et sa famille, c’est-à-dire sa femme, ses trois enfants et leurs épouses, formaient une réunion de huit personnes, qui étaient le symbole de ce huitième jour où s’accomplit la résurrection du Christ; c’était le huitième par le nombre, mais le premier par la grandeur du prodige qui le signala. Le Christ, premier-né de la création, était aussi le premier auteur ou le principe de cette race nouvelle qu’il a régénérée par l’eau du baptême, par le mérite de la foi, et par la vertu du bois, c’est-à-dire par le mystère de la croix ; comme Noé, porté sur l’eau, fut sauvé par le bois avec les siens.

Ces paroles du prophète : « Je t’ai sauvé au temps de Noé, » désigne le peuple fidèle à Dieu comme le fut Noé, et sauvé par le même signe ; car c’est avec le bois, c’est-à-dire avec la baguette qu’il tenait à la main, que Moïse fit passer la mer à votre peuple.  Vous croyez que ces paroles s’entendent seulement de la terre ou de votre nation. Mais puisque la terre, comme le dit l’Ecriture, fut inondée et que l’eau s’éleva de quinze coudées au-dessus des plus hautes montagnes, il est évident que Dieu ne s’adressait pas à la terre, mais au peuple qui lui fut fidèle, et auquel il avait préparé un lieu de repos dans Jérusalem, comme l’attestent les signes qui parlaient aux yeux à l’époque du déluge ; je veux dire qui ceux dont le cœur est bien préparé par l’eau, la foi, le bois, et qui font pénitence, échapperont au jugement à venir. » 

 

Le symbolisme des événements selon saint Bède le Vulnérable

« Car l’arche signifie l’Église universelle, les eaux du déluge sont le baptême, les animaux purs et impurs sont des personnes spirituelles et physiques résidant dans l’Église, et les bûches arquées et goudronnées de l’arche sont des saints Docteurs renforcés par la grâce de la foi. Un corbeau qui est sorti de l’arche et qui n’est pas revenu signifie ceux qui, après le baptême, deviennent apostats ; la branche de l’olivier apportée dans l’arche par la colombe – ceux qui sont baptisés en dehors de l’Église, c’est-à-dire les hérétiques, mais qui ont une réserve d’amour et sont donc réunis à l’Église universelle par la grâce du Saint-Esprit. La colombe, qui est sortie de l’arche et n’est pas revenue, est un symbole de ceux qui ont renoncé aux liens corporels et se sont précipités à la lumière libre de la patrie céleste, pour ne jamais retourner aux travaux du voyage terrestre. » 

 

7.22 L’eau effaça tout ce qui se mouvait sur la face de la terre, depuis l’homme jusqu’aux bestiaux, tous les reptiles, et les oiseaux du ciel. Ils furent tous effacés de la terre. Noé seul resta, et ceux qui étaient dans l’arche avec lui.

L’homme est numéroté avec les animaux

Pour montrer la profondeur de la chute des gens avant le déluge, saint prophète Moïse les numérote parmi les animaux. Les hommes se mouvaient comme des bestiaux.

 

La dernière miséricorde pour les hommes pervers

La porte de l’arche a été fermé par Dieu et le déluge fut sur toute la terre quarante jours et quarante nuits ; l’eau se gonfla, et emporta l’arche qui s’éleva bien au-dessus de la terre. Pourtant, les hommes, sans pouvoir sauver leur vie terrestre, avaient toujours la possibilité de sauver leur vie éternelle en se repentant. Ils avaient 100 ans pour le repentir pendant que Noé a prophétisé sur le futur déluge en construisant l’arche, mais aussi, les hommes avaient même 40 jours de plus pour se repentir en contemplant l’horreur du jugement juste de Dieu. Ceux qui s’étaient repentis, ont été libérés de l’enfer par le Christ le jour du Grand Samedi, et par leurs âmes, ils ont été sauvés ! Saint apôtre Pierre écrit : Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à l’Esprit, dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire huit, furent sauvées à travers l’eau. (1 Pierre 18-20)

 

7.23 L’eau se maintint au-dessus de la terre cent cinquante jours.

 

L’histoire du déluge dans les sources non bibliques

 Joseph Flavious, ANTIQUITES JUDAÏQUES

« Le déluge et l’arche sont mentionnés par tous ceux qui ont écrit l’histoire des barbares ; de ce nombre est Bérose le Chaldéen. Dans son récit des événements du déluge, il s’exprime ainsi : « On dit qu’il reste des fragments du navire en Arménie sur le mont des Cordyéens ; quelques personnes s’en emparent en les débarrassant du bitume ; on s’en sert comme de talismans ». Il est question aussi de ces choses chez Hiéronyme l’Égyptien, l’auteur de l’Archéologie phénicienne, chez Mnaséas et chez beaucoup d’autres. Nicolas de Damas, dans le XCVIe livre, raconte ces faits en ces termes : «Il y a, au-dessus du pays de Minyas en Arménie, une haute montagne appelée Baris, où plusieurs réfugiés du déluge trouvèrent, dit-on, le salut ; un homme, transporté dans une arche, aurait abordé au sommet du mont et les épaves ont été conservées longtemps : cet homme pourrait bien être le même dont parle Moïse, le législateur des Juifs ».

 

 

Les textes mésopotamiens : l’Épopée de Gilgamesh

Les perses : Ils appelaient l’Ararat Kok-i-Nuh (« mont de Noé »).

Les textes grecs : Critias et le Timaeus de Platon. La mythologie : « Deucalion (fils de Prométhée) et ses épouses se sont cachés dans un énorme navire. Il y avait aussi des sangliers et des chevaux, des lions, des serpents et d’autres animaux. Il les a tous rassemblés. »

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Veda, texte sacré de l’hindouisme : Le premier homme, Manu, est sauvé par le premier avatar de Vishnou, Matsya. Lui aussi échappe au déluge en construisant un bateau. Manu deviendra par la suite le premier législateur de l’hindouisme.

Cath Maighe Tuireadh , récit du « Cycle mythologique » de l’Irlande

Le Popol Vuh, texte sacré de la civilisation maya : Le Déluge maya anéantit en punition de leur impiété la deuxième des trois races d’hommes successives, les hommes de bois, entre le premier homme de glaise, détruit pour sa stupidité, et les hommes de maïs dont descendent l’humanité actuelle. Il prend la forme d’une pluie de feu suivie d’un obscurcissement du ciel et d’une « pluie ténébreuse » (dont la nature n’est pas précisée). Cette pluie se double d’une révolte des arbres, des pierres, des animaux et des objets domestiques, de sorte que les hommes de bois ne peuvent trouver refuge chez eux, ni sur leurs toits, ni dans les arbres, ni dans les cavernes.

La mort d’Ymir (mythologie scandinave) : Dans le mythe de la création, Odin, exaspéré par la brutalité d’Ymir, le tua et le jeta dans le Ginnungagap (« le gouffre béant »). Le déluge causé par son sang fut si grand qu’il tua tous les géants, à part le petit-fils de Ymir (Bergelmir, fils de Thrudgelmir) et sa femme. Ces derniers repeuplèrent le monde.

Les traditions lituaniennes : Ce Déluge a été envoyé par le Dieu Prakorimas, ou Praamzis, afin d’exterminer la race de Géants qui peuplait alors la terre. Pris de pitié pour le dernier couple de vieux géants qui se noient, Prakorimas leur jette une coquille de noix en guise de canot.

Cuba : « Le vieil homme a construit un immense navire et s’y adapte avec toute sa famille et de nombreux animaux »

Hawaïens : « Nouhou a fabriqué un énorme canoë. Il y est monté en faisant un stock de plantes et d’animaux destinés à la consommation. »

Légende aztèque : « Souhaitant provoquer une inondation, Dieu avertit Nota et son épouse, Neto, en déclarant : » Creusez un énorme cyprès. Vous vous sauverez sur lui sur Rottotsoti. Les vagues seront hautes au ciel.  » Ils l’ont fait, et Dieu a fermé la porte ».

Fidji : « Dieu Mbenga était en colère et il a recueilli des nuages ​​de pluie et il en a envoyé des ruisseaux d’eau sur la terre peuplée » 

Ovide : « Jupiter choisit l’eau plutôt que le feu pour anéantir le genre humain. Il met en branle vents, pluies et eaux des fleuves et des mers, qui provoquent un déluge. Suit une description très imagée et plutôt exagérée des effets de ce cataclysme dévastateur pour la nature, les animaux et les hommes. » (OVIDE – MÉTAMORPHOSES)

 

Le déluge global semble donc avoir été un événement historique, dont les événements ont été documentés et retenus à des niveaux variés de précision par des cultures différentes au cours des siècles. L’explication la plus plausible est que toutes ces légendes ou histoires de déluge trouvées en des parties distantes du globe soient dérivées de la même origine (le plus complet et vraisemblable étant le récit de la Bible), mais la transcription orale a introduit des variations de détails à travers le temps. La diversité de peuples et de régions qui racontent l’histoire d’un déluge universel constitue une preuve de la véracité du récit du déluge – car il raconté par différents peuples qui ne se connaissaient même pas. Un déluge local aurait normalement dû être rapporté par le ou les peuples affectés – et non par des peuples de toutes les régions du monde. Les premiers missionnaires chrétiens issus de l’ancien monde ont rapporté leur émerveillement en trouvant des tribus reculées possédant déjà des légendes avec des similarités formidables avec les récits de la Bible à propos du déluge mondial. H.S. Bellamy en Moons, Myths and Men (les lunes, les mythes, et les hommes) estime qu’il y a plus de 500 légendes du déluge à travers le monde.

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