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L’illusion spirituelle des Pentecôtistes

— Géronda, ceux qui se convertissent au Pentecôtisme affirment posséder le don de vision, le don des langues, etc. Est-ce leur imagination ou l’œuvre du
diable ?
— C’est l’œuvre du diable, car, en se faisant rebaptiser chez les Pentecôtistes, alors que le Symbole de foi professe «Je confesse un seul baptême pour le pardon des péchés», ils méprisent et renient en quelque sorte le saint Baptême, si bien qu’ils deviennent la proie d’influences démoniaques et parlent, brrr…, de prétendues langues. «C’est le Saint-Esprit de la Pentecôte qui s’exprime», assurent-ils. Ce n’est pas le Saint-Esprit, mais un ramassis d’esprits impurs. Quelles glossolalies ? Ils ne font que bafouiller des incohérences et eux-mêmes ne comprennent pas ce qu’ils disent. Ils vont jusqu’à enregistrer leurs propos, puis procèdent à des statistiques et en tirent ce genre de conclusions : «Il y a tant d’«alléluia» dans cette langue, tant dans l’autre…». Bien sûr qu’une fois de temps en temps, «brrr… », on peut trouver quelque chose qui ressemble à un alléluia dans l’une des langues de ce monde ! Et, voyez-vous, ce phénomène, qui provient manifestement du diable, ils le considèrent comme l’action du Saint-Esprit et affirment vivre ce dont les Apôtres ont fait l’expérience au jour de la Pentecôte. Leurs croyances ne sont que blasphèmes, et c’est pourquoi ils finissent par devenir possédés du démon.
— Géronda, pourquoi se font-ils rebaptiser ?
— Ils affirment : «J’étais trop petit lorsque j’ai été baptisé, et je ne comprenais pas ce qui se passait ! Aujourd’hui, je peux recevoir le baptême en pleine connaissance de cause». Ils se font donc rebaptiser et se déclarent absous de leurs péchés. Si l’Église ne prévoyait pas le baptême des petits enfants, qu’adviendrait-il de ceux qui mourraient avant d’être baptisés ? C’est pourquoi, selon le Symbole de foi, le parrain est considéré comme le garant et le responsable de la foi de l’enfant jusqu’à son âge adulte. Nuit-on aux enfants, de les baptiser si tôt dans la vie ? Non, bien au contraire, cela les aide, car ils peuvent communier. Et, en grandissant, s’ils profanent le saint Baptême en commettant un péché, le repentir et la confession leur permettent de purifier leur âme du péché, et il n’est pas besoin pour cela d’un nouveau baptême !

Au sujet de ceux qui marchent sur les braises

— Géronda, on affirme que ceux qui traversent le feu, à la Saint-Constantin, marchent sur la braise ardente sans se brûler les pieds. De quoi s’agit-il ?
— D’un fait diabolique, mais aussi d’une escroquerie. Se permettre de danser en tenant une icône ou une croix constitue un outrage, un reniement de la foi. La Grâce divine s’éloigne de ceux qui agissent ainsi, et le diable s’approche pour les assister. Comment ne leur proposera il-il pas son aide après un tel acte ? Ils font tout pour la mériter !
Mais leur propre ruse les aide aussi grandement ! Ils prennent soin de préparer le terrain à l’avance, en brûlant du bois de platane qui produit beaucoup de cendres, et ils savent très bien oû poser le pied en dansant pour ne pas se brûler.
Pourquoi ne consument-ils pas du chêne ou des arbousiers qui conservent la braise ardente ? Que d’autres leur préparent le feu et qu’ils aillent ensuite danser dessus !
Une personne s’est écriée devant moi : «Miracle ! Ils marchent sur le feu et ne se brûlent pas. — C’est ce que tu admires ? demandai-je. Les démons se trouvent dans le feu de l’Enfer et cela fait des années, des siècles qu’ils ne brûlent pas. Voilà ce dont tu devrais t’étonner, au lieu d’admirer ceux qui marchent sur les charbons et la cendre sans se brûler».

La métempsychose

— Géronda, comment certaines personnes, parfois très cultivées, peuvent-elles croire à la réincarnation ?
— La croyance en la réincarnation arrange les hommes et, notamment, les athées et les incroyants. C’est la plus grande ruse du Malin. Par la pensée que l’âme vient et revient dans ce monde, le diable maintient les hommes dans une vie de péché. «Eh, même si tu ne réussis pas cette fois-ci, assure-t-il, tu reprendras une nouvelle vie et tu réussiras la prochaine fois ; et si tu n’y arrives pas non plus, tu viendras, tu reviendras, tu évolueras…» ! Aussi certains se disent-ils : «Ce n’est pas si grave de commettre ce péché», et ils se laissent aller. Ils vivent dans l’insouciance, ne se repentent pas de leurs fautes. Vois comme le Malin les aveugle et les agrippe pour les enfoncer en Enfer ! Je ne connais pas plus grande malice du diable et ruse plus redoutable pour attirer les hommes en Enfer ! El s’il réussit à t’agripper une seule fois, crois-tu qu’il te laissera partir ? La réincarnation, voilà bien la pire de toutes les théories hindouistes.
2. La métempsychose ou migration des âmes (ou métensomatose — retour à la chair) est une doctrine selon laquelle, après la mort physique, l’âme passe dans un autre corps d’homme ou d’animal, dans un cycle interminable de naissances et de morts.
Un jour, tard dans l’après-midi, un jeune homme vint à ma kalyva. «A cette heure de la journée, mon grand, j’ai besoin de lire les Vêpres, lui expliquai-je. — Tu t’intéresses encore à ça ? me lança-t-il». Puis il partit. Il revint le lendemain et me parla de ses soi-disant visions. «Avais-tu pris du haschich avant ? interrogeai-je. — J’y ai touché autrefois, avoua-t-il. Mais quand j’ai eu ces visions, je n’en avais pas consommé. — Avais-tu lu quelque chose sur la réincarnation ? continuai-je. — Oui, répondit-il». C’est de cette manière qu’il fut trompé. S’intéressant à la réincarnation, aveuglé en outre par son orgueil, il s’inventa des rêves où il avait été très puissant et très riche des milliers d’années auparavant ! Il eut par la suite une vision : il était monté au Royaume des Cieux, mais, n’étant pas inscrit là-haut, on l’avait contraint à redescendre. En fait, cet état, dans sa totalité, venait du diable. «Toutes ces visions ne sont que des fabulations, lui déclarai-je, et tu y crois, toi ?».
Malheureusement, des personnes cultivées croient elles aussi en ce genre d’absurdités. Près de ma kalyva trottine un âne que j’ai nommé Nasser, en raison de son caractère agité. Un jour vint un Grec qui vivait en Suisse et il m’entendit appeler l’âne par ce nom. Quand il revint me voir au bout de quelque temps, il apporta deux boîtes de confiseries, l’une simple et une autre mieux fournie. «Celle-ci est pour toi. m’annonça-t-il, en me tendant la boîte la plus ordinaire. Celle-là, avec les meilleures friandises, est pour Nasser’. J’ai compris la dernière fois, me confia-t-il, qu’il s’agissait bien de Nasser lui-même. Quand je l’ai croisé, il m’a regardé d’un regard si triste qu’il m’a fendu le cœur» ! Il pensait que Nasser s’était réincarné en âne ! Et il le croyait vraiment ! «Pauvre sot, m’exclamai-je, as-tu toute ta tête ? Je l’ai appelé Nasser parce que c’était un âne excité». Mais il ne voulait rien entendre.
Et cela n’est rien ! Je vais vous en raconter une autre encore plus belle ! Il y quelques années, des Allemands étaient allés en Crète pour célébrer la mémoire de leurs compatriotes tués durant l’Occupation. Durant la commémoration, un Crétois passa, monté sur son âne chargé de ses affaires. La bête, voyant les gens rassemblés, se mit à braire. L’un des Allemands crut que l’âne était la réincarnation de son frère mort à la guerre, qui l’avait reconnu et le saluait en brayant ! Et l’Allemand de se mettre au garde à vous, et hop, de saluer l’âne militairement… Il fut secoué de sanglots !…Il s’approcha aussitôt du Crétois et lui déclara : «Combien veux-tu pour me le vendre ? — Va-t-en. pauvre sot, répondit le Crétois». L’Allemand comptait les marks devant ses yeux : «En voilà, encore et encore. — Va-t-en, laisse-moi tranquille», protestait l’autre. A la fin, quelqu’un lui souffla : «Mais, malheureux, il veut te payer l’âne au prix d’une Mercedes, cède-le lui donc !». Le Crétois déchargea alors l’âne, lui ôta son harnais et le laissa libre. L’Allemand le prit, les yeux gonflés de pleurs, et il emmena ensuite la bête en Allemagne !
— Géronda, est-ce une histoire vraie ?
— C’est un fait réel ! Si je ne l’avais pas entendu des lèvres d’une personne digne de foi, je ne l’aurais pas crue moi-même.

L’ascèse des Hindous

— Géronda, les Hindouistes parviennent-ils à un certain niveau d’autocontrôlé, grâce à la grande ascèse que leur procure la pratique du yoga ?
— Ils s’adonnent à tant de pratiques… et où cela les mène-t-il ? La tempérance orthodoxe et d’une manière générale, l’ascèse spirituelle visent toujours un objectif spirituel supérieur, la sanctification de l’âme. Leur ascèse mondaine et démoniaque a pour but de rendre leur corps plus flexible, de leur permettre de plier mains et pieds comme le Karaghiosis en carton, de se faire admirer par quelques sots et d’être trompés par de grotesques démons. Dès leur petite enfance, ils apprennent à croiser les jambes, à se mettre un pied sur l’épaule gauche et l’autre sur l’épaule droite, et c’est dans cette posture qu’ils prient. Ils pratiquent encore cette ascèse : ils frappent pendant des heures leur main sur un tas de cailloux jusqu’à ce que des callosités se développent dans la paume et qu’ils puissent ensuite casser des pierres, des morceaux de bois, etc., de leur main nue.
Tout ce qu’ils disent ressentir a cependant une explication physique. Us tirent, par exemple, la langue jusqu’à se toucher le bout du nez ou l’avalent le plus profondément possible dans le larynx, ce qui crée un échauffement, un sentiment de douceur, un chatouillement dans la gorge, et ils s’exclament : «Voilà le nectar». Ils pressent aussi quelques nerfs près de leurs oreilles et entendent «vouou… » de la musique. Ou encore ils compriment leurs yeux et se mettent à voir des étoiles ! Ils restent assis au soleil, les yeux grands ouverts et, lorsqu’ils les ferment, continuent à voir de la lumière ! «Ça y est, nous avons réussi ! proclament-ils, nous avons vu la lumière incréée !». Le diable s’exclame alors : «Ah, vous voulez de la lumière ? Je vais vous en donner, moi, des lumières». Et il cultive si bien leur imagination que, par la suite, ils sont éblouis de lumières sans comprimer leurs yeux et sans garder les yeux grands ouverts au soleil. Nous, le diable s’efforce bien souvent de nous égarer, de nous impressionner avec des lumières, etc., mais nous lui tournons le dos. Et il intervient sans provocation de notre part. Alors, imaginez si on le provoque ! Un prétexte lui suffit !
— Géronda, cela signifie-t-il que le diable leur présente diverses scènes ?
— Oui, il cultive leur imagination au plus haut degré pour mieux les tromper ensuite.
Certains des nôtres se rendent chez les Hindous et ceux-ci leur apprennent à injurier dans la langue hindoue le Christ, la Vierge et les saints — d’aucuns savent qu’ils entendent des blasphèmes, d’autres non — et ils en ressortent possédés. Ils se mettent ensuite à proférer des paroles incompréhensibles. Ils atteignent un haut degré de délire, et ceux qui les observent croient qu’ils sont dans un état spirituel ! Il s’agit en réalité d’un état diabolique.

Le ravage causé par l’Hindouisme

Le peuple hindou, alors qu’il est intelligent, qu’il a des inquiétudes métaphysiques et beaucoup de générosité, s’adonne à une prétendue philosophie au moyen d’illusions et de magie noire. Ils abreuvent les Européens de leurs doctrines. Et, comme on peut le constater, leurs maîtres spirituels sont forts comme des taureaux, tandis que d’autres, en Inde, meurent de faim ! Ils viennent aussi en Grèce et abusent les gens avec leur nirvana, leur oisiveté, leurs réincarnations… Et, par-dessus le marché, ils utilisent dans leurs livres des extraits de l’Écriture, de la Philocalie, des paroles des Saints Pères, afin de séduire les chrétiens. Autrefois, il était impensable pour des Orthodoxes de croire aux théories hindouistes ! A présent, que dire ? Même des personnes sages et sensées adhèrent à ces absurdités et gaspillent un argent fou pour les soutenir. L’Hindouisme a causé un mal énorme.
— Géronda, existe-t-il des Hindiens qui sont chrétiens Orthodoxes ?
— Très peu. Il en restait quelques-uns dans l’Église fondée par l’Apôtre Thomas, mais on les a abandonnés. Certains sont devenus catholiques, d’autres protestants. Aujourd’hui, les Orthodoxes en Inde se comptent sur les doigts de la main.
Ce que les autres dogmes religieux ou parareligieux présentent comme des prodiges n’a rien à voir avec les miracles de notre religion. Le Christ ne désire pas être aimé parce qu’il est tout puissant. S’il le voulait, Il pourrait accomplir un miracle et le monde entier croirait aussitôt en Lui. Mais alors. Il soumettrait la liberté de l’homme à une contrainte. C’est pour cela qu’il proclame : «Heureux ceux qui nom pas vu, et qui ont cru !»1′. L’Orthodoxie possède le miracle et la Grâce. L’Hindouisme dispose de la magie et de la philosophie. Il remplace le miracle par la magie et la Grâce divine par la philosophie. Le diable confère aux gourous, aux sorciers, aux médiums… de la puissance, car ceux-ci lui donnent des droits. Et ils peuvent ainsi accomplir leurs prétendus miracles et se faire admirer de ceux qui les contemplent.
Dès qu’on se rend compte que le faiseur de ces pseudo-miracles n’est pas en communion avec le Christ, on doit comprendre que tous les actes de cet individu sont l’œuvre du diable. Lui ne peut jamais dire la vérité ; il ne sait que débiter des mensonges et tromper les créatures de Dieu. Les âmes sincères et qui ont connu un peu l’Orthodoxie se posent des questions, car elles voient bien que la vie de ces gourous n’est pas pure, mais pleine de trouble — alors qu’existent dans l’Orthodoxie la pureté de vie et ce quelque chose de supérieur à quoi les fidèles aspirent. On y rencontre des hommes saints qui accomplissent, eux, de vrais miracles.
Dans l’Orthodoxie, la bonté est le débordement d’amour de l’homme pour Dieu et envers autrui. Toutes les autres bontés proposées par les hétérodoxes, les égarés de toute sorte, les hérétiques, etc., ne renferment pas les qualités spirituelles propres à la vie en Christ, mais peuvent néanmoins présenter quelques aspects humains louables.
Celui qui s’applique à mener une juste vie selon l’Orthodoxie connaît l’humilité, l’amour, et se dévoue entièrement à son prochain, se sacrifie pour autrui. Son ascèse, ses jeunes, ses veilles, c’est par amour pour Dieu qu’il les accomplit, et non pas pour sa propre satisfaction.
Le Christ est venu en ce monde pour être crucifié par amour pour Sa créature. Il fut d’abord crucifié, puis ressuscita. C’est pitoyable de demander à Dieu des faveurs spirituelles — tout autre chose est que le Christ, de Lui- même, nous offre de goûter aux délices célestes. En revanche, ceux qui s’adonnent aux philosophies hindouistes, au yoga, etc., ambitionnent d’atteindre un état soi-disant hautement spirituel, l’extase, de ressentir une forme de jouissance et devenir supérieurs aux autres sans aucunement s’intéresser à autrui.
Admettons qu’un Hindou se trouve au bord de la mer et s’adonne à l’autoconcentration. Si, à ce moment précis, un homme se trouve en danger dans l’eau et appelle au secours, l’autre restera totalement indifférent. Il ne bougera pas de peur de perdre la jouissance qu’il ressent. En revanche, un moine orthodoxe, se trouvant au même endroit et récitant la Prière de Jésus, lâchera immédiatement son chapelet pour se jeter à la mer et sauver le malheureux.

L’égarement des hommes

— Géronda, lorsque le Prophète Elie et Enoch reviendront sur terre pour prêcher la repentance, le monde comprendra-t-il leur message et reprendra-t-il ses esprits ?
— Ceux qui seront dans un bon état spirituel le comprendront. Les autres ne le comprendront pas et seront égarés. Le Christ nous a avertis d’être sur nos gardes, car «il surgira de faux messies et de faux prophètes qui feront des signes et des prodiges afin d’égarer, si c ‘était possible, les élus» .
Certains passent pour des prophètes auprès de quelques égarés. Il y a un certain nombre d’années, un protestant avait l’habitude de se déplacer en tenant une serviette de cuir avec l’inscription en anglais : «Je suis le Prophète Élie» ! Vêtu d’une chemise à manches courtes, portant sur lui la Bible en anglais, il proclamait être descendu du Ciel ! Lorsqu’on lui demanda en qui il croyait et quelle était sa religion, il répondit : «Oh, tout cela est bien dépassé maintenant. Autrefois, les religions n’existaient pas !». Saisissez-vous ? Catholiques, protestants, pentecôtistes, toutes les hérésies et leurs ramifications, c’était du pareil au même pour lui. Ceci ne permet-il pas de tirer des conclusions ? Combien de lettres ne m’a-t-il pas envoyées ! Il transcrivait divers extraits de la Sainte Écriture et soutenait des thèses protestantes. Il envoyait des missives, soit d’Angleterre soit d’ailleurs, à différentes personnes. Certains crurent ce qu’il rédigeait et voulurent publier dans un magazine que le Prophète Élie était descendu sur terre. «Mais, avez-vous perdu la tête ? m’exclamai-je ! Qu’est-ce qui vous prend ?». Les gens sont déroutés, les pauvres !
On se trouve déjà en état de péché, ne serait-ce que si l’on prête l’oreille à ce que racontent les égarés. Certains affirment : «Il suffit de croire que cela va arriver pour que cela arrive». C’est avoir foi en soi-même, mais, derrière, se cache le diable. Ces personnes se prennent pour Dieu et sont totalement dépourvues de la Grâce. Elles utilisent ce genre de doctrines pour égarer les fidèles. Un homme de quarante- cinq ans se disait diplômé de la faculté théologique de Chalki ‘tout en se référant à diverses philosophies hindouistes. «Toi, lui fis-je remarquer, tu causes du mal, à toi-même et à autrui, quand tu débites les sottises sophistiquées des Hindous et te fais passer en même temps pour licencié de Chalki. Prends garde, sinon tu deviendras possédé».
— Géronda, pourquoi les divers groupes présents en Grèce professant des dogmes parareligieux, cherchent-ils à se faire passer pour des associations, etc., et ne proclament- ils pas qu’il s’agit de religions ?
— C’est une imposture. Vois-tu, alors que saint Constantin a aboli l’idolâtrie pour instaurer le christianisme comme religion officielle de tout l’Empire, on tente aujourd’hui de la faire renaître. On permet de construire des mosquées, on accorde aux gourous le droit de disposer de leurs propres monastères, d’organiser librement des conférences, on crée différents centres de prosélytisme, on laisse les Francs-Maçons agir librement, les Témoins de Jéhovah de môme… L’Orthodoxie est attaquée par une multitude de théories. Mais celles-ci ne réussiront pas à s’imposer ; elles s’effondreront.
Les malheureux croyants sont endoctrinés, car ils se sont éloignés de Dieu et leur intellect est obscurci ! Deux jeunes gens m’ont confié un jour qu’ils étaient allés à Hébron en pèlerinage et qu’on leur avait couvert la tête avec la coiffe juive pour qu’ils puissent se prosterner devant les tombeaux d’Abraham. À quoi peut bien servir un tel pèlerinage si l’on porte les accessoires que les Juifs utilisent lors de leurs cérémonies ?
Que dire ? Quelle confusion dans l’esprit des gens ! A Paris, à l’extérieur d’une église catholique romaine, était affiché : «L’apprentissage de la Prière de Jésus enseignée par la méthode du yoga». Voyez à quel point certains chrétiens en sont arrivés ! Apparaissent ensuite des problèmes psychologiques et les fidèles perdent la raison. Ils ne savent plus ce qu’ils veulent. Certains catholiques romains ou des protestants, etc., apprennent que le baptême de l’Eglise Orthodoxe permet au baptisé de changer, de renaître, et ils pensent que, s’ils reçoivent ce baptême, leurs tourments psychologiques disparaîtront. Un jour qu’un protestant se présenta pour devenir orthodoxe, je conseillai autour de moi : «Attention, cet homme, ne le baptisez pas ! Le baptême ne lui sera d’aucun secours. — Au contraire, me répondit-on, s’il est baptisé, il sera aidé». J’insistai : «Le baptême n’est pas pour lui. Ne comprenez-vous pas ?». On ne m’écouta pas, on l’emmena à la mer, où il fut baptisé ! Il vint me trouver deux ou trois jours plus tard pour me confier : «Le baptême m’a été administré, mais cela n’a pas résolu mes problèmes psychologiques. — Mais enfin, m’écriai-je, est- ce pour cela que tu t’es fait baptiser ? Écoute ! Si tu avais vraiment ressenti le besoin d’être baptisé, si lu avais compris la valeur du baptême et sa grandeur, et si ç’avait été la véritable raison qui t’y avait conduit, tu aurais été guéri du reste. Mais te faire baptiser pour être délivré de tes difficultés psychologiques, comment serait-il possible ? Par un coup de baguette magique ?».
Certains confondent la magie avec le miracle. Ils ne savent pas distinguer l’or du bronze. Un protestant, vois-tu, peut se faire baptiser dans l’Église Orthodoxe, puis devenir catholique romain et avouer ensuite : «Je n’ai pas trouvé le repos de l’âme» ; retourner ensuite chez les protestants ou, de nouveau, chez les orthodoxes ! Un catholique fut baptisé un jour dans l’Église Orthodoxe, devint moine et vécut neuf ans dans un monastère. Il vint me voir un jour à ma kalyva et me déclara : «Moi, je n’ai pas vécu en tant que laïc dans l’Orthodoxie et je désire retourner dans le monde pour me marier» ! En croit-on ses oreilles ? Je lui dis combien ce qu’il pensait faire était lourd de conséquences, et lui de s’étonner : «Pourquoi lourd ? Je ne comprends pas».

Retour ou sein de l’Orthodoxie

Le monde étrange qui nous entoure se plaît dans le paradoxal, et non pas dans ce qui est juste. L’Inde, qui se trouve à l’autre bout du monde, les Grecs la connaissent à travers sa magie, qui les incite à s’y rendre. Le Mont Athos, situé dans leur propre patrie, tout à côté, ce lieu qui possède la véritable vie mystique en Christ, ils l’ignorent. Un étudiant me disait avoir passé trois ans et demi en Inde.
Il désirait connaître la vérité sur les religions. Finalement, un Hindou lui fit remarquer : «Qu’es-tu donc venu chercher ici ? Ce à quoi tu aspires se trouve dans l’Orthodoxie. Là est la lumière. Va au Mont Athos et tu trouveras la réponse à tes interrogations». C’est ainsi qu’il rentra en Grèce et se rendit au Mont Athos.
— Géronda, lorsqu’un Orthodoxe adhère à l’Hindouisme ou à une autre doctrine, s’il le regrette par la suite, peut-il de nouveau être admis dans l’Église Orthodoxe ?
— Il lui faut faire preuve d’un grand repentir et recevoir à nouveau la chrismation. S’il désire réintégrer l’Orthodoxie et redevenir un membre de l’Église, en général, il doit, avant tout, certifier dans une disposition écrite qu’il répudie les hérésies et témoigne de sa foi orthodoxe. Ensuite, le prêtre doit lui lire les prières de retour à la foi véritable et lui donner Fonction du Saint-Chrême, c’est-à-dire lui réadministrer le sacrement de la chrismation.
J’observe certains jeunes gens, des Grecs, qui, sans avoir jamais lu une seule ligne de l’Évangile, se mettent à étudier le Brahmanisme, le Bouddhisme, le Coran, etc., et se rendent chez les Hindous. Puis, n’y trouvant pas le repos de lame, ils reviennent à l’Orthodoxie. Mais, entre-temps, ils ont accumulé quantité de microbes, ont subi un profond dommage spirituel, et il leur est difficile ensuite de reconnaître la vérité. On doit d’abord adhérer à l’Orthodoxie, puis, si cette religion ne nous satisfait pas, on peut la quitter. Bien l’assimiler et, ensuite seulement, la comparer si l’on veut aux diverses théories à la mode. Car quiconque connaît bien l’Orthodoxie peut distinguer le bon grain de l’ivraie et se rendre compte de la bonne qualité du grain. Il n’est pas facilement enivré par l’ivraie.
J’ai remarqué que seul l’homme orgueilleux quitte l’Orthodoxie -je parle de celui qui la connaît. L’homme humble, lui, ne la quitte pas.