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  1. Un obstacle avant le départ.

Alors qu’il se hâtait vers la Sainte-Montagne, il se produisit ceci : il avait distribué toutes ses économies aux pauvres et n’avait gardé que ce qu’il fallait pour le voyage jusqu’au Mont-Athos. C’est alors qu’un pauvre paysan lui demanda de l’aider à acheter un bœuf parce que le sien avait péri. Arsène affronta la situation avec discernement. Il dit au paysan : « Excuse-moi, mais en ce moment je ne peux pas t’aider. »

S’il lui avait donné de l’argent, cela aurait signifié un nouveau report de son renoncement au monde, jusqu’à ce qu’il ait rassemblé de nouveau l’argent nécessaire pour le voyage. C’est ce que le diable voulait. Alors que son cœur délicat compatissait aux difficultés du paysan, son discernement lui dictait une autre conduite. « Il est permis de s’abstenir d’un bien en vue d’un bien meilleur1. »

  1. Cénobite à Esphigménou.

Il avait retiré de sa première visite au Mont-Athos une expérience et un savoir. C’est donc avec discernement qu’il résolu d’aller dans un premier temps dans un monastère cénobitique*, le temps que les ailes lui poussent. Il pensait aller à Konstamonitou pour y être novice, parce qu’il avait entendu dire que c’était un monastère hésychaste et ascétique. Comme il y avait une tempête de ce côté, et considérant que c’était un signe de Dieu, il alla, à partir du nord, vers le monastère d’Esphigménou. Celui-ci n’était pas encore devenu un monastère zélote*. Il y fut reçu par l’higoumène Callinique, il lui prêta obéissance[1] [2], et commença son noviciat.

 

 

 

Le monastère avait une bonne règle et des Pères combatifs. En plus des longues heures passées à l’église, il y avait aussi les tâches communes et le « canon » (règle de prière) à accomplir en cellule. L’Ancien disait que « passer un carême à Esphigménou était un vrai calvaire. On n’avait qu’une assiette de nourriture bouillie par jour. C’était le monastère céno- bitique le plus rigoureux. Lors de la première semaine de Carême, les pères passaient pratiquement toute la journée à l’église. »

Il devait raconter plus tard : « Lorsque j’étais dans la communauté cé- nobitique, un père m’a beaucoup aidé. Il ne parlait pas du tout. Il ressentait le besoin de s’entretenir avec le Christ. Il n’avait pas le cœur de parler avec les hommes. Il suffisait de le voir. Il m’aida plus que les Synaxai- res*. Pour une faute commise, il n’avait pas communié pendant trois ans, alors que cette faute n’était même pas susceptible d’une suspension de vingt jours. Alors que les moines ne parlent pas quand ils éprouvent un tel état de grâce, même les laïcs qui les voient sont transformés. Telle est la prédication des moines. »

Au monastère, parmi les pères vertueux, il y avait aussi un autre pieux combattant qu’il admirait. Sans envie ni jalousie, le bon frère priait Dieu et le suppliait de le faire ressembler au saint dont il portait le nom, et que lui-même connaisse l’état de grâce du moine vertueux. Il se considérait lui-même comme inférieur à tous.

  1. Noviciat et diaconies *.

Lejeune novice progressait avec joie au milieu des labeurs de la vie cé- nobitique. Au début, on lui assigna d’être un aide au réfectoire et à la boulangerie. Le pétrissage était très fatigant. Il pétrissait avec les mains une grande quantité de farine dans un pétrin. Il fallait faire descendre la main jusqu’au fond du pétrin pour que la pâte soit bien pétrie et qu’on puisse la couper.

Puis on le mit à la menuiserie, parce qu’il en connaissait la technique. Toute la journée, à jeun, il rabotait des planches de châtaignier avec un grand rabot manuel. Pour chaque tâche, il se montrait habile, très capable et rapide. Il rendit même les bâts des mulets du monastère « semblables à des meubles ».

Arsène, mû par son zèle pour Dieu, demanda la bénédiction d’aider aussi à l’hôtellerie lorsqu’il y avait un afflux de visiteurs.

Il était également responsable de deux chapelles qui se trouvaient à l’extérieur du monastère. Quotidiennement, il en allumait les veilleuses, il en prenait soin et veillait à ce qu’il y eût de temps à autre une Liturgie.

  1. Les combats d’un débutant.

Ayant pour exemple les saints Pères de jadis, il essayait de les imiter. Il plaça comme fondement de sa vie monastique l’humilité et l’obéissance, et il se livra à des combats au-dessus de ses forces. Le jour, il travaillait corporellement, mais la nuit, il restait éveillé à prier et à rendre grâces à Dieu. Il ressentait une grande fatigue, mais était intransigeant dans son ascèse. Continuellement, il ajoutait de nouveaux combats, toujours avec la bénédiction et sous la direction de l’higoumène. Il faisait tout cela joyeusement. Il disait : « Après avoir beaucoup travaillé au tour toute la journée, le soir, je me rendais à l’hôtellerie où j’aidais jusqu’à 10 ou 11 heures. Il ne me restait plus de temps, même pour les tâches spirituelles. C’est pourquoi, lorsque plus tard je me rendais dans ma cellule, je ne dormais pas. Je restais seulement un quart d’heure les jambes en hauteur, pour qu’elles se reposent un peu et pour que le sang en descende (il s’y rassemblait en raison des longues stations debout). Puis, je restais debout dans une cuvette pleine d’eau, pour que le sommeil ne me surprenne pas, et je faisais mes chapelets. Je dormais environ une demi-heure ou une heure, puis je me rendais à l’office pour y lire l’office de Minuit. Et comme je me disais que je n’arriverais peut-être pas, plus tard, à remplir mes obligations de moine du Grand Habit*, je demandai à l’higoumène la bénédiction d’accomplir le canon du moine du Grand Habit bien que novice, ce qu’il m’accorda. Ce n’était pas par égoïsme, mais par crainte de ne pouvoir faire face aux obligations qui sont celles d’un moine du Grand Habit. Je ne le faisais pas par orgueil. Si je n’en suis pas capable, me disais-je, qu’au moins je ne me leurre pas moi-même. »

À l’église, il ne s’asseyait pas du tout. Il restait debout dans sa stalle. Parfois le sommeil venait le surprendre, et il se reprenait aussitôt. L’hiver, il n’allumait pas de feu. Il y avait tant d’humidité dans la cellule que la moisissure se développait comme des morceaux de coton sur les murs. Lorsque le froid devenait insupportable, il avait une peau d’animal, comme on en utilise pour les bâts, et il en enveloppait ses jambes. Il travaillait dehors dans le froid, vêtu de sa seule soutane, et il y mettait, à l’intérieur, du papier pour se protéger un peu.

A table, il ne mangeait pas toute la nourriture. Il en laissait toujours un peu et, lorsqu’il y avait du fromage, il le mettait sous la nourriture et n’en mangeait pas. Avant le Grand Carême, il était de règle dans le monastère de donner à chacun des moines un carton de lait. Arsène ne prenait même pas cela, mais il le donnait au vieux Nikita qui était pré-tuberculeux. Lors du jeûne, il ne mâchait pas suffisamment les haricots, pour qu’ils tardent à être digérés et qu’ainsi ils le maintiennent un peu. Par ascèse, il dormait sur le sol en pierre et, parfois, sur des briques, qui « étaient plus amicales pour l’homme ». Petit à petit, son ascèse et sa piété furent remarquées par les pères. Les prêtres le préféraient à d’autres pour chanter pour eux dans les chapelles.

  1. « Mon affection pour les miens me tracassait. »

Comme si l’ascèse et la peine des diaconies ne suffisaient pas, le diable se chargeait aussi de le tracasser avec différentes pensées. 11 trouva le point sensible : sa grande affection pour les siens. Il dira plus tard : « Au début, le diable me tracassait avec le souvenir des miens. Tantôt il me faisait me rappeler ma mère, tantôt d’autres parents. Dans mon sommeil, tantôt il me les montrait malades, tantôt morts. Le responsable, voyant que j’étais préoccupé, me demanda ce que j’avais. J’allais me confesser à l’higoumène et je trouvais la paix. Au début, il est pénible pour le moine de quitter sa petite famille pour entrer dans la grande famille d’Adam, de Dieu. »

  1. Apparitions démoniaques.

Le diable ne se contenta pas de lui faire la guerre par les pensées : comme il n’arrivait pas, avec celles-ci, à le détourner de sa combativité, il lui apparut de façon sensible. Il le vit de ses yeux et ils discutèrent. Le tentateur essaya de l’effrayer de toutes les façons possibles et à faire obstacle à ses combats. Il semble que, par expérience, il se rendit compte de ce que ce novice allait devenir. Arsène n’était ni troublé ni effrayé par la présence du diable. Il disait : « Viens donc, tu me fais du bien. Tu m’aides à me souvenir de Dieu quand je l’oublie, et à prier. » Plus tard, l’Ancien ajouta : « Le tentateur se le tint pour dit ! Il disparut aussitôt. Il n’est pas idiot au point de tresser des couronnes aux moines. »

« Géronda par “tentation[3]”, vous voulez dire les pensées ? », lui demanda naïvement un moine. « Mais non, je veux dire le tentateur (le diable) ! Tu comprends ? Quelles pensées ? »

Grâce à son esprit délié, « par son ingéniosité humaine il parvint à vaincre les ruses des démons[4] ».

 

  1. Rasoevkhi.

Le 27 mars 1954, après le temps de noviciat fixé, il fut tonsuré moine du premier degré sous le nom d’Averkios. L’higoumène lui proposa de recevoir le Grand Habit, mais il refusa. Il disait : « J’aurais pu devenir tout de suite moine du Grand Habit, parce que l’on m’avait dit : “Toi, tu as fini ton service, plus rien ne te fait obstacle.” Mais j’ai répondu : “Le service du premier degré (rasoevkhi*) me suffit.”» Il se considérait lui-même comme indigne, mais il ne voulait pas non plus être lié par les promesses du Grand Habit, à cause de son désir de mener la vie hésychaste*.

  1. Il voit l’Agneau tressaillir.

« J’aidais aussi à l’église, raconta-t-il, comme sacristain (ecclésiasti- kos*) lors des vigiles*. Un jour, je me trouvais dans le sanctuaire et je suivais le prêtre qui faisait la proscomidie*. Il m’arriva alors quelque chose. Lorsqu’il prononça les paroles : “L’Agneau de Dieu est sacrifié”, je vis l’Agneau[5] sur le diskos* tressaillir comme un agneau que l’on égorge. Par la suite, je n’osais pas m’approcher ! C’est pourquoi le sacrement commence dès le rite de préparation et non au moment de la consécration comme le disent certains… »

  1. Ouvrier de la sobriété intérieure.

À partir de cette époque, il commença à conserver des notes sur tout ce qu’il lisait. Tout ce qui l’aidait dans son combat, il le recopiait sur un cahier et il essayait de le mettre en pratique. Son combat intérieur invisible consistait en ceci : un peu de lecture des textes ascétiques, beaucoup d’attention, une prière permanente et un effort obstiné pour se purifier des passions et pour acquérir la grâce divine.

Dans son travail spirituel personnel, comme dans ses diaconies* et les ouvrages accomplis en commun avec tous les moines, il essayait de ne pas interrompre sa prière. Il travaillait rapidement et silencieusement. L’Ancien Gérasime de Koutloumousiou, qui était l’un de ses vieux compagnons d’ascèse, se souvient : « Nous, quand nous travaillions aux corvées, nous parlions et nous riions ; lui, rien de cela. Il travaillait à part, évitant le bavardage et la critique d’autrui. C’était un moine très attentif. »

Parfois, le monastère envoyait des Pères à l’extérieur du Mont-Athos, parmi lesquels le Père Averkios, pour planter des peupliers sur un terrain lui appartenant. Plus loin, se trouvait la route sur laquelle passaient divers laïcs. Le Père Averkios s’obligeait en pensée comme dans son regard à ne voir personne ; et de fait il réussit un exploit comparable à celui d’Abba Isidore de Scété[6], qui se rendit à Alexandrie sans voir personne d’autre que le Patriarche. Ses yeux ne voyaient que les bons exemples des Pères aguerris, dont le comportement pouvait lui être utile.

  1. Obéissance jusqu’à verser son sang.

L’Ancien raconta : « Un jour, il y avait au monastère un frère menuisier, que les pères avaient reçus par nécessité, parce que si au monastère il y avait au début sept menuisiers, à la fin il n’y en avait plus aucun, même pour les petits travaux. Comme ils en avaient besoin, ils lui avaient laissé aussi beaucoup d’initiative. Il avait acquis beaucoup d’importance, il devint aussi un des membres de la synaxe des Anciens et il ne tenait compte de personne. Quiconque allait auprès de lui pour apprendre le métier ne pouvait rester près de lui plus d’une semaine. Moi, avec la grâce de Dieu, je suis resté deux ans et demi. Ce que j’ai enduré est indescriptible. Mais aussi quel profit j’en ai retiré ! Il invectivait, criait sans cesse. Il ne voyait pas bien, et quand il me disait de faire quelque chose dont je voyais que c’était à tort et qu’il faudrait, après, que nous le corrigions et que nous mettions des reprises, si j’osais le lui dire, il criait : “Tu n’as pas encore appris ta leçon ? Toi tu n’as le droit de dire que deux mots : ‘pardon’ et ‘que cela soit béni’ !” Je me taisais, tout allait de travers. Nous faisions des fenêtres pour l’église avec des reprises. Si les pères posaient des questions, moi, je me taisais. Lui était aussi à la synaxe* et, s’il le voulait, il pouvait dire la vérité. Malgré cela, je mettais une drachme de côté (c’est-à-dire: j’engrangeais un gain spirituel). J’eus des crachements de sang et il me criait : “Mais que fais-tu ? Travaille ! Toi, si ça continue comme ça, tu vas mourir.” Lorsque la situation empira, le médecin me dit de rester de toute façon deux mois à l’hôpital du monastère. Il vint et me dit en poussant des hauts cris : “Reviens vite, tu n’as rien.” J’obéis et je me levai pour me rendre sur la montagne afin d’y couper des châtaigniers, pour les équarrir. Je pris un sentier retiré. Je n’y allai pas par le chemin principal, pour que les pères ne me voient pas et que le vieux Père X. ne soit pas compromis. En chemin, mes artères s’ouvrirent et une hémorragie éclata : à cause de cela, je fus obligé de revenir sur mes pas. Par la suite il vint à l’hôpital et me dit sévèrement : “Pourquoi n’es-tu pas revenu ?”

Je n’eus aucune mauvaise pensée contre ce frère. Je me disais que Dieu permettait tout cela par amour, pour que je m’acquitte de quelque péché. Quand j’étais dans le monde, Dieu m’avait accordé le charisme d’être un bon menuisier. Les gens venaient me voir et, sans le vouloir, je prenais le travail des autres. Tous accouraient chez moi et des chefs de famille restaient sans travail. Pour y remédier je leur disais : “Je vais être en retard, j’ai beaucoup de commandes”, etc. Mais eux ne partaient pas. “Nous allons attendre”, disaient-ils. C’est pour cela que maintenant je m’acquitte de ces péchés. En définitive, comme j’ai grandement profité de ce frère, Dieu qui est bon a eu pitié de lui. Alors qu’il n’y voyait plus rien, il devint humble à l’égard de tous et a été sauvé. Il m’a fait cracher du sang, mais il a fait de moi un homme. »

Les saints Pères estimaient que l’obéissance était une confession de la foi. Mais, pour le Père Averkios, l’obéissance a été un martyre sanglant. De plus c’était une obéissance non pas à l’égard de l’higoumène, mais à l’égard d’un moine plus âgé. Il supporta tout dans la joie et la patience.

Lorsque les supérieurs voyaient les fenêtres défectueuses et le lui faisaient remarquer, il ne se justifiait pas en disant qu’il avait fait comme le vieux Père X. le lui avait dit, mais il gardait le silence et il supportait les condamnations injustes comme si c’était de sa faute. Par la suite, le bon Dieu a révélé la vérité, et les supérieurs, comprenant ce qui s’était passé, lui demandèrent pardon.

À l’hôpital, le bon infirmier, pour lui donner un peu de force, lui donna à manger des noix avec du miel. Dès lors, le P. Averkios était chagriné d’être au lit sans pouvoir aider « les pères et les frères qui se donnaient du mal ». L’infirmier lui dit alors : « Si tu fais des chapelets*, cela aura d’avantage de valeur. Dieu accordera de la force aux pères et enverra aussi des bénédictions sur le monastère. » C’est ainsi que, plein de zèle pour Dieu, il se donna du mal en priant pour tous les frères. Lorsqu’il alla un peu mieux, l’higoumène lui donna la bénédiction d’avoir un petit récipient dans sa cellule pour boire quelque chose de chaud et recouvrer la santé. Recherchant un réchaud auprès des pères, il fut très ému de n’en trouver chez aucun. Comme il s’était tiré d’affaire avec difficulté et qu’il avait une fois ou deux préparé une tisane dans sa cellule, cette pensée le tracassa par la suite. Il jeta par la fenêtre le récipient — c’était une boîte de conserve — à la mer, et il consacra à Dieu sa santé et tout ce qui le concernait.

 

 

  1. Visite de la grâce divine.

La rigueur de son ascèse fut adoucie par un événement inédit : la visite de la grâce divine. « Lorsque mes batteries furent entièrement rechargées (mes forces s’étaient épuisées), je vécus un événement exceptionnel. Une nuit, alors que je priais debout, je sentis quelque chose descendre sur moi et m’envelopper entièrement. Je ressentis de la jubilation, et mes yeux devinrent deux fontaines d’où coulaient continuellement des larmes. Je voyais et vivais sensiblement la présence de la grâce. Jusqu’alors, j’avais ressenti de nombreuses fois des émotions et autres, mais c’était la première fois que quelque chose de ce genre m’arrivait. Cette sensation était spirituellement si forte, qu’elle m’affermit et dura environ dix ans jusqu’à ce qu’au Sinaï, plus tard, je vive des états plus intenses d’une façon différente. »

 

  1. Départ pour la vie hésychaste.

Lorsque le Père Averkios se rendit au monastère, il demanda à l’higou- mène de lui donner sa bénédiction pour n’y rester qu’un laps de temps, afin de pouvoir ensuite mener la vie hésychaste. Celui-ci acquiesça à sa requête. Il tira beaucoup de profit de tous les pères, et ce monastère, si riche en exploits spirituels, fut pour lui un bon point de départ. Mais conjointement, son désir de vie hésychaste devenait plus intense. Quand il priait, son esprit était ravi en contemplation. Son cœur était enflammé « par les charbons ardents de la vie érémitique[7] », et il ressentait l’appel du désert.

Il reçut l’autorisation de quitter le monastère pour vivre dans Yhésy- chia*. Il laissa les peines et les diaconies*, le sang et la sueur, et il partit en plaçant son espoir en Dieu et en la Toute Sainte, pour qu’ils le conduisent vers « une terre désertique ».

Il commença par aller vénérer l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu Portaïtissa[8] du monastère d’Iviron. Tandis qu’il la vénérait, le visage de la Toute Sainte se modifia ; il devint très doux. Par là, il fut informé que son départ était conforme à la volonté de Dieu.

 

 

 

[1]  S. Jean Climaque, Lettre au Pasteur, 74, dans L’Échelle sainte, éd. cit., p. 325.

[2]  Par une prosternation que fait le novice pour montrer sa soumission à l’Ancien.

[3]  En grec, le même mot signifie « tentation » et « tentateur ».

[4]  S. Jean Climaque, L’Échelle Sainte, IV, 26.

[5]  C’est-à-dire la prosphore destinée à être consacrée.

[6]  Apophtegmes des Pères du désert, série alphabétique, Isidore 8.

[7]  Ps 119,4. Traduction adaptée pour rendre le jeu de mots sur erimikois.

[8] La « Gardienne de la Porte ». L’une des icônes miraculeuses les plus célèbres du Mont-Athos.