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  1. Installation au kellion de la Panagouda.

Après avoir passé onze ans de lutte et d’abnégation dans la calyve* de la Précieuse-Croix, il décida, pour une raison spirituelle, d’en partir. Cherchant une calyve à Kapsala, il voulait demeurer en compagnie de l’Ancien Mènas le Roumain, qui était aveugle, pour le soigner durant ses vieux jours. Mais le monastère auquel appartenait le kellion* ne lui en donna pas la bénédiction. En chemin, il supplia la Toute Sainte en larmes : « Ma Toute Sainte, tu as une maison pour chacun dans ton Jardin, tu n’en as pas une pour moi ? »

Le 27 février, anniversaire du jour où lui était apparue sainte Euphémie, il trouva, sur les indications de l’Ancien Joachim, le kellion de la Panagouda qui était jusqu’alors un vignoble du saint monastère de Koutlou- mousiou. Il ressentit cet événement comme une bénédiction de la sainte (i. Euphémie), et il la remercia tout ému de sa providence. Les pères du monastère accueillirent sa demande avec empressement et enthousiasme, et ils transformèrent le vignoble en kellion en lui fournissant un omologo’.

La calyve de la Panagouda se trouve au pied du versant d’une petite hauteur, au milieu d’une épaisse végétation. Elle est près du chemin qui relie Karyès à Iviron et en face de la skite de Saint-Pantéléimon. La chapelle occupe le coin sud-est de la calyve et est consacrée à la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu (c’est pourquoi on la connaît sous le nom de Panagouda, c’est-à-dire « Petite Mère de Dieu »). Elle est tout de suite à droite du couloir, en venant de l’entrée, alors qu’à gauche se trouve la cellule de l’Ancien. Ensuite, à droite, se trouve une cellule, que l’Ancien [1] transforma en hôtellerie et à gauche un espace, où il disposa son atelier. Une porte conduit au balcon, avec vue sur Karyès.

Bien qu’il eût recherché un kellion isolé sur le versant sud de PAthos, il y renonça à cause des pèlerins, pour que l’accès leur fût plus aisé. C’est un petit kellion propret, non loin de Karyès, pour ne pas exposer les pèlerins aux fatigues, et pour qu’ils puissent passer la nuit dans les monastères environnants en y étant répartis afin que le poids de leur accueil ne pèse pas sur un seul monastère.

De l’eau potable était fournie par une petite source avec un tuyau en plastique. Comme elle était à sec pendant les mois d’été, l’Ancien répara une vieille citerne souterraine qu’il remplissait en hiver. Il clôtura le périmètre de la calyve avec du grillage, en laissant deux entrées. Il fit aussi un tout petit jardin, où il planta quelques légumes sauvages ; il y cultivait des oignons, des laitues et quelques plants de tomates, rien d’autre.

Il manquait à la calyve des éléments fondamentaux, car elle était vieille et abandonnée. Il manquait des portes, des fenêtres, des plafonds ; le plancher était troué et le toit laissait passer l’eau. L’Ancien entreprit, en se donnant beaucoup de mal, les réparations de première nécessité. Il n’avait pas d’argent, et il n’en acceptait pas facilement. Il travaillait toute la journée et, le soir, il se rendait à une heure de marche chez un disciple dans la calyve duquel il avait aussi transporté le peu de choses qu’il possédait. Ce disciple ainsi que des Pères de Koutloumousiou l’aidèrent dans ses travaux ; ils lui fournirent aussi les mulets pour transporter les matériaux. Au début, il s’attacha à mettre en ordre sa chapelle, puis sa cellule, pour pouvoir y passer la nuit.

Un jour, comme il allait à la Panagouda en traînant les pieds de fatigue, il se dit : « Si au moins mon lit était prêt, que je puisse m’y reposer un peu. » En arrivant, il vit un lit ascétique qu’un moine lui avait préparé à partir d’une porte !

Outre sa journée de labeur épuisant, il avait aussi du monde. Il préparait le ciment, mais quand des gens venaient avec leurs problèmes, il s’asseyait avec eux et les écoutait. Quand il reprenait son travail, le ciment avait pris. Mais il ne s’énervait pas : « Les gens ont leurs tracas. Que le ciment devienne du ciment[2] », disait-il avec légèreté, relativisant sa propre peine comme aussi l’affliction des autres. Il montait réparer le toit, des pèlerins arrivaient, il redescendait. Quand ils étaient partis, il remontait pour poursuivre son travail. Cela se produisit souvent, jusqu’à ce qu’il se soit installé dans son kellion, mais aussi après.

 

  1. Saints Pantéléimon et Lucillien.

C’était le 2 juin 1979, l’après-midi. L’Ancien venait de transporter ses affaires au kellion de la Panagouda, sans avoir eu le temps de les ranger. Il se préparait à célébrer les Vêpres et il demanda au moine qui l’aidait, quel était le saint que l’on fêtait le lendemain, mais celui-ci ne s’en souvenait pas. Il lui dit qu’il le lui dirait le lendemain en arrivant, et il partit en se hâtant parce que la nuit tombait.

La suite, l’Ancien la raconta ainsi : « J’avais les Ménées dans des caisses. Je cherchais mes lunettes pour lire le nom du saint du jour, mais je ne les ai pas trouvées. Pour ne pas perdre mon temps, je fis les Vêpres sur le chapelet* en disant : “Saints du jour intercédez pour nous[3] !” Quand je me levai après minuit, j’essayai encore de trouver le nom du saint avec la lampe de poche pendant environ une demi-heure, sans résultat. Je me dis : “C’en est fait de l’office de minuit.” Pour ne pas passer la nuit à chercher, je refis l’office sur le chapelet : “Saints du jour intercédez pour nous !”, toujours sans mentionner les noms des saints du jour.

Je vis alors saint Pantéléimon, qu’accompagnait un autre saint, entrer dans ma cellule.

“Qui es-tu ? lui demandais-je.

  • Saint Lucillien” me répondit-il.

Je ne me souvenais pas qu’il y avait un tel saint, et je lui demandai :

“Lucien ?

  • Lucillien.
  • Comment ? Longin ? lui demandais-je pour la deuxième fois.
  • Lu-cil-lien”, répéta le saint.

Ensuite, s’adressant à saint Pantéléimon, il lui dit d’examiner mes cicatrices post-opératoires, pour voir si elles évoluaient bien. Saint Pantéléimon, qui portait une blouse blanche comme un médecin, s’approcha de moi. Après les avoir examinées, en posant sa main sur mon sein, à l’endroit où avait eu lieu l’opération aux poumons, il dit à saint Lucillien : “Tout va bien. Tu dois les prendre en considération pour le diplôme (les examens).” »

Les deux saints disparurent alors et l’Ancien, en glorifiant Dieu et en rendant grâces, alluma un cierge. Et il trouva alors que la mémoire de saint Lucillien était le 3 juin.

Le lendemain matin, lorsqu’arriva le moine qui l’aidait, l’Ancien, en souriant, lui demanda : « Saint Lucillien, n’est-ce pas ? », et il lui raconta l’apparition des saints. L’Ancien, en lisant dans le Synaxaire* la notice relative au saint, fut très surpris en relevant la « coïncidence » suivante : la Vie détaillée du saint qui se trouve dans le saint monastère d’Iviron, figure à la date du 27 février (jour de son martyre), date à laquelle lui était apparue sainte Euphémie. Ce lien entre ce martyr et la sainte qu’il vénérait tant, mais aussi la proximité de la date et même du lieu du martyre des deux saints, le réjouissaient particulièrement.

Il alla ensuite à la skite de Koutloumousiou pour y vénérer saint Panté- léimon. Il rapporta que l’icône qui était sur le proskinitaire* ressemblait beaucoup à son saint visage.

Dès lors, il le vénéra annuellement et il mit son icône dans sa chapelle et même dans sa cellule.

Cet événement miraculeux consola l’Ancien et chassa la peine et les soucis qu’il traversait en cette période de transition.

  1. « Consolez mon peuple ! »

Le flot des pèlerins changea de direction et, au lieu de se diriger vers la Précieuse-Croix, se dirigea désormais vers la Panagouda. De plus, il ne cessait d’augmenter. Dans ce voisinage jusqu’alors paisible, on voyait désormais monter et descendre le chemin de la prairie de Koutloumousiou, des gens de tous âges et de toute condition. Surtout à l’heure de l’autobus[4], où le flot se gonflait. La plupart des voyageurs s’empressaient pour arriver en premier chez l’Ancien et on les entendait demander : « C’est bien le chemin pour aller chez le Père Païssios ? », « L’Ancien est en bas ? », « Il y en a beaucoup qui attendent ? »

L’Ancien les recevait pendant toute la journée, leur offrait une collation et sacrifiait de longues heures en restant avec eux pour entendre leurs problèmes, pour soulever leurs croix, pour prendre leur souffrance, pour les conseiller, pour les réprimander, pour les guérir, et aussi pour les distraire, sans jamais prendre en compte le fait qu’il n’avait pas dormi, qu’il était à jeûn, qu’il était fatigué ou malade. La seule chose qui lui coûtait, c’était qu’ils interrompaient et écourtaient sa prière sans distraction.

Il brûlait littéralement du désir de L’hésychiaet de la communion ininterrompue avec Dieu. Mais son cœur sensible et rempli d’amour ne lui permettait pas de laisser sans consolation ceux qui étaient « ceux qui peinaient et étaient accablés ».

C’est ainsi qu’il réussit avec succès et discernement à combiner le service à l’égard des hommes et la vie hésychaste. Sa clairvoyance charismatique, avec laquelle non seulement il scrutait les dispositions, mais aussi la gravité des problèmes des visiteurs — la plupart du temps avant même d’être en contact avec eux — et quelques événements divins extraordinaires étaient les inoubliables régulateurs de son environnement.

Selon certains témoignages, un jour que l’Ancien était très fatigué, la cloche sonna avec insistance. Au moment où il se préparait à ouvrir, il vit son bienheureux Ancien, le Père Tykhon, à l’extérieur de l’enclos qui lui disait, satisfait : « Je me réjouis que tu accueilles les gens. » Cet événement contribua à faire davantage pencher la balance en faveur du service d’autrui.

Avec le temps, malgré tout, le nombre des visiteurs augmenta de façon excessive ; il excéda ses capacités. Il disait sur le ton de la confession : « Je ne me contrôle plus. Je suis devenu une affiche qui attire les gens. Autrefois mon esprit était plongé dans la prière. Maintenant, je vis les problèmes des gens. Souvent je sursaute dans mon sommeil ! »

D’un autre côté, il se rendait compte du grand besoin dans lequel se trouvaient pratiquement la plupart des pèlerins. Il disait à ce sujet : « Ne croyez pas que les gens viennent ici pour passer le temps. Ils ont de gros problèmes. Et ce qui m’aide souvent à prolonger cette situation, c’est le fait que des âmes sont aidées. Moi, je me suis fait moine pour vivre dans l’anonymat, mais les gens ne me laissent pas. Un Ancien m’a dit : “Toi, Ancien Païssios, ta règle consiste à accueillir les gens et à les soulager.” Maintenant, comment Dieu va me juger, je n’en sais rien. »

Lui-même désirait ardemment vivre seul dans L’hésychiaet prier. Il ressentait que, de cette façon, il aidait davantage les autres et de façon plus substantielle.

C’est pourquoi, lorsqu’il vit que les visiteurs ne cessaient d’augmenter, il fut obligé de prendre des mesures pour en limiter le nombre. Pendant plusieurs heures par jour, l’été, il disparaissait dans la forêt ; l’hiver il s’enfermait dans son kellion. Il lisait surtout le Psautier en priant pour des catégories précises de personnes souffrantes[5]. Il y avait bien sûr des exceptions, où il ne respectait pas cette règle : lorsqu’il avait été « informé » d’un cas grave et urgent.

L’Ancien disait : « Souvent, au moment où je prie, la petite cloche sonne. Je regarde par la fenêtre et je vois quelqu’un qui traverse une passe très difficile[6]. Et alors je lui ouvre ma porte. Mais avec lui accourent et entrent quatre ou cinq autres personnes venues passer des vacances à la

Sainte-Montagne. Le temps que je me dépêtre de tous ces gens, je suis tellement épuisé que je m’effondre sur mon lit, mort de fatigue. De même, au moment des Vêpres. Quand je vois quelqu’un d’affligé, je lui ouvre, parce que j’ai de la peine pour lui. Et après, le temps des Vêpres est passé aussi. Alors, mes obligations spirituelles et mon emploi du temps sont fichus. Mais je ne l’ai pas voulu. J’ai ouvert afin de venir en aide à une âme en peine, et j’ai été pris dans l’engrenage de ceux qui sont venus ensuite, et vas-y pour t’en dépêtrer ! Mais si je l’avais fait pour me détendre, par exemple, alors je ne serais pas en règle avec Dieu. »

Il envisagea même une solution plus radicale : un transfert, pour au moins une longue période de temps, dans une région isolée, y compris à l’extérieur de la Sainte-Montagne. Il reçut des propositions pour partir dans une région isolée et méconnue, et même à l’étranger (en Amérique).

Mais, brusquement, il se produisit un changement visible dans son comportement. Il interrompit complètement et pour toujours ces sorties bien-aimées dans la forêt, et il limita les heures de sa réclusion. Quand on l’interrogea avec étonnement à ce sujet, il répondit d’une façon énigmatique en citant la phrase du prophète Isaïe : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu[7] », laissant entendre qu’il avait reçu cet ordre. Il y a aussi un témoignage selon lequel la Toute Sainte lui était apparue en lui disant : « Ma tâche consiste à garder vos frontières, et je le fais. De la même façon, la tienne consiste à recevoir les gens sans distinction, parce qu’ils en ont besoin. » L’Ancien obéit humblement à la Toute Sainte et respecta sa recommandation : la diaconie du service des affligés.

Malgré le fait qu’il les recevait tous, les gens ne le changèrent pas ; ils ne le rendirent pas plus mondain. Au contraire, avec la grâce de Dieu, c’est l’Ancien qui transformait les hommes. Car non seulement il s’offrait en sacrifice pour eux, mais de plus lui-même « progressait » et il se perfectionnait, passant « de la vertu de la pratique, à la vertu de la contemplation[8] », et il vivait de grands événements surnaturels. Avec son expérience hésychaste, il valorisait sa prière pendant la nuit et, toutes les fois qu’il était seul, dans la journée. Quand il était seul, il portait dans sa prière les requêtes des hommes, et lorsqu’il se trouvait avec des gens, il proclamait le Christ. Dieu et les affligés devinrent désormais les deux axes autour desquels se déroulait toute son existence.

 

 

 

  1. Apparition de saint Biaise.

Le Père Augustin Catsabiris, archimandrite, avait à plusieurs reprises demandé à l’Ancien qu’il prie pour que le nouveau saint Biaise de Scla- vaina lui apparaisse. Il désirait connaître les traits de son visage pour les reproduire sur une icône.

C’était le soir du 21 janvier 1980, dimanche du Fils Prodigue, la veille du lundi. Alors que l’Ancien priait dans son kellion avec son chapelet*, il vit se présenter devant lui, dans la lumière, un saint inconnu qui portait une mantia* de moine. À côté de lui, sur le mur de sa cellule, au-dessus du poêle, apparurent les ruines d’un monastère. Il ressentait une joie et une jubilation indescriptibles, et il se demanda : « De quel saint s’agit- il ? » Il entendit alors une voix qui venait de l’église disant : « C’est saint Biaise de Sclavaina[9]. »

Par reconnaissance, pour remercier le saint, il se rendit à Sclavaina où il vénéra ses reliques pleines de grâce. L’Ancien, de surcroît, indiqua de loin l’endroit où se trouvait jadis le monastère du saint, parce que la nuit tombait et qu’il n’avait pas le temps de se rendre sur place.

  1. Apostolos Papachristou rapporte ceci : « Le 20 mai 1980, l’Ancien vint chez moi à Agrinion, avec l’intention de se rendre à Sclavaina, dans la région d’Acarnanie, pour y vénérer les saintes reliques de saint Biaise de Sclavaina, après la révélation du saint dans sa cellule. Il resta une soirée à la maison et, bien que nous lui eussions préparé des draps éclatants de propreté, l’Ancien les laissa absolument intacts. Lorsqu’il se rendit à Sclavaina, il vénéra le saint en se prosternant sur le sol et il instruisit tous ceux qui se trouvaient autour de lui. »

Ensuite, l’Ancien commanda une icône de saint Biaise au saint monastère de la Sainte-Trinité de Coropi en Attique après avoir décrit les traits du visage du saint à la moniale iconographe. Quand il reçut l’icône, il fut satisfait, parce qu’elle représentait le saint avec exactitude : « Il semble que la sœur était pieuse et qu’elle l’avait faite en priant et en jeûnant », ajouta-t-il.

Chaque année, il vénérait la mémoire de saint Biaise en veillant seul dans sa cellule. Il le fêtait non pas le 11 février, jour où l’on fête sa mémoire d’habitude, mais le 19 décembre, jour de son martyre.

 

 

  1. Parfum dégagé par l’icône Axion estin.

L’Ancien raconta ce qui suit : « Le lundi de la semaine pascale, j’étais assis dans l’hôtellerie et je disais la prière. Soudain, je sentis du parfum. Encore autre chose, me dis-je ! Je sortis dans le couloir pour voir d’où cela venait, j’allai dans la chapelle. Rien. Je sortis dans la cour. Le parfum était encore plus fort. On entendit frapper la simandre. Je regardai et je vis que la procession descendait vers le bas du versant et je me rendis compte que l’odeur sortait de l’icône de la Toute Sainte. »

C’était le jour de la procession qui accompagne la sortie de l’icône miraculeuse Y Axion Estin. Elle descend en partant de Koutloumousiou et va jusqu’au kellion des Saints-Apôtres (d’Alypios), dont le kellion de la Pa- nagouda est distant d’environ un kilomètre. De là, la Toute Sainte envoyait à sa manière son salut à l’Ancien.

 

  1. Les reliques de saint Côme le Prôtos.

Au début du carême de Noël 1981 eut lieu l’invention des reliques du saint martyr Côme le Prôtos (qui fut responsable de l’administration de la Sainte-Montagne). Il fut martyrisé par les latinophrones[10] [11] au XIIIe siècle. Ses reliques furent retrouvées dans l’église du Protaton11 après tant de siècles.

Le lendemain de son exhumation, l’Ancien rentrait de l’extérieur à la Sainte-Montagne. Quand il arriva à Karyès, il alla vénérer pieusement les saintes reliques. Il sentit un parfum indicible. Il se dit que même la terre de sa tombe avait de la grâce, qu’elle avait reçue des saintes reliques.

Le dimanche de l’Orthodoxie[12] de l’année suivante, il y eut une veillée de fête panathonique[13] dans l’église du Protaton en l’honneur du saint, à laquelle participa l’Ancien. Pendant la veillée, il vit une lumière qui se déversait du toit de l’église sur le saint crâne. Il était totalement captivé et il se complaisait dans cette lumière céleste, qui était invisible aux autres.

 

 

  1. Une chèvre au plafond.

L’Ancien garda à dormir dans sa calyve un jeune moine. Il le fit dormir sur un banc de bois dans le couloir. Il étendit une couverture sur un couvre-lit en crin et, en guise d’oreiller, il lui donna une carpette dont il ne se servait pas et qu’il roula sur elle-même. Il fit un beau lit ascétique. Il dit au moine en plaisantant : « Celui qui dort sur cet oreiller a des visions. » Le lendemain matin, il demanda au jeune moine avec un sourire spontané :

« Comment as-tu dormi ? As-tu eu des visions ?

  • Non, Géronda.
  • As-tu vu des chèvres (des démons) ?
  • Non plus.
  • Hier, expliqua avec gravité l’Ancien, le gendarme est venu de Ka- ryès, et nous avons discuté. Nous avons entendu, venant du toit, une “chèvre” qui bêlait. »
  1. Lumières dans le kellion

En 1982, le jour de Pâques, deux Pères, enfants spirituels de l’Ancien, passèrent par le kellion Rabdouchos, pour saluer son Ancien, le diacre Jean et lui adresser le traditionnel « Christ est ressuscité ! ». Celui-ci leur demanda s’ils avaient célébré Pâques dans le kellion de l’Ancien Païssios. « Non, lui dirent-ils, mais à Koutloumousiou. L’Ancien était avec nous. » Le diacre Jean s’étonna et, interloqué, leur expliqua la chose suivante : lui et d’autres pères avaient célébré Pâques dans le kellion voisin. Lorsqu’ils eurent terminés et qu’ils allaient partir, ils virent qu’à la Panagouda de nombreuses lumières étaient allumées. Tout l’intérieur du kellion était plein de lumière, une splendide profusion de lumières ! Le diacre Jean, impressionné par ce spectacle, dit aux autres : « Regardez avec quelle magnificence l’ancien Païssios célèbre la Résurrection ! Et nous qui avons terminé si tôt ! »

Mais à la Panagouda ce soir-là, il n’y avait personne ; pas même l’Ancien. Que signifiaient donc ces lumières ?

Lorsqu’on rapporta l’événement à l’Ancien, il répondit humblement : « C’est ce que Dieu a permis pour que le diacre Jean reçoive une certitude intérieure. Comme des visiteurs viennent aussi le déranger en lui demandant où se trouve mon kellion, et que parfois il peut rouspéter ou s’énerver comme un homme qu’il est, c’est pour cette raison que Dieu lui a montré cela. »

 

 

  1. La promesse de la Mère de Dieu.

Pendant son sommeil, l’Ancien vit qu’il allait partir pour un long voyage et qu’il mettait de l’ordre dans ses papiers. Il y avait aussi d’autres hommes qui mettaient eux aussi de l’ordre dans ses papiers. Alors apparut une belle femme pleine de grandeur et vêtue d’or. Elle lui prit les papiers, les mit sur son sein et lui dit qu’elle s’en occuperait, mais que le temps de partir n’était pas encore venu, que c’était trop tôt. Précédemment, l’Ancien avait prié en disant : « Ma Toute Sainte, mon passeport et mes papiers ne sont pas prêts ! », avec le sentiment qu’il n’était pas prêt à partir pour l’autre vie.

Lorsque, peu de temps après, il alla à Jérusalem, plus précisément à Gethsémani, avec un étonnement dont furent témoins ses compagnons il reconnut dans le visage de l’icône de la Toute Sainte de Jérusalem, celui de la « Dame » qu’il avait vue dans son sommeil. C’est ainsi qu’il réalisa que celle qui lui était apparue était la Toute Sainte et que le grand voyage était le fait de quitter cette existence, mais l’heure n’en était pas encore venue.

 

  1. Aux Lieux Saints et au Sinaï.

En l’an 1982, l’Ancien se rendit aux Lieux Saints et y vénéra le « Saint des saints ». Ce fut sa première et unique visite. Il parlait avec admiration de la grande grâce qu’ont les Lieux Saints, surtout le Golgotha et le Saint Sépulcre.

Quand il se rendi en pèlerinage sur le mont Thabor, tandis qu’il priait, « quelque chose lui arriva[14] ». Puis il montra au gardien du lieu de pèlerinage l’endroit précis où avait eu lieu la divine Transfiguration du Seigneur.

A Nazareth, il vit un Juif, chrétien en secret, qui avec piété enleva sa calotte et alla boire à la fontaine de la Toute Sainte, tout en prenant garde de ne pas être vu par les gens. L’Ancien révéla : « Il y a beaucoup de Juifs crypto-chrétiens qui ont peur de se manifester, parce qu’ils sont persécutés, et plus tard un plus grand nombre encore se fera baptisé et ils deviendront nos meilleurs amis. »

Sur le mont des Oliviers, il demanda aux moines du Saint-Sépulcre qui l’accompagnaient de le laisser un peu seul pour qu’il puisse prier. Il tomba à genoux sur la pierre où pria le Seigneur en agonie avant son arrestation, il la tint serrée sur son sein, comme s’il ne faisait qu’un avec elle, et pria avec des sanglots assez longtemps. Ce spectacle impressionna le gardien catholique.

L’Ancien dit : « Trois hommes me firent impression. L’un était le (désormais bienheureux) évêque de Nazareth Isidore, l’autre le Père X. (il vit encore) », et il ne révéla pas le nom du troisième.

Par la suite, il se rendit au Sinaï, pour y aider le monastère. En outre, il désirait personnellement y rester un moment : « Je veux me souvenir des jours passés et rester un peu dans la solitude et me reposer du voisinage et du grand nombre de gens de la Sainte Montagne ».

Il trouva un lieu de résidence convenable : la Sainte-Protection, un ka- thisma* isolé, avec une petite chapelle et une petite cellule. Mais il ne réussit pas à y rester longtemps. Il aida autant qu’il put le monastère et revint à la Sainte-Montagne. Lui-même racontait à ce propos : « Je me suis rendu au Mont-Sinaï pour y vivre longtemps, mais je n’ai pas pu. Le jour où nous avions convenu de nous rendre à Jérusalem, j’allais très mal et j’avais de la fièvre. Il m’était impossible de voyager. Mais que pouvais- je faire ? La personne que je connaissais avait fait tant de sacrifices ! Comment aurais-je pu lui dire que je ne partais pas en voyage ? Je suis resté un peu à Thessalonique, je me suis un peu rétabli et je me suis forcé à partir en voyage. Nous sommes d’abord allés à Jérusalem, parce que c’était un endroit que je voulais aussi vénérer. Mais ensuite, durant le voyage en autocar vers le Sinaï, l’air m’arrivait droit sur la poitrine et j’ai attrapé un coup de froid au poumon. Car, vois-tu, je n’ai plus qu’un poumon. Lorsque nous sommes arrivés, j’étais presque mort. Le médecin local décida de me faire des injections de cortisone. “Mon bon docteur, lui ai-je dit, moi, depuis 1960, je n’ai pas même pris de l’aspirine et toi tu vas me donner maintenant de la cortisone?” Il insista tant et plus que j’y consentis. À peine eut-il fait les injections de cortisone que j’eus du sang dans les intestins. Alors, il me fit des injections pour stopper l’hémorragie. J’étais arrivé au bout du rouleau. Si j’étais mort, j’aurais alors trouvé le repos. Mais je pensais : “Ah la la ! comment puis-je donc mourir ? J’ai encore des péchés dont je dois m’acquitter !”

Cependant, je voyais que j’étais sans forces. De plus, le désert avait changé, il n’était plus celui que j’avais connu jadis. Les Bédouins n’étaient plus paisibles et calmes, comme jadis. Désormais ils avaient des voitures, des tournevis, des radios et l’on voyait là aussi, dans le désert du Sinaï, cet esprit mondain turbulent. Dés lors, on trouvait davantage de tranquillité dans les monastères que dans le désert. »

Pour cette raison, il ne resta pas longtemps au monastère et revint à la Sainte-Montagne.

 

 

  1. Actions de la grâce divine.

Voici ce que dit l’Ancien : « Lors de la visite de la grâce divine, le cœur bondit. Une fois, j’ai prié pendant quatorze heures consécutives et au lieu de ressentir de la fatigue, je ressentais une telle joie, une telle jubilation ! Tout d’un coup, je me suis dit : “Puisque je suis arrivé à un tel âge, et que deux côtes me manquent, je vais mettre ma ceinture pour m’attacher au plafond par une corde, et si j’ai deux bâtons fourchus, je les mettrai sous mes aisselles ; je pourrai ainsi continuer et prier tant et plus. Voilà !” À peine eus-je cette pensée que je me suis effondré sur le sol et que toute la fatigue est ressortie. Je suis resté immobile sur le sol un quart d’heure, comme si Dieu me disait que c’était Sa grâce qui me portait et pas ma ceinture. Cela veut-il dire que cette pensée était un péché ou qu’il y avait de l’égoïsme ? Je me suis dit : “Puisque tu es dans cet état corporel, fais attention.” Combien plus une pensée orgueilleuse peut-elle chasser définitivement la grâce ! Comme la vie spirituelle est subtile et comme il faut beaucoup de vigilance ! »

*

L’Ancien avait vécu un événement semblable à la Précieuse-Croix, qu’il raconta le 27 octobre 1978 de la façon suivante : « Une fois, je priais debout depuis plusieurs heures. Non seulement je ne ressentais pas de fatigue, mais j’éprouvais une joie indescriptible, au point que je ne voulais pas interrompre la prière. Pour pouvoir continuer le plus longtemps possible, j’allais ceindre une grosse ceinture. Mais je ne pus pas la prendre et je m’effondrai à terre et j’étais complètement épuisé, telle une boule. Dieu m’avait soutenu ainsi longtemps, mais dès que j’ai essayé d’ajouter ma prétendue force humaine et ma préoccupation, il a repris Sa force pour me montrer quelle valeur avait mon propre effort. »

Une autre fois, il raconta : « Je me trouvais à une agrypnie* et j’avais très froid. Je me suis dit que, après avoir communié, à la fin de la Divine Liturgie, j’irais dans mon kellion et que je m’y envelopperais de deux ou trois couvertures pour me réchauffer. Mais dès que j’eus communié, une chaleur commença à se répandre dans tout mon corps. De même que le poêle électrique réchauffe l’air progressivement, de même je sentis se répandre la divine grâce dans mon corps. »

  1. Vision d’un enfant priant.

L’Ancien raconta : « Un jour, je suppliais Dieu de me montrer comment prier. Alors, j’eus une vision : je vis un enfant que je connaissais, agenouillé en larmes qui se confessait à Dieu, puis levait les bras pour Le supplier. Cette image me confondit et je dis : “Mon Dieu, pardonne-moi, je n’ai pas encore appris à prier.” C’est pourquoi il est bon de commencer sa prière par une confession de sa vie en général, puis de la faire suivre par une demande, laquelle doit inclure une doxologie et une action de grâces. »

 

 

  1. « Ô mon Christ, bénis-moi ! »

Le 26 mars 1984, un événement se produisit que l’Ancien raconta quelques jours plus tard de la façon suivante : « Alors que je priais en face de l’icône du Christ, je ressentis quelque chose en moi et en tombant sur le sol, je dis : “Christ, bénis-moi !” Aussitôt, je sentis un parfum qui remplit toute ma cellule pendant plusieurs heures. Même une carpette pleine de terre se mit à embaumer. Je restai agenouillé et j’embrassai même cette carpette avec la poussière. »

  1. Vision

Le 11 avril 1984, mardi de la Semaine Radieuse15, vers minuit, il eut une vision qui se rapportait au terrible crime de l’avortement. Il la raconta à beaucoup de gens et elle est publiée, mais nous la mentionnons ici parce que son objet est d’une grande importance et concerne beaucoup de gens, et que cela pourra peut-être aider quelque personne. Il raconta : « Alors que j’avais allumé deux petits cierges, comme d’habitude lorsque je vais me coucher, pour tous ceux qui souffrent dans leur âme et dans leur corps, ce qui inclut les défunts, j’eus une terrible vision ! Je vis un champ de blé, mais le blé n’avait pas encore poussé, il commençait à peine à germer. Je me trouvais à l’extérieur de l’enclos qui entourait le champ et je déposais, de l’extérieur, sur le mur des cierges pour les défunts. À gauche se trouvait une étendue irrégulière très en pente et en friche, qui fut ébranlée par une forte clameur faite de milliers de cris déchirants, qui aurait déchiré même le cœur le plus dur. Alors que je souffrais en entendant ces cris déchirants et que je ne pouvais pas expliquer ma vision, j’entendis une voix qui me disait : “Le champ semé de blé en herbe, c’est le cimetière avec les âmes des morts qui ressusciteront. Mais en revanche l’endroit qui est ébranlé par des cris déchirants, c’est l’endroit où se trouvent les âmes des enfants avortés.” Comme je reprenais mes esprits, je ne pouvais cependant pas me remettre de la grande souffrance que j’avais ressentie et je ne pouvais m’allonger pour me reposer un peu, bien que je fusse complètement épuisé par le trajet et la longue station debout de la veille. »

 

 

  1. La Mère de Dieu.

L’ancien raconta encore : « Lors du précédent carême[15], la Toute Sainte m’apparut, habillée en blanc. Elle me dit que beaucoup d’événements allaient se produire dans le monde, et que pour cette raison je devais avoir soin de prendre…[quelque chose qui le concernait personnellement]. »

Elle apparut près du coin nord-est de sa calyve. Lorsqu’il la vit, l’Ancien lui dit humblement : « Toute Sainte, l’endroit est aussi sale[16] que moi. » Mais dès lors il vénéra aussi l’endroit où « se tinrent les pieds » de la Mère de Dieu immaculée. Il voulait y planter des fleurs pour que l’on n’y marchât pas.

Dans son Livre d’Heures, il nota ainsi, de façon détournée, le miracle : « C’est-à-dire : La Toute Sainte ! 10h30, avant min. Toute blanche étincel. Pardon. »

  1. Sur l’Antichrist, le 666 et les cartes d’identité.

Le Père Païssios partageait les anxiétés des hommes et répondait à leurs préoccupations. Un sujet qui préoccupait alors particulièrement les fidèles, c’était la question des cartes d’identité. L’Ancien déjà avant l’apparition du problème parlait, quand il le jugeait bon, des signes des temps et de l’Antichrist. Par la suite, en raison de l’extension aux produits des codes- barres avec le chiffre 666, et la tentative de l’État d’imprimer de nouvelles cartes d’identité qui incluaient — comme cela s’avéra par la suite — une bande noire, le chiffre 666 et le visage du diable, il s’exprima davantage.

Il était alors dangereux de parler de ces questions, non seulement par peur de se tromper, mais aussi à cause des réactions. Des Pères spirituels ayant une excellente formation théologique évitaient de répondre aux questions des fidèles sur ce sujet et ils envoyaient les gens s’informer auprès de l’Ancien. Au début, il y eut de la confusion, y compris à l’intérieur de l’Église car, à l’exception de quelques exemples lumineux, quelques- uns — une minorité heureusement — exprimaient des points de vue erronés et d’autres étaient indifférents.

L’Ancien prit position et parla très clairement. Il ne se contenta pas de répondre aux questions des fidèles, mais en 1987, il écrivit son épître bien connue : « Les signes des temps — 666[17]. » Elle fut reçue avec soulagement et constitue une directive jusqu’à aujourd’hui. Beaucoup reconsidérèrent leurs points de vue et adoptèrent les positions de l’Ancien. Comme il avait prévu que l’on en aurait encore besoin dans le futur, il l’écrivit de sa main et il y apposa sa signature, pour que ses positions ne soient pas altérées, qu’il ne cessa de maintenir jusqu’à sa dormition.

Tout ce qu’il a dit et écrit est le fruit de la prière, d’une sensibilité spirituelle et d’une certitude intérieure. Il voulait que nous vivions une vie spirituelle, que nous soyons bien informés et prêts aux sacrifices sans être ni indifférents ni pris de panique. Qu’un esprit de confession de foi nous caractérise là où c’était nécessaire et dans la mesure propre à la situation qu’occupe chacun.

A des jeunes qui lui demandaient s’il fallait se marier, parce que tous ces événements apocalyptiques pouvaient se produire, il les incitait à fonder une famille et à travailler, parce que même pendant les périodes de persécutions, ce fut le comportement des chrétiens.

« Nos années, disait-il, sont difficiles, et il faudra que nous souffrions, peut-être même devrons-nous témoigner par le martyre au cours de la tempête qui va éclater. Ce n’est qu’en menant une vie spirituelle que chacun pourra s’en sortir. Ne soyons pas découragés. Ces années difficiles sont une bénédiction, parce qu’elles nous obligent à vivre plus proches du Christ. C’est l’occasion de mener bien des combats. Désormais la guerre ne se fera pas avec des armes, mais spirituellement, contre l’Antichrist. Il essayera d’induire en erreur “s’il était possible même les élus[18]”. Tout sera manipulé par la Bête. Par Bruxelles. Après les cartes et l’identité, ils continueront avec malignité avec le sceau ; ils forceront les gens à recevoir un sceau sur la main ou sur le front. Seuls ceux qui portent ce sceau pourront vendre ou acheter et avoir du travail. Les fidèles qui le refuseront seront persécutés. C’est pourquoi ils doivent dès maintenant s’exercer à vivre simplement et, s’ils le peuvent, posséder un champ, quelques oliviers ou une bête pour les besoins de leur famille. L’oppression durera trois ans, trois ans et demi. Dieu ne laissera pas les gens sans secours. »

Il refusait la logique et la tactique de certains qui disaient : « Qu’est-ce que cela fait si je reçois un sceau ? Je ferai aussi le signe de croix sur ma tête», ou : « Je prendrai ma carte d’identité et j’inciserai aussi la croix dessus », ou : « Intérieurement, je refuserai de renier. » Il disait à ce propos : « Si les chrétiens d’aujourd’hui avaient vécu avec leur logique à l’époque des persécutions, nous n’aurions aujourd’hui aucun martyr. Les premiers chrétiens n’utilisaient en rien leur logique, mais, sans faiblir, confessaient le Christ et brûlaient d’aller au martyre. On leur proposait des honneurs, on leur disait : “Tu n’as qu’à dire que tu n’es pas chrétien et intérieurement continue de croire en Dieu ; mets un peu d’encens, fais semblant de faire un sacrifice et ensuite ne sacrifie plus ; fais semblant de manger des sacrifices offerts aux idoles mais toi, mange de la viande pure ; ne prêche pas ici, va ailleurs” ; mais malgré tout, ils ne renièrent en rien le Christ. Ils couraient joyeusement au martyre pour le Christ, ils brûlaient d’un amour divin. L’Eglise doit prendre une position juste. Elle doit témoigner et demander à l’État au minimum que la nouvelle carte d’identité ne soit pas obligatoire. Elle doit expliquer aux fidèles aussi sa position pour qu’ils se rendent compte que s’ils acceptent la nouvelle carte d’identité, cela constituera une chute. »

En conclusion, l’Ancien croyait que : « Derrière l’Union Européenne se cache la dictature des sionistes. Une si sombre dictature, que seul le diable pouvait l’imaginer. Le fait de recevoir le sceau est un reniement. Même la carte d’identité est un reniement. Quand on a sur la carte d’identité le symbole du diable, 66620 et que l’on signe (« délibérément, en sachant clairement qu’on renie au Christ en signant un document »), cela signifie que l’on accepte une telle chose. C’est un reniement, très clairement. On renie le saint Baptême, on appose un autre sceau, on renie le sceau du Christ et on accepte le sceau du diable. C’est une chose que les pièces de monnaie aient 666 — “rendez à César ce qui est à César2…” — et une autre que la carte d’identité, qui est quelque chose de personnel, l’ait.

Même si quelqu’un accepte de recevoir le sceau par une ignorance injustifiée ou par indifférence, il perd quand même la grâce divine et accepte une œuvre diabolique. »

Telle était en bref la position de l’Ancien. Il parla clairement et fermement jusqu’à sa dormition. Désormais, il guide et enseigne par ses écrits.

 

 

  1. Parfum issu des saintes reliques.

L’Ancien racontait : « Nous marchions sur un sentier avec le hiéro- moine Païssios, et tous les deux nous sentîmes une forte odeur. Nous nous rendîmes compte qu’à proximité était enterrée la relique d’un saint ascète. Je m’y rendis un autre jour et je localisai l’endroit d’où émanait l’odeur. J’avais l’intention de creuser pour trouver la sainte relique, mais par la suite, pour une certaine raison, je l’ai laissée enterrée. »

  1. Opération d’une hernie.

Un jour, alors qu’il fabriquait des petites icônes sur la presse, en raison de l’effort et de la pression, il souffrit d’une hernie. De même qu’un tissu se déchire, de même se déchira aussi la paroi interne de l’abdomen, et dès lors il dut aussi porter cette croix. Malgré cela, dans les agrypnies* communes, il se tenait debout pendant des heures et, quand il y avait des visiteurs, il avait l’habitude de les recevoir debout, pour ne pas prolonger l’entretien. Les sollicitations des médecins qu’il connaissait et de ses enfants spirituels pour qu’il se fasse opérer ne fiirent pas entendues. Il essaya de prolonger simplement la situation en ayant recours à des aménagements pratiques pour lui. Un jour qu’il s’était rendu à Souroti, un médecin vint le voir et proposa de l’aider.

« Géronda, quel problème avez-vous ? Si je le peux, je vais vous aider.

— J’ai une hernie, mais je ne veux pas être opéré. C’est une grande chose que d’avoir quelque chose, de souffrir sans solliciter Dieu à ce sujet, mais de prier pour les autres. Dans ce cas, Dieu prête une grande attention à la prière de celui qui souffre tout en intercédant pour que les autres se portent bien. »

Cette situation dura quelques années, et il souffrit d’une façon inimaginable. Il souffrait beaucoup, mais ne le montrait pas. Désormais, il ne pouvait plus s’allonger sur le côté droit. Il accomplissait ses devoirs spirituels, mais avec difficulté et douloureusement.

Finalement, ceint d’une ceinture spéciale et s’appuyant sur un bâton, malade et souffrant, il se mit en route pour le Sinaï. Mais le médecin qui le vit à Souroti ne le laissa pas poursuivre son voyage. Il fallait qu’il soit opéré d’urgence. La situation était critique et ne supportait pas de délai.

C’est ainsi qu’au lieu du Sinaï, il se retrouva en salle d’opération contre sa volonté. Le pieux chirurgien, M. Georges Blatzas, qui allait l’opérer, était un peu préoccupé quant à l’issue de l’opération. L’Ancien s’en rendit compte et lui dit :

 

« N’aie pas peur, Georges. J’ai vu l’opération… Tout va bien se passer. Je voudrais simplement te demander de ne pas écrire “Païssios, moine”, mais “Arsène Eznépidis”.

  • Pourquoi, Géronda ?
  • Parce que les gens vont venir et vous en pâtirez. »

L’opération eut effectivement lieu, tout se passa bien, comme l’Ancien l’avait vu et prédit. Les médecins et les infirmières ne se rendirent pas compte de l’identité du moine, ils disaient juste : « Il est bien mystérieux, ce moine. Beaucoup d’autres moines sont passés par ici, mais celui-ci est différent. »

L’Ancien entra à l’hôpital Theagenneio de Thessalonique le 12 novembre 1987. L’opération de son hernie inguinale eut lieu et il sortit le 18 novembre 1987 en meilleur état.

Ensuite, sans faire de convalescence et sans non plus se rendre à l’Athos, il prit tout doucement le chemin du Sinaï.

  1. Le film blasphématoire.

L’année 1988 avait provoqué des remous dans la Grèce entière en raison de la projection du film blasphématoire de Scorsese, La dernière tentation du Christ, basé sur l’œuvre du même nom de N. Kazantzakis. Outre les réactions isolées de pieuses personnes en Grèce, l’Église prit l’initiative d’une protestation commune les 6 et 7 novembre de la même année. On sollicita aussi la participation de la Sainte-Montagne. Mais un certain nombre de moines réagirent négativement. Ils considéraient qu’il n’était pas spirituel de se préoccuper de telles questions, disant que leur mépris pour le film ferait qu’il serait moins projeté.

L’Ancien eut une réaction diamétralement opposée : « Durant la période de Piconoclasme, disait-il, dix chrétiens prirent avec fougue la défense de l’icône du Christ à la Porte d’or et furent martyrisés pour cela[19]. Maintenant, alors que la personne du Christ est blasphémée, nous ne devons pas être indifférents. Si nous vivions à cette époque, ceux qui sont dotés de “discernement et de connaissance” diraient alors aux dix martyrs : “Ainsi vous n’agissez pas spirituellement ; méprisez le soudard qui monte pour détruire l’icône, et quand la situation aura changé, nous mettrons à sa place une autre icône, qui sera en outre plus byzantine.” Voilà ce qui est terrible ! Notre dégénérescence, notre lâcheté, notre compromission, nous les présentons comme étant quelque chose de supérieur ! »

Il considérait que protester contre ce film blasphématoire était une profession de foi, c’est pourquoi il s’empressa de participer au combat de l’Église. Outre ses propres incitations, il signa en compagnie d’autres Pères une déclaration adressée au saint monastère de Koutloumousiou, où il exprimait son désir de participer à la sortie des moines athonites à Thes- salonique pour cette manifestation. Par sa position, il contribua à ce que la Sainte Communauté décide officiellement la participation massive de la Sainte Montagne. La présence du Protepistate, de la plupart des représentants, des higoumènes et de cent athonites déchaîna l’enthousiasme au sein de la foule. La présence de l’Ancien fit sensation. Pendant toute la durée de la manifestation, il se tint debout, malgré ses graves problèmes de santé. A la fin, il risqua d’être broyé par les manifestations de piété de la foule.

Même des moines et des moniales de monastères du monde y prirent part ainsi qu’une foule de laïcs. L’action unitaire et les prières de tous, y compris celles de l’Ancien, provoquèrent des résultats positifs. L’État interdit la projection du film blasphématoire. Ainsi fut conjurée « la dernière tentation ». Si seulement ce pouvait être la dernière.

  1. La grâce du sacerdoce.

Un jour, on frappa sur le morceau de fer (c’était un vieux soc suspendu à la clôture, que les pèlerins frappaient pour s’annoncer). L’Ancien regarda par la fenêtre et vit un groupe d’environ une dizaine d’hommes qui attendaient. Sortant de sa calyve pour leur ouvrir, il dit tout en s’approchant de la porte de la cour : « Un officier de l’armée, qui ne porte ni son uniforme ni son képi, on peut le frapper sans que l’on ne te dise rien. » L’un d’entre eux dit alors : « Géronda, je mérite une raclée » (lui seul comprenait le sens des paroles de l’Ancien parce qu’elles le concernaient, alors que pour les autres elles étaient incompréhensibles). Après leur avoir ouvert et les avoir fait entrer, il le prit à part et sans lui avoir rien demandé lui dit : « Regarde, ce que tu fais n’est pas bien du tout, parce que maintenant les gens vont penser que tu as fait quelque chose. Porte la soutane, laisse pousser ta barbe et après t’être confessé à ton évêque, demande lui de te mettre dans un bureau quelconque. Bien sûr, ne célèbre pas la Liturgie, mais reste prêtre, pour que les gens ne soient pas scandalisés. »

Celui-ci avait été ordonné prêtre à l’étranger. Lisant par la suite le Pe- dalion[20], il s’aperçut qu’il n’était pas digne de devenir prêtre. C’est pourquoi il décida tout seul de quitter la prêtrise en enlevant la soutane et en coupant ses cheveux et sa barbe. L’Ancien reconnut la présence de la grâce indélébile de la prêtrise, il « vit » le problème du prêtre, et lui donna son conseil pertinent.

  1. Transfiguration

C’était le 28 septembre 1992. Dans un kellion de Kapsala on célébrait une agrypnie* en l’honneur de saint Isaac le Syrien. Parmi les pères, se trouvait l’Ancien Païssios, qui vénérait particulièrement saint Isaac. Il participait à la veillée depuis une petite cellule située dans le prolongement du narthex. Avant l’entrée des Vêpres, les chantres se trouvaient tous dans le chœur de droite et chantaient le doxastikon[21]. Dans l’église, le recueillement était à son comble. Tous écoutaient avec attention. Deux orthodoxes libanais participaient à l’office, un clerc et un jeune homme qui à ce moment se trouvaient dans les stalles du chœur gauche. Tout d’un coup, le clerc se retourna pour dire quelque chose au jeune homme et il vit l’Ancien debout, soulevé à vingt-cinq ou trente centimètres au-dessus du sol, tenant son chapelet dans la main gauche et totalement baigné de lumière. Les parties de son corps qui n’étaient pas couvertes, le visage et les mains, émettaient de la lumière ; une lumière très forte ! Voyant la stupéfaction du clerc, le jeune homme regarda lui aussi derrière lui et vit, lui aussi, le même spectacle. L’Ancien avait la tête un peu penchée, recueilli en lui-même. Il semblait content et il souriait. Soudain, ils ne purent continuer à le regarder, éblouis par la lumière dont l’intensité avait augmenté. Quand, peu après, ils réussirent à lever les yeux pour le regarder, ils virent qu’il avait retrouvé son état normal.

Depuis le sanctuaire, un autre prêtre étranger vit la même chose. Les portes de la cellule, de la chapelle et de l’iconostase étaient dans le même alignement et ouvertes.

La première question qui vient à l’esprit c’est : comment se fait-il que parmi tant de Pères présents, seuls trois le virent ainsi ? Vingt-cinq personnes participaient à l’agrypnie, mais l’Ancien « fut transfiguré devant trois personnes[22]».

Peut-être que ceux-ci en étaient dignes ; peut-être que Dieu le voulut ainsi dans Sa bienveillance, pour une raison connue de Lui seul. L’un de ces témoins visuels était en train de construire un petit monastère dans son pays. Il avait apporté avec lui les plans pour les montrer à l’Ancien. Mais une pensée lui traversa l’esprit : « Que te dira le Père Païssios ? Est-il prophète ? » Et Dieu qui est bon lui montra qui était le Père Païssios.

TÉMOIGNAGES DE PÈLERINS

 

Il a répondu à ma pensée.

Témoignage écrit de M. D. : « Je vis que l’Ancien avait son chapelet enroulé dans sa main. Je me dis que j’allais échanger le mien contre le sien. Alors que j’étais assis à côté de lui, il se tourna vers moi et me dit en souriant :

« Ce que tu penses n’est pas possible. Le mien a trois cents nœuds, le tien en a cent. »

La fois suivante, j’achetai un chapelet de trois cents nœuds, et je le lui montrai en disant :

“Géronda, cette fois tu ne m’échapperas pas. Maintenant je vais te le prendre.

Si tu savais ce que tu me demandes, tu ne le ferais pas. Soit ! Que cela soit béni, le voilà.

Non, lui dis-je.

N’insiste pas. Puisque tu le veux, prend-le.”

Je le garde comme une bénédiction et un porte-bonheur ».

Témoignage du P. N., moine athonite : « Je rendis visite à l’Ancien à la Panagouda, pour la première et unique fois, en 1987 avec mon compagnon d’étude d’alors, Jean. Nous frappâmes le petit morceau de fer, nous appelâmes et attendîmes. Nous frappâmes encore une fois, pas de réponse. Calme plat. Soudain, nous entendîmes des psalmodies venant de son kel- lion. Elles étaient composées de voix nombreuses aussi unanimes que frêles. On distinguait le : “Saint…, Saint…”.

“— Ils célèbrent la Liturgie et ils en sont au ‘Saint Dieu…’ Ils sont loin de la fin, il vaut mieux que nous partions, dis-je.

— Non, attendons. Mais ne refrappe pas sur le bout de fer”, dit Jean.

Soudain, les chants cessèrent, et l’Ancien sortit. Je me souviens de son visage. Intensément lumineux, je n’ai jamais vu de luminosité comparable ! Il était seul. Personne d’autre. Mais que pouvaient donc être toutes ces voix grêles ? Notre désarroi arriva à son comble.

Il demanda combien nous étions et entra à nouveau dans son kellion. Il prit la clef et vint nous ouvrir. Nouvelle surprise : l’Ancien marchait sans toucher le sol ! À pas lents, il s’approcha de nous et deux ou trois mètres avant qu’il n’arrive, nous sentîmes soudain un fort parfum ! Nous étions interloqués. Il nous souhaita la bienvenue. Il nous fit signe de nous asseoir sur des billots et apporta des loukoums. Il nous demanda ce que nous étudiions et, sous quelque prétexte, commença à nous parler de l’utilité de la prière et particulièrement lorsque l’on souffre d’une maladie corporelle : “alors nous recevons un salaire complet”, nous dit-il. Tandis qu’il parlait, soudain il se plia en deux et prit son ventre dans ses mains. Nous comprîmes qu’il souffrait d’une hernie. Poliment, il nous dit : “Excusez- moi… J’ai aussi cette… Mais, allez, partez maintenant.”

Nous nous courbâmes pour recevoir sa bénédiction, il effleura nos têtes, et nous partîmes. Jusqu’à présent je n’avais pas mentionné ces événements miraculeux dont nous avons été jugés dignes d’être les témoins en cette matinée bénie. »

 

« Tu as des jambes cassées. »

Témoignage écrit de Constantin X., de la ville de Y. : « C’était la première fois que j’allais chez le P. Païssios. Il me demanda :

“Costas, comment es-tu venu jusqu’ici, toi qui as eu les jambes cassées ?” Il poursuivit : “Costas, c’est Dieu qui devait la prendre, Il l’a aimée davantage.

-Qui donc, Père ? demandai-je, étonné.

— Ta fiancée.”

Effectivement, en 1991, j’avais eu un très grave accident où j’avais les deux jambes brisées et où ma fiancée avait été tuée. »

 

Guérisons de malades.

E. A. dentiste à Thessalonique, raconta ce qui suit : « J’étais triste, parce que mes deux enfants étaient malades. J’allai à l’Athos pour voir le Petit-Père (l’Ancien Païssios). Beaucoup de gens attendaient à l’extérieur de son kellion. Peu après, la porte s’ouvrit, et il apparut. Il nous dit : “Jeunes gens, je ne peux pas vous accorder plus de deux minutes…”

Lorsque vit le tour de la quatirème personne, il se tourna et me dit : “Viens, Évangelos… ”, sans me connaître, c’était ma première visite. J’y allai donc et lui dis : “Moi, deux minutes ne me suffisent pas. J’ai besoin de beaucoup de temps, parce que je suis très triste. Je suis venu vous dire que je vais mettre le feu à trois églises. Dis à ton Dieu de cesser de frapper mes enfants. Que lui ont-ils fait ?”

Il m’écouta attentivement et me dit :

“Ecoute Évangelos — c’était la deuxième fois qu’il m’appelait de mon nom, sans le connaître -, tes enfants vont se rétablir.”

Puis il m’offrit une croix faite de ses mains, avec des reliques de saint Arsène. Telle fut ma prise de contact avec le bien-aimé Petit-Père.

Ma fille avait un psoriasis et, tous les deux ou trois jours, son corps devenait de la tête aux pieds semblable à celui d’un serpent. Quinze jours après ma visite, aucun des symptômes de sa maladie ne s’était manifesté, à part un petit bouton au genou. Je pris avec moi une serviette et je retournai à l’Athos pour remercier le Petit-Père et lui laver les pieds, ce que, naturellement, il n’accepta pas. Je le trouvai en train de bêcher et, avant que j’aie eu le temps de lui dire quoi que ce soit, il me dit : “Évangelos qu’es-tu venu me dire ? Que ta fille a un petit bouton au genou ? Dieu l’a laissé pour que tu te souviennes de sa maladie.”

Mon fils souffrait depuis longtemps d’une grave maladie dont l’issue était incertaine. Les médecins ne faisaient aucun pronostic sûr. La troisième fois que je me rendis auprès du Petit-Père, j’avais mon fils avec moi. C’était un petit enfant. Au monastère, les moines en le voyant me demandaient pourquoi il dormait. Telle était l’expression de ses yeux.

Dès que le Petit-Père nous vit, il dit à mon fils : “Bienvenue, mon gaillard.” Il y avait un rocher, très gros. J’essayai de le soulever, mais sans succès. Le Petit-Père de dire à mon fils : “Peux-tu soulever ce rocher ?” Le petit y alla et le souleva. Comment était-ce possible ! Alors, le Petit- Père s’agenouilla et, arrivé à peu près à sa hauteur, il lui dit : “Dorénavant tu n’as plus rien.”

À cet instant, ses petits yeux s’ouvrirent. Il n’avait plus le visage endormi que je lui voyais en tant que père depuis deux ou trois ans. “Sa maladie s’est envolée en même temps que le rocher”, dit le Petit-Père. Effectivement, depuis ce jour mon fils, grâce à Dieu, va très bien. »

Témoignage de M. Matthieu Golia de Ionnina : « C’était en février et, en compagnie d’un ami, je rendais visite à l’Ancien au sujet de mes problèmes. Il y avait beaucoup de neige. J’avais mal à la vessie et une hématurie comme une fontaine, et j’avais peur. Je savais que j’avais des papillomes[23] dans la vessie, je ne savais pas cependant si elles étaient bénignes ou malignes. Je dis au Géronda : “Je souffre et j’ai de l’hématurie.”

Mon ami ne pouvait pas prononcer un mot à cause d’une violente migraine. Il nous fit entrer dans la chapelle. Il sortit les reliques de saint Arsène. La chapelle fut envahie par un parfum indicible. Au moment même où il fit le signe de croix sur mon ami, la violente migraine le quitta. L’Ancien était, bizarrement, dans la chapelle. Quand il sortit du sanctuaire tenant à la main les reliques sans son bonnet, il était baigné de lumière. Très joyeux. Des larmes coulaient de mes yeux. Il me fit un signe de croix et me dit : “Tu n’as pas le cancer que tu craignais. Maintenant que tu rentres chez toi, va chez le médecin qu’il te les cautérise.” En effet, c’est ce qui se passa, et le médecin me dit : “Tous les six mois, nous ferons une cautérisation.” Cependant je n’y suis jamais retourné, et je n’ai jamais eu non plus le moindre ennui. »

*

Un moine souffrait depuis des années d’une constipation qui lui causait des hémorragies. Elle lui causa une blessure ouverte, d’où coulait beaucoup de sang. En l’apprenant, l’Ancien compatit. Il se rappela que lui- même en souffrait aussi quand il était au Sinaï.

Au début, il indiqua au moine quelques moyens pratiques qui l’aidèrent peu, mais l’hémorragie s’arrêta. Par la suite le frère alla voir un médecin, et eut recours aussi à des médicaments, mais sans résultat. L’Ancien suivit tout cela, lui demandant souvent comment il allait. Un jour qu’il le rencontra après les trois premiers jours de la Semaine Pure[24], il lui dit : « Je me suis demandé comment tu allais passer ces trois jours vu l’état dans lequel tu es. »

Lorsqu’il le rencontra de nouveau, il se dirigea vers lui en marchant rapidement et, sans le saluer, il lui demanda en lui tenant les bras et en attendant avec inquiétude sa réponse : « Alors, tu vas bien maintenant ? Dis- moi, tu vas bien ? » Le moine, surpris, lui répondit : « Oui, Géronda ; maintenant, grâce à Dieu, je vais bien. » Et de fait, il allait bien, parce que non seulement l’hémorragie s’était arrêtée, mais même la constipation avait disparu.

L’Ancien, au début, essaya de l’aider avec des moyens humains. Mais quand il vit leur insuffisance, il se réfugia en Dieu par la prière. Il avait en outre l’intuition que sa prière serait entendue, et il voulait simplement s’en assurer.

*

 Témoignage de M. S., professeur : « Un dimanche tandis que j’étais à l’église, je sentis un poids dans la poitrine. Le lendemain j’allai consulter un cardiologue et suivant l’électrocardiogramme qu’il fit, il constata que mon cœur avait un problème. Suivant sa recommandation, je fis un test d’effort, qui fut positif. On diagnostiqua un problème dans les vaisseaux coronariens et l’on me prescrivit de prendre des médicaments pendant un an. Les médecins constatèrent que ce problème ne se résoudrait pas avec des médicaments et me conseillèrent de faire une radiographie coronarienne. J’étais naturellement contrarié et j’avais peur. Je trouvai mon refuge en Dieu avec la prière et j’envoyai une lettre pour en informer aussi l’Ancien. Il me répondit par l’intermédiaire du P. H. qu’il allait prier et que tout se passerait bien. Je repris courage et décidai de faire cet examen dangereux le 5 mars 1992. Pendant la radio coronarienne, alors que j’étais allongé dans la salle d’opération, mon esprit était auprès de l’Ancien et se promenait à l’extérieur et à l’intérieur de son kellion. L’examen se termina et les médecins semblaient satisfaits, mais en même temps ils étaient surpris. Le médecin qui m’accompagnait à l’extérieur de la salle d’opération me regardait bizarrement et semblait surpris. Quand je repris un peu mes esprits, je lui demandai : « Qu’y a-t-il docteur ? » Celui-ci me répondit : « C’est étrange, ton cœur a quelque chose de bizarre. Alors que nous étions certains de localiser le problème dans les vaisseaux coronariens, nous avons constaté que non seulement il n’y avait pas de problème mais que, en plus, tes vaisseaux coronariens sont dans un excellent état. Cela ne s’explique pas médicalement, si ce n’est par une anomalie de ton cœur. » Ému, je lui répondis : « Docteur, mon cœur n’a pas d’anomalie, mais son parfait état est un miracle, dû aux prières d’un moine athonite. »

 

« Nous allons reprendre Constantinople. »

Un groupe d’écoliers de l’Athoniade s’entendirent pour demander à l’Ancien si l’on prendrait la Ville28 et s’ils seraient alors encore vivants.

Ils se rendirent à sa calyve, reçurent une collation, mais n’osaient pas l’interroger. Chacun faisait signe à l’autre, et en définitive personne n’osa lui poser la question. Alors l’Ancien leur dit : « Qu’avez-vous mes gaillards ? Que voulez-vous me demander ? C’est au sujet de la Ville ? Nous la prendrons, et vous serez encore vivants. »

Un enfant rapporta les paroles de l’Ancien à leur professeur, Constantin Mallidès, qui était un bon chrétien et un ardent patriote. Celui-ci vint, très intéressé, auprès de l’Ancien pour en avoir confirmation de la bouche même de l’Ancien. Celui-ci lui répondit : « Laisse ces choses, Costas ; elles ne sont pas pour nous. Nous, il faut que nous nous préparions pour une autre Ville. »

C’étaient des signes avant-coureurs de leur mort prochaine.

Effectivement, Costas ne tarda pas à partir, suivi par l’Ancien, pour notre authentique patrie céleste, « la nouvelle ville », la Jérusalem céleste.

 

« Demande pardon ! »

Témoignage de M. Photios Papadopoulos, de Drama : « Un jour je partis de Karyès pour aller chez l’Ancien. Devant Koutloumousiou, je rencontrai un jeune homme qui me demanda comment on allait chez le Père Païssios. Je lui dis que nous allions y aller ensemble. À notre arrivée, l’Ancien semblait nous attendre, il me demanda pourquoi j’avais amené le jeune avec moi. Je lui expliquai qu’il ne m’accompagnait pas, mais que je l’avais rencontré en chemin. Il me dit alors : “Qu’il parte d’ici, qu’il se lève et s’en aille. Sais-tu ce qu’il a fait ?” En colère, il dit au jeune : “Va- t’en, que je ne te voie plus. Ce que tu as fait est inexcusable. Va d’abord demander pardon en pleurant à la jeune fille, et c’est seulement après qu’elle t’aura pardonné que tu pourras revenir ici.” Il le chassa, chose inhabituelle. C’était la première fois que je voyais l’Ancien agir ainsi. Ensuite, alors que nous descendions vers Iviron, le jeune m’avoua qu’alors que sa fiancée attendait dans l’église pour la célébration de leur mariage, une de ses amies était passée par là et qu’il était parti avec elle. Leur mariage fut ainsi annulé.”

 

« Aie donc de la noblesse spirituelle. »

Un moine d’un monastère du monde29 raconta ceci : « En août 1993 j’ai été hébergé dans un monastère athonite. L’higoumène et les pères du monastère me proposèrent de rester dans leur monastère, et moi je priai pour que Dieu me montre quelle était Sa volonté. Un jour, je rendis visite à l’Ancien à la Panagouda, simplement pour y recevoir sa bénédiction. Mais j’allai de surprise en surprise. Il me prit à part et me demanda d’où je venais. Je le lui dis. Il me dit alors : “Père, il vaut mieux que tu restes dans ton monastère.” J’étais stupéfait, et il poursuivit : “Tu vas subir des épreuves, mais prends patience, parce qu’il faut que tu les subisses jusqu’à ce que cette heure vienne.” Je me suis dit que je ne comprenais rien à ce qu’il me racontait. Maintenant, pourtant, que j’ai subi et que je subis encore des épreuves, je comprends ses paroles. Il me dit encore : “Il faut que tu aies de la noblesse spirituelle quand tu parles aux jeunes, ne les bouscules pas. C’est cela la noblesse spirituelle. Il faut que tu respectes les autres, sans leur faire violence.” C’est alors qu’il commença à me décrire tout ce que j’avais fait dans mon monastère. Je me demandais comment l’Ancien savait que j’avais parlé avec des jeunes gens et que je les avais bousculés à propos de la confession. Puis il continua : “Si Dieu le voulait, il pourrait faire que le monde entier se repente en un instant. Il mettrait l’indicateur sur le 7 de l’échelle de Richter, provoquerait un tremblement de terre et alors tu verrais tous les gens faire de grands signes de croix. Mais ce ne serait pas un repentir sincère. Ce serait un repentir forcé, ce qui n’a pas de valeur. C’est pourquoi, toi aussi, tu ne dois pas exercer de contrainte.” »

 

La veilleuse qui oscille.

Témoignage anonyme : « Une année, alors que se terminait mon séjour annuel sur l’Athos, j’allais prendre congé du Petit-Père (le Père Païssios) et je lui dis : “Je retourne dans le monde avec crainte et douleur, parce qu’en moi rien n’a changé. Mes problèmes restent irrésolus. Mais si tu le veux, puisque que tes paroles seules sont pauvres et inefficaces et ne peuvent soulager mon drame, supplie le Christ, pour qu’il fasse bouger un peu sa veilleuse, comme confirmation de tes paroles.”

Alors que je souffrais et regardais tantôt l’icône du Christ sur l’iconostase de la Panagouda, tantôt le Père Païssios qui priait silencieusement, la veilleuse du Christ se mit à bouger en cadence, et d’un doigt tremblant je pris un peu d’huile pour faire un signe de croix sur mon front.

L’Ancien me dit : “La veilleuse de la Toute Sainte aurait bien oscillé aussi, mais alors tu te serais dit que c’était le vent qui la faisait bouger.” »

« Il vient… »

Témoignage du moine Paul de Lavra : « Je me suis entretenu assez souvent avec le défiint Père Païssios dans son lieu d’ascèse à la Panagouda. C’était un authentique ascète et un saint homme. Il était doux, paisible, dépourvu d’hypocrisie, pauvre, gentil, c’était un homme de prière et de charité, pourvu de rares charismes spirituels et d’un profond entendement.

Peu de temps avant la dormition du regretté Ancien, je lui rendis visite pour lui demander conseil et pour mon édification. J’approchai de son kellion, mais il n’y avait personne, en outre les deux portes étaient grand ouvertes. L’Ancien sortit, je lui fis une métanie et après les salutations d’usage, je m’assis sur un siège de bois improvisé et je commençai à lui ouvrir mes pensées. Lui, debout, allait et venait en murmurant régulièrement : “Il vient…”, “Ah, c’est lui…” , “Mm…”, indiquant par son déplacement que quelqu’un venait à sa rencontre. La scène dura environ dix minutes lorsque, estimant qu’il n’était pas attentif à ce que je lui disais, je me suis dit qu’il ne faisait pas attention à moi. Avant même que ma pensée se fut achevée, il me dit : “Parle, je t’écoute.” Je continuai à parler. Au bout d’un moment je me suis dit à nouveau qu’il ne m’écoutait pas, et lui de dire aussitôt : “Parle, je t’écoute.”

Peu après, on entendit des pas et le père administrateur de la skite du Prophète-Élie, le hiéromoine Joachim arriva en compagnie de son disciple, le hiéromoine Paul. Après les salutations, je m’éloignai en compagnie du Père Paul. Je lui demandai :

“Vous aviez pris rendez-vous avec l’Ancien ?

— Non, puisqu’il n’a pas le téléphone. C’est la première fois que nous venons. Pourquoi cette question ?”

Je lui rapportai l’événement. Alors, le Père Paul me dit : “Ceux qui disent que l’Ancien a le charisme de clairvoyance ont raison.” »

 

Le chef hindouiste.

L’Ancien aida beaucoup de gens qui s’étaient engagés dans le yoga et les religions orientales. Voici ce que rapporte un ex-dirigeant du mouvement hindouiste Hare Krishna :

« J’avais entendu parler de l’Ancien alors que je me trouvais en Italie. Les dirigeants de l’organisation de chaque pays d’Europe s’étaient réunis pour discuter. C’est là que j’entendis parler du Père Païssios comme étant un Yogi qui était apparu en Grèce, je décidai donc de lui rendre visite.

J’allai en Grèce, fis la connaissance du Père Païssios et commençai à réaliser mon erreur. Quand je leur dis que je voulais quitter le mouvement, ils me firent la guerre. Moi qui avais dirigé toute une organisation et parcouru l’Europe, j’avais désormais peur de monter dans un autobus. J’éprouvais une terrible difficulté à accomplir même la tâche la plus simple. C’est comme si j’étais intérieurement paralysé. Souffrance et peur. J’avais donné beaucoup de gages au diable, mais l’Ancien m’aida à m’en débarrasser. Si l’Ancien ne m’avait pas protégé avec ses prières, j’aurais été incapable de faire quoi que ce soit contre les menées diaboliques des suppôts du Malin. »

Plus tard, ce jeune homme fit une confession de foi publique dans une église d’Athènes et fut reçu à nouveau au sein de l’Église orthodoxe par le sacrement de la chrismation.

 

Le disciple de Maharishi.

Un riche qui pendant des années avait été le disciple du gourou hindou Maharishi, ainsi que toute sa famille, vint voir l’Ancien. Il avait de plus reçu l’initiation que donnait le gourou ; il avait « reçu la connaissance », comme ils disent dans leur langage. Ils affluaient des grandes villes européennes pour voir leur gourou en dépensant beaucoup d’argent. L’Ancien, avec son charisme de clairvoyance, révéla plusieurs événements de son existence et lui conseilla de chercher un travail, même s’il n’en avait pas économiquement besoin, parce que le travail lui ferait du bien.

Frappé par les charismes spirituels de l’Ancien, il l’interrogea au sujet de la méditation et sur différentes autres techniques.

« Regarde, mon enfant, l’interrompit l’Ancien. Les techniques n’ont pas d’importance. Vous les utilisez vous aussi, mais là où vous creusez il n’y a pas d’or mais le diable. C’est le Christ qui est l’or. »

 

Géronda Païssios et les jeunes.

L’Ancien avait une relation spirituelle particulière avec les jeunes. Il les aimait vraiment comme ses enfants, il veillait à ce qu’ils trouvent leur voie, et il priait pour eux. Il les aidait à surmonter leurs difficultés et leurs problèmes. Il compatissait et il souffrait avec eux. Eux ressentaient son grand amour, ils avaient une confiance absolue en lui, ils lui obéissaient et ils l’adoraient littéralement. On voyait dans son kellion des drogués, des anarchistes, des délinquants, des malades mentaux, des gens confus, des désespérés et même des candidats au suicide… Après qu’ils se fussent repentis grâce aux conseils de l’Ancien et qu’ils se fussent rétablis, ils revenaient lui rendre visite, transformés spirituellement, mais aussi prêchant le repentir à leurs amis, qu’ils lui amenaient. Voici quelques faits pour mettre en valeur cet aspect de son aide spirituelle.

*

Il aida beaucoup de toxicomanes à se désintoxiquer. Au début, il réussissait à stimuler leur intérêt, à communiquer avec eux en gagnant leur confiance. Ils le suivaient avec attention et acceptaient ses conseils. Beaucoup, grâce à sa prière et à son aide, se libérèrent de leur vice et devinrent des chrétiens fervents et de bons pères de famille. Il disait avec compassion : « Les malheureux, ils ne peuvent pas se réfréner. La jeunesse, aujourd’hui, se gâche elle-même. » C’est lui qui nouait les lacets de leurs chaussures, chassait les mouches qui les gênaient et remettait de l’ordre dans leurs cheveux qui leur tombaient sur les yeux. Il leur conseillait de se confesser, d’avoir une vie spirituelle, de trouver un travail simple, pour s’occuper.

Il leur recommandait de manger des carottes et il leur donnait aussi d’autres conseils pratiques. Il les envoyait dans des environnements appropriés pour qu’ils se désintoxiquent, il les aidait à s’intégrer dans la société et à fonder des familles.

Un jeune drogué essayait de se débarrasser de son vice, vice dont il souffrait personnellement ainsi que sa famille. Bien qu’il ait en lui une image confuse et imprécise du Père Païssios, il plaçait malgré tout en celui-ci son dernier espoir en se disant qu’il aurait un remède qui l’aiderait à arrêter de se droguer. Dès qu’il le vit, l’Ancien lui dit en souriant : « Viens donc : j’ai quelques bonnes pilules pour toi », et il lui mit dans la main quelques noisettes.

Effectivement, ses « pilules » firent leur effet, et le miracle se produisit. La dépendance du jeune à l’égard de la drogue fut brutalement interrompue.

*

Témoignage anonyme : « Un jour, j’ai vu un étudiant, homosexuel notoire, qui venait voir le Père Païssios. Après la discussion, il se repentit et changea de vie. Par la suite, je devais le rencontrer lors de vigiles à Thes- salonique. Il se tenait derrière une colonne et versait de chaudes larmes. Il pleurait silencieusement et seul. J’admirais la miséricorde de Dieu et le repentir de l’homme, mais aussi la grâce de l’Ancien qui réussit “à faire surgir le précieux du vil30”. Je le rencontrai de nouveau à la Panagouda, qui amenait d’autres jeunes égarés, pour que l’Ancien leur vînt en aide. »

Pour les jeunes, l’Ancien insistait tout spécialement sur la chasteté en leur disant : « Sachez bien que les jeunes qui, de nos jours, restent chastes, seront comptés parmi les martyrs de l’Église au jour du Jugement Dernier. »

*

Nombreux sont les cas où des fumeurs invétérés s’arrêtèrent de fumer grâce à l’Ancien. Ses paroles n’étaient pas de simples conseils, mais avaient de la force. Elles suscitaient l’aversion de la cigarette et supprimaient le désir de fumer. Mais il aidait encore davantage avec ses prières.

*

Témoignage anonyme : « J’étais venu pour devenir moine, mais je ne portais pas de skouphos31, car je ne pouvais m’arrêter de fumer. Je fumais alors deux paquets par jour. J’essayais. Je les déchirais, les jetais, mais le lendemain j’allais les chercher et je fumais. Bien que j’en eusse honte, je vins le dire à l’Ancien. Il me répondit : “Tu t’en tireras”, et il me frappait l’épaule en me consolant. Il était dix heures du matin, et jusqu’au soir je ne pensai pas un instant à la cigarette. Dès lors j’ai arrêté grâce à ses prières et je suis devenu moine. Pour moi, cela tenait du miracle. »

Un autre pèlerin racontait : « Je rendis visite à l’Ancien et, lorsque nous nous assîmes, je me mis à fumer. J’allumai la cigarette inconsciemment, parce que je fumais trois paquets par jour. L’Ancien me prit la cigarette de la bouche en me disant : “Tu ne recommenceras pas à fumer tant que les Allemands n’auront pas fabriqué une machine pour nettoyer les poumons.” Au monastère où nous passions la nuit je me rendis compte que je n’avais pas fumé depuis trois heures, mais je n’avais désormais plus le désir de fumer. J’ai depuis arrêté définitivement de fumer. »

*

De jeunes indifférents vinrent voir l’Ancien. Ils ne voulaient pas aller à l’armée et trouvaient un tas de justifications. L’Ancien leur rapporta des événements tirés de son passage à l’armée ainsi que d’autres exemples. Par la suite, les jeunes demandèrent la bénédiction pour servir dans les commandos. Il répondit : « Mon gars, tu te dois de servir là où on te le dira et d’aller là où on t’indiquera. »

*

L’Ancien racontait que notre Église enseigne deux voies : celle du monachisme et celle du mariage. Il considérait qu’il n’était pas naturel de ne pas choisir l’une des deux : « Le bœuf qui ne va ni à l’attelage ni au labour va au boucher. » Il aida beaucoup de jeunes à suivre leur penchant en devenant ou moines ou pères de famille. A beaucoup d’indécis qui n’étaient pas attirés par le monachisme, il conseillait de se tourner vers le mariage. Quand ils voulaient lui envoyer quelque chose, il refusait en disant : « Je veux des dragées » ou : « Envoie-moi le carton d’invitation au mariage. » À d’autres, pour les aider, il donnait une bonne « pénitence », en leur disant : « Ne revenez pas sans bague de fiançailles. »

*

Un jour, un jeune vint avec les cheveux longs comme une crinière. L’Ancien lui demanda :

« Eh, mon gaillard, quel travail fais-tu ?

— Je suis étudiant.

  • Tu as des examens à passer ?
  • J’en ai huit.
  • Si tu veux les passer, viens que je te coupe les cheveux, lui dit-il en plaisantant. »

Il entra dans son kellion, apporta des ciseaux et lui coupa les cheveux. Le jeune le prit comme une bénédiction ; il le dit aussi à d’autres, et ils vinrent eux aussi pour recevoir une telle bénédiction. « J’ai fait beaucoup de tonsures », disait-il en plaisantant.

« Géronda, que faites-vous des cheveux ?

  • Je les garde et je les plante sur les chauves », répondit-il en souriant.

Une autre fois, il rapporta humblement : « S’il y a une chose qui peut

me sauver, ce sera grâce aux bénédictions des mères. Sais-tu combien de lettres je reçois dans lesquelles elles me remercient avec émotion, parce que j’ai persuadé leurs enfants de couper leurs cheveux et d’enlever leurs boucles d’oreilles ? » Il ne voulait pas que les hommes portent les cheveux longs, parce qu’il considérait cela comme efféminé, et il citait saint Paul : « C’est une honte pour l’homme de porter les cheveux longs[25]. » Quand il voyait des jeunes avec les cheveux longs, il leur demandait : « Ce sont les consacrés et les étourdis[26] qui laissent pousser leurs cheveux. Vous, à quelle catégorie appartenez-vous ? »

*

Des jeunes d’Australie vinrent lui rendre visite. Ils voulaient avoir une vie spirituelle, mais ils aimaient aussi les distractions mondaines. Ils l’interrogèrent sur la danse et tentèrent d’arracher à l’Ancien son consentement à l’idée que la danse était une bonne chose : « Les gars, c’est comme si, par exemple, vous vouliez monter sur le sommet de l’Athos et que, n’y arrivant pas, vous vouliez que l’on abaisse l’Athos pour que vous puissiez dire que vous y êtes montés. »

*

L’Ancien considérait que l’influence de la télévision était catastrophique pour tous et particulièrement pour les enfants et les jeunes. Il mentionnait tristement des cas où les parents, pour avoir la paix, laissaient leurs enfants regarder la télévision pendant des heures ce qui avait pour résultat de les détruire, intellectuellement, psychiquement et physiquement. Il soulignait aussi le dommage que cause au corps le rayonnement émit sur des personnes enceintes ou sur des enfants. Il parlait même d’influences démoniaques. C’est pourquoi, dès qu’il le pouvait, il dissuadait les gens de regarder la télévision et il conseillait de jeter les récepteurs hors du foyer en donnant aux enfants quelque autre occupation spirituelle (des Vies de saints, des vigiles, des pèlerinages) ou neutre (comme des jeux innocents ou des excursions) Il disait : « Ne laissez pas vos enfants regarder la télévision. La télévision n’arrive que jusqu’à la lune. La télévision spirituelle arrive même jusqu’à Dieu. »

Un jour qu’il s’entretenait avec une bande de jeunes, quelques mètres plus loin était assis un jeune professeur. Il pensait à quelque chose qui l’avait préoccupé ces derniers temps : « D’accord, pour tout le reste de la télévision, je n’en discute même pas. Mais peut-être faudrait-il que pour avoir une information élémentaire, je puisse regarder les informations. » À cet instant, l’Ancien se tourna brusquement vers lui et lui dit : « Ni les informations ! » Derechef il se retourna vers les enfants, continuant sa discussion.

Un jeune marié discutant avec l’Ancien le pria de lui donner un dernier conseil. Il lui dit : « Dis à ta femme de ne pas regarder la télévision, parce que si elle le fait, ton bébé naîtra perturbé. » Puis, peu après, il insista : « Qu’elle n’aille pas non plus la regarder chez un proche ! » Sa femme avait l’habitude de regarder la télévision chez sa mère.

*

Témoignage du moine Païssios (du même nom) : « J’étais étudiant en Droit et je rendis visite à l’Ancien le 22 août 1988 avec mon compagnon d’étude Grégoire. C’était la première fois que je me rendais à la Sainte- Montagne, suivant en cela des recommandations de personnes de ma connaissance, parce que je vivais loin de l’Église. J’y allais davantage pour faire du tourisme spirituel, de plus je voulais démontrer au Géronda que Dieu n’existait pas et qu’il avait eu tort de gâcher tant d’années en devenant moine.

Vers 4 heures de l’après-midi, nous arrivâmes à la Panagouda. Nous y trouvâmes près de trente personnes qui attendaient. Nous frappâmes avec insistance sur la clochette, mais l’Ancien n’apparut pas. Nous essayâmes alors d’entrer par la porte de derrière, mais nous la trouvâmes fermée. Alors, je ne sais pas ce qui me prit, pour la première fois après douze ans d’une vie sacramentelle inexistante, je m’agenouillai et je me mis à prier : « Mon Dieu, dis-je, si tu existes réellement et si tu veux que je croie, fais que l’Ancien arrive pour nous parler de toi. »

Cinq minutes ne s’étaient pas écoulées que l’Ancien arriva lentement avec un regard tranquille et un très doux sourire, il s’approcha de nous, sortant de la forêt.

« Le Père Païssios ? demandai-je ému.

  • Que lui veux-tu au Père Païssios ? me répondit-il.
  • Lui donner ces chaussettes et recevoir sa bénédiction.
  • Baisse-toi que je te bénisse. »

C’était la première fois depuis mon baptême que je recevais une telle bénédiction. Il posa sa main sur ma tête durant cinq minutes environ en priant.

Ensuite, il nous fit rentrer dans la cour de son kellion et nous nous assîmes sur des billots. Il parlait de Dieu et de ce qui Se passait dans le monde, comme s’il avait entendu les dernières nouvelles, tout en nous offrant des loukoums à plusieurs reprises.

Entretemps arrivèrent deux jeunes qui avaient l’air d’être des anarchistes, et l’Ancien continua son homélie. Il nous parla aussi du bouddhisme et il m’arracha des épines intérieures, parce que ces dernières années j’avais fait des exercices de yoga à raison d’une heure par jour.

Après une heure d’entretien, il se tourna vers moi en me disant : “Veux- tu devenir mon disciple ?” Je lui répondis : “Non, Père, moi je ne suis pas fait pour cela ; j’aime le monde.” La même phrase revint aussi plus tard à plusieurs reprises, mais malheureusement j’étais personnellement si loin des choses spirituelles à cette époque que je ne pouvais pas concevoir la grandeur de cette proposition…

Par la suite, il nous quitta et alla empiler du bois coupé. Nous proposâmes de l’aider, mais il refusa en disant qu’il faisait cela par ascèse et que cela faisait partie de sa diaconie*.

Un quart d’heure environ passa, et les quatre touristes spirituels que nous étions restèrent sans parler. Nous avions été frappés par les paroles de l’Ancien. Avec tout ce qu’il avait dit, il avait dissipé mes doutes concernant l’existence du Dieu trinitaire. Mais je subissais en même temps les attaques des pensées du Malin. Soudain, la pensée me vint intérieurement de demander à l’Ancien ce qu’il fallait que nous fassions pour gagner le Paradis. Mais je me dis, avec mon cerveau rempli de vaine gloire, que, puisque le Père Païssios était si avancé spirituellement, il devinerait mes pensées et me répondrait. Dieu eut pitié de moi, il ne tint pas compte de mon égoïsme, car je vis l’Ancien laisser ses bûches, venir vers moi à pas lent et, regardant profondément à l’intérieur de mon âme — et non plus dans les yeux -, me répondre : “Mon enfant, il faut que tu aimes le Christ et que tu croies en lui.”

Mes jambes commencèrent à trembler et mon cœur battait la chamade, au point que j’avais l’impression qu’il allait se briser. La seule chose que je réussis à balbutier fut : “Grégoire, allons-y, il faut partir” et “Père, votre bénédiction.” Il me répondit : “Pourquoi veux-tu partir ? Assieds-toi. Je ferai de toi mon disciple et je te donnerai même mon nom.” Mais mon cœur ne supportait pas la révélation de Dieu qui s’était produite en lui.

Dès lors, ma vie changea radicalement. Malgré le fait que je ne le revis plus, il y avait toujours en moi une communion de l’âme avec lui. Sa présence dans mon existence, y compris après sa dormition, se manifestait souvent de façon miraculeuse. Mais le plus grand miracle fut qu’il réussit à implanter le Christ dans mon âme pour toujours, alors que j’étais complètement éloigné de l’Église. Moins de six ans après, je devins moine, et l’on me donna le nom de Païssios, comme l’Ancien l’avait prévu. »

*

Témoignage d’un prêtre anonyme : « Je rendis visite à l’Ancien six jours avant d’être ordonné diacre. Je sonnai en tirant la corde de la clochette et j’attendis. Peu après, un jeune vint m’ouvrir et me demanda si c’était moi qui devais être ordonné diacre. Je le regardai intrigué, car je n’avais pas eu antérieurement de relation avec l’Ancien (je n’en avais d’ailleurs pas même eu la possibilité, c’est pourquoi j’étais tout étonné). Lejeune m’expliqua que, dès que le Père Païssios avait entendu sonner, il l’avait envoyé ouvrir en lui disant : “C’est quelqu’un qui va être ordonné diacre et qui veut me voir.”

L’Ancien m’accueillit avec son sourire et son humour spontané bien connu. Il m’offrit une banane que lui avait apportée le pèlerin précédent, puis il prit l’épluchure qu’il jeta avec force, telle une flèche, dans la forêt, en me disant qu’ici il n’y avait pas de boîte à ordures, ni de maire pour nous faire des reproches. Alors je ris de bon cœur, et l’Ancien voyant que je m’étais remis de mon étonnement et de ma fatigue, me dit : “Maintenant viens, que nous discutions.”

Je le priai de me conseiller en me disant ce à quoi je devais faire attention pour réussir en tant que prêtre, et lui me dit alors : “Il y a trois choses fondamentales auxquelles tu dois faire attention. En premier lieu, tu dois aimer les offices ; tu dois sonner la cloche matin et soir et célébrer les offices. Deuxièmement, tu ne dois pas être cupide. Prends tout l’argent que l’on te donne lorsque tu exerces la prêtrise, et dis merci, car tu as une famille, mais tu ne dois pas en demander, afin que les gens comprennent que tu n’es pas attaché à l’argent. Troisièmement, tu dois aimer les gens et ne pas les houspiller. S’ils se rendent compte que tu les aimes, alors tu n’as plus rien à craindre. Si tu observes ces trois choses depuis le début, tu réussiras. Et si, par la suite — car tu n’es qu’un homme — tu commets quelque erreur, ils ne t’en tiendront pas rigueur. Mais si tu n’es pas attentif et que tu ne réalises pas ces choses dès le début, alors tu auras beau faire mille et une bonnes actions par la suite, tu n’auras aucune chance de réussir en tant que prêtre.” »

*

Témoignage de T. I., ancien élève de l’Athoniade* : « En tant qu’élèves de l’Athoniade, nous discutions de différents sujets qui nous préoccupaient. Parmi eux, le fait de trouver des épouses, pour tous ceux qui vou-

laient devenir des prêtres mariés. Nous discutions aussi des affaires de l’Église, en condamnant l’archevêque Séraphim[27] tout en faisant la louange d’un autre évêque. Nous descendîmes en bande à la Panagouda, qui est distante d’une demi-heure. À notre arrivée, l’Ancien nous ouvrit et donna un coup de bâton à l’un d’entre nous dont le rêve était de devenir évêque, en lui disant : “Avance en premier, puisque tu veux devenir évêque.” Mais, avant de nous faire asseoir sur les billots, il nous dit : “Comme il y a de bons petits pour devenir prêtres, il y a aussi de braves petites pour devenir femmes de prêtres. Ne vous préoccupez pas de ces choses, asseyez-vous devant votre table et étudiez : c’est en cela que consiste votre tâche pour le moment.” Puis, il ajouta sur un ton sérieux : “Bon, que vous a donc fait l’archevêque Séraphim pour que vous le critiquiez sans cesse ?” Nous fûmes de nouveau stupéfaits. Il continua : “Il a quelque chose que personne d’entre nous ne possède, et c’est cela qui le conduira au Paradis : lequel d’entre nous est capable de s’énerver et d’invectiver, pour tout oublier et n’en tenir rigueur à personne, cela dans l’espace de moins de cinq minutes ? Ce fait, à lui seul, le conduira au Paradis, et vous, qui le critiquez superficiellement, vous commettez un grand péché. Est-ce que le métropolite Untel (celui dont nous avions fait la louange) est capable de faire cela ? Dieu a estimé que Séraphim était l’homme qu’il fallait dans cette période précise de l’histoire de notre Église, et ainsi de plus grands maux nous ont été épargnés.” Nous étions bouleversés. Comment l’Ancien connaissait-il ce dont nous avions discuté à l’école, pour nous répondre ? Dès lors, nous cessâmes de condamner l’archevêque.

Une autre fois, en 1980, alors que nous nous préparions pour des examens d’entrée à l’Université[28], il y eut un tremblement de terre. Nous évacuâmes l’école pour demeurer sous des tentes. Nous nous rendîmes auprès de l’Ancien pour lui demander de prier. Il nous dit : “De quoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas confiance en Dieu ? Lorsque nous étions petits et que nous pleurions, notre mère nous berçait un peu, et nous arrêtions alors de pleurer. Maintenant, c’est Dieu qui nous berce un peu, et nous nous mettons à hurler, la panique nous saisit. Comme nous avons altéré les choses ! Sachez-le et n’ayez pas peur. Il ne vous arrivera rien, pas même un saignement de nez, tandis que les secousses continueront encore un peu.” Tout joyeux, nous sommes rentrés à l’école. L’après-midi, je dormis dans ma chambre, malgré les pressions pour que j’évacue et les secousses incessantes de la terre. J’avais confiance dans les paroles de l’Ancien et, effectivement, tout se passa comme il nous l’avait prédit. »

 

 

 

 

 

[1]      Document délivré par un monastère, qui concède l’usage à vie d’un kellion qui relève de son autorité à un moine. Celui-ci est dès lors inscrit sur les registres du monastère tout en conservant une certaine autonomie.

[2]  Cf. Gn 3, 19 : « Parce que tu es terre et que tu t’en iras dans la terre. »

[3] Traditionnellement, la journée ecclésiastique commence au coucher du soleil par l’office des Vêpres, et non au lever du soleil.

[4]  L’autobus qui mène de Daphni, le port, à Kaiyès capitale administrative de l’Athos.

  1. Il avait reçu cet usage de saint Arsène de Cappadoce qui avait établi une liste de psaumes à lire pour différentes circonstances. On trouvera la traduction française de cette liste dans le livre de C. Lopez-Ginisty, Le Secours des saints, Vevey, 2007, p. 145-153.

[6] Comprendre : quand je regarde la personne, je comprends souvent dans quel état elle se trouve.

[7]  Is 40,1.

[8]  S. JeanClimaque, L‘Échelle sainte, XXVI, 138.

[9] Voir aussi l’ouvrage de l’archimandrite AUGUSTIN Catsabiris, Le Saint hiéromartyr Biaise d’Acarna, Athènes, 1990, p. 52-55 (en grec), qui rapporte cette apparition avec une erreur sur la date.

[10] Mot à mot : « ceux qui pensent comme les Latins». Cette appellation désigne des théologiens orthodoxes qui ont tenté, sur divers sujets théologiques, d’établir des compromis avec la théologie latine en adoptant dans une certaine mesure son mode de pensée et certaines de ses positions.

[11] Qui se trouve à Karyès. Voir le Synaxaire au 5 décembre. Nous rappelons qu’une édition française du Synaxaire en 6 volumes a été réalisée par le Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra.

[12] Premier dimanche du Grand Carême.

[13] Concernant tout le Mont-Athos.

[14] Quelqu’un entendit l’Ancien dire qu’il avait vu une lumière.

[15] Le 21 février 1985.

[16] Peut-être parce qu’il jetait des épluchures à proximité.

[17]    Nous renvoyons les lecteurs à l’épître de l’Ancien qui circulait indépendamment, ainsi qu’à une brochure, qui contient des extraits d’entretiens sur ces questions (Édition de la calyve de la Résurrection, Kapsala, 1995). Voir également ses Discours, t. II, p. 175-192 (tous ces documents sont en grec).

[18] Mt 24,24.

[19] Voir Synaxaire, 9 août.

[20] Le Gouvernail de l’Église orthodoxe, recueil de canons ecclésiastiques édité par S. Nicodème l’Hagiorite.

[21]  Stichère idiomèle chantée après le « Gloire au Père ».

[22]  Cf. Mc 9, 2.

[23]  Tumeur bénigne.

[24] Première semaine du Carême. Pendant les trois premiers jours, il est d’usage de rester complètement à jeun.

32.1 Co 11,14.

[26] Jeu de mots en grec : les deux mots se prononcent presque de la même façon.

[27] L’archevêque Séraphim fut archevêque d’Athènes (1974-1998) dans la période difficile qui suivit la fin de la dictature militaire.

[28]  Après le baccalauréat, il y a en Grèce des examens pour entrer à l’Université.