AËR. Large voile brodé avec lequel le célébrant couvre les saints Dons lors de la prothèse. Pendant la Grande Entrée, le diacre ou le prêtre porte l’aër sur ses épaules; ensuite, il est placé au-dessus des saints Dons sur l’Autel puis, pendant la récitation ou le chant du Credo, il est tenu et agité doucement au-dessus des Dons. En outre, il y a deux voiles plus petits qui sont utilisés pour couvrir le calice et le discos.

AGAPES. Repas commun partagé par les premiers chrétiens, à la suite duquel l’Eucharistie avait lieu (Ac 2, 42, 46), mais celle-ci en fut rapidement séparée pour être célébrée le matin.

AGNEAU. Partie centrale, carrée, du sceau apposé sur le pain d’offrande (prosphore), qui porte les lettres IL XL — NI KA, c’est-à-dire « Jésus-Christ vainc ». Il est appelé Agneau parce qu’il est la partie du pain qui est changée au cours de la divine liturgie en Corps du Christ, qui est « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jn 1, 29).

ANAMNÈSE. Conformément aux paroles du Christ lors de la dernière Cène; Faites ceci en mémoire de moi (Le 12, 19), l’anamnèse (action de rappeler à la mémoire) liturgique du Christ est le centre du Mystère de l’Eucharistie. Le fidèle vit ainsi mystiquement la vie, la mort et la résurrection du Christ. L’Eucharistie est également le souvenir des bienfaits de Dieu pour lesquels nous élevons des hymnes d’actions de grâce au Christ notre Seigneur.

ANAPHORE. Prière centrale de la liturgie eucharistique qui, après avoir rappelé tous les bienfaits de Dieu, se termine par la Consécration des saints Dons. Le mot anaphore mient du mot grec anaphero, signifiant porter, élever. La divine iiturgie est également appelée sainte anaphore parce que, par elle, nous nous offrons nous-mêmes avec les saints Dons à Dieu.

ANTIDORON. Petits morceaux de pain extraits des pains d’oblation (prosphores) utilisés lors de la proscomédie, qui sont bénis par le prêtre au-dessus des Dons après leur consécration. Ils sont normalement distribués aux fidèles qui n’ont pas communié au lieu de la sainte communion (anti: à la place de, doron : de). Dans les Eglises slaves, ils ne sont pas bénis au-dessus des Dons consacrés, et sont distribués à tous les fidèles, qu’ils aient ou non communié.

ANTIMENSION. Du grec anti (au lieu de) et du latin mensa (la table) : linge consacré, sur lequel est imprimée habituellement une image de l’ensevelissement du Christ. L’Eucharistie est célébrée sur ce linge. Si l’Autel n’a pas été consacré, l’antimension doit contenir un fragment d’une sainte relique. Il symbolise le linceul dans lequel Joseph d’Arimathie a enveloppé le Corps du Seigneur.

ANTIPHONE. À l’origine, ce nom désignait les psaumes chantés alternativement par deux chœurs. Plus tard, le terme antiphone fut également appliqué au répons (1 ‘ephymnio ou refrain), par exemple: Par les prières de Tes saints, sauve-nons, Seigneur, chanté après un verset des psaumes au début de la sainte liturgie.

APOLYTIKION. Tropaire de la fin de l’office qui se réfère à la fête du saint du jour, chanté principalement à la fin des vêpres ou des matines, mais aussi à la divine liturgie.

APOSTICHE. Versets chantés à la fin des vêpres et des matines, précédés par un verset des psaumes qui se réfère au thème de la fête.

ASTÉRISQUE ou étoile. Deux lamelles de métal recourbées en demi- cercle, croisées l’une sur l’autre et terminées en-haut, par une croix. L’astérisque est placé au-dessus du discos de telle façon que le voile qui le couvre ne vienne pas en contact avec l’Agneau et les autres portions du pain d’oblation. Il symbolise l’étoile de Bethléem.

CANON. Hymne chanté aux matines, qui selon les cas comprend trois, quatre, huit ou neuf odes et a pour thème l’événement festif du jour. Les huit premières odes du canon correspondent aux huit odes de l’Ancien Testament. La neuvième ode est dédiée à la Mère de Dieu et est empruntée au Nouveau Testament.

CATHISME. Le psautier a été divisé en vingt sections ou cathismes pour l’usage liturgique. Il tire son nom de kathizo car, durant la lecture des psaumes, on peut s’asseoir. Ce nom est également donné aux tropaires chantés après un cathisme du psautier.

CHANT DE COMMUNION (Koinonikon). Hymne qui est chanté tandis que le clergé reçoit la sainte communion. Les paroles de l’hymne sont un verset d’un psaume qui se réfère à la sainte communion ou à la fête du jour. Les paroles du plus ancien chant de communion connu sont « Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux » (Ps 33, 9). Le chant de communion, dans les temps anciens, était un psaume entier. Ceux-ci étaient, entre autres, les psaumes 22, 33, 116, et 144.

COMMÉMORATION. Énumération des noms des fidèles, tant vivants que défunts, que le prêtre effectue pendant la proscomédie, détachant de petites parcelles du pain d’oblation pour chacun d’entre eux.

CONGÉ (Apolysis). Prière lue par le prêtre à la fin de chaque office. Le célébrant demande, au nom des fidèles, la miséricorde de Dieu ainsi que les intercessions de la Très pure Mère de Dieu, du saint du jour et de tous les saints.

DIPTYQUES. Liste sur laquelle figurent les noms des vivants et des défunts qui sont commémorés à la divine liturgie. Cette liste est appelée « diptyques », parce quelle est souvent constituée de deux parties, l’une pour les vivants, et l’autre pour les morts.

DISCOS. Petit disque métallique circulaire sur lequel est placé l’Agneau qui doit être consacré ainsi que les autres parcelles extraites du pain d’offrande en l’honneur de la Mère de Dieu, des saints, et pour les fidèles commémorés à la proscomédie.

DOXASTICON. Tropaires précédés par la phrase: « Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. »

ÉCONOMIE DIVINE. E’économie divine (ou dispensation) est l’ensemble des événements accomplis par Dieu afin de ramener l’homme à l’union avec Lui (du nom oikos, qui signifie maison, et du verbe nemo, signifiant administrer ou mettre en ordre) et le faire encore une fois Sien, c’est-à-dire appartenant à Sa maison. Les événements principaux furent l’Incarnation du Verbe de Dieu, la Crucifixion, la Résurrection, l’Ascension, et la Descente de l’Esprit saint.

ECPHONESE. La fin, dite à haute voix par le prêtre, de la prière qu’il vient de lire; souvent une doxologie.

ECTENIE. Prière en forme de supplications que le célébrant adresse à Dieu; après chaque demande, le peuple ou le chœur répond selon les cas: Kyrie eleison ou Accorde, Seigneur.

ÉPICLÈSE (invocation). Prière qui suit les paroles de l’institution et par laquelle le célébrant demande à Dieu le Père d’envoyer l’Esprit saint sur les saints Dons et de les changer en Corps et Sang du Christ.

EPIGONATION. Morceau de tissu rigide en forme de losange, portant l’image de la Croix ou de la Résurrection, qui est suspendu à la ceinture du prêtre, sur le côté droit, pour symboliser le glaive de la parole divine. À l’origine, il s’agissait d’un ornement destiné uniquement aux évêques, mais il a été ensuite étendu aux archimandrites et archiprêtres. Le nom vient du fait qu’il pend sur (epi) le genou (gonation).

EPITRACHILE ou étole. Ornement étroit, brodé de sept croix, qui est porté autour du cou, descend jusqu’au bas du sticharion (tunique) et finit par une frange. C’est le signe distinctif du sacerdoce des évêques et des prêtres, et il doit être porté lors de la célébration de tous les sacrements et offices de l’Église. Son nom provient des mots epi (sur) et trachelos (cou).

EPONGE. Fine éponge circulaire qui est utilisée pour rassembler les parcelles du pain d’oblation se trouvant sur le discos ou qui ont pu tomber sur l’antimension, pour les rassembler dans le calice.

EUCHOLOGE. Livre liturgique contenant le texte des saintes liturgies, des sacrements et les prières lues par le prêtre en diverses circonstances.

EXAPOSTILAIRE. Tropaire concernant la fête du saint du jour et qui est chanté immédiatement avant les laudes.

GRANDE ENTRÉE. Moment de la divine liturgie durant lequel les Dons qui ont été préparés sont transférés par le célébrant depuis la prothèse par la porte Nord du sanctuaire jusque dans la nef de l’église et, ensuite, par les Portes royales jusqu’à l’Autel, où ils seront consacrés. L’hymne des chérubins est chanté pendant la Grande Entrée.

HEURES. Les quatre offices mineurs du cycle liturgique quotidien correspondant aux quatre temps fondamentaux du jour — la Première Heure (l’aube), qui est toujours associée aux matines, la Troisième (milieu de la matinée), la Sixième (midi) et la Neuvième (milieu de l’après-midi) qui précède les vêpres.

HIRMOS. Premier tropaire de chaque ode du canon, qui sert de modèle mélodique et rythmique pour les autres strophes.

HYMNE DES CHÉRUBINS. Cet hymne commence par les mots « Nous qui mystiquement figurons les chérubins …» et est chanté à la Grande Entrée.

IDIOMÈLE. Tropaire avec sa propre (idion) mélodie (melon) ; ainsi, il ne suit aucun autre modèle, contrairement au prosomoion.

ILETON (corporal). Linge de soie qui est déployé sur l’Autel lorsque la divine liturgie est célébrée. Aujourd’hui, son usage a été principalement remplacé par l’antimension.

KONDAKION. Hymne à la fête ou au saint du jour. Auparavant, les kondakia pluriel étaient une série de plusieurs hymnes chantés à même mode. Aujourd’hui le terme kondakion est appliqué seulement au premier de ces tropaires, et est lu ou chanté après la sixième ode du canon des matines, ainsi que pendant la liturgie, après la Petite Entrée.

LANCE. Couteau en forme de lance, à double tranchant, qui est utilisé pour découper et ensuite percer l’Agneau. 11 sert également à découper les autres portions du pain d’offrande en mémoire de la Mère de Dieu, des saints et de tous ceux qui sont commémorés à la proscomédie.

LAUDES. Les trois derniers psaumes du Psautier (148, 149 et 150), chantés à la fin des matines, intercalés de tropaires les jours de fête.

LITIE. Le mot signifie supplication. Il s’agit d’une procession au narthex de l’église pendant les vêpres des jours de fête, au chant de tropaires particuliers, où se fait une longue prière de supplication pour les besoins du peuple chrétien et du monde entier.

LITURGIE DES DONS PRÉSANCTIFIÉS. Office célébré pendant le Grand Carême (à l’exception des samedis et dimanches), afin de permettre au fidèle de recevoir la sainte communion les jours où en raison de leur caractère de tristesse, la divine liturgie ne peut être célébrée. La liturgie des Dons présanctifiés est principalement un office de sainte communion, du fait que les saints Dons ont été sanctifiés lors de la précédente liturgie.

MÉTANIE. À différents moments de l’office, le fidèle fait d’abord le signe de croix, incline son corps jusqu’à la hauteur de la ceinture, puis la tête, devant le Christ ou les saints; cela est appelé « petite métanie ». À d’autres moments, surtout pendant le Grand Carême, après avoir fait le signe de croix, le fidèle se prosterne, son front touchant le sol; cela est appelé « grande métanie ». De cette façon l’être créé rend humblement hommage à son Créateur, aussi bien par son âme que par son corps.

OCTOÈQUE (octoïkhos, littéralement huit tons). La musique de l’Église orthodoxe est basée sur huit tons ou modes. L’octoèque ou Parak- letiki est le livre qui contient les hymnes du cycle liturgique hebdomadaire, divisé en huit sections selon les huit tons.

ODE. Ensemble des tropaires dérivés des neuf cantiques de l’Ancien Testament qui constituent une subdivision d’un canon.

OMOPHORE. Large bande d’étoffe brodée décorée avec des croix qui est portée par l’évêque uniquement lorsqu’il célèbre. Il est placé autour des épaules et descend jusqu’au sol, et représente la brebis perdue que le Christ est allé chercher et a placée sur Ses épaules pour la rapporter à la maison du Père.

ORARION. Longue bande d’étoffe fine portée seulement par les diacres, ornée de croix. Il se porte sur l’épaule gauche retombant librement derrière le dos et sur la poitrine; ou à d’autres moments, au lieu de le laisser retomber en avant, on le fait passer sous l’aisselle droite, remonter sur l’épaule gauche et ensuite retomber sur la poitrine. Son usage a été mentionné pour la première fois au Concile de Laodicée (IVe s.).

PETITE ENTRÉE. Moment de la divine liturgie durant lequel l’Évan- géliaire est porté depuis l’Autel par la porte Nord du sanctuaire dans la nef de l’église, puis à nouveau dans le sanctuaire par les Portes royales, sur l’Autel. La Petite Entrée a lieu pendant le chant du troisième antiphone. Dans les temps anciens, l’Evangéliaire était porté depuis la sacristie jusqu’au centre de l’église pour la lecture de l’Évangile.

PHELONION. Vêtement en forme de cape (l’équivalent de la chasuble latine), sans manches et largement découpé sur le devant de la taille vers le bas pour faciliter les mouvements, et qui est porté par le prêtre pour célébrer la divine liturgie et les sacrements majeurs.

PROKIMENON. Verset qui normalement est tiré du Psautier et est chanté avant la lecture de la Sainte Écriture.

PROSCOMÉDIE. Du verbeproskomizo, qui signifier apporter, amener. Il désigne l’office précédant la sainte liturgie, pendant lequel le prêtre prépare les Dons, pain et vin, pour la célébration de la liturgie. Cet office est également appelé prothèse.

PROSOMOION. Iropaire dont la mélodie suit le modèle d’un idiomèle.

PROSPHORE. Pain levé rond, généralement, estampillé avant la cuisson avec un sceau spécial, qui deviendra le Corps du Christ dans la divine liturgie.

PROTHÈSE. Autel latéral se trouvant à l’extrémité nord du sanctuaire, sur lequel le prêtre prépare les saints Dons avant qu’ils soient portés sur l’Autel. Le terme est dérivé du verbe pro-tithemi, signifiant « placer avant ». L’office de préparation, la proscomédie, porte également le nom de « prothèse ».

REFRAIN. Voir antiphone, ci-dessus.

RHIPIDES. Sorte d’éventails de forme circulaire sur lesquels sont peints ou ciselés des séraphins aux six ailes et qui sont destinés à être portés pendant les processions liturgiques.

STICHARION. Longue tunique étroite avec des manches amples portée par les évêques et les prêtres en dessous des autres ornements liturgiques. Fait de tissu fin de couleur blanche, il symbolise la tunique du baptême. La tunique du diacre et du sous-diacre est également appelée sticharion, mais elle est souvent plus ornée.

STICHÈRE. Strophe intercalée entre les versets des psaumes du lucer- naire et des laudes, concernant la fête ou le saint commémorés.

SURMANCHES. Manchettes brodées qui sont fixées sur les poignets au-dessus du sticharion (tunique) des évêques, prêtres et diacres pour la célébration de la divine liturgie et des autres sacrements.

SYNAXE. La synaxe liturgique est l’assemblée des fidèles dans l’église pour la célébration d’un sacrement ou d’un office. La présence du Christ dans la célébration de la divine liturgie donne à cette synaxe particulière une autre dimension : tous les enfants de Dieu viennent ensemble, du Ciel et de la Terre, du présent comme du passé, et concélèbrent.

THEOTOKION. Tropaire en l’honneur de la Mère de Dieu.

THRÊNE. Long poème en trois stances mis dans la bouche des saintes femmes aux matines du Samedi saint.

TRISAGION. L’hymne « Saint Dieu, saint Fort, saint Immortel, aie pitié de nous ».

TROPAIRE. Hymne court, qui suit un rythme basé sur l’accent tonique, se référant à la fête ou au saint du jour.

ZEON. Eau bouillante qui est versée dans le calice avant la communion et symbolise la chaleur de l’Esprit saint.