(Mt 4, 18-23)

Pourquoi les hommes se hâtent-ils tellement de nos jours ?

Pour voir le plus vite possible le succès de leurs efforts. Le succès vient, passe, et laisse derrière lui une marque de tristesse.

Pourquoi les fils des hommes se hâtent-ils tellement de nos jours ?

Pour cueillir le plus vite possible les fruits de leur travail. Les fruits viennent, passent et laissent derrière eux une marque d’amertume.

Quand la mort arrive, les hommes de nos jours meurent en ne regardant que leur passé ; ils voient que les succès recueillis ont été oubliés, que les fruits des moissons ont fini par pourrir. Avec leur mort, meurent aussi les dernières traces de leurs efforts et de leur travail. Ceux qui arrivent à leur suite, sèment avec la même hâte, moissonnent et mangent les fruits de la récolte avec la même hâte et quittent cette vie aussi vides.

Telle est la façon de faire des hommes. Mais telle n’est pas la manière de Dieu. En voyant la différence entre la façon d’agir des hommes et celle de Dieu, un dicton populaire est apparu : Dieu est lent mais II réalise. Dieu est lent, Il peut être lent au niveau d’une génération, mais II n’est pas lent au niveau de toutes les générations. Souvent, Il sème pendant une génération, avant de récolter au cours de la génération suivante. La génération au cours de laquelle II sème, considère Dieu comme très lent, tandis que celle où II moissonne, Le considère comme très rapide. Mais dans nos occupations d’hommes, est-ce que toute récolte n’est pas plus rapide que les labours, les semailles, le sarclage, le triage et l’attente pleine de soupirs jusqu’à la maturation ? Dieu n’est ni lent, ni rapide. Il possède Sa mesure et n’en dévie pas. La fourmi ne voit que la fourmilière; le maître de maison voit tout le champ.

Si le Christ avait agi à la manière des hommes, Il n’aurait pas choisi douze pêcheurs pour être Ses apôtres, mais douze monarques terrestres. S’il avait voulu voir tout de suite la réussite de Ses efforts et cueillir les fruits de Son labeur, Il aurait pu, grâce à Sa force irrésistible, baptiser les douze plus puissants rois sur terre et faire deux Ses disciples et apôtres. Songez seulement comme le Christ serait devenu aussitôt célèbre dans le monde entier! Songez à la vitesse à laquelle Son enseignement se serait répandu sur toute la terre ; la vitesse à laquelle, à la suite de décrets royaux, les idoles se seraient volatilisées ; les temples païens se seraient rapidement transformés en églises chrétiennes; les égorgements de bétail en sacrifice aux dieux auraient cessé et la fumée des bûchers sanglants aurait été remplacée par la fumée de l’encens ; songez à la facilité avec laquelle l’Église du Dieu vivant et unique se serait établie dans tout le genre humain ! Sans aucune peine, le Christ se serait alors élevé sur un trône royal unique, d’où II aurait régné, par l’intermédiaire des douze rois obéissants et agissant comme Ses assistants, sur tous les peuples de la terre et le monde entier, d’est en ouest et du nord au sud. Sans aucune peine, les Juifs obstinés auraient reconnu le Christ Roi comme le Messie attendu et L’auraient vénéré.

Mais songez à ce qui aurait résulté d’un tel royaume mondial, créé en toute hâte par la force et le génie d’un homme. Il en aurait été de même qu’avec tous les autres royaumes terrestres, avant et après le Christ. Avec son fondateur, un tel royaume se serait retrouvé sur son lit de mort, et le monde serait revenu au point de départ, où tout avait débuté ; ou, pour parler clairement, cela aurait ressemblé à la situation d’un chêne majestueux qu’un géant décida un jour de déraciner dans la montagne pour le transplanter dans une vallée ; tant que le géant soutint le chêne de sa main énorme, l’arbre resta en place ; mais dès que le géant s’éloigna du chêne, les vents se mirent à souffler et renversèrent l’arbre sur le sol. Des gens se rassemblèrent aussitôt autour du chêne renversé et se demandèrent comment un arbre aussi puissant avait pu succomber aux vents, alors que les petits noisetiers placés autour du chêne, avaient résisté et tenu bon ? Ils hochèrent la tête et se dirent que les arbres de taille réduite, qui poussent lentement, tiennent mieux et résistent plus facilement aux vents qu’un très grand chêne quand une main géante le transplante puis s’en éloigne. Plus la racine d’un arbre descend profondément dans les ténèbres de la terre, plus l’arbre est fort, résistant et vit longtemps.

Comme le Christ a été sage de commencer par le bas et non par le sommet! Comme II a été sage de ne pas commencer à bâtir Son royaume

avec des rois, mais avec des pêcheurs ! Comme il est bon et salvateur pour nous, qui vivons deux mille ans après Son œuvre sur la terre, qu’il n’ait pas vu le succès final de Son labeur, ni récolté les fruits de Son labeur pendant Sa propre vie! Il n’a pas voulu, comme le géant, transplanter tout à coup un arbre majestueux, mais II a souhaité planter la semence de l’arbre profondément dans les ténèbres souterraines, puis s’éloigner vers Sa maison. C’est ce qu’il fit. Ce n’est pas seulement dans la nuit des simples pêcheurs de la mer de Galilée que le Seigneur a planté la semence de l’Arbre de vie, mais II l’a fait jusque dans la nuit de l’Hadès, avant de s’éloigner. L’arbre a poussé lentement, très lentement. Des vents frénétiques l’ont fait tanguer, afin de le casser, mais en vain. Des adversaires ont eu beau couper l’arbre jusqu’au sol, les racines n’ont cessé de générer de plus en plus de pousses; au fur et à mesure qu’on le coupait, l’arbre s’est développé de plus en plus obstinément et rapidement. Les forces démoniaques creusaient profondément sous terre, plus profondément que les catacombes, pour arracher les racines; mais plus on secouait l’arbre, plus ses racines devenaient résistantes et ses bourgeons de plus en plus nombreux et ses pousses luxuriantes. C’est pourquoi l’arbre du Christ, qui a été planté d’une manière divine et non humaine, fleurit et donne des feuilles aujourd’hui encore, après deux mille ans, et apporte de doux fruits pour les hommes et les anges, et étincelle de fraîcheur et de beauté comme s’il avait été planté il y a un siècle.

Si le Seigneur Christ avait agi à la manière des hommes, Il se serait, en vérité, illustré beaucoup plus rapidement parmi les hommes, mais nous n’aurions pas été sauvés. Il ne recherchait pas la gloire des hommes, autour de laquelle on fait du bruit aujourd’hui et qu’on jette au feu demain ; Il ne recherchait pas la gloire des hommes, mais leur salut. Il n’est pas venu parmi les hommes comme un géant de foire, pour faire étalage de Sa force et de Son adresse afin que les hommes l’applaudissent; mais II est venu comme un ami et un médecin à l’hôpital, afin de nous rendre visite, parler avec nous et nous proposer un conseil et un remède. C’est pourquoi il est bon pour l’humanité que, depuis le commencement jusqu’à la fin des temps, le Seigneur ait agi à la manière de Dieu et choisi pour être Ses apôtres, non douze grands monarques, mais douze humbles pêcheurs. La manière dont II les a choisis, c’est ce dont parle l’évangile de ce jour.

Comme II cheminait sur le bord de la mer de Galilée, Il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l’épervier dans la mer; car c’étaient des pêcheurs (Mt 4,18).

La raison de la présence du Seigneur Jésus au bord de la mer de Galilée, nous est expliquée par l’évangéliste dans l’Evangile précédent. Ayant appris que Jean Baptiste avait été livré, Il quitta la Judée et se rendit en Galilée, dans une partie délaissée de la terre d’Israël. Prévoyant la fin sanglante de Son grand soldat et Précurseur, Il fit comme si Sa retraite préparait la victoire sur l’ennemi. À Son arrivée en Galilée, n’était- il pas naturel qu’il s’établît dans Son village, là où II avait passé la plus grande partie de Sa vie terrestre ? Mais quel prophète est-il le bienvenu dans son pays? C’est quand II fut à Nazareth qu’ils le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l’en précipiter (Lc 4, 29). Mais se retirant de nouveau devant le crime prévu par les hommes, Il finit par se fixer au bord de la mer de Galilée, sur les confins de Zabulon et de Nephtali, parmi les plus rejetés et les plus méprisés des hommes, dans la région sombre de la mort (Mt 4,16). C’est d’abord là, dans ces grandes ténèbres, qu’il va planter les graines de l’arbre fécond de Son Évangile.

L’évangéliste Jean écrit qu’André fut le premier à rejoindre le Seigneur, dès la Galilée. André avait été auparavant le disciple de Jean-Baptiste, mais quand Jean désigna le Christ comme plus grand que lui, André se sépara de son premier maître et partit avec le Christ. Peu après, André trouva son frère Simon et lui dit : Nous l’avons trouvé, le Messiece qui veut dire le Christ — et il l’amena à Jésus (Jn 1, 35-42).Dès cet instant, le Christ donna à Simon le nom de Pierre, ou pierre, la pierre dure de la foi. N’y a-t-il pas contradiction entre ce que l’évangéliste Jean écrit avec ce que l’évangéliste Matthieu dit dans l’évangile de ce jour, c’est-à-dire que le Christ n’a appelé les deux frères qu’au bord de la mer de Galilée ? Selon l’évangile de Jean, ce fut d’abord André qui a suivi le Christ, puis Pierre, alors que dans l’évangile de Matthieu il semble que le Christ les a trouvés et appelés simultanément, Pierre étant d’ailleurs mentionné avant Jean. Ne s’agit-il pas d’une contradiction flagrante ? Non, pas le moins du monde. Il est évident cependant, comme l’explique saint Jean Chrysostome, que l’on décrit en fait deux événements distincts: l’un, survenu en Judée, s’est produit quand le Baptiste était libre, alors que l’autre, plus tardif, a eu lieu en Galilée à l’époque où le Baptiste avait été mis en prison et que le Seigneur Jésus s’était établi à Capharnaüm, au bord de la mer de Galilée. Jean fait le récit de la rencontre du Christ avec Pierre et André, tandis que Matthieu rapporte un événement plus tardif. Cela se voit clairement dans le fait que Matthieu parle de Simon appelé Pierre

ce qui signifie que le Christ avait auparavant donné à Simon le nom de Pierre. Cette rencontre, la première entre le Christ et Pierre, avait eu lieu en Judée au moment où André avait amené son frère auprès du Christ. Cette première rencontre, Jean la décrit en ces termes : Tu es Simon, le fils de Jean; tu t’appelleras Pierre, ce qui veut dire pierre» (Jn 1, 35-42). Sachant cela, l’évangéliste Matthieu relate une nouvelle rencontre des fils de Jean avec le Seigneur, ce qui lui fait écrire : Simon appelé Pierre. Il mentionne néanmoins Pierre avant André parce que Pierre avait un tempérament plus vif que son frère et qu’il se distinguait dès le début plus que ce dernier. Le fait que Jean et Matthieu ont décrit deux événements différents et non un seul, est évident pour quiconque lit les deux évangiles. Tandis que Matthieu décrit clairement l’invitation faite à Pierre et André au service apostolique : Venez à ma suite, Jean relate plutôt une rencontre, celle des deux frères avec le Christ à l’occasion des paroles du Précurseur: Voici l’agneau de Dieu ! Il est évident qu’après cette rencontre, les deux frères se sont séparés du Christ et qu’après avoir suivi un autre chemin, ou à une date différente, ils sont allés en Galilée où le Seigneur les a retrouvés en train d’accomplir leur métier de pêcheurs.

Et II leur dit: « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes». Eux, aussitôt, laissant les filets, Le suivirent (Mt 4,19-20). Le Seigneur connaît leurs cœurs ; tels des enfants, ces pêcheurs croient en Dieu et se plient aux lois divines. Ils ne sont pas habitués à diriger et commander, mais seulement à travailler et à écouter. Ils ne possèdent rien par eux-mêmes ; l’humilité et l’obéissance envers la volonté de Dieu emplit leurs cœurs. Tout simples pêcheurs qu’ils fussent, leurs âmes ont soif et faim pour le plus de vérité et de justice possible. Nous avons vu qu’André avait déjà auparavant quitté ses filets de pêche pour suivre Jean le Précurseur en disciple. Mais dès que Jean avait montré le Christ comme plus grand que lui-même, André avait quitté Jean et suivi le Christ. Ce sont des âmes vives, qui aspirent sans cesse à plus de justice divine et à plus de royaume de Dieu. C’est pourquoi le Christ leur dit sur un ton de commandement: Venez à ma suite! C’est de cette manière que Dieu agit avec nous tous. Il ne cherche pas à nous amener de force sur la voie du salut, mais nous laisse décider en toute liberté et selon notre entendement en faveur de notre salut ou de notre déchéance. Mais quand Dieu, qui voit dans nos cœurs, remarque que nos cœurs se réfugient sur la voie du bien, la voie du salut, alors II nous attire résolument vers un tel chemin. Mais quand il voit que nos cœurs se sont totalement rangés sur la voie de la déchéance et du

mal, alors Dieu nous quitte complètement et Satan devient notre maître. Il en a été ainsi avec le traître Judas : quand son cœur s’est totalement tourné vers le mal et a choisi de suivre la voie sombre de la déchéance, le Christ n’a plus essayé de le faire revenir de cette voie ; au contraire, voyant que Satan s’était déjà glissé dans Judas, le Seigneur lui dit: Ce que tu fais, fais-le vite! (Jn 13,27). Ainsi, ni en ce qui concerne Pierre et André, ni en ce qui concerne Judas, le Seigneur ne porte atteinte à la liberté de choix individuel, n’intervenant qu’après que les hommes ont clairement choisi le bien ou le mal ; 11 dit résolument à Pierre et André : Venez à ma suite, et à Judas : Ce que tu fais, fais-le vite!

Et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Cela signifie : de même que vous avez jusqu’à présent pêché avec vos filets des poissons dans les profondeurs et les ténèbres des eaux de la mer, de même vous allez dorénavant avec mon Evangile devenir des pêcheurs d’hommes dans les profondeurs et les ténèbres de ce monde. Tout ce qui est bon restera dans ces filets ; mais tout ce qui est mauvais, soit ne pourra entrer dans ces filets, soit en tombera.

Ayant entendu l’appel du Christ, Pierre et André, aussitôt, laissant les filets, Le suivirent. Vous rendez-vous compte que les cœurs de ces deux frères avaient déjà fait le choix du bien ? Ils ne demandent pas : Où nous amènes-tu? Comment allons-nous nous nourrir? Et qui va nourrir nos familles ? C’est comme si toute leur vie durant, ils n’avaient attendu que cet appel. Tels des enfants, ils confient naïvement tous leurs soucis à Dieu ; ils quittent tout et répondent à l’appel du Christ.

Et avançant plus loin, Il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d’arranger leurs filets; et II les appela. Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, Le suivirent (Jn 4, 21-22). De nouveau, il ne s’agit pas de deux rois, mais de deux pêcheurs ! Ils ne portent pas de couronne royale sur la tête, mais possèdent un cœur de roi en eux-mêmes. C’est ainsi que le Seigneur rassemble des perles au milieu des ténèbres. C’est ainsi qu’il choisit des petits et des incultes, afin qu’avec eux II fasse honte aux puissants et aux sages; le Seigneur choisit les pauvres, afin qu’avec eux II fasse honte aux riches. Comme Jacques et Jean sont pauvres ! Les voilà en train de recoudre leurs filets avec leur père ! Mais leur âme est riche de la faim et de la soif de Dieu; leur cœur est tourné vers le bien et attend. C’est pourquoi, dès que le Christ les appelle, ils abandonnent à l’instant même leur occupation, leur barque, leur père et les filets, et partent à Sa suite.

Du point de vue de l’interprétation, le pêcheur désigne celui qui est en quête du bien spirituel, le filet désigne l’âme, la mer désigne ce monde et la barque, le corps. Le fait que ces pêcheurs lancent leurs filets dans la mer, veut dire qu’ils sont en quête du bien spirituel, de nourriture spirituelle ou du royaume de Dieu, répandant et immergeant leur âme dans la profondeur de ce monde, afin de pêcher un tel bien là où il se trouve. Leur effort pour arranger leurs filets correspond à leur effort pour redresser leur âme. Le fait que ces deux premiers pêcheurs aient quitté leurs filets pour suivre le Christ, signifie qu’ils ont quitté leur âme ancienne et pécheresse pour suivre le Christ et se renouveler en Lui, se régénérer et acquérir une âme nouvelle et un esprit nouveau. Cela signifie aussi que désormais, ils ne seront plus en quête de biens spirituels par l’effort de leur âme propre mais avec le Christ, non avec leurs propres forces mais avec la force divine, non avec leur entendement propre mais grâce à la révélation divine. Et quand les deux autres pêcheurs quittent leur père et leur barque, cela signifie qu’ils quittent leur corps de pécheur et leur père charnel pour prendre désormais soin du salut de leur âme et aller à la rencontre de leur père céleste, comme s’ils avaient été adoptés par la grâce de Dieu.

Jésus se mit ainsi à parcourir la Galilée, enseignant Ses lois, prêchant l’Évangile sur le Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité des hommes. Après trente années de Sa vie passées dans l’effacement, le Seigneur Jésus commence maintenant Son service divin, et II le commence activement et énergiquement. C’est ce que signifie l’expression parcourir la Galilée. Sa mission consistait à interpréter le texte ancien, à prêcher le nouveau et à confirmer l’un et l’autre par les miracles des guérisons des hommes. La loi avait été donnée à travers Moïse et les prophètes et elle avait été confirmée par de nombreux miracles, afin que les hommes puissent croire que cette loi venait de Dieu. Or les exégètes des lois, qui avaient obscurci leur âme par le péché, avaient obscurci complètement le sens de cette loi. C’est pourquoi cette loi ancienne était devenue morte, comme si elle n’avait pas existé. Maintenant le Seigneur Jésus, pur de tout péché, apparaît comme le seul connaisseur véritable et le seul exégète véritable de cette loi originelle. Il explique sa signification et permet d’accéder à son esprit qui était fermé aux pécheurs. Il est maintenant l’interprète de l’Esprit, de même que plus tard l’Esprit sera Son interprète. Il ne rejette pas l’ancienne loi divine — comment le pourrait-Il puisque c’est Lui qui l’a donnée ? Mais sur le fondement d’une

véritable signification spirituelle et prophétique, Il donne maintenant la loi nouvelle du salut, prêchant l’Annonce du Royaume. La loi ancienne est une bonne terre fertile, mais tellement délaissée par les hommes que l’aspect de cette terre est complètement caché sous les broussailles et les mauvaises herbes semées par les hommes, c’est-à-dire les mauvais exégètes. C’est ainsi que tout le monde détournait le regard et le cœur de cette terre abandonnée. Maintenant le Seigneur retourne cette terre et prépare la nouvelle moisson. Et les hommes regardent avec crainte et émerveillement dans Sa direction. De même que la loi ancienne a été authentifiée par de nombreux miracles de Dieu, de même le Seigneur Jésus, comme législateur, authentifie-t-Il la loi nouvelle par de nombreux miracles. Ces miracles ne sont pas accomplis en démonstration vaine et présomptueuse de Sa puissance, mais pour être véritablement utiles aux hommes. Il s’agit de guérir des maux physiques et spirituels et des infirmités humaines. En effet, le Seigneur n’est pas venu parmi nous en magicien, mais en ami et en médecin.

Vous tous qui êtes affamés et assoiffés de justice et d’amour de Dieu, et qui recherchez vainement cette justice et cet amour avec vos âmes comme des filets jetés sur la mer de ce monde, prêtez l’oreille à la voix du Seigneur Jésus. Car voici qu’il vous appelle comme II a jadis appelé les pêcheurs de la mer de Galilée : Venez à ma suite! Et dès que vous entendez cette voix, n’hésitez pas une seconde, mais laissez aussitôt tous vos labeurs anciens et tout votre amour ancien, et partez avec Lui. Il est le seul à être votre ami et médecin; tous les autres, qui se tiennent hors de Lui, sont soit des ignorants, soit des imposteurs. Voici qu’il vous appelle, ni comme des rois ou des pasteurs, ni comme des riches, ni comme des pauvres, ni comme des êtres instruits, ni comme des incultes, mais comme des hommes, remplis de maux et d’infirmités. Vos maux et vos infirmités sont issus des péchés. Aussi rejoignez le Seigneur Jésus et suppliez Le, comme jadis de nombreux malades et infirmes : Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pauvre pécheur! Pardonne-moi, pardonne, Seigneur, mes péchés innombrables! Purifie-moi avec Ta force, nourris-moi de Ton pain vivifiant, pénètre profondément en moi comme l’air frais et pur dans une pièce irrespirable et je serai en bonne santé et en vie ! Que le Seigneur soit ainsi célébré dans la solidité de notre âme et la pureté de notre cœur, à travers l’aide et les prières de Ses saints apôtres, et avec le Père et le Saint-Esprit, Trinité unique et indissociable, maintenant et toujours, de tout temps et de toute éternité. Amen.