(Lc 10, 25-37)

Le Seigneur Jésus-Christ est venu pour changer les mesures et les façons de juger les hommes. Les hommes mesuraient la nature par elle- même. Et cette mesure était erronée. Les hommes mesuraient l’âme à partir du corps. Et la grandeur de l’âme s’est réduite à des millimètres.

Les hommes mesuraient Dieu à partir de l’homme. Dieu paraissait dépendant de l’homme. Les hommes mesuraient la vertu à partir de la rapidité de la réussite. Et la vertu est devenue à la fois bon marché et tyrannique.

Les hommes se vantaient de leur progrès, en faisant une comparaison entre eux-mêmes et les animaux, qui piétinent toujours au même endroit et sur la même route. Une telle vanité, le ciel la méprise et les animaux ne l’ont même pas remarquée.

Les hommes ont aussi mesuré la parenté et le degré de proximité des hommes entre eux, grâce aux liens du sang, aux affinités de pensée ou par l’éloignement des maisons et des villages où ils vivaient sur terre, ou par leur façon de s’exprimer et par des centaines d’autres caractéristiques. Mais toutes ces mesures de parenté et de proximité n’ont pas permis aux hommes de nouer des liens familiaux ni de les rapprocher.

Toutes les mesures des hommes étaient erronées et tous les tribunaux mensongers. Le Christ est venu pour sauver les hommes de l’ignorance et du mensonge et pour changer les mesures et les tribunaux des hommes. Et II les a transformés. Ceux qui ont adopté Ses mesures et Ses façons de juger, ont été sauvés par la vérité et la justice ; mais ceux qui sont restés fidèles aux anciennes mesures et façons de juger, continuent à errer dans les ténèbres et à trafiquer avec les illusions moisies.

La nature ne se mesure pas en elle-même, car elle a été donnée pour être au service de l’homme, de sorte que c’est l’homme qui en est la mesure.

L’âme ne se mesure pas avec le corps, car le corps a été donné pour être au service de l’âme. C’est pourquoi l’âme est la mesure du corps.

Dieu ne se mesure pas par l’homme, de même que le potier ne se mesure pas par le pot. On ne mesure pas Dieu, car Dieu est la mesure de tout et le Juge de tout.

La vertu ne se mesure pas par la rapidité de la réussite. Car la roue qui se redresse rapidement de la boue, retourne rapidement dans la boue. Mais la vertu se mesure selon la loi de Dieu.

On ne mesure pas le progrès humain à l’absence de progrès des animaux, mais à la réduction de la distance entre l’homme et Dieu.

La mesure véritable de la parenté qui rapproche véritablement les hommes — les hommes et les peuples — n’est pas tellement le sang, mais la miséricorde. La misère d’un homme et la miséricorde d’un autre, rapprochent deux hommes plus que les liens de sang entre deux frères. Car tout lien de sang est temporaire et ne revêt de signification que dans cette vie temporelle, servant de reflet du lien durable et éternel de parenté spirituelle. Mais des jumeaux spirituels, nés de la rencontre entre la misère et la miséricorde, restent des frères pour l’éternité. Pour des frères de sang, nés du même sang, Dieu n’est que le Créateur; pour des frères spirituels, nés de la miséricorde, Dieu est le Père.

Cette nouvelle mesure de la parenté et de l’affinité entre les hommes, le Seigneur Jésus la propose aux hommes dans le récit évangélique du Samaritain miséricordieux — nous disons bien qu’il la propose, mais ne l’impose pas, car le salut n’est pas imposé, il est proposé par le Seigneur pour être adopté volontairement par l’homme. Heureux soit celui qui adopte volontairement cette nouvelle mesure, car il aura de nombreux frères et parents dans le Royaume immortel du Christ !

Ce récit commence ainsi : Et voici qu’un légiste se leva et dit au Christ pour L’éprouver: «Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?» (Lc 10,25). En ruinant sa vie par cette mise à l’épreuve, il cherche soi-disant à avoir en héritage la vie éternelle ! En fait, ce tentateur ne songeait pas du tout à sa propre vie, mais à celle du Christ; il ne tenait pas tant à sauver sa vie qu’à mettre en danger celle du Christ. Il voulait découvrir une faute chez le Christ, une faute mortelle à l’encontre de la loi de Moïse, afin de pouvoir Le mettre en accusation, puis L’exécuter, tout en se rendant célèbre, comme juriste habile et comme avocat, au

milieu de ses semblables. Mais pourquoi pose-t-il une question sur la vie éternelle, s’il a appris peu de choses à ce sujet de la loi qui existait alors ? Ne s’agit-il pas de la seule récompense promise par la loi à ceux qui la respectent : afin que se prolongent tes jours sur la terre (Ex 20,12 ; Ep 6,3) ? Il est vrai que les prophètes parlent du royaume éternel du Messie, en particulier le prophète Daniel parle du royaume éternel des saints, mais les Juifs à l’époque du Christ, considéraient l’éternité comme un long séjour sur la terre. Il est donc très probable que ce légiste voulait entendre de Lui-même ou apprendre par autrui, que le Seigneur Jésus annonçait la vie éternelle d’une façon différente de la conception de l’éternité des Hébreux. L’ennemi de Dieu et du genre humain, qui avait essayé personnellement et en vain de mettre le Seigneur à l’épreuve dans le désert, continue maintenant à Le tenter en se servant d’hommes aveuglés. Car si le diable n’avait pas aveuglé les légistes, le plus naturel n’aurait-il pas été qu’eux-mêmes, exégètes et connaisseurs de la loi et des prophètes, fussent les premiers à reconnaître le Christ Seigneur, les premiers à Le vénérer et à Le suivre comme Ses messagers, afin d’annoncer au peuple la bonne nouvelle de l’arrivée du Roi et Messie ?

Jésus lui dit: «Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Comment lis-tu ? » Celui-ci répondit: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de tout ton esprit; et ton prochain comme toi-même» (Lc 10,26-27). Le Seigneur sait ce qui se trouve dans le cœur du légiste; discernant sa malveillance, Il ne répond pas à la question posée, mais l’interroge sur le contenu de la Loi : qu’y a-t-il d’écrit ?, comment lis-tu ? Telles sont les deux questions : premièrement, sais-tu ce qui est écrit à ce sujet, deuxièmement, comment comprends-tu ce que tu lis ? Ce qui est écrit, tous les légistes étaient en mesure de le savoir ; quant à la question de savoir comment il fallait comprendre en esprit ce qui était écrit, aucun d’eux ne le savait à l’époque. Et non seulement à cette époque, mais depuis très longtemps. Déjà Moïse, avant de mourir, réprimande les Juifs à cause de leur cécité spirituelle en disant : jusqu’à aujourd’hui, le Seigneur ne vous avait pas donné un cœur pour connaître, des yeux pour voir, des oreilles pour entendre (Dt 29, 3). Il peut sembler étrange que ce légiste juif mette en exergue précisément ces deux commandements de Dieu comme étant les plus salvateurs, et cela pour deux raisons : d’abord parce que ces deux commandements de la loi de Moïse ne se trouvent pas au premier rang avec les autres commandements principaux, ensuite parce qu’ils ne sont pas placés l’un à côté de l’autre comme ce légiste les mentionne, car l’un

deux se trouve dans un livre de Moïse (Lv 19,18) et l’autre se situe dans un autre (Dt 6, 5). L’autre étrangeté de cette situation tient au fait que si les Juifs veillaient à respecter à peu près les autres commandements de Dieu, ce n’était jamais le cas avec le commandement de l’amour. Ils ne pouvaient s’élever dans l’amour de Dieu que par crainte de Dieu. Le fait que ce légiste ait rassemblé ces deux commandements en disant que c’étaient les plus porteurs de salut, ne peut s’expliquer que parce qu’il devait savoir que le Seigneur Jésus plaçait ces deux commandements sur l’amour au sommet de tous les commandements et de toutes les bonnes actions.

Que répondit donc le Seigneur au légiste ? Tu as bien répondu, lui dit Jésus; fais cela et tu vivras (Lc 10, 28). Voyez comme le Seigneur n’exige pas des faibles d’assumer le plus grand fardeau, mais d’agir selon leur capacité! Connaissant le cœur dur et non circoncis du légiste, Il ne lui dit pas : aie foi en moi comme Fils de Dieu, vends tout ce que tu possèdes, distribue-le aux pauvres, prends ta croix et viens à ma suite, sans regarder en arrière ! Non, Il lui recommande seulement d’accomplir ce que lui-même savait et qu’il avait affirmé comme essentiel dans la Loi. Cela était suffisant pour lui. Car s’il se mettait à aimer en vérité Dieu et ses proches, cet amour lui permettrait de découvrir rapidement la vérité sur le Christ Seigneur. Quand un jeune homme riche posa, dans une autre circonstance, cette même question au Seigneur, sans cependant vouloir Le mettre à l’épreuve : que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?, le Seigneur ne lui mentionna pas des commandements positifs sur l’amour, mais plusieurs commandements négatifs : Ne commets pas d’adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage; honore ton père et ta mère (Lc 18, 20). Ce n’est qu’après que le jeune homme eût dit qu’il avait respecté ces commandements que le Seigneur lui confia une tâche plus lourde : tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres (Lc 18, 18-22). On voit ainsi la très grande sagesse du Seigneur en tant que Maître divin. Il ordonne à chacun de respecter le commandement divin qu’il connaît; puis quand il l’a fait et qu’il en apprend un autre, Il lui ordonne de le suivre également, et ainsi de suite pour les autres commandements. Il ne dépose pas de lourds fardeaux sur des dos fragiles, mais agit conformément à la force du dos et au poids du fardeau. Cela constitue aussi une sévère mise en garde pour ceux d’entre nous qui souhaitent s’initier de plus en plus à la volonté de Dieu, sans se préoccuper de mettre en application ce qu’ils savent déjà. Nul ne sera sauvé grâce à la seule connaissance de la volonté de Dieu, mais en la mettant en œuvre. Au contraire, ceux qui savent beaucoup mais appliquent peu, seront condamnés plus sévèrement que ceux qui savent et appliquent peu. C’est pourquoi le Seigneur dit au légiste : fais cela et tu vivras. Cela signifie : je vois que tu connais ces grands commandements sur l’amour, mais j’observe en même temps que tu ne les respectes pas; il est donc inutile que je t’enseigne davantage tant que tu n’auras pas appliqué ce que tu sais. Le légiste a dû sentir la réprimande contenue dans ces paroles du Sauveur, puisqu’il essaie de se justifier: Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: Et qui est mon prochain ? (Lc 10, 29). Cette question montre qu’il ne sait pas encore qui est son prochain, confirmant ainsi clairement qu’il n’a pas respecté le commandement d’aimer son prochain. Ainsi, au lieu de prendre le Christ en défaut, il se trouve pris au piège et contraint de se justifier. En voulant tendre un piège au Seigneur, c’est lui qui s’y est empêtré. C’est ce qui arrivait toujours aux Juifs quand ils voulaient mettre le Christ à l’épreuve. En mettant le Seigneur à l’épreuve, ils ne faisaient que Le glorifier toujours davantage, tout en sombrant eux-mêmes un peu plus dans la déchéance, s’éloignant de Lui pleins de honte, comme le père du mensonge, Satan, dans le désert. Comment ce légiste a-t-il célébré le Christ en Le mettant à l’épreuve ? En Lui donnant l’occasion de raconter le récit du Samaritain miséricordieux et exprimer l’enseignement divin sur la question de savoir qui est notre prochain, un enseignement porteur de salut pour toutes les générations humaines jusqu’à la fin des temps. Qui est mon prochain ?

Jésus reprit: « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là; il le vit et passa outre» (Lc 10, 30-31). Un lévite qui passait aussi par-là, le vit et passa outre. Qui était cet homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho? C’était Adam et tout le genre humain qui était issu d’Adam. Jérusalem symbolise la demeure céleste du premier homme dans la force et la beauté du paradis, dans le voisinage de Dieu et des saints anges de Dieu; Jéricho représente la vallée des larmes et de la mort. Les brigands sont les esprits maléfiques, les serviteurs innombrables de Satan, qui a poussé Adam à commettre le péché de désobéissance envers Dieu. Se comportant avec une malveillance extrême envers le genre humain, les esprits maléfiques s’attaquent aux hommes, enlèvent de leur âme la tenue divine de la crainte [de Dieu], de la foi et de la piété; ils souillent l’âme avec des péchés et des vices, puis s’éloignent provisoirement tandis que l’âme git dans le désespoir au bord de la route de la vie, incapable de bouger en avant ou en arrière. Le prêtre et le lévite symbolisent l’Ancien Testament : le prêtre représente la loi de Moïse, et le lévite les prophètes. A l’humanité battue et blessée, Dieu a envoyé deux médecins avec des remèdes spécifiques : l’un était la loi, l’autre les prophètes. Mais ni l’un ni l’autre de ces médecins ne se risquèrent à soigner les principales blessures très profondes des malades, infligées par les démons eux-mêmes, ne s’occupant que des blessures les plus légères, portées par un homme à un autre homme. C’est pourquoi il est dit que l’un et l’autre, voyant la gravité des blessures de cet homme, préférèrent passer outre. La loi de Moïse a vu l’humanité comme un malade gravement atteint, mais est passée à côté. Les prophètes, eux, ‘se sont approchés du malade, puis alors seulement, sont passés à côté. Les cinq livres de Moïse ont décrit la maladie de l’humanité et constaté que pour cette maladie il ny avait pas de remède sur terre, le véritable remède étant en Dieu dans les Cieux. Les prophètes se sont approchés de l’âme à demi-vivante et sur le point d’expirer, de l’humanité ; ils ont constaté également que la maladie avait progressé et consolé le malade en lui disant: nous n’avons pas de remède, mais derrière nous arrive le Messie, le Médecin céleste. Eux aussi sont passés à côté du malade. C’est alors qu’arriva le Médecin véritable.

Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. Il s’approcha, banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l’hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, en disant: «Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour» (Lc 10, 33-35). Qui était ce Samaritain? C’est le Seigneur Jésus-Christ Lui-même. Pourquoi le Seigneur se donne-t-Il le nom de Samaritain ? Parce que les Juifs méprisaient les Samaritains en tant qu’idolâtres impurs. Ils ne les fréquentaient pas ni ne parlaient avec eux. C’est pourquoi la Samaritaine avait dit au Seigneur au puits de Jacob : Comment, toi qui es Juif, tu me demandes à boire à moi qui suis une femme samaritaine (Jn 4, 9)? C’est ainsi, donc, que les Samaritains considéraient le Christ comme un Juif, alors que les Juifs L’appelaient, Samaritain: N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon (Jn 8, 48) ? En rapportant ce récit au légiste juif, le Seigneur se présente sous l’aspect du Samaritain, par humilité infinie, afin de nous enseigner à nous aussi que, même sous le nom et l’identité les plus méprisés, nous pouvons faire beaucoup de bien et souvent même plus que des gens portant un nom et une identité imposants et célèbres. Le Seigneur prend aussi l’identité d’un Samaritain par amour pour les pécheurs. Le nom de Samaritain était en effet synonyme de pécheur. Quand les Juifs L’ont appelé Samaritain, le Seigneur n’a pas protesté. Il entrait sous le toit des pécheurs, mangeait et buvait avec eux; Il a même affirmé clairement que c’est à cause des pécheurs qu’il est venu dans ce monde — à cause des pécheurs et non des justes. Mais pouvait-il y avoir un seul juste en Sa présence ? Tous les hommes n’étaient-ils pas recouverts par le péché comme par un nuage noir? Et toutes les âmes n’étaient-elles pas meurtries et déformées par les esprits maléfiques? Le Seigneur se donne le nom de Samaritain pour nous apprendre à ne pas attendre que la force de Dieu se manifeste seulement dans les grandes figures de ce monde, mais à faire aussi attention avec respect et prévenance à ce que pensent et disent des petites gens méprisés dans ce monde. Car Dieu se sert souvent de roseaux pour briser des murs de fer et de pêcheurs pour faire honte aux rois, comme de ce qui est le plus infime pour rabaisser ce qui est considéré comme le plus important aux yeux des hommes. Comme le dit l’apôtre Paul : Mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort (1 Co 1,27). En se donnant le nom de Samaritain, le Seigneur veut montrer que c’est en vain que le monde attend son salut du puissant empire romain et de l’empereur Tibère; le salut du monde, le Seigneur l’a établi au sein du peuple le plus méprisé de l’empire romain, le peuple juif, et parmi les gens les plus méprisés par les Juifs, des pêcheurs de Galilée, qui étaient aussi méprisés par les scribes prétentieux que par les Samaritains idolâtres. L’Esprit de Dieu est libre, le vent souffle où il veut (Jn 3, 8), sans tenir compte des positions sociales ni de leur considération. Ce qui est considéré comme éminent par les hommes est nul devant Dieu, et ce qui est nul pour les hommes est éminent devant Dieu.

Le Seigneur est venu au-dessus du genre humain — Il est venu sur lui. Le genre humain gisait malade et désespéré, quand le Médecin est venu au-dessus de lui. Tous les hommes sont pécheurs, ils sont étendus sur la terre, agrippés au sol ; seul le Seigneur sans péché, le Médecin pur et sain, se tient debout. Il est venu chez lui (Jn 1,11) dit l’Évangile, pour signifier qu’il est venu revêtu d’une enveloppe charnelle comme tous les autres hommes, ne se distinguant pas extérieurement des malades et des pécheurs. On dit qu’il est venu au-dessus du genre humain, afin de marquer Sa différence, du point de vue de la force, de la santé, de l’immortalité et de l’absence de péché, par rapport aux malades mortels et aux pécheurs.

Il vit l’homme blessé, comme le prêtre l’avait vu; Il s’approcha du blessé, comme le lévite l’avait fait. Mais II fit quelque chose de plus, de beaucoup plus que le prêtre et le lévite. Il eut pitié du blessé, banda ses plaies, y versa de l’huile et du vin, chargea le blessé sur sa monture, le mena à l’hôtellerie et prit soin de lui, régla l’aubergiste pour les soins prodigués au blessé, promit qu’il continuerait à s’en occuper et couvrirait toutes les dépenses nécessitées par sa maladie. Ainsi, pendant que le prêtre se contente de voir le blessé et que le lévite s’arrête sur la vision et l’approche du blessé, le Messie, le Médecin céleste, accomplit dix actions pour lui : le chiffre dix correspond à la plénitude des nombres — afin de montrer ainsi la plénitude des soins, des attentions et de l’amour du Seigneur notre Sauveur en ce qui concerne notre salut. Il ne panse pas seulement les plaies et ne laisse pas le blessé au bord de la route, car cela n’aurait pas été une fête complète ; Il ne le conduit pas seulement à l’hôtellerie pour s’éclipser ensuite, car l’aubergiste aurait dit qu’il n’avait rien pour soigner le malade et qu’il était donc forcé de le mettre dehors ; c’est pourquoi II paie d’avance ses efforts ainsi que ses frais. L’homme le plus miséricordieux se serait arrêté à ce stade. Mais le Seigneur va plus loin. Il promet qu’il continuera à prendre soin du malade et qu’il reviendra le voir, et qu’il remboursera à l’aubergiste les dépenses supplémentaires qu’il aurait à l’avenir. Voilà la plénitude de la miséricorde ! En outre, quand on sait que c’est un Samaritain qui fait cela à un Juif, un adversaire à un autre adversaire, alors on doit dire : voilà de la miséricorde surréelle, céleste, divine. Telle est l’image de la miséricorde du Christ à l’égard du genre humain.

Que signifie le fait de bander les plaies ? Et l’huile et le vin ? Le fait de bander les plaies correspond au contact direct du Christ avec le genre humain malade. Par Sa bouche très pure, Il parlait aux hommes à l’oreille, par Ses mains très pures II a effleuré des yeux morts, des oreilles sourdes, des corps envahis par la lèpre, des cadavres. C’est avec un onguent qu’on panse les plaies. Le Seigneur Lui-même est cet onguent pour l’humanité pécheresse. Il s’est Lui-même proposé pour panser les plaies de l’humanité. L’huile et le vin symbolisent la miséricorde et la vérité. Le bon Médecin a d’abord caressé le malade, puis lui a donné le remède. La miséricorde est un remède, comme la science est un remède. Réjouissez-vous, dit d’abord le Seigneur, puis II enseigne, met en garde, menace. Sois sans crainte, dit le Seigneur au notable Jaïre, puis II ressuscite sa fille. Ne pleurez pas, dit le Seigneur à la veuve de Nain, puis II relève son fils d’entre les morts. Le Seigneur montre d’abord Sa miséricorde, puis II offre le sacrifice. Sa venue dans le monde dans le corps d’un homme, dans une enveloppe grossière, est la plus grande grâce de toutes Ses actions charitables ; Son sacrifice sur la Croix est le sacrifice le plus grand de tous les sacrifices, de la création à la fin du monde? chanterai amour et jugement pour toi, Seigneur, dit le prophète David (Ps 101,1). La miséricorde est aussi douce que l’huile ; la justice est bonne mais aussi quelque peu âpre pour les pécheurs, comme le vin pour les malades. De même que l’huile adoucit la blessure du corps, de même la miséricorde divine adoucit l’âme tourmentée et aigrie des hommes ; de même que le vin semble aigre mais réchauffe les entrailles, de même la vérité et la justice de Dieu paraissent aigres à l’âme pécheresse, mais une fois plongées en elle, elles la réchauffent et la rendent plus forte.

La monture citée plus haut désigne le corps humain dans lequel le Seigneur Lui-même s’est incarné afin d’être plus proche et plus compréhensible. De même que le bon berger, quand il trouve une brebis perdue, la met sur son épaule et la porte joyeusement jusqu’à la bergerie, de même le Seigneur se charge Lui-même des âmes égarées afin qu’elles se retrouvent là où II est. Il est vrai que dans ce monde les hommes vivent au milieu des démons, comme les brebis au milieu des loups. Le Seigneur est le bon Pasteur, qui est venu rechercher Ses brebis afin de les mettre à l’abri des loups avec Son corps; en venant dans ce monde, Il a eu pitié des hommes parce qu’ils étaient comme des brebis qui nont pas de berger (Mc 6, 34). Si le corps humain est parfois représenté de façon animale, c’est afin de montrer la stupidité du corps seul sans la présence d’une âme consciente. En fait, l’homme dans son enveloppe physique, ressemble à un animal. C’est avec une telle enveloppe que l’homme fut revêtu après le péché d’Adam. Le Seigneur Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit (Gn 3,21). Cela eut lieu quand Adam, à la suite du péché de désobéissance, se retrouva tout nu et qu’il se cacha du visage de Dieu. Dans Sa douceur infinie et Son amour infini pour l’humanité blessée et à demi morte, le Seigneur vivant et immortel revêtit Lui-même cette tenue charnelle afin que, en tant que Dieu, Il soit plus accessible aux hommes, plus abordable comme Médecin, et plus reconnaissable pour les brebis comme Pasteur.

L’hôtellerie correspond à l’Église sainte, catholique et apostolique, tandis que l’hôtelier désigne les Apôtres et leurs successeurs, pasteurs et maîtres de l’Eglise. L’Eglise a été fondée pendant la vie terrestre du Christ, car il est dit que le Samaritain a conduit le blessé à l’hôtellerie et prit soin de lui. Le Seigneur est le fondateur de l’Église et son premier ouvrier. Pendant que Lui-même prenait soin du blessé, l’hôtelier n’est pas mentionné. Ce n’est que le lendemain, quand Son temps terrestre a expiré, qu’il s’adresse à l’hôtelier et lui demande de prendre soin du blessé.

Les deux deniers désignent, selon certains exégètes, les deux Testaments laissés par Dieu aux hommes: l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. C’est l’Écriture sainte, la sainte Révélation de la miséricorde et de la vérité divines. Nul ne peut être sauvé du péché, des blessures infligées à son âme, tant qu’il n’a pas connu la miséricorde et la vérité divines, révélées dans l’Écriture Sainte. De même que ce n’est que sous la grande lumière d’un chaud soleil que l’homme voit tous les chemins s’offrant à lui et qu’il choisit le chemin qu’il doit emprunter, de même ce n’est que sous la grande lumière de l’Écriture sainte que l’homme voit devant lui tous les chemins du bien et du mal et qu’il les distingue les uns des autres. Mais ces deux deniers désignent aussi les deux natures du Seigneur Jésus, la divine et l’humaine. Le Seigneur a apporté ces deux natures dans ce monde et les a mises au service du genre humain. Nul ne peut se sauver des blessures terribles du péché, sans reconnaître ces deux natures du Seigneur Jésus. Car les blessures du péché se guérissent par la miséricorde et la vérité ; l’un de ces remèdes sans l’autre, n’est pas un remède. Le Seigneur n’aurait pas pu montrer une miséricorde parfaite envers les hommes, s’il n’était pas né dans le corps d’un homme ; et II n’aurait pu, comme homme, découvrir la vérité parfaite, s’il n’était pas Dieu.

Les deux deniers désignent aussi le corps et le sang du Christ, où les pécheurs trouvent remède et nourriture à l’Église. Le blessé a besoin d’être pansé, oint et nourri. Telle est la médication parfaite. Il a besoin de nourriture, de bonne nourriture. De même qu’une bonne nourriture, que les médecins prescrivent au malade couché dans son lit, change, fortifie et purifie le sang, c’est-à-dire ce qui constitue le fondement de la vie organique de l’homme, de même cette nourriture divine, le corps et le sang du Christ, transforme fondamentalement, fortifie et purifie l’âme humaine. L’ensemble du traitement physique d’un malade n’est que le reflet du traitement spirituel. Fondamentalement, le corps et le sang du Christ symbolisent la miséricorde et la vérité.

À mon retour-, ces mots se réfèrent à la deuxième venue du Christ. Quand II reviendra comme Juge, non dans une tenue humiliante en peau de bête, mais dans Son éclat et Sa gloire immortels, alors les hôteliers — les pasteurs et les enseignants de Son Eglise — Le reconnaîtront comme le Samaritain qui leur confia jadis la tâche de prendre soin des âmes malades des pécheurs. Mais Lui-même ne sera plus le Samaritain miséricordieux, mais le Juge juste qui jugera chacun en toute justice. Bien entendu, si le Seigneur jugeait selon la pure justice céleste, peu nombreux seraient ceux qui seraient sauvés du feu éternel. Mais II connait notre impuissance et nos maux, et jugera donc chacun avec beaucoup de ménagement, de sorte que même un verre d’eau fraîche donné en Son nom à un assoiffé sera considéré comme un mérite (Mt 10, 42). Il ne faut toutefois pas se bercer d’illusion et se laisser aller à l’insouciance. Il s’agit ici de pasteurs de l’Eglise, de chefs spirituels. Ils se sont vus accorder plus de pouvoir et de bienfaits, de sorte qu’il leur est demandé davantage. Ils sont le sel de la terre. Mais si le sel vient à s’affadir; avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens (Mt 5,13). Le Seigneur a également dit que beaucoup de premiers seront derniers, et de derniers seront premiers (Mt 19, 30). Or les prêtres sont premiers dans 1’hôtellerie spirituelle du Christ. Ils sont appelés à s’occuper des malades, à examiner et à soigner leurs plaies et à leur donner la nourriture vivante du Christ à la table vénérable de l’Agneau de Dieu. Malheur à eux s’ils ne le font pas. Ils peuvent être premiers dans cette vie de courte durée, mais ne prendront pas part à la vie éternelle. Le Seigneur a dit aussi : Malheur à l’homme par qui le scandale arrive! (Mt 18, 7). Aucun homme au monde ne peut être autant source de scandale qu’un prêtre négligeant. Un petit péché venant de lui scandalise plus qu’un grand péché chez d’autres. Bénis soient donc les pasteurs spirituels qui accomplissent fidèlement en Son absence le commandement du Samaritain miséricordieux, en utilisant honnêtement et raisonnablement Ses deux deniers. Le jour viendra où le Seigneur dira à chacun d’eux en particulier: Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton seigneur! (Mt 25,21).

Après avoir fait ce récit très dense et significatif, le Seigneur demanda au légiste : «Lequel de ces trois, à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? » Il dit: « Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui». Et Jésus lui dit: « Va, et toi aussi, fais de même» (Lc 10, 36-37). Bien que le légiste n’eût pas, même de loin, compris toute la profondeur et la portée de ce récit du Christ, il fut forcé de reconnaître sa véracité, pour

autant qu’il pût la saisir, seulement bien entendu sous son aspect figuratif. Il ne pouvait pas ne pas reconnaître que le Samaritain miséricordieux s’est comporté comme le seul véritable prochain de l’homme agresse et blessé, abandonné au bord de la route. Il ne pouvait pas dire que le prêtre s’était montré le plus proche, puisque le prêtre comme lui-même était Juif. Il ne pouvait pas dire non plus que le lévite était le plus proche, puisque tous deux étaient de même race, du même peuple et parlaient la même langue. Car cela aurait été trop contraire, même à leur conscience sans scrupule. La parenté par le nom, la race, l’origine nationale ou la communauté linguistique est inutile là où est nécessaire la miséricorde, et seulement la miséricorde. La miséricorde est le nouveau fondement de parenté que le Christ a institué parmi les hommes. Cela, le légiste ne l’avait pas compris ; mais ce que son esprit avait saisi dans ce cas précis, il était contraint de le reconnaître. Va, et toi aussi fais de même, lui dit le Seigneur. Cela signifie : si tu veux hériter la vie éternelle, alors tu dois appliquer ainsi le commandement de Dieu sur l’amour, et non comme vous le comprenez-vous, légistes et scribes. Vous considérez ce commandement comme on regarde un veau d’or, vous l’adorez comme une idole, sans savoir sa portée divine et salvatrice. Vous ne considérez comme vos proches que les Juifs, car vous ne raisonnez que par le nom, le sang, la langue ; parmi les Juifs, vous ne considérez comme vos proches que ceux appartenant à votre parti, qu’il fut légiste, pharisien ou sadducéen ; et même parmi vos propres partisans, vous ne considérez comme vos proches que ceux dont vous tirez profit, honneurs et louanges. Ainsi vous avez interprété le commandement de Dieu sur l’amour de façon intéressée, et ce commandement divin est devenu pour vous un véritable veau d’or, comme celui que vos ancêtres vénéraient au pied du mont Horeb. Vous vénérez donc ce commandement, sans le comprendre ni l’appliquer. Il est probable que le légiste a pu comprendre le récit du Christ dans une telle perspective, et qu’il a dû repartir honteux. Lui qui était venu pour jeter le discrédit! Mais quelle aurait été sa honte s’il avait pu comprendre que ce récit s’appliquait précisément à lui ! Car lui aussi était un voyageur allant de la Jérusalem céleste dans la sale cité terrestre de Jéricho, ce voyageur que les démons avaient dépouillé des bienfaits de Dieu, agressé et roué de coups, le laissant au bord de la route. La loi de Moïse et les prophètes passent à côté de lui et ne peuvent l’aider. Mais voilà qu’au moment où le Seigneur lui raconte ce récit, le Samaritain miséricordieux est déjà en train de se pencher sur son âme blessée, la panse et y verse de l’huile et du vin.

Lui-même a ressenti cela, autrement il n’aurait pas reconnu l’authenticité de l’enseignement donné par le Christ. S’est-il ensuite laissé transporter jusqu’à l’hôtellerie — c’est-à-dire à l’église — et être complètement guéri? Cela, le Dieu omniscient le sait. L’Evangile n’en parle pas.

Ainsi, par un chemin détourné, le Christ a conduit ce légiste, même inconsciemment, à Le reconnaître dans son âme, Lui le Christ, comme son parent le plus proche. Le Seigneur l’a amené à reconnaître, même inconsciemment, que les mots : Tu aimeras ton prochain comme toi-même signifient: aime le Seigneur Jésus-Christ comme toi-même. Il nous reste cependant à le reconnaître en conscience et avec notre raison et à le confesser. Notre parent le plus proche est le Seigneur Jésus, et à travers Lui, nous sont proches tous les autres hommes dans la misère et auxquels nous pouvons apporter notre aide miséricordieuse au nom du Seigneur. Le Seigneur Jésus s’est penché au-dessus de chacun de nous et II a laissé deux deniers pour chacun de nous pour que nous nous soignions en attendant Son retour, jusqu’à ce qu’il vienne dans nos cœurs, de sorte que nous ne Le regardions plus penché au-dessus de nous, mais que nous Le voyions installé et vivant dans nos cœurs ! Alors seulement, nous serons bien portants, car la source de la santé sera dans nos cœurs.

Mais voyez comment avec ce récit, le Seigneur réunit les deux commandements sur l’amour en un seul! En L’aimant comme notre prochain, nous aimons et Dieu et l’homme, mettant ainsi en application d’un seul coup les deux commandements sur l’amour. Jusqu’à la venue du Seigneur Jésus dans le monde, ces deux commandements étaient distincts. Mais avec Sa venue, ils ont été confondus. En fait, l’amour parfait ne peut ni être différencié ni se rapporter à deux matières différentes. Dans l’Ancien Testament, il s’agissait de choses distinctes, car l’Ancien Testament est une école préparatoire à la grande école de l’amour. Dans l’école préparatoire, les choses sont décomposées, mais elles sont organiquement liées. Quand l’organisme unique et incarné de l’amour s’est manifesté dans le Seigneur Jésus, aussitôt cette différenciation est devenue sans objet. Jésus-Christ est l’amour incarné envers Dieu comme envers l’homme. Dans l’ensemble des mondes, dans le temps et dans l’éternité, il n’existe pas d’amour plus grand. C’est ainsi qu’a été introduit dans le monde un principe nouveau, tout à fait nouveau, de l’amour, un commandement nouveau et unique sur l’amour, qu’on peut définir en ces termes : aime le Seigneur Jésus, Fils de Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces et avec toute ton intelligence: aime-Le comme toi-même. Par cet amour, unique et indissociable, tu aimeras Dieu et les hommes. Homme mortel, abandonne l’espoir mensonger que tu pourras un jour aimer Dieu sans le Christ ou à côte de Lui. Et ne te laisse pas étourdir par le mensonge que tu pourras un jour aimer les hommes sans le Christ ou à côté de Lui. Il est descendu du ciel et s’est penché sur toi, blessé et malade. Regarde Son visage et reconnais ton prototype ! Regarde ton parent principal et le plus proche ! Ce n’est qu’à travers Lui que tu peux devenir un parent véritable de Dieu et un parent miséricordieux des hommes. Et quand tu auras connu ta parenté avec Lui, toute autre parenté terrestre te paraîtra comme l’ombre et le reflet de la parenté véritable et immortelle. Alors tu te mettras à faire comme Lui; tu considéreras les pauvres, les affligés, les démunis, les blessés et les abandonnés au bord de la route comme tes parents les plus proches, plus proches que d’autres parents. Et alors tu pencheras, non pas ton visage, mais le Sien au-dessus deux; c’est avec Ses pansements que tu panseras leurs plaies, et c’est Son huile et Son vin que tu verseras sur leurs blessures.

C’est ainsi que ce récit, dont le légiste qui a voulu mettre le Christ à l’épreuve a un peu compris le sens et dont il a un peu tiré profit, recouvre en fait toute l’histoire des hommes du début à la fin, et toute l’histoire de notre salut, du début à la fin. Le Seigneur nous y enseigne que ce n’est qu’à travers Lui que nous pouvons devenir des parents de Dieu et des parents des hommes. Ce n’est que par cette parenté avec le Christ que nos autres liens de parenté acquièrent leur noblesse et leur dignité. Le Seigneur nous invite ainsi à un amour très mérité pour Lui, un amour qui avec la même lumière illumine Dieu et les hommes, et même nos ennemis. Car l’amour à l’égard de nos ennemis n’est possible qu’à partir du même et unique foyer d’amour, le Seigneur Jésus-Christ, Dieu-homme et notre Sauveur; Gloire et louange au Seigneur vivant et vivifiant et notre Sauveur Jésus-Christ, avec Son Père et avec le Saint-Esprit, Trinité unique et indissociable, maintenant et toujours, de tout temps et de toute éternité. Amen.