”Saint Pétronios (cf. 23 oct.), qui avait été nommé à la tête de la Koinonia par saint Pachôme alors qu’il était déjà atteint par la peste, ne gouverna que quelques jours la communauté et, en remettant son âme à Dieu, il nomma Horsièse (Horsisios) pour lui succéder, en disant : « Ce n’est pas moi qui te nomme pour cette tâche, ni aucun homme, mais c’est Dieu et notre père Pachôme ». Lorsque Horsièse avait été, un peu auparavant, désigné comme higoumène du monastère de Chenoboskion, Pachôme l’avait loué comme «une lampe d’or brillant dans la maison de Dieu». Saint Athanase d’Alexandrie et saint Antoine le Grand adressèrent alors des lettres aux moines pachômiens, pour manifester leur approbation. Et Antoine, qui avait eu une révélation à son sujet, ajouta : « Ne l’appelez pas Horsièse, mais l’Israélite, c’est-à-dire celui qui «voit Dieu» ». Horsièse, acceptant cette charge malgré lui, visita donc les monastères pour confirmer les frères et les exhorter à rester fidèles aux institutions de saint Pachôme. Cinq années ne s’étaient pas écoulées que plusieurs monastères, entraînés par Apollonios, higoumène de Monchôsis, commencèrent à se séparer en refusant l’autorité d’Horsièse. Affligé de devenir ainsi cause de désordre, le saint Père se mit en prière et, à la suite d’une vision de saint Pachôme, il démissionna, transmettant sa charge à saint Théodore (cf. 16 mai), et il se retira dans l’hésychia en son monastère de Chenoboskion. Théodore se considérait comme le second de saint Horsièse et disait qu’ils n’avaient «qu’un seul corps, qu’une seule âme et un seul esprit en toutes choses selon Dieu», aussi ne faisait-il rien sans prendre son avis. Après la visite de saint Athanase, qui écrivit à Horsièse pour le convoquer, Théodore réussit à le faire revenir au monastère principal de Pabau, pour exhorter les frères à préserver la simplicité de vie instituée par Pachôme et lui faire assister à ses derniers moments (Pâques 368). Bien qu’il eût supplié le Seigneur de mourir le premier, Horsièse dut alors reprendre la direction de la Koinonia; et il visita tous les monastères, surmontant son chagrin pour consoler les frères et les inciter à la vigilance. Il s’endormit vers 380, laissant un admirable Testament, tissé de citations de l’Écriture sainte, qui contribua grandement à la transmission de la tradition de saint Pachôme aux générations suivantes, en particulier en Occident. [Il avait été traduit en latin par S. Jérôme. Trad. française dans : P. Deseille, L’esprit du monachisme Pachômien, Bellefontaine, «Spiritualité orientale 2», 1973.]