Securus judicat orbis terrarum.
Le tribunal est fiable lorsque c’est tout l’univers qui juge.

Avant-propos

Saint Augustin, l’évêque d’Hippone est une personne extraordinaire, père de l’Eglise d’Occident, un exemple dans le repentir, un des premiers philosophes chrétiens, réputé pour son approche systémique dans la théologie, un saint envers lequel on ne peut pas rester indifférent après avoir lu une de ses nombreuses œuvres. Saint Augustin est aussi connu par sa théologie du Concile, l’enseignement sur la juridiction suprême dans l’Eglise qui appartient au Concile universel des évêques de toutes les églises locales. C’est un enseignement, étant un fil rouge, passe à travers la grande partie de ses œuvres ce qui montre que c’était sa pensée systémique et non pas une inspiration instantanée dans laquelle il n’était pas sûr (comme Filioque). Exprimant l’ecclésiologie orthodoxe, saint Augustin pourrait beaucoup aider à comprendre la véritable catholicité de l’Eglise aux premiers siècles et la vraie autorité du siège de Rome parmi toutes les églises locales.

 

I. Introduction

L’apôtre Pierre agit comme la personnification de l’Eglise dans tous les principaux contextes de l’Ecriture. Lorsque le Christ s’adresse personnellement à lui, il ne devrait y avoir qu’une indication symbolique de l’unité et de l’unicité de l’Église. Il n’a aucun pouvoir personnel ; dans les écrits du saint Augustin, il n’y a pas de concept de « poste de Pierre » particulier, car le premier des apôtres n’a pas eu de pouvoir individuel qui le distinguerait des autres apôtres. Pierre a la primauté dans l’Eglise non pas en tant que chef, mais en tant qu’ancêtre spirituel de tous les chrétiens, car il était le premier homme qui a reconnu le Christ par la véritable foi. Dans ce sens, l’apôtre Pierre est le fondement de toute l’apostolat et de l’épiscopat, bien que d’autres apôtres aient reçu absolument le même pouvoir et absolument dans la même mesure. C’est pourquoi, l’autorité suprême dans l’Église appartient au Concile de la plénitude de l’Église (Concile Œcuménique), qui peut juger toute communauté locale ou tout évêque y compris le pape de Rome. Ce n’est que toute la plénitude de l’Eglise qui peut être appelée immuable et infaillible face au mal qui règne dans le monde.

Klaus Schatz SJ. Sur la perception de la primauté du pape de Rome dans l’Eglise de Carthage à l’époque du saint Augustin.

Dans le cas de l’Afrique du Nord, il est intéressant de noter l’attitude de l’Eglise unie et confiante envers Rome. Ces paroles de l’évêque Augustin d’Hippone (396-430) ont été souvent citées : « Roma locuta, causa finita » (Rome a dit, l’affaire est terminée). Cependant, en fait, cette citation représente une altération assez audacieuse des paroles de ce Père de l’Église, prise complètement hors contexte.

Il s’agit en particulier d’une question liée à l’enseignement de Pélage, ascète breton qui a vécu à Rome. Pélage s’opposait à la tolérance et à la détérioration du moral du christianisme de l’époque, qui s’écartait de la relation sérieuse avec le côté moral de l’apprentissage chrétien et couvrait sa propre paresse avec la faiblesse humaine et « l’espoir de la grâce de Dieu ». Par conséquent, Pélage a présenté le concept du christianisme éthique et orienté sur les problèmes du moral. Pour lui, la grâce n’était principalement qu’un encouragement à l’action ; les gens sont toujours capables de choisir entre le bien et le mal avec leur propre pouvoir. Cette doctrine a été condamnée par deux Conciles de l’Afrique du Nord à Carthage et à Milève en 416. Or, Pélage vivait à Rome qui était le centre du mouvement pélagien, il semblait opportun d’informer le Pape innocent I de la décision des Conciles. En fin de compte, la lutte contre le pélagien ne pouvait se poursuivre qu’en coopération avec Rome. Le Pape a finalement répondu en 417 en acceptant les décisions de ces deux Conciles. C’était là où  saint Augustin a écrit  « Dans cette affaire, les décrets des deux Conciles ont été envoyés au siège apostolique ; de là, les réponses sont revenues. L’affaire est terminée (causa finita est), pourvu qu’un jour, cette hérésie soit aussi terminée ! »

Le contexte de cette affirmation et sa continuité avec les pensées précédentes du saint Augustin ne suggèrent qu’une interprétation possible : le verdict de Rome n’est pas décisif en soi.  Il ne fait que dissiper les derniers doutes après tout ce qui l’a précédé. C’est dû au fait qu’à part le siège de Rome, il ne restait plus aucune Eglise plus ou moins autoritaire qui à laquelle les pélagiens auraient pu faire appel. Au contraire, l’autorité grâce à laquelle les pélagiens auraient pu espérer la suite favorable de leur affaire, c’est-à-dire le siège de Rome, fait clairement la décision contre eux !

En général, saint Augustin attribue un poids relativement important à l’autorité de l’Église de Rome en matière de foi, mais il ne considère pas qu’à elle appartient le droit du magistère plus important. Le siège de Rome a auctoritas (autorité), mais non pas potestas (pouvoir) sur l’Eglise de l’Afrique du Nord. Les Conciles mentionnées dessus, eux-mêmes montrent clairement l’attitude des africains, y compris Augustine, à l’égard de l’autorité du magistère de Rome. Ils envoient leurs actes à Rome non pas pour obtenir l’approbation de leurs décisions, mais parce qu’ils ont reconnu que l’Église de Rome avec ses traditions avait une plus grande autorité en matière de foi ; par conséquent, ils voulaient que la décision de Rome se joigne à leur propre.

C’est particulièrement évident dans la lettre de saint Augustin, écrite au nom des cinq évêques. « Nous ne versons pas d’eau de notre petit ruisseau à votre puissant courant pour le rendre plus plein. Mais… notre flux, même si maigre, s’écoule de la même source d’eau que la vôtre. Nous voulons… être réconforté par ta réponse, par notre participation commune à la même grâce »

Chaque mot y est important. L’Eglise de Rome n’est pas une source pour l’Église de l’Afrique. Ces deux Églises, comme les flux parallèles, sortent du seul fleuve de la Tradition, bien que le flux de l’Église Rome soit plus vaste. Ainsi, Rome a une autorité relativement plus grande et plus forte, et c’est pourquoi l’Église de l’Afrique veut entendre le verdict de Rome.

Cependant, la réponse du Pape Innocent démontre clairement la différence entre la perception romaine et africaine. Le pape interprète la lettre des évêques africains comme une demande d’approbation. Il affirme que tous les flux sortent du fleuve de l’Église de Rome. Il ne s’agit pas du tout de deux courants parallèles, mais de la dépendance entière de Rome, car ce n’est que Rome qui a une autorité normative matière de foi.

En réalité, causa n’était pas du tout finita. Sous Zosime, le prochain Pape de Rome, les pélagiens ont réussi à être écoutés à Rome et ont pu défendre leur foi. Saint Augustin n’a pas attendu la décision papale. Il a convoqué en 418, un autre Concile de Carthage, qui a solennellement condamné certaines doctrines des pélagiens. Le décret a été envoyé à Rome, et le pape l’a confirmé. Par la suite, l’Église persévérante de l’Afrique a défendu son indépendance juridictionnelle. Les Conciles de Carthage de 419 et 424 ans ont interdit tout appel judiciaire à Rome.

(Klaus Schatz, professeur en théologie, prêtre catholique. « Papal primacy » pp. 34-36)

 

II. Le pouvoir des Clés

Les clés du Royaume Céleste sont un signe de l’autorité spirituelle de remettre les péchés. Elles ne sont pas données au seul apôtre Pierre, mais à l’Église dans sa plénitude (cf. 1, 2, 3, 4, 5, 6). Tout d’abord, les clés sont remises à tous les apôtres dans la même mesure (1, 3, 6), puis elles sont remises à la possession collective de tout l’épiscopat (3, 6), et elles appartiennent plutôt à tous ensemble (à l’unité de l’Église Universelle) qu’à chacun individuellement. Une personne ne peut prétendre à la possession unique de ces clés (3). Quand il est dit que les clés sont données à l’apôtre Pierre, Pierre représente symboliquement l’unité de l’Église par sa singularité. C’est sur cela que la primauté de Pierre se base (3).

 

Ce n’est pas sans motif que Pierre, entre tous les Apôtres, représente le caractère de cette Eglise catholique ; car c’est à elle que furent données les clefs du royaume des cieux lorsqu’elles furent remises à Pierre ( XVI, 19). A tous s’adresse cette parole qui lui fut adressée : « M’aimes-tu ? pais mes brebis (Jean, XXI, 17) »

 

Du Combat Chrétien. 30

Source française

Source latine

 

Nous n’écouterons pas non plus ceux qui refusent à l’Eglise le pouvoir de remettre tous les péchés. Aussi ces malheureux, en ne voyant point la pierre dans Pierre, en ne voulant pas croire que les clefs du royaume des cieux ont été remises à l’Eglise, les ont laissé échapper de leurs mains.

 

Du Combat Chrétien. 31

 

 

Or Pierre est le seul d’entre eux qui ait mérité de personnifier l’Eglise presque partout. C’est en vue de cette personnification, qu’il faisait seul de toute l’Eglise, qu’il mérita d’entendre : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ( XVI,19) ». Ces clefs en effet furent moins confiées à un homme qu’à l’unité même de l’Eglise. Ainsi donc ce qui montre la prééminence de Pierre, c’est qu’en lui se personnifiaient l’universalité et l’unité de l’Eglise lorsqu’il lui fut dit : « Je te donne » ce qui pourtant fut donné à tous les Apôtres. Pour vous convaincre que ce fut l’Eglise qui reçut les clefs du royaume des cieux, écoutez ce que le Seigneur, dans une autre circonstance, dit à tous ses Apôtres : « Recevez le Saint-Esprit » ; il ajoute aussitôt : « Les péchés seront remis à qui vous les remettrez, et retenus à qui vous les retiendrez (Jean, XX, 32, 23) ». C’est ce que désignent les clefs que rappellent ces mots : « Ce que vous délierez sur la terre « sera aussi délié dans le ciel, et ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans le ciel ». Mais dans la circonstance actuelle, c’est à Pierre seul qu’il s’adressa.

 

SERMON CCXCV. FETE DE SAINT PIERRE ET DE SAINT PAUL. I. UNITÉ DE L’ÉGLISE.

Source latine

Source française

 

 

Plusieurs passages des Ecritures montrent effectivement que Pierre représente l’Église; on le voit surtout dans ces paroles qui lui furent adressées : « Je te donne les clefs du royaume des cieux. Tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié aussi dans le ciel, et tous ce que tu délieras sur la terre dans le ciel aussi sera délié (Matt. XVI, 19). N’y eut-il que Pierre pour recevoir ces clefs et ne furent-elles pas données à Paul? N’y eut-il que Pierre pour les recevoir et furent-elles refusées à Jean, à Jacques et aux autres Apôtres? Ne sont-elles pas dans les mains de l’Église, où chaque jour se remettent les péchés? Oui, comme en Pierre se personnifiait l’Église, à l’Église fut donné ce qui le fut à Pierre en particulier.

 

SERMON CXLIX. QUATRE QUESTIONS.

Source française 

Source latine

 

 

Que ce psaume contienne une prophétie du Christ, c’est ce que reconnaît facilement tout homme qui lit avec foi les Actes des Apôtres ; car en voyant Matthias ordonné à la place de Judas qui trahit le Christ, et incorporé au collège apostolique (Act. I, 15-26), il devient évident que c’est Judas que désignait le Prophète, quand il disait : « Que ses jours soient s abrégés, et qu’un autre reçoive son épiscopat (Ps. CVIII, 8) ». Mais si nous ne faisons retomber que sur un seul homme les malédictions contenues dans ce cantique, l’application pourra bien manquer de justesse, ou du moins paraître forcée ; tandis que tout devient clair, si ces anathèmes sont dirigés contre toute une race d’hommes, c’est-à-dire contre les Juifs ingrats et ennemis du Christ. Et de même que plusieurs passages à l’adresse de l’apôtre saint Pierre ne reçoivent leur force et leur éclat, que quand nous les entendons de l’Eglise, dont Pierre était la personnification à cause de la primauté qu’il eut sur les disciples, en vertu de ces paroles : « Je te donnerai les clés du royaume des cieux (Matth. XVI, 19) », et autres semblables : ainsi Judas est en quelque sorte la personnification des Juifs…

 

DISCOURS SUR LE PSAUME CVIII.

Source française

Source latine

 

 

Ce qui a été recommandé et commandé à Pierre ne l’a pas été à Pierre seulement (!), mais encore aux autres Apôtres, qui ont entendu cela, qui s’y sont attachés et montrés fidèles, principalement celui qui a donné son sang et qui est aujourd’hui honoré avec lui, je veux dire l’apôtre saint Paul. Donc ils ont entendu tous cela et ont pris soin de nous [les évêques] le transmettre pour nous le faire entendre. Nous [les évêques] vous paissons, on nous paît aussi avec vous.

 

SERMON CCXCVI

Source française

Source latine

 

 

III. Fondation de l’Église. Unité dans tous

L’apôtre Pierre prononce sa confession au nom de toute l’Église, de tous les apôtres, car ils étaient unis tous dans la foi en Jésus en tant que le Fils de Dieu (cf. 1, 2). L’Eglise est fondée sur le Christ Lui-même (1, 2, 7) ou sur la confession de Sa divinité (3, 5, 8), car L’apôtre Pierre n’est pas le fondement, mais la personnification de l’Église en tant que le nouveau peuple chrétien (1, 2, 4, 7). Pourtant, l’apôtre Pierre peut être aussi appelé le fondement de l’Eglise (4) dans le sens où il est le premier des prêtres du Nouveau Testament de qui provient spirituellement la succession des évêques dans tout l’univers (6), et non pas dans un endroit particulier.  Néanmoins, dans le sens fondamental, l’Eglise ne peut pas être fondée sur un homme (2). Son invincibilité n’est pas promise au seul apôtre Pierre, mais à la plénitude de l’Eglise qu’il représentait (7).

 

« Et vous, reprit-il alors, qui dites-vous que je suis ? — Vous êtes », répondit Pierre au nom des autres, Pierre seul au nom de tous, « vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant ». A merveille ! Rien de plus exact, et Pierre mérita bien que lui fussent adressées les paroles suivantes : « Tu es heureux, Simon fils de Jona, car ce n’est ni la chair ni le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis » ; en échange de ce que tu m’as dit, écoute ; eu échange de ta confession, reçois cette bénédiction ; « Et moi je te dis : Tu es Pierre » ; je suis la Pierre, en conséquence « Tu es Pierre » ; car la Pierre ne vient pas de Pierre, mais Pierre de la Pierre, attendu que Christ ne vient pas de chrétien, mais chrétien de Christ. « Et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise » ; je la bâtirai, non sur ce Pierre qui est toi-même, mais sur la Pierre que tu as confessée. « Je bâtirai mon Eglise » ; je te bâtirai donc puisqu’en me répondant ainsi tu représentes mon Eglise.

 

SERMON CCLXXX. POUR LA FÊTE DES SAINTES PERPÉTUE ET FÉLICITÉ, MARTYRES. I.

Source française

Source latine

 

2. L’Évangile dont on vient de faire lecture représente le Christ Notre-Seigneur marchant sur les eaux et l’Apôtre Pierre y marchant aussi, mais tremblant quand il craint, enfonçant quand il se défie et surnageant quand il confesse sa faiblesse et sa foi. Cet Évangile nous invite donc voir dans la mer le siècle présent et dans l’Apôtre Pierre le type de l’Église qui est unique. Pierre en effet tient le premier rang parmi les Apôtres, il est le plus ardent à aimer le Christ, et souvent il répond seul au nom de tous. Le Seigneur Jésus-Christ ayant demandé pour qui on le prenait, les disciples firent connaître les différentes opinions qu’on se formait de lui, mais le Seigneur les interrogeant de nouveau et leur disant : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Pierre répondit : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Seul il fait cette réponse au nom de tous, c’est l’unité dans la pluralité (unitas in multis). Et le Seigneur alors : « Tu es bienheureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est ni la chair ni le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. » Puis il ajoute : « Et moi je te déclare, » c’est-à-dire : Puisque tu m’as dit : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, je te dis à mon tour : Tu es Pierre. » Auparavant en effet il s’appelait Simon, et ce nom de Pierre lui a été donné par le Seigneur, afin qu’il pût figurer et représenter l’Église. Effectivement, puisque le Christ est la Pierre, Petra, Pierre, Petrus, est le peuple chrétien. Pierre, Petra, est le radical, et Pierre, Petrus, vient de Petra, et non pas Petra de Petrus ; de même que Christ ne vient pas de chrétien, mais chrétien de Christ. Donc, dit le Sauveur, « Tu es Pierre, Petrus, et sur cette Pierre » que tu as confessée, sur cette Pierre que tu as connue en t’écriant : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, je bâtirai mon Église (Matt. XVI, 13-18); » en d’autres termes : je bâtirai mon Église sur moi-même, qui suis le Fils du Dieu vivant; je te bâtirai sur moi et non pas moi sur toi. Il y eut des hommes qui voulaient bâtir (aedificari) [l’Eglise] sur des hommes et ils disaient : « Moi je suis à Paul, et moi à Apollo, et moi à Céphas, » c’est-à-dire à Pierre. Mais d’autres ne voulaient bâtir sur Pierre (aedificari super Petrum), mais sur la Pierre (super petram), et ils ajoutaient : « Et moi je suis au Christ. » Or quand l’Apôtre Paul sut qu’on s’attachait à lui au détriment du Christ : « Est-ce que le Christ est divisé ? s’écria-t-il ; est-ce que Paul a été crucifié pour vous ? Ou est-ce au nom de Paul que vous « avez été baptisés (I Cor. I, 12, 13)? » Si ce n’est pas au nom de Paul, ce n’est pas non plus au nom de Pierre, mais c’est au nom du Christ ; et de cette sorte Pierre s’appuie sur la Pierre et non la Pierre sur Pierre.

 

SERMON LXXVI. NÉCESSITÉ DE L’HUMILITÉ

Source française

Source latine

 

 

« Saint Pierre est le premier des Apôtres, il est cet ardent ami du Christ qui mérita d’entendre de lui ces mots : « A mon tour je te le dis : Tu es Pierre ». Il avait dit au Sauveur : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Le Sauveur lui dit donc : « A mon tour, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». Sur cette pierre j’établirai la foi que tu confesses ; oui, sur cette confession : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant », je bâtirai mon Eglise. »

 

SERMON CCXCV. FETE DE SAINT PIERRE ET DE SAINT PAUL. I. UNITÉ DE L’ÉGLISE.

Source française

 

 

En un passage j’ai dit de l’apôtre saint Pierre que l’Eglise a été fondée sur lui comme sur la pierre; c’est le sens que célèbre l’hymne très-répandue du bienheureux Ambroise dans ces vers sur le chant du coq: « A ce chant, la pierre de l’Eglise efface sa faute.» Mais je sais que très-souvent, dans la suite, j’ai expliqué cette parole du Seigneur : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise,» en ce sens que cette pierre est Celui que Pierre a confessé en disant: « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant ; » de la sorte, Pierre tirant son nom de cette pierre, figurait la personne de l’Eglise, qui est élevée sur elle et qui a reçu les clefs du royaume des cieux. Il ne lui a pas été dit en effet : « Tu es la pierre (petra), » mais : « Tu es Pierre (Petrus). » Car la pierre était le Christ ; et Simon, l’ayant confessé comme toute l’Eglise le confesse, a été nommé Pierre. Que le lecteur choisisse de ces deux interprétations celle qui lui semblera la plus probable.

 

CONTRE LA LETTRE DE L’HÉRÉTIQUE DONAT. — UN LIVRE.

Source française

 

 

« Sur ce rocher, dit le Seigneur, je bâtirai mon Église. Sur cette confession, sur ce que vous avez dit: «Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant », je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne la vaincront pas (Mt 16, 18) »

 

Sermon 236A.3

Source anglaise

 

Comptez les prêtres depuis la chaire de Pierre, qui était après qui. Voilà ce qui est la Pierre que les portes de l’enfer ne vaincront pas.

 

Psaume contre les donatistes

Source latine

 

 

Voilà ce que l’espérance du bonheur fait faire à l’Eglise au milieu des tribulations de ce monde, et l’apôtre Pierre, à cause de la prééminence de son apostolat, représentait l’Église et figurait, en sa personne, la totalité de ses membres. A ne considérer que lui-même, on ne pouvait voir en lui qu’un homme par l’effet de la nature, qu’un chrétien par l’effet de la grâce, qu’un apôtre par l’effet d’une grâce plus abondante ; mais une fois que le Christ lui a eu dit : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel », il représentait cette Eglise universelle, que toutes sortes d’épreuves, pareilles à des pluies, à des torrents, à des tempêtes, ne cessent d’assaillir sans jamais la renverser, parce qu’elle est fondée sur la pierre: c’est de là que Pierre a pris son nom. Car ce n’est point de Pierre que vient le nom de la pierre ; mais le nom de Pierre vient de celui de la pierre; comme le nom du Christ ne dérive pas du mot chrétien ; mais le mot chrétien dérive du nom du Christ. Le Sauveur a dit : « Et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise », parce que Pierre avait dit : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant (Matt. XVI, 16-19) ». C’est donc sur cette pierre, dont tu as reconnu l’existence, que je bâtirai mon Eglise. En effet, la pierre était le Christ, et Pierre lui-même avait été établi sur ce fondement (I Cor. X, 4). « Car personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé, et ce fondement, c’est Jésus-Christ (I Cor. III, 11) ». L’Eglise, qui est fondée sur le Christ, a donc reçu de lui, dans la personne de Pierre, les clefs du royaume des cieux, c’est-à-dire le pouvoir de retenir et de remettre les péchés. Ce que l’Eglise est par nature dans le Christ, Pierre l’est en figure dans la pierre ; par là, nous voyons que le Christ c’est la pierre, et que Pierre, c’est l’Eglise.

 

CENT VINGT-QUATRIÈME TRAITÉ.

Source latine

Source française

 

 

« Le Christ, voyez-vous, a construit son Église non sur un homme mais sur la confession de Pierre. Quelle est la confession de Pierre? Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Il y a un rocher pour vous, il y a une fondation, là où l’Eglise a été construite et que les portes des enfers ne peuvent pas la conquérir. »

 

Sermont 229P.1, Citation selon John Rotelle

(John Rotelle, Ed., The Works of Saint Augustine (New Rochelle: New City Press, 1993), Sermons, Vol. 6, Sermon 229P.1, p. 327)

 

 

IV. “Affermis tes frères…”

Sous « les frères », saint Augustin ne considère pas les apôtres (comme l’interprète saint pape Lion le Grand), mais seulement les membres de l’Eglise.

 

Aussi dit-il à Pierre, quand approchait l’heure de sa mort; « Satan a demandé à vous secouer comme la froment; mais moi, j’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille point; va et affermis tes frères (2) ». Ne nous a-t-il pas affermis par son apostolat, par son martyre, par ses épîtres?

 

SERMON CCX. POUR LE CARÊME. VI. DU TEMPS CHOISI POUR LE CARÊME.

Source française

 

 

V. “Pais mes brebis…”

Dans l’Église, le pouvoir pastoral est remis à tous les apôtres dans la même mesure (2, 3, 4, 5, 6) et à leurs successeurs, les évêques (2, 3, 4, 5, 6). Les pasteurs sont égaux les uns aux autres (l’apôtre Pierre n’excelle pas les autres pasteurs) et ils sont tous soumis au seul Pasteur de pasteurs, au Christ (3). Le pouvoir pastoral de chaque pasteur n’est rien devant le pouvoir du Pasteur des pasteurs (3), et par conséquent, aucun d’entre eux ne peut être individuellement appelé le vicaire du Christ dans le sens strict ; en même temps, le Christ exerce Son pouvoir à travers toute la multitude des pasteurs (6).

Quand il est dit que le troupeau de Christ est confié à l’apôtre Pierre, ce n’est pas plus qu’un symbole de l’unité de l’Église et de l’unité du pouvoir dans l’Eglise (2, 5, 6), car de l’apôtre Pierre provient toute autorité sacerdotale dans l’Église Universelle (1, 6). Cette autorité dans l’Église est unique et appartient collectivement à tous les pasteurs (1, 2, 3, 4, 5), et non pas à une seule chaire.

 

Ce qui, me frappe encore, c’est la chaire de Pierre à qui le Seigneur, après la résurrection, a confié le soin de paître ses brebis, c’est aussi cette imposante succession du sacerdoce, couronnée par l’épiscopat qui découle directement du pontificat lui-même.

 

RÉFUTATION De l’Épître manichéenne appelée Fondamentale.

Source latine

Source française

 

Mais maintenant ? Le Seigneur l’interroge, comme vous l’avez remarqué durant la lecture de l’Évangile, et lui dit : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? — Oui, Seigneur, « répondit Pierre, vous savez que je vous aime. » Cette question lui fut adressée une seconde et fine troisième fois, et comme à chaque reprise l’Apôtre répondait qu’il aimait, le Seigneur chaque fois lui confiait son troupeau. « Je vous aime. — Pais mes agneaux ; pais mes petites brebis. » [Pierre seul recevait ce dépôtinsertion frauduleuse qui n’existe pas dans l’original latin ?] ; il figurait ainsi l’union des bons pasteurs (In uno Petro figurabatur unitas omnium pastorum), des pasteurs qui savent gouverner pour le Christ et non pas pour eux.

 

SERMON CXLVII. TRANSFORMATION DE SAINT PIERRE

Source latine

Source française

 

 

Nous venons d’entendre Notre-Seigneur Jésus nous prêcher les devoirs d’un bon pasteur et par conséquent nous avertir ainsi qu’il y a de bons pasteurs. Afin toutefois d’écarter de notre esprit toute idée fausse sur la pluralité des pasteurs, il ajoute : « Je suis le bon pasteur. » Comment est-il le bon pasteur ? Le voici : « Le bon pasteur, dit-il, donne sa vie pour ses brebis. Quant au mercenaire, quant à celui qui n’est pas réellement pasteur, il voit venir le loup et s’enfuit, parce qu’étant mercenaire il ne prend point souci des brebis. » Le Christ est donc le bon pasteur.

Et Pierre ? N’est-il pas aussi bols pasteur ? Lui aussi n’a-t-il pas donné sa vie pour ses brebis ? Et Paul ? Et les autres Apôtres ? Et les bienheureux évêques martyrs qui leur ont succédé ? Et votre Saint Cyprien encore ? Tous n’étaient-il pas de bons pasteurs, au lieu d’être de ces mercenaires dont il est dit : « En vérité je vous le déclare, ils ont reçu leur récompense (Matt. VI, 2) » ? Tous ces grands hommes étaient donc de bons pasteurs ; ce qui le prouve, ce n’est pas seulement qu’ils ont versé leur sang, c’est qu’ils l’ont versé en faveur de leurs brebis. Ce n’est pas l’orgueil, c’est la charité qui les a portés à le répandre.

C’est donc pour recommander cette unité aux bons pasteurs, que le Seigneur a évité de parler des pasteurs au pluriel. Sans aucun doute, je l’ai déjà remarqué, Pierre, Paul et les autres Apôtres étaient de bons pasteurs, ainsi que les saints évêques qui les ont remplacés, ainsi que le bienheureux Cyprien. Oui, ils étaient tous de bons pasteurs : et pourtant le Seigneur ne leur a point parlé de plusieurs bons pasteurs, mais d’un seul. « Je suis, dit-il, le bon pasteur. »

Pierre est donc et pasteur et bon pasteur. Il n’est rien sans doute, comparé à la puissance et à la bonté du Pasteur des pasteurs ; il est pourtant pasteur aussi et même bon pasteur, et ceux qui lui ressemblent sont bons pasteurs également.

Pourquoi alors ne parlez-vous à ces bons pasteurs que d’un seul pasteur, sinon parce que vous voulez ainsi recommander l’unité ? C’est ce qu’exprimera plus clairement encore le Seigneur lui-même par notre service [épiscopal]. Il s’adresse donc, d’après le même Evangile, à votre charité : Ecoutez, dit-il, ce que j’ai voulu vous faire sentir. J’ai dit : « Je suis le bon pasteur ; » parce que tous les autres bons pasteurs sont mes membres ; parce qu’il n’y a qu’un Chef, qu’un seul corps, qu’un seul Christ, conséquemment qu’un seul pasteur des pasteurs et que tous les pasteurs établis par lui sont, avec leurs brebis, soumis à ce Pasteur suprême. N’est-ce pas ce qu’enseigne l’Apôtre ? « Comme le corps est un, dit-il, tout en ayant beaucoup de membres, et que tous les membres du corps ne sont cependant qu’un seul corps ; ainsi en est-il du Christ (I Cor. XII,12). » S’il en est ainsi du Christ, c’est avec raison que comprenant en lui tous les bons pasteurs il ne parle que d’un seul et dit : « Je suis le bon pasteur. » Je le suis, il n’y a que mollet tous ceux qui sont avec moi n’en forment qu’un seul dans le lien de l’unité. Paître en dehors de moi, c’est être contre moi ; et ne pas recueillir avec moi, c’est dissiper.

 

SERMON CXXXVIII. L’UNITÉ DE L’ÉGLISE (1)

Source latine

Source française

 

Aussi le Sauveur dit-il à Pierre, dont il voulait faire un bon pasteur, non à Pierre lui-même, mais à Son propre Corps [l’Eglise] : « Pierre, m’aimes-tu ? Pais mes brebis »…

Et de fait, mes frères, il a donné à ses membres sa qualité de pasteur, car Pierre et Paul, et les autres Apôtres et les bons évêques sont pasteurs.

 

QUARANTE-SEPTIÈME TRAITÉ

Source latine

Source française

 

Pour la même raison aussi le Seigneur confia à Pierre, après sa résurrection, le soin de paître ses brebis. Il ne fut pas le seul des disciples pour mériter de paître le troupeau sacré, mais en s’adressant à lui seul, le Sauveur recommande l’unité, comme en lui parlant avant de parler aux autres, il rappelle que Pierre est le premier des Apôtres.

Ce qui a été recommandé et commandé à Pierre ne l’a pas été à Pierre seulement, mais encore aux autres Apôtres, qui ont entendu cela, qui s’y sont attachés et montrés fidèles, principalement celui qui a donné son sang et qui est aujourd’hui honoré avec lui, je veux dire l’apôtre saint Paul. Donc ils ont entendu tous cela et ont pris soin de nous [aux évêques] le transmettre pour nous le faire entendre. Nous [les évêques] vous paissons, on nous paît aussi avec vous.

 

SERMON CCXCV. FETE DE SAINT PIERRE ET DE SAINT PAUL. I. UNITÉ DE L’ÉGLISE.

Source latine

Source française

 

Ici donc j’aperçois tous les bons pasteurs dans l’unique Pasteur. Les bons pasteurs, à vrai dire, ne sont pas plusieurs, ils sont un dans un seul. S’ils étaient plusieurs, ils seraient divisés ; pour recommander l’unité, il n’est parlé que d’un seul. Si dans notre texte en effet il n’est point parlé de plusieurs bons pasteurs mais d’un seul, ce n’est pas que le Seigneur ne trouve personne aujourd’hui à qui confier son troupeau comme il l’a confié à Pierre, autrefois. S’il l’a confié à Pierre, c’était plutôt pour recommander en lui l’unité. Les Apôtres étaient plusieurs et à l’un d’eux seulement il est dit : « Pais mes brebis. Loin de nous, loin de nous la pensée qu’il n’y ait pas aujourd’hui de bons pasteurs ; ne serait-ce pas outrager la divine miséricorde, de prétendre que Dieu n’en forme ni n’en établit aucun ? S’il y a de bons fidèles, il y a certainement aussi de bons pasteurs, puisque ces bons pasteurs sont pris dans les rangs de ces bons fidèles. Mais tous ces bons pasteurs n’en forment qu’un seul avec le Pasteur unique. Quand ils font paître, c’est le Christ qui fait paître. Amis de l’Epoux, ils ne parlent pas en leur nom, ils sont si heureux de faire entendre la voix de cet Epoux ! Quand ils paissent c’est donc lui qui paie ; c’est pourquoi il dit : « Je fais paître. » Ils font en effet entendre sa voix et sont animés de sa charité.

C’est ce que l’on voit dans Pierre lui-même. Lors effectivement que comme à un autre soi-même le Christ lui confiait ses brebis, il voulait au préalable se l’unir intimement. Le Sauveur serait le Chef, Pierre représenterait le corps même de l’Eglise, et tous deux seraient unis comme l’époux et l’épouse dans une seule chair. Que lui dit-il en effet avant de lui commettre ces fonctions et pour qu’il ne les reçoive pas comme un étranger ? « Pierre, m’aimes-tu ? » demande le Sauveur. « Je vous aime, » répond l’Apôtre. Une seconde fois : « M’aimes-tu ? » et, une seconde fois : « Je vous aime. » A une troisième fois : « M’aimes-tu ? » il est répondu une troisième fois : « Je vous aime. » C’était affermir la charité, pour consolider l’unité.

Ainsi donc, Jésus-Christ veut paître dans la personne des pasteurs, et les pasteurs dans la personne de Jésus-Christ.

 

SERMON XLVI. LE PASTEUR UNIQUE

Source latine

Source française

 

 

 

VI. L’Autorité de l’évêque de Rome et le pouvoir dans l’Église universelle

Le pouvoir suprême dans l’Église appartient seulement et uniquement au Concile Œcuménique de l’Église Universelle (1, 2, 3, 4, 9) ; l’évêque de Rome, en tant que le premier en dignité, a la plus grande autorité en matière de foi (3). Avant l’interdiction des appels à Rome par les Conciles de Carthage et de Milève, saint Augustin a été confronté à plusieurs reprises au fait que ses adversaires, y compris les pélagiens, ont soumis les demandes à Rome pour avoir le nouveau tribunal. Pour ne pas donner la possibilité aux hérétiques pélagiens de faire un nouvel appel, les décrets confirmés par les Conciles interdisant de faire appel à Rome ont été envoyés à Rome (8). Le verdict de l’évêque de Rome n’est pas final et définitif, et son jugement n’est pas infaillible de même que le jugement de l’apôtre Pierre ne l’était pas non plus (1, 9, 10).  Tout le monde (y compris les pélagiens et l’évêque de Rome) est soumis au jugement définitif du Concile Œcuménique qui a la juridiction supérieure par rapport à tous les Conciles locaux (de l’Eglise de Rome ou de n’importe quelle autre Eglise locale) (2). Ce n’est que le consentement de toute l’Eglise qui peut être infaillible (1, 4, 6).

Dans l’Église, il y a beaucoup de sièges apostolique (5, 7) ; l’Église de Rome n’est rien de plus que la première d’entre elles (3). Sainte Augustine n’a jamais prononcé la formule «Roma locuta, causa finita » ; de plus, elle irait à l’encontre de toutes ses convictions ecclésiologiques. Il a enseigné que « causa finita » commence par le jugement du Concile universel des évêques (6, 9).

Du point de vue de Saint Augustin, l’apôtre Pierre s’est excommunié de l’Église (deux fois) et il a été «accepté et pardonné» par Elle (10), ce qui veut dire sans aucun doute que l’Église, en tant qu’ensemble conciliaire se tient au-dessus de l’apôtre Pierre (et sans aucun doute au-dessus du pape de Rome).

 

 

Quand donc nous voyons saint Pierre repris par saint Paul [son inférieurinsertion frauduleuse ?] , et couronné de la palme du martyre sans avoir porté aucune atteinte aux liens de la paix et de l’unité ; combien ne doit-il pas nous être plus facile de nous attacher indissolublement à ce qui a été décrété par l’Eglise universelle par rapport à l’autorité d’un seul évêque ou d’un Concile local ?

Quapropter cum Petrus illud faciens a Paulo posteriore corrigitur, et pacis atque unitatis vinculo custoditus ad martyrium promovetur; quanto facilius et fortius quod per universae Ecclesiae statuta firmatum est, vel unius episcopi auctoritati, vel unius provinciae concilio praeferendum est?

 

DU BAPTÊME. CONTRE LES DONATISTES.

Source française

Source latine

 

 

Il s’agit du Concile à Rome à 313 an lorsque Donat le Grand a été condamné. Saint Augustin d’Hippone décrit dans sa lettre 43 la condamnation des donatistes par les évêques de Rome présidés par le pape de Rome Miltiade.

 

Ils (les donatistes) se promettaient de persister dans leur révolte et se réservaient d’annoncer qu’ils avaient eu de mauvais juges : c’est la coutume de tous les mauvais plaideurs, après que la manifestation de la vérité leur a donné tort. Mais on pouvait leur répondre en toute vérité : admettons que les évêques qui jugèrent à Rome n’aient pas été de bons juges ; il restait encore le concile général de l’Eglise universelle, où la cause pouvait reparaître avec les mêmes juges ; et si leur sentence eût été trouvée mauvaise, elle eût été cassée.

 

Well, let us suppose that those bishops who decided the case at Rome were not good judges; there still remained a plenary Council of the universal Church, in which these judges themselves might be put on their defense; so that, if they were convicted of mistake, their decisions might be reversed.

 

LETTRE XLIII

Source française

Source anglaise

Source latine

 

 

Carthage est voisine des régions d’outre-mer, et le monde entier connaît son nom; aussi l’autorité de son évêque n’est pas petite, et il pouvait ne pas prendre souci de la multitude de ceux qui conspiraient contre lui, en se voyant uni de communion avec l’Eglise de Rome où la chaire apostolique a toujours gardé sa forte primauté et avec les autres contrées d’où l’Evangile est venu en Afrique : il pouvait y porter sa cause si ses adversaires faisaient effort pour indisposer ces Eglises contre lui.

 

LETTRE XLIII

Source française

Source latine

 

Securus iudicat orbis terrarum bonos non esse, qui se dividunt ab orbe terrarum in quacumque parte terrarum.

Le jugement est faible lorsque c’est tout l’univers qui juge ; ne sont pas les justes ceux qui se séparent du l’univers entier, en quelque lieu qu’ils habitent.

 

PARMÉNIEN III

Source latine

Source française

 

Vous voyez des portions retranchées du tronc de la société chrétienne, qui se répand dans le monde par les siéges apostoliques et la succession des évêques; nous les appelons des hérésies et des schismes; elles se couvrent du nom chrétien, parce que leur origine fait toute leur gloire; elles se vantent d’être du bois de la vigne, mais c’est du bois coupé.

 

LETTRE CCXXXII

Source latine

Source française

 

 

Avec quelle grâce et quel bon goût ne dites-vous pas qu’il se livre entre nous un combat singulier qui décidera de la victoire pour l’une ou l’autre des deux armées, déclarant sans détour que pour les Pélagiens vous êtes un nouveau David, et moi un nouveau Goliath. Libre à vous d’être convenu avec les Pélagiens que, si vous êtes vaincu, ils ne devront désormais livrer aucune bataille. Pour moi, que Dieu me garde de vous provoquer à un combat singulier ! car partout où vous pouvez apparaître, vous vous trouvez attaqués par cette armée du Christ répandue sur toute la terre. C’est cette armée qui, à Carthage, a combattu Célestius, et je n’y étais pas ; elle l’a combattu de nouveau à Constantinople, c’est-à-dire à une grande distance de l’Afrique ; elle a également combattu Pélage en Palestine, et le vaincu, pour échapper à sa condamnation, n’a vu d’autre moyen que d’anathématiser lui-même la cause que vous soutenez ; c’est donc là que votre hérésie reçut le coup mortel. Et parce que Celui dont David était la figure, combat dans la personne de ses soldats contre tous ses adversaires, il voulut que la langue de Pélage, terrassé et vaincu, fût pour ainsi dire le glaive qui décapitât votre hérésie…

Ainsi, votre cause est finie par un tribunal juste des évêques reconnus par les uns et par les autres.

 

Vestra vero apud competens iudicium communium episcoporum modo causa finita est (!)

 

LETTRE CCXXXII

 

Source latine

Source française

 

 

Et puis, lors même que tous les catholiques de l’univers seraient tels que vous les représentez, qu’avez-vous à dire contre la chaire de l’Eglise romaine sur laquelle s’est assis saint Pierre et sur laquelle siège Anastase; ou contre la chaire de l’Eglise de Jérusalem, sur laquelle saint Jacques s’est assis et sur laquelle siège l’évêque Jean ? Or, c’est avec Anastase et avec Jean que nous sommes unis dans les liens de cette unité dont vous vous êtes séparés avec une fureur sacrilège. Pourquoi appelez-vous « chaire de pestilence » la chaire apostolique?

 

PÉTILIEN II

Source latine

Source française

 

Déjà effectivement on a envoyé sur ce sujet les actes de deux Conciles au siège apostolique, dont on a aussi reçu les réponses. La cause est finie; puisse ainsi finir l’erreur !

SERMON CXXXI.

Source française

Source latine

 

Edward Siecienski, le professeur des études byzantines à l’Université de Stockholm, l’auteur de nombreuses monographies scientifiques :

« Augustin interrogea les paroissiens, comment quelqu’un peut-il suivre la doctrine pélagienne lorsque deux Conciles Africains (de Carthage et de Milève 416) l’ont condamnée, et l’évêque de Rome a confirmé cette condamnation. Augustin a dit : « dans l’affaire des pelagiens, les décrets des deux Conciles ont été envoyés au siège apostolique ; de là, les réponses sont venues. C’est fini, et — puisse ainsi finir l’erreur ! » Plus tard, depuis ces mots a été retirée la formule « Rome a dit, l’affaire est terminée »(Roma locuta, causa finita); cette transformation ignore complètement les deux condamnations des Conciles, qui étaient beaucoup plus importantes pour Augustin [que la condamnation du Pape].» 

(E. Siecienski. Papacy and the Orthodox. Page 175)

 

 

Paul Mattei, professeur de l’Universite Lumiere – Lyon II et des universités papales de Rome (parmi eux – l’Istituto Patristico « Augustinianum ») ; membre du conseil scientifique de la série Sources Chretiennes

Augustin tente de développer la théologie du Concile en construisant des réunions de l’église dans un ordre hiérarchique en fonction de leur autorité : les Conciles locales, puis les Conciles régionales et, enfin, les Conciles œcuméniques. La hiérarchie des Conciles permet à Augustin de trouver un endroit pour le magistère du Pape : « le Pape est en unité avec le Concile », c’est-à-dire que le Pape agit en accord avec l’épiscopat. Et en ce sens, vous devez comprendre la célèbre fin de la sermon 131 (§ 10), compilé au printemps 417, en ce qui concerne le règlement (ou ce qu’Augustin considérait comme un règlement) de la question pélagienne : « on a envoyé sur ce sujet les actes de deux Conciles au siège apostolique, dont on a aussi reçu les réponses. La cause est finie ; puisse ainsi finir l’erreur ! » Ainsi, Augustin souligne l’importance du consensus du siège apostolique et des Conciles africaines…

(P. Mattei. La primauté romaine dans la perception des chrétiens africains)

 

 

« On se souvient de la discussion soulevée entre Pierre et Paul au sujet de la circoncision; or, Pierre, que le Seigneur avait choisi avant tous les autres, et sur lequel il a bâti son Eglise (Matt., XVI, 18), ne témoigne aucune insolence, aucune arrogance à se prévaloir de sa primauté et à exiger avant tout l’obéissance absolue de la part de ses inférieurs plus récemment appelés à l’apostolat; il se garde bien de reprocher à Paul de s’être fait d’abord le persécuteur de l’Eglise. Loin de là, il adopte le conseil de la vérité et approuve facilement les raisons légitimes que Paul lui oppose. Pouvait-il nous donner une plus haute leçon de concorde et de patience ? n’était-ce pas nous dire que nous devons nous défier de toute obstination dans nos propres idées, et adopter comme nôtres, si elles sont vraies et légitimes, les observations qui nous sont soumises, d’une manière aussi utile que salutaire, par nos frères et par nos collègues (Lettre LXXI, à Quintus)? » Tel est le passage dans lequel Cyprien, rappelant ce que nous avons appris dans les saintes Ecritures, nous montre l’apôtre saint Pierre, en qui la primauté sur les Apôtres brille avec tant d’éclat, émettant sur la circoncision une doctrine contraire à la vérité, et corrigée par saint Paul, appelé (84) à l’apostolat longtemps après saint Pierre. Ainsi donc, Pierre lui-même a pu ne pas suivre parfaitement la vérité de l’Evangile, et vouloir contraindre les Gentils à judaïser, comme nous l’atteste saint Paul dans cette lettre où il affirme par serment qu’il ne ment pas : « Je prends Dieu à témoin que je ne mens point en tout ce que je vous écris  (Gal. I, 20) ». Or, c’est après cette sainte et terrible attestation que Paul nous rapporte ce fait auquel il mêle ces paroles : « Quand je vis qu’ils ne marchaient pas selon la vérité de l’Evangile, je dis à Pierre, en face de toute e l’assistance : Si vous, qui êtes juif, vous vivez à la manière des Gentils et non pas judaïquement, pourquoi contraindre les Gentils à judaïser Iid., II, 11-14)?» Or, si saint Pierre, contre la règle de la vérité formulée depuis par l’Eglise, a pu vouloir contraindre les Gentils à judaïser, comment ne pas admettre que Cyprien, contrairement à la règle de la vérité, formulée plus tard par l’Eglise, n’a pu vouloir contraindre les hérétiques et les schismatiques à recevoir une seconde fois le baptême? Je pense que l’évêque Cyprien ne doit pas être blessé de se voir comparé à l’apôtre saint Pierre, quant à ce qui regarde la couronne du martyre. Bien plutôt je dois craindre de paraître injurieux à l’égard de saint Pierre. En effet, qui pourrait ignorer que cette primauté de l’apostolat conférait à saint Pierre une prééminence réelle (apostolatus principatum) sur tout l’épiscopat? …

Cependant, si avant de baptiser un catéchumène on l’obligeait à subir la circoncision selon la manière des Juifs, assurément cette mesure lui inspirerait plus de répugnance que rie peut en inspirer la réitération du baptême. Quand donc nous voyons saint Pierre repris par saint Paul [son inférieur insertion frauduleuse ?], et couronné de la palme du martyre sans avoir porté aucune atteinte aux liens de la paix et de l’unité ; combien ne doit-il pas nous être plus facile de nous attacher indissolublement à ce qui a été décrété par l’Eglise universelle, quelle que soit d’ailleurs l’opinion émise, soit par tel évêque de sa propre autorité, soit même par un concile provincial ? 

D’ailleurs, nous n’oserions tenir ce langage si nous n’étions appuyés par l’imposante autorité de l’Eglise; devant cette autorité, il se serait courbé lui-même, si la question eût été tranchée par décret d’un Concile universel. En effet, s’il fait de saint Pierre un si brillant éloge, parce que cet apôtre, dans une opinion particulière, a reçu avec amour et concorde les observations de Paul, plus récemment appelé à l’apostolat ; avec quel empressement il se serait soumis, lui et son concile provincial, à l’imposante décision d’un Concile général ?

Pourquoi enfin citant à leur barre les Maximianistes et prononçant contre eux, disent-ils, la sentence véridique d’un Concile général, ont-ils osé les comparer à ces anciens schismatiques que la terre engloutit tout vivants?

Or, Cyprien nous a déclaré que cette coutume salutaire commença à recevoir quelques corrections de la part d’Agrippinus, son prédécesseur. Mais, aidée par des recherches plus approfondies, et s’affirmant par l’organe d’un Concile universel, après avoir surnagé au-dessus des flots de l’incertitude et du doute, la vérité se fit jour et déclara qu’Agrippinus avait commencé, non pas à la corriger, mais à la corrompre.

« C’est là », dit-il, « l’opinion formulée par Agrippinus d’excellente mémoire, et par ceux de ses collègues qui, à cette époque, gouvernaient les Eglises d’Afrique et de « Numidie ; et pour la revêtir d’une autorité plus imposante encore, ils la sanctionnèrent dans un concile particulier. C’est à cette doctrine que nous nous sommes attaché nous-même, la croyant légitime, salutaire et conforme à la foi et à l’Eglise catholique ». Ce langage prouve clairement la conduite qu’aurait tenue saint Cyprien, si la véritable doctrine de l’Eglise lui eût été notifiée soit par un Concile d’outre-mer, soit par un Concile universel. Or, cette question n’avait encore été soulevée dans aucun concile général ; une chose faisait loi, c’était la coutume universellement suivie; c’était le seul argument à opposer à ceux qui voulaient innover, parce qu’ils ne pouvaient comprendre la vérité.

 

DE BAPTISMO CONTRA DONATISTAS LIBRI SEPTEM

Source latine

Source française

 

10° Après la persécution excitée par les Ariens, quand la paix, que l’Eglise catholique tient toutefois de son union avec le Seigneur, eut été rendue, même par les grands de ce monde, beaucoup d’évêques qui, dans cette persécution, étaient du parti d’Arius, préférèrent, après s’être corrigés, rentrer dans la foi catholique, condamnant ce qu’ils avaient cru ou feint de croire. L’Eglise catholique les reçut dans son sein maternel, comme elle y avait reçu Pierre lorsqu’il pleura après que le chant du coq l’eut averti de son reniement, et lorsqu’après de coupables feintes, il se fut corrigé à la voix de Paul.

 

Du Combat chrétien, 30

CHAPITRE XXX. L’ÉGLISE CATHOLIQUE ET LES LUCIFÉRIENS.

Source française

Source latine

 

 

VII. Le message d’Augustin, qui a provoqué l’indignation du pape Innocent

Le concept de saint Augustine, selon lequel tout l’épiscopat a le pouvoir égal et unique, même si le siège de Rome est le plus glorieux et le plus autoritaire, a provoqué l’indignation du pape Innocent, qui avait déjà des tendances tout à fait papistes. C’est le meilleur témoignage de l’orientation antipapiste de l’enseignement de saint Augustin.

 

Saint Augustin au pape Innocent

Nous n’avons pas songé à accroître l’abondance des flots de votre savoir avec un aussi petit ruisseau que le nôtre; mais dans cette grande épreuve du temps où nous sommes (et puisse nous en délivrer Celui à qui nous demandons de ne pas nous laisser succomber à la tentation ! ) nous avons voulu savoir si notre goutte d’eau provient de la même source que votre fleuve : nous avons recherché votre approbation , et nous souhaitons une réponse qui nous console en nous unissant dans la participation de la même grâce.

LETTRE CLXXVII.

Source latine

Source française

 

Le pape Innocent à saint Augustin

Nous louons surtout la docilité sacerdotale que vous témoignez aujourd’hui. Persuadés qu’il ne faut pas dédaigner les lois de nos pères, puisqu’ils les ont établies en vertu d’une autorité non pas humaine mais divine, vous pensez que toute décision prise dans les pays les plus éloignés ne doit pas être considérée comme définitive avant qu’elle soit portée à la connaissance du Saint Siège; afin qu’une sentence justement prononcée se trouve ainsi confirmée par toute son autorité; afin que toutes les eaux partent comme de leur source première, qu’elles coulent pures à travers les diverses régions du monde entier, et que les autres Eglises apprennent ce qu’elles ont à prescrire, qui sont ceux qu’elles peuvent purifier et ceux dont l’eau sainte ne pouvait plus laver les souillures indélébiles.

 

Source latine

Source française

 

Paul Mattei sur cet épisode :

Selon saint Augustin (comme selon Cyprien et l’Optat), l’apôtre Pierre n’est pas une source de pouvoir pour les autres apôtres, de même que le Pape, son successeur, n’est pas une source de pouvoir pour les autres évêques. Il n’y a qu’un seul texte connu où une telle idée trouve une fixation, mais plutôt curieuse : pendant le conflit pélagien, les évêques africains ont envoyé une lettre au Pape Innocent (Ep. 177.19), dans laquelle ils ont indiqué, avec la stylistique post-antique, que leur « ruisseau » provient de la même « source » que la « rivière » du pontife. Cette source est naturellement le Christ. Innocent a répondu que le « ruisseau » découle de la rivière. C’est une divergence de vues très marquante.

 

 

VIII. Paul Mattei sur la compréhension par Saint Augustine de l’idée de la primauté de Rome

Saint Augustin et les chrétiens africains de son temps reconnaissaient une autorité particulière du siège de Rome en matière de foi, au moins en théorie (et à condition qu’il ne joue pas contre eux!). Cependant, Rome n’avait pas, selon eux, l’autorité en soi (indépendamment de l’accord du pape avec le Concile universel). Cette autorité n’était ni souveraine ni encore plus infaillible. Pourtant, la convocation régulière des Conciles en Afrique nous indique un autre côté de l’ecclésiologie d’Augustin et des chrétiens africains, c’est-à-dire l’importance des institutions ecclésiastiques régionales, ce qui a même conduit à l’interdiction de faire appel à Rome (20e décret Du Concile de Carthage 424-425).

Comme vous le savez, Cyprien a fait face à un grand problème qu’il ne pouvait pas résoudre par des moyens intellectuels : comment surmonter le conflit dans lequel, d’une part, il y a le siège de Rome, et d’autre part, il n’y a pas un évêque, mais l’ensemble de l’épiscopat ? Saint Augustin a proposé sa façon de la sortie de ce conflit, ayant développé dans ses écrits « la théologie du Concile ». À son avis, l’autorité des Conciles est déterminée par leur portée géographique. Il y a des Conciles provinciaux, régionaux et universels

 

 

Annexe. Canons des Conciles de Carthage à l’époque de saint Augustine, interdisant de faire appels à Rome

 

Canon 23. (Greek xxvi.)

That bishops shall not go across seas

Item, That bishops shall not go beyond seas (to Rome) without consulting the bishop of the primatial see of his own province: so that from him they may be able to receive a formed or commendatory letter.

 

Canon 28. (Greek xxxi.)

Presbyters, deacons, or clerics, who shall think good to carry appeals in their causes across the water shall not at all be admitted to communion.

It also seemed good that presbyters, deacons, and others of the inferior clergy in the causes which they had, if they were dissatisfied with the judgments of their bishops, let the neighbouring bishops with the consent of their own bishop hear them, and let the bishops who have been called in judge between them: but if they think they have cause of appeal from these, they shall not betake themselves to judgments from beyond seas (Rome), but to the primates of their own provinces, or else to an universal council, as has also been decreed concerning bishops. But whoever shall think good to carry an appeal across the water shall be received to communion by no one within the boundaries of Africa.

Source anglaise


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