Ensuite, le diacre dit au prêtre : Elève, Maître.

Le prêtre place l’aër sur les épaules du diacre en disant : Elevez vos mains vers les choses saintes et bénissez le Seigneur.

Ensuite, le prêtre prend le discos recouvert du voile et le donne au diacre, tandis qu’il prend lui-même le calice également recouvert d’un voile, disant : Dieu est monté au milieu des acclamations, le Seigneur, au son de la trompette.

Lorsque le chœur a terminé la première partie de l’hymne des chérubins, le diacre et le prêtre sortent par la porte nord et procèdent à la Grande Entrée, tandis que le diacre dit : Que le Seigneur Dieu se souvienne de vous tous dans Son Royaume, en tout temps, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Le chœur : Amen.

Et lorsque le prêtre et le diacre entrent par les portes royales dans le sanctuaire, le chœur achève l’hymne des chérubins.

Le prêtre dépose ensuite le calice sur l’antimension et, prenant le discos du diacre, il le place à la gauche du calice en disant : Le noble Joseph, ayant descendu de la Croix Ton corps immaculé, l’enveloppa d’un linge propre avec des aromates, lui rendit les honneurs funèbres et le déposa dans un sépulcre neuf.

Le diacre : Fais du bien, Maître.

Et le prêtre encense les saints Dons, disant trois fois la fin du dernier verset du psaume 50 : Alors on offrira de jeunes taureaux sur Ton autel, suivi par et aie pitié de moi, ô Dieu.

Lors de la Petite Entrée, le célébrant a couvert son visage avec le saint Évangile pour symboliser le Christ qui est venu et a prêché. Lors de la Grande Entrée, le célébrant couvre son visage avec les Dons offerts, en allusion au Christ qui monte sur le Golgotha pour y être sacrifié.

Le prêtre se dirige vers l’autel de la prothèse et, après avoir vénéré les saints Dons, les élève « avec beaucoup de respect à la hauteur de sa tête, et sort (du sanctuaire). Il les porte ainsi pour les introduire à l’Autel, faisant à cet effet à travers la foule une lente et solennelle procession dans la nef. Les fidèles se prosternent sur son passage avec respect et vénération… Le célébrant avance dans un cortège de lumières et d’encens, et c’est ainsi qu’il entre dans le sanctuaire ».

L’hymne des chérubins, les flambeaux, les rhipides, toute la solennité de la Grande Entrée nous aident à vivre l’événement de la venue du Christ. Tout cela manifeste « l’entrée des saints et de tous les justes, qui entrent avec le Saint des Saints et sont précédés invisiblement par les Puissances chérubiniques, les milices angéliques, les chœurs des incorporels et les ordres des êtres immatériels chantant les louanges et constituant une escorte au Christ, le Grand Roi qui vient pour le sacrifice mystique ».

Le Christ, accompagné par les milices angéliques, entre dans le Saint des Saints tenant notre vie entre Ses mains immaculées, la vie du monde entier. Les Dons précieux sont l’homme et le monde qui, par le Christ, reviennent à Dieu. La Grande Entrée symbolise ce retour, cette consécration de l’homme et du monde à Dieu.

L’Église nous exhorte à déposer maintenant tout souci du monde. Nous confions donc toute notre vie au Christ sacrifié qui la conduit par la mort à Sa Résurrection. Toutefois, tandis que l’offrande de notre vie au Christ n’est qu’une image de la mort, « notre régénération est une vie véritable ». Lorsque le célébrant accomplissait l’office de préparation des dons, la proscomédie*, nous avons déposé toute notre vie dans les Dons précieux : nos peines et nos joies, nos ennemis et nos amis, les vivants et les défunts sont maintenant dans les mains du Christ. Et II nous offre tous à Dieu le Père.

Au moment présent, nous demandons au Christ: Souviens-Toi de moi, Seigneur, dans Ton Royaume (Lc 23, 42). Nous Lui demandons qu’il se souvienne de nous dans Son Royaume, c’est-à-dire qu’il nous tire de l’oubli (lethe) de la mort pour nous placer dans la vérité (aletheia) et la Vie, qui n’est autre que Lui-même, afin que nous puissions nous aussi nous souvenir de Lui par le mystère de Son anamnèse, la divine liturgie.


Le transfert des Dons précieux depuis la prothèse jusqu’à l’Autel « manifeste l’entrée du Seigneur à Jérusalem depuis Béthanie ». Le Roi des Rois entre dans la Ville sainte. Le célébrant devient l’ânon sur lequel aucune passion n’a jamais été assise (Lc 19, 30), et est jugé digne pour cela de porter le Roi de gloire. Les fidèles, au lieu d’étendre leurs vêtements (Lc 19, 36), s’étendent eux-mêmes devant Lui — ils se prosternent sur le sol. Et préparés spirituellement, ils reçoivent le Christ :

« Portant des palmes en esprit et l’âme purifiée, louons fidèlement le Christ comme les enfants, criant à pleine voix au Maître:

Béni es-Tu Sauveur qui est venu dans le monde sauver Adam de l’ancienne malédiction…

Ô Verbe, Toi qui as disposé toutes choses pour notre utilité, gloire à Toi. »