Lorsque le prêtre a achevé la prière, il dit trois fois l’hymne des chérubins de la façon suivante : Nous qui mystiquement figurons les chérubins et chantons à la vivifiante Trinité l’hymne trois fois sainte, déposons maintenant tout souci du monde.Le diacre : Afin de recevoir le Roi de toutes choses, invisiblement escorté des armées angéliques. Alléluia, Alléluia, Alléluia.

Ensuite, le prêtre encense le sanctuaire, les icônes du Seigneur et le peuple. Tandis qu’il encense, il dit : Ayant contemplé la résurrection du Christ… [si c’est un dimanche]. Venez, adoronset le psaume 50 jusqu’au verset: alors Tu agréeras…

Ensuite, les célébrants, après s’être prosternés trois fois devant le saint Autel, et avoir baisé l’antimension*, disent ces trois tropaires de componction: J’ai péché devant Toi, Sauveur, comme le fils prodigue; reçois-moi, Père, repentant, et aie pitié de moi, ô Dieu. Je Te crie. Christ Sauveur, avec les paroles du Publicain : Purifie- moi comme celui-ci et aie pitié de moi, ô Dieu.

Ensuite, chacun se prosterne devant ses concélébrants et dit: Pardonnez-moi, pères et concélébrants. Et ils s’inclinent également devant le peuple, demandant pardon. Ensuite, ils vont vers l’autel de la prothèse, et s’étant prosternés trois fois devant, ils embrassent les saints Dons couverts, en disant: ô Dieu sois propice au pécheur que je suis et aie pitié de moi.

Afin de tenir en ses mains les Dons précieux, le célébrant doit ressentir profondément en lui le repentir et approcher l’Autel comme le Fils prodigue (Lc 15, 21).

Le psaume de repentir que récite le célébrant tandis qu’il encense, les tropaires de componction, la vénération du saint Autel et de l’autel de la prothèse, la demande de pardon adressée à Dieu, aux concélébrants et au peuple, tout cela est la manifestation d’un cœur contrit (Ps 50, 19). Par son exemple, le célébrant montre aux fidèles la route du repentir et il « figure le Précurseur et Baptiste Jean qui, le premier, a commencé à prêcher en disant: Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche (Mt 3, 2) ». Le célébrant nous exhorte à préparer la voie du Seigneur (Mt 3, 3), c’est-à-dire celle qui conduira le Christ Roi vers nos âmes. Et cette voie est celle de la pénitence. Ainsi, le peuple et le célébrant reçoivent dans le repentir le Christ qui vient.

Par le repentir, nous nous sanctifions et, ensuite, lorsque le Christ entre dans notre assemblée, nous sommes rendus dignes des saints Mystères:

« Si quelqu’un est saint, qu’il s’approche ; mais celui qui ne l’est pas, qu’il le devienne par la pénitence’ », disait le célébrant lorsqu’il appelait les fidèles à communier. Le Christ nous offre Sa vie. Celui qui « est tout entier un feu inaccessible, que les anges ne peuvent soutenir: » est offert comme nourriture aux fidèles. Et chacun d’entre eux, « avec joie et avec crainte, reçoit le feu et est indiciblement couvert de rosée ».

Le péché a enfanté la mort, mais le repentir ouvre la voie de la Vie : « Car le péché, c’est la mort, et quel est l’homme qui mourra par le péché et de lui-même ressuscitera? Personne, assurément. » Nous accourons donc par la pénitence au Christ, qui est sans péché et qui est la Résurrection et la Vie. Le repentir est la sortie du péché et l’entrée dans la divine liturgie, dans laquelle la vie est offerte : « Sors du pays de Charran, la terre du péché, ô mon âme, hâte-toi d’habiter la terre d’où jaillit la vie incorruptible et éternelle. »

Selon le plus ancien texte liturgique qui nous est connu, le célébrant dit après la sainte communion : « Que vienne la grâce et que passe ce monde. » C’est dans cet espace de la Grâce que nous conduit la divine liturgie. C’est là que saint Maxime le Confesseur veut que nous arrivions. Pour ce grand initié des mystères célestes et mystagogue des fidèles, la Grande Entrée est « le commencement et le préambule de l’enseignement nouveau qui sera délivré dans les Cieux au sujet de l’économie de Dieu en notre faveur; il sera aussi la révélation du mystère de notre salut, mystère qui réside dans l’inaccessible sanctuaire du secret divin » — un enseignement qui concerne l’acte du sacrifice du Maître.