« It is true that Chrysostom has… no clear and any direct passage in favour of the primacy of the pope. » 

L’Encyclopédie catholique

 

Selon l’Eglise de Rome, l’apôtre Pierre est le chef d’apôtres dans le sens de juridiction. Il était au-dessus d’eux, pouvait leur donner des commandes et avait la puissance universelle sur toute l’Eglise qui a été ensuite remise à ses successeurs, les évêques de Rome.

L’Eglise orthodoxe voit tristement plusieurs fautes graves historiques et dogmatiques dans cette formule.  Elle confesse depuis les premiers siècles la primauté des saints apôtres Pierre et Paul selon l’honneur, en dignité, comme les premiers parmi les égaux, mais non pas le pouvoir de juridiction de l’apôtre Pierre sur tout le monde. Qu’est-ce qu’affirme saint Jean Chrysostome ?

1. Sur le déroulement du Concile apostolique :

« Voyez, en effet; Paul parle après Pierre, et personne ne lui impose silence. Jacques attend, et ne se hâte point de parler ; cependant IL PRESIDAIT L’ASSEMBLEE. Jean et les autres apôtres n’élèvent pas la voix ; ils se taisent et ne s’emportent pas, tant leur âme était exempte de vanité!

Mais revenons sur ce qui précède. Après qu’ils se furent tu, Jacques prit la parole et dit: « Siméon a raconté comment Dieu conçut d’abord ce dessein ». Pierre avait parlé avec plus de véhémence, mais Jacques s’exprime plus posément. C’est ce que l’on doit faire dans UNE HAUTE POSITION; il faut laisser dire par d’autres ce qui peut être pénible à entendre et parler avec plus de douceur. »

HOMÉLIE XXXIII. Sur les Actes des apôtres


 

2. L’interprétation de Mat.16:18

2.1 « Il avait dit à Pierre : « Tu es heureux, Simon, fils de Jean » (Matth. XVI, 17) ; il lui avait annoncé que ce serait sur SA CONFESSION qu’il poserait les fondements de son Eglise, et peu d’instants après avoir prononcé ces paroles, il s’écrie : « Retire-toi de moi, Satan, tu m’es à scandale ». (Matth. XVI, 23.) »

COMMENTAIRE SUR L’ÉPÎTRE AUX GALATES

 

2.2 « Et d’abord il faut parler de la franchise de Pierre et de son esprit primesautier qui l’entraînait toujours à se prononcer avant les autres. C’est A CELA QU’IL DUT SON SURNOM, et à sa foi inflexible, inébranlable. Un jour qu’une question commune était adressée à tous les apôtres, il s’écria avant les autres « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant». (Matth. XVI, 16.) C’EST ALORS QUE les clefs du ciel lui furent confiées. » 

COMMENTAIRE SUR L’ÉPÎTRE AUX GALATES

 

2.3 « Avec quelle raison il [Jésus Christ] avait loué saint Pierre, lorsque celui-ci avait CONFESSE qu’il était « le Fils de Dieu ». 

HOMÉLIE LVI. SUR MATTHIEU 

 

2.4 « Après avoir établi si solidement et si puissamment son Eglise sur la CONFESSION DE FOI que lit cet apôtre [Pierre]… »

HOMÉLIE LXXXII. SUR MATTHIEU

 

2.5 « Imitez-les tous et vous pourrez être disciples, vous pourrez être comptés au nombre des amis de Dieu, glorifier Dieu et jouir de la vie éternelle; ce ne vous sera pas un empêchement pour jouir de tous les biens que de ne pas faire de miracles, si vous avez une conduite parfaite. Si cet apôtre lui-même fut appelé Pierre, ce ne fut pas à cause de ses miracles et de ses prodiges, mais à cause de son amour et de sa remarquable charité. Ce n’est pas après avoir ressuscité des morts ni après avoir guéri un boiteux qu’il reçut ce nom, mais c’est après avoir énergiquement CONFESSE SA FOITu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. (Matth. XVI, 18.) Pourquoi? Parce qu’il le reçut non pour avoir fait des miracles, mais pour avoir dit Vous êtes le Christ, le Fils dit Dieu vivant. Vous voyez que s’il est appelé Pierre, cela vient non de ses miracles, mais de son ardente charité.  »

2 EME HOMÉLIE SUR L’INSCRIPTION DES ACTES.

 

2.6 « Et moi aussi je vous dis que vous êtes Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle (18). « Sur cette pierre »,  dit Jésus-Christ; « je bâtirai mon Eglise, » c’est-à-dire, SUR CETTE FOI ET SUR CETTE CONFESSION.

HOMÉLIE LIV. SUR MATTHIEU

 

Conclusion : Selon saint Jean, l’Eglise est établie sur la confession de l’apôtre Pierre et sur sa foi qu’il venait de confesser de la part de tous les apôtres, et non pas sur lui-même comme la seule pierre de l’Eglise.


 

3. Sur les paroles « paissez mes brebis« 

« Ne voyons-nous pas aussi que Jésus-Christ dit à saint Pierre: « Si vous m’aimez, paissez mes brebis (Jean, XV) », et que par trois diverses fois, il lui dit que ce sera là la marque par laquelle il témoignera qu’il l’aime. On NE DOIT PAS regarder ces paroles comme étant dites SEULEMENT POUR LES PASTEURS DE L’EGLISE. Elles le sont pour chacun de nous, à qui Jésus-Christ n’a commis qu’un petit troupeau, mais qui pour être petit ne doit pas être négligé, puisque Jésus-Christ dit lui-même que son Père céleste y trouve son plaisir et ses délices. Chacun de vous dans sa famille a quelques-brebis. Qu’il ait soin de les conduire et de les nourrir. Aussitôt qu’un père est levé du lit, qu’il ne pense à autre chose jusqu’au soir qu’à faire et à dire ce qui peut contribuer au bien et à l’avancement de sa famille. Qu’une femme ait le même soin. Il est bon qu’elle pense à son ménage, mais qu’elle s’applique encore davantage au salut de toute sa maison, et qu’elle ait soin que chacun se sauve et travaille à gagner le ciel. »

HOMÉLIE LXXVII. SUR MATTHEIU

 

Conclusion : Selon saint Jean, les paroles « paissez mes brebis » ne sont pas adressées uniquement à l’apôtre Pierre pour qu’il « paisse » d’autres apôtres, mais à tous ceux qui ont au moins un petit brebis, une personne dont on peut s’occuper y compris spirituellement.


 

 

4. Sur les « Clés du Royaume des Cieux »

Pourquoi le Christ a-t-il donné les clés du Royaume des Cieux à l’apôtre Pierre?

« Vous avez entendu parler, bien sûr, du Seigneur de la miséricorde, qui, ainsi que les autres louent le bienheureux Pierre, prononça ces paroles:  «(Matthieu 16:19) Je vous donnerai les clefs du royaume des cieux ? À qui vous pardonnerez vos péchés, vous serez pardonnés, et à qui vous liez, ils seront retenus. » Cela n’indique-t-il pas la pitié du Seigneur? « Je vais vous donner les clés. »

Pourquoi n’a-t-il pas donné [les clefs] à Jean, qui est tombé au sein du Seigneur, ayant un signe indubitable d’amour? Pourquoi n’a-t-il pas donné à Jacques, qui le premier a été décapité ? « Et Hérode a tué Jacob, le frère de Jean, par l’épée » (Actes 12: 2). Voulez-vous savoir comment le Seigneur a aimé Jean ? Sur la croix, Il dit à sa mère: « Voici, ton fils » (Jean 19:26)! Veux-tu chercher l’amour plus que cela? « Ton fils »! Alors le proverbe national était justifié. Que veut dire un ami? Un autre moi. « Ton fils »! Elle était présentée à Jean en tant que sa mère. Mais pourquoi le Seigneur ne lui a-t-il pas donné les clefs du royaume, bien qu’il l’ait aimé plus que quiconque?

Et là encore, nous devons voir la miséricorde du Seigneur. Il ne donne pas de clés à Jacques, ne donne pas de clés à Jean, ne donne pas à un autre des apôtres, libéré du péché, mais élit Pierre – selon sa philanthropie.

Avant que le coq chanta (sur le reste, on gardera le silence par respect pour les vertus de cet homme), Pierre est tombé dans le péché avant les autres, voilà pourquoi à aucun d’autre disciple innocent, Seigneur n’a pas confié les clefs du royaume des cieux, mais Il les a remis à Pierre pour qu’il, quand il voit quelqu’un se repentir du péché, se libérer du péché par la repentance et vouloir entrer dans le royaume des cieux, se souvienne de sa chute et devienne son assistant dans le salut. »

« Sur la repentance, et sur Hérode et Jean-Baptiste », Patrologia Graeca, Spuria. Traduction en russe


 

 

5. Sur l’égalité des apôtres I

1. Saint Jean considère les trois apôtres Pierre, Jacques et Jean comme les principaux et décrit pour le Seigneur les a amenés sur la montagne de Thabor :

« Jésus-Christ donc prenant avec lui LES PRINCIPAUX d’entre ses apôtres, « les mène en particulier sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux et sort visage devint resplendissant comme le soleil, et ses vêtements blancs et éclatants comme la lumière (2). Et en même temps ils virent paraître Moïse et Elie qui s’entretenaient avec lui (3). Pourquoi ne prend-il que ces trois apôtres, sinon parce qu’ils étaient PLUS PARFAITS que les autres? Saint Pierre, parce qu’il aimait plus Jésus-Christ ; saint Jean, parce qu’il en était plus aimé, et saint Jacques à cause de cette réponse qu’il fit avec son frère: « Nous pouvons boire votre calice », et il ne s’en tint pas aux paroles, mais il alla jusqu’aux effets, puisque sa grande vertu le rendit si insupportable aux Juifs, qu’Hérode crut leur faire un plaisir insigne, en lui faisant couper la tête.» 

HOMÉLIE LVI. SUR MATTHIEU

 

 

2. Sur la dignité de l’apôtre Paul qui agit dans l’univers entier

« Noé fut un homme juste et parfait au milieu des hommes de son temps (Gen. VI, 9), et il était sans égal parmi eux tous; Paul fut sans égal parmi les hommes de tous les temps. Noé se sauva seul, avec ses enfants; Paul, â son tour, vit le monde englouti sous un nouveau déluge beaucoup plus affreux que l’ancien; il ne fit pas une arche avec des planches; au lieu de planches il agença des épîtres; mais il ne sauva pas deux, ou trois, ou cinq de ses parents, il sauva du péril l’UNIVERS ENTIER qui s’abîmait dans les flots. »

ÉLOGE DE SAINT PAUL

 

3. Quel est le crime, selon saint Jean, de l’apôtre Pierre dans ses paroles « Quand tous les autres seraient scandalisés en vous, moi je ne le serais jamais. » Mat. 16:33 ?

« Que dites-vous apôtre? Le prophète dit: « Que les brebis du troupeau seraient dispersées ». Jésus- Christ confirme lui-même ce que le prophète a dit; et cependant vous assurez le contraire? Ne vous suffit-il pas que votre maître vous ait fait ces sévères réprimandes, lorsque vous lui disiez : « Seigneur, ayez pitié de vous : Cela ne sera point »? Mais Dieu permet ceci, afin que ce disciple, tombant ensuite, apprit à obéir en tout à son maître, et à croire plutôt la vérité de ses paroles, que le témoignage de sa propre conscience. Mais les autres retirèrent aussi un grand avantage de ce triple renoncement de saint Pierre, en y voyant un si grand exemple de l’infirmité humaine, et une si grande preuve de la vérité de Dieu. Quand Dieu a une fois prédit qu’une chose arrivera, il ne faut plus penser à la combattre par de vaines subtilités, ni à lui résister par des efforts superflus; il ne faut point non plus, EN S’ELEVANT CONTRE LES AUTRES, se préférer à eux; « car , dit saint Paul, c’est en vous-mêmes et non dans les autres que vous trouverez votre gloire ». (Gal. VI.)

Au lieu de dire humblement à Jésus-Christ: Seigneur, soutenez-nous par votre force toute-puissante, afin que rien ne puisse nous faire tomber dans le scandale, Pierre s’élève au contraire, et dit dans un esprit de présomption : «Quand tous les autres seraient scandalisés en vous, moi je ne le serais jamais». Ces paroles témoignaient une présomption que Jésus-Christ voulut rabaisser en permettant le renoncement. Puisque Pierre ne se laissait persuader ni par la parole de son maître, ni par celle du prophète que le Sauveur avait même cité à dessein pour que l’apôtre n’osât y contredire, Jésus-Christ, voyant que les paroles n’étaient pas assez fortes pour instruire son disciple, l’instruit par les choses mêmes.

Et pour montrer que ce n’était que pour ce sujet, et pour abattre son orgueil, qu’il permit ce renoncement, voyez ce qu’il lui dit : « J’ai prié pour vous, afin que vous ne perdiez pas la foi » : ce qu’il lui dit pour le toucher davantage, en lui faisant voir que sa faute serait plus grande que celle de tous les autres disciples, et qu’il avait besoin d’un plus grand secours, et d’une prière toute particulière pour en obtenir le pardon. Car il avait commis un double crime dans ces paroles si hardies; le premier de résister à la parole expresse de son maître; et le second de SE PREFERER AUX AUTRES DISCIPLES : et j’en ajouterais même un troisième, par lequel il s’attribuait tout comme venant de lui-même et de SES SEULES FORCES. Jésus-Christ voulant donc remédier à tant de plaies le laissa tomber, et c’est pour ce sujet que, sans parler aux autres, il s’adresse à lui en disant : « Simon, Simon, Satan vous a demandé afin de vous cribler comme on crible le blé », c’est-à-dire, « afin de vous tenter, de vous troubler, de vous effrayer; mais moi j’ai prié pour toi, afin que tu ne perdes point la foi ».

HOMÉLIE LXXXII. SUR MATTHIEU

 

Conclusion: Selon saint Jean, Pierre n’était pas au-dessus de tous les autres apôtres. Quand il s’est vu un tel et quand il s’est préféré aux autres, le Seigneur l’a rabaissé.


 

6. Sur l’égalité des apôtres II

1. Sur la recherche de la préséance parmi les apôtres

« Pour éclaircir ceci par un exemple familier, supposons qu’entre tous les athlètes il y en a deux aimés particulièrement par celui qui préside aux combats, qui le viennent prier de les préférer à tous les autres, et de leur donner le prix destiné à celui qui remportera la victoire. Ne leur pourrait-il pas répondre qu’il ne dépend pas de lui de leur donner cette récompense, mais qu’elle est réservée à ceux qui l’auront méritée par leur adresse et par leur courage? Pourrait-on dire que cette réponse serait une marque de sa faiblesse et de son impuissance? et ne dirait-on pas plutôt qu’elle serait une preuve de sa justice, puisque, dans cette distribution de récompenses, il n’a aucun égard aux personnes, mais seulement au mérite? Comme donc cet homme ne passerait point alors pour impuissant, mais pour juste, disons de même que ce n’est point par faiblesse , mais par justice que Jésus-Christ ne peut donner à quelques-uns d’être assis à sa droite ou à sa gauche.

C’est pour cette raison qu’il exhorte si souvent ses disciples, de fonder toute l’espérance de leur salut, premièrement dans la grâce et dans la miséricorde de Dieu, et ensuite dans leurs travaux et dans leur courage. C’est ce qu’il marque lorsqu’il dit ici : « Mais à ceux à qui mon Père l’a préparé ». Car si d’autres vous surpassent en vertu, s’ils font des actions plus saintes que vous, comment les pourrais-je mettre au-dessous dé vous? Croyez-vous que, parce que vous êtes mes disciples, vous serez aussi les premiers de tous, si la sainteté de votre vie ne répond au choix que j’ai fait de vous? C’est donc en ce sens qu’il faut entendre les paroles de Jésus-Christ : « Ce n’est pas à moi à vous donner, etc. » Car on sait assez d’ailleurs qu’il est le maître de tout « et que tout le jugement lui a été donné» , comme il dit lui-même. Il le témoigne assez par ce qu’il a dit à saint Pierre: « Je vous donnerai les clés du royaume des cieux». Saint Paul confirme encore, cette vérité, lorsqu’il dit: « On me réserve une couronne de justice que le Seigneur, ce juste Juge, me rendra en ce jour-là; non-seulement à moi, mais encore à tous ceux qui aiment son avènement ». (II Tim. IV.) C’est-à-dire le premier avènement de Jésus-Christ, lorsqu’il a été vu parmi les hommes Puisque saint Paul dit que Jésus-Christ lui réserve la couronne de -justice, il fait bien voir qu’il est le souverain Juge, et que c’est lui qui donne les premiers rangs, puisqu’il est certain que NUL DES HOMMES NE SERA ASSIS AVANT SAINT PAUL.

Que si Jésus-Christ parle obscurément en ce lieu, il ne s’en faut pas étonner. Il ménage ses apôtres et épargne leur faiblesse, les voyant encore si humains dans leurs désirs, et il leur répond ainsi en peu de mots pour ne les point attrister, et pour arrêter d’abord cette vaine contestation de préséance. »

HOMÉLIE LXV. SUR MATTHEU

 

2. Les apôtres Pierre et Paul ont la même dignité

« Cela ne dérange-t-il pas chacun des auditeurs que Paul s’oppose à Pierre, que LES COLONNES de l’Eglise entrent en collision et s’attaquent l’un l’autre? En vérité, ce sont les COLONNES, soutenant et portant le toit de la foi, et les piliers, et les boucliers, et les YEUX DU CORPS DE L’EGLISE, et les sources de bénédictions, de trésors et d’abris; cependant, n’importe quel nom, peu importe qui l’a donné, n’exprimera jamais LEUR DIGNITE »

Homélie sur les mots « Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible. » dite dans une vieille église. Traduction russe. 

 

3. Sur la même dignié des apôtres Paul et Pierre. Saint Jean s’adresse aux apôtres avec les paroles : 

« Vous faites obéir les hérétiques; Vous tuez les passions déraisonnables du corps; Vous avez déposé les légions de démons, ruiné les autels des Gentils, hérité des promesses du ciel et de la terre. Les ClEFS DU ROYAUME DU CIEL vous ont été remises ; et sur la terre Vous avez le pouvoir de lier et de résoudre les péchés. »

« Sur les chefs des apôtres Pierre et Paul et sur leur exploit glorieux ». Patrologia Graeca. Spuria. Traduction russe.

 

4. L’apôtre Paul est appelé le Prince et le Chef des apôtres. Saint Jean dans son discours le met même plus haut que l’apôtre Pierre.

« Qui donc priera aussi pour nous, puisque Paul est parti? Ce sont les imitateurs d e Paul que je vois ici; montrons-nous seulement dignes d’un tel patronage, afin que tout ne se borne pas, pour nous, à entendre ici la voix de Paul, mais qu’après notre départ d’ici, nous soyons jugés dignes de voir là-haut l’athlète de Jésus-Christ : je me trompe, si nous l’écoutons ici-bas, là-haut, il n’en faut pas douter, nous le verrons ; quand même nous ne serions pas tout près de lui, nous le verrons, il n’en faut pas douter, resplendissant, près du trône royal, où les Chérubins font entendre leurs hymnes de gloire, où planent les Séraphins. Là, nous verrons Paul avec Pierre, nous verrons, dans le choeur des saints, LE CHEF et LE PRINCE, et là nous jouirons du vrai et pur amour. Car si Paul sur la terre a tant aimé les hommes qu’au lieu de voir rompre ses liens, de vivre auprès du Christ, il a préféré de rester parmi nous; bien autrement brûlant sera l’amour qu’il nous montrera dans le ciel. »

ROMAINS XXXII

 

5. Sur la dignité de l’apôtre Paul

« Jamais personne n’aima plus Jésus-Christ que saint Paul. Jamais personne ne témoigna pour lui un zèle plus ardent, et n’en reçut plus de grâces: et néanmoins, avec tous ces avantages on le voit s’épouvanter, de la grandeur de son ministère et trembler pour les fidèles dont il est chargé. Je crains, dit-il, que comme Eve fut séduite par les artifices du serpent, vous ne vous laissiez corrompre et ne dégénériez de la simplicité chrétienne. (II. Cor. XI, 3.) Et ailleurs : J’ai été parmi vous dans la crainte et dans l’angoisse. (I. Cor. II, 3.) Ainsi parle un homme qui fut ravi jusqu’au troisième ciel, que Dieu lui-même daigna initier à la connaissance de ses mystères, un apôtre qui a souffert autant de morts qu’il a passé de jours sur la terre après sa conversion, qui s’abstenait d’user de tout le pouvoir que Jésus-Christ lui avait donné, de peur de scandaliser le moindre de ses frères. Si cet homme, qui ne se contentait pas d’observer simplement les préceptes de Dieu, mais qui allait au delà, qui ne rechercha jamais son intérêt propre, mais toujours celui des fidèles qu’il gouvernait, se sent pénétré d’une frayeur continuelle à la pensée du ministère dont il est chargé, que ferons-nous, nous qui sommes accoutumés à tout rapporter à nous seuls, nous qui non-seulement n’allons pas au delà des préceptes de Jésus-Christ dans la pratique du bien, mais qui trop souvent restons bien loin en deçà de la limite rigoureuse du devoir »

TRAITÉ DU SACERDOCE. LIVRE TROISIÈME

 

6. Tous les apôtres sont égaux 

Saint Jean Chrysostome parle de l’apôtre Paul :

« Il (l’apôtre Paul) ne prend pas ces mots circoncision et incirconcision au pied de la lettre, il s’en sert pour faire la distinction des Juifs et des gentils. Puis il ajoute: « Car celui qui a agi efficacement dans Pierre pour,le rendre apôtre des circoncis, a aussi agi efficacement en moi pour me rendre apôtre des gentils  ».

De même que par l’incirconcision il désigne les gentils, de même ce sont les Juifs qu’il désigne par la circoncision. Il montre qu’il EST L’ÉGAL DES APÔTRES, et c’est au premier d’entre eux et non aux autres qu’il se compare, afin de prouver qu’ils étaient TOUS ÉGAUX EN DIGNITÉ. Après avoir fourni cette preuve de leur unité de vues, il parlé désormais avec plus d’assurance et de liberté. »

 

GALATES II

 

7. L’apôtre Paul est le premier apôtre, il a plus de grâce.

Car s’il (l’apôtre Paul) a plus travaillé, c’est que la grâce en lui était plus abondante; et s’il a reçu plus de grâces, c’est qu’il a montré un zèle plus ardent. Voyez-vous comme ses efforts pour se mettre à l’ombre, pour dissimuler sa valeur, ne vont qu’à montrer qu’il est le premier de tous?

Corintions. HOMÉLIE XXXIX

 

8. Les apôtres Paul et Pierre étaient les colonnes et les tours de l’Eglise. 

« Qu’y a-t-il donc de plus puissant que la prière, puisqu’elle a rendu service aux colonnes, aux tours de l’église? Paul et Pierre, en effet, étaient pour l’Église des tours et des colonnes : eh bien ! la prière rompit les liens de l’un, et ouvrit la bouche de l’autre. »

OBSCURITÉ II


 

 

7. Sur l’égalité des apôtres III

1. Saint Jean appelle Paul un co-apôtre (συμαποστολοσ ) de Pierre

« Que se passe-t-il? Juifs qui venaient de Jacques, aucun d’eux ne reçoit pas de reproche, mais c’est Pierre qui reçoit une reproche de la part de Paul, pour que celui qui est reproché de son co-apôtre ait une audace juste pour corriger ses disciples. Pierre est reproché mais ce sont les disciples qui sont corrigés. »

Homélie sur les mots « Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible. » dite dans une vieille église. Traduction russe. 

 

2. Tous les apôtres sont les chefs et eux tous ont reçu l’univers pour la mission

« Les apôtres sont LES CHEFS ordonnés de Dieu; chefs, qui n’ont pas reçu des peuples et des villes différents, mais auxquels l’UNIVERS ENTIER a été confié. »

Discours sur l’utilité de la lecture des Saintes Ecritures. Traduction russe.

 

3.  L’apôtre Pierre ne commandent rien.

« Alors ils en présentèrent deux, Joseph, appelé Barsales; et surnommé le Juste, et Matthias ». C’est l’assemblée qui les présente, et NON PAS Pierre. Celui-ci s’est borné à proposer cette élection, moins comme un projet venant de lui que comme l’accomplissement d’une ancienne prophétie. Ainsi, il interprète l’Écriture, et NE COMMANDE RIEN»

HOMÉLIE III. SUR LES ACTES

 

4. Saint Ignace, évêque d’Antioche est le successeur de l’apôtre Pierre 

« Mais en parlant de Pierre, je vois se former une cinquième couronne, la gloire d’avoir succédé au prince des apôtres. Lorsqu’on ôte une grande pierre des fondements, on a l’intention d’y en substituer une de la même force, de peur d’affaiblir l’édifice et de l’exposer à une ruine totale : de même, lorsque Pierre devait s’éloigner de notre Eglise, la grâce de l’Esprit-Saint lui substitua un maître d’un égal mérite, pour que l’édifice ne perdît rien de sa solidité par la faiblesse du successeur. »

ÉLOGE DU SAINT HIÉROMARTYR IGNACE THÉOPHORE

 

Conclusion : Cette dernière parole montre que, selon saint Jean, non seulement les évêques de Rome ont été les successeurs de l’apôtre Pierre, mais aussi d’autres évêques dans d’autres villes ordonnées par l’apôtre. Saint Nil Cabasilas l’affirme aussi.


 

 

8. Sur l’Eglise de Rome

1. Saint Jean Chrysostome n’attribue aucune supériorité ou éminence à la ville de Rome

« Je veux vous dire pourquoi j’aime Rome, quoiqu’il y ait tant de raisons pour la célébrer, quoiqu’on puisse exalter sa grandeur, son origine antique, sa beauté, sa population si nombreuse, sa puissance, ses richesses, sa gloire dans les combats; mais je veux tout oublier, et je dis que Rome est bien heureuse, parce que c’est à elle qu’écrivait Paul vivant, parce que Paul avait tant d’amour pour elle, parce que Paul fut présent et fit entendre ses discours au sein de ses murailles, parce que c’est dans Rome qu’il termina sa carrière. Oui, voilà pourquoi c’est une illustre cité, et cette gloire efface toutes ses autres gloires. »

ROMAINS XXXII

 

Conclusion : Nous voyons que saint Jean Chrysostome ne dit pas que la ville de Rome était la « Maîtresse des églises » ou quelque chose de semblable. Vivant à la fin du IVème siècle, il ne connaissait même pas la théorie de la grandeur de la ville de Rome grâce à la mort de l’apôtre Pierre à l’intérieur de ses murailles. Saint Jean réfute ainsi cette théorie.

 

2. La ville d’Antioche garde aussi l’apôtre Pierre parce qu’elle garde sa foi

«  Il convenait que la ville (d’Antioche) qui avant tout le reste de la terre, mit sur son front comme un diadème le nom de chrétien, eût pour pasteur le premier des apôtres. Mais après l’avoir eu pour maître, nous ne l’avons pas gardé jusqu’à la fin, nous l’avons cédé à la ville reine du monde, à Rome; ou plutôt nous le gardons jusqu’à la fin; le corps de Pierre, nous ne l’avons pas, mais LA FOI DE PIERRE, nous la gardons comme si c’était Pierre ; et ayant la foi de Pierre, NOUS AVONS PIERRE LUI-MEME. »

2 EME HOMÉLIE SUR L’INSCRIPTION DES ACTES.

 

3. Qui était l’enseignant de la ville de Rome ?

« Il (saint Ignace d’Antioche) donnait ces instructions à toutes les villes qui étaient sur sa route, par sa course même, autant que par ses discours; et ce qui était arrivé aux Juifs au sujet de Paul qu’ils avaient chargé de chaînes pour l’envoyer à Rome, qu’ils croyaient envoyer à la mort lorsqu’ils envoyaient un maître aux juifs habitants de Rome, eut encore lieu au sujet d’Ignace, et d’une manière encore plus frappante; car ce n’est pas seulement pour les chrétiens habitants de Rome, mais pour toutes les villes de son passage, qu’il fut un maître admirable, un maître qui leur enseignait à ne faire aucun cas de cette vie mortelle, à ne compter pour rien les choses visibles, à ne soupirer que pour les biens futurs, à envisager les cieux, à n’être effrayés par aucun des maux, par aucune des peines de cette vie. Voilà les instructions et d’autres encore, qu’il donnait par son zèle à tous les peuples chez lesquels il passait.

C’était un soleil qui se levait de l’orient et qui courait vers l’occident, en jetant plus d’éclat que l’astre qui nous éclaire. Cet astre lance d’en haut des rayons sensibles et matériels Ignace brillait ici-bas, instruisant les âmes, les éclairant d’une lumière spirituelle. Le soleil s’avance vers les régions du couchant, se cache et laisse le monde dans les ténèbres : c’était en s’avançant vers les mêmes régions qu’Ignace se levait, et que, jetant une plus grande splendeur, il faisait plus de bien à tous ceux qui étaient sur sa route. Lorsqu’il fut entré dans Rome, il enseigna à cette ville idolâtre une philosophie chrétienne; et Dieu permit qu’il y finît ses jours, afin que sa mort fût une leçon pour tous les Romains. Vous qui, par la grâce de Dieu, êtes confirmés dans la foi, vous n’avez plus besoin de preuves; mais les Romains, qui étaient alors plongés dans des erreurs impies, avaient besoin d’un plus grand secours. Pierre, Paul, et après eux Ignace, ont été immolés dans Rome, soit afin de purifier par leur sang une ville souillée par le sang des victimes offertes aux idoles, soit afin de prouver par des faits la résurrection de Jésus crucifié, en faisant sentir aux Romains qu’ils n’auraient pas témoigné un mépris si généreux de la vie présente, s’ils n’eussent été bien persuadés qu’ils allaient rejoindre Jésus crucifié, et qu’ils le verraient dans les cieux. »

ÉLOGE DU SAINT HIÉROMARTYR IGNACE THÉOPHORE

 

Conclusion : Non seulement l’apôtre Pierre, mais aussi Paul et Ignace, selon saint Jean, ont été des enseignants et maîtres de la ville de Rome.


 

 

9. Les persécutions de saint Jean et ses appels à Rome I

1. Saint Jean Chrysostome, a-t-il demandé de l’aide à l’évêque Rome comme à celui qui avait le pouvoir universel ? 

Réponse : Non. Deux importants faits historiques le montrent.

Préhistoire

Comme on voit dans sa vie, Jean était impliqué dans un conflit avec la cour impériale – en particulier, avec la femme de l’empereur. Quand l’impératrice Eudoxie, épouse de l’empereur Arcadius (395-408), a ordonné la confiscation des biens des enfants et de leur mère qui était la veuve d’un homme de cour tombé en disgrâce, Jean a commencé à les protéger. L’impératrice ne céda pas et porta la colère à l’archipasteur. Son aversion pour lui s’intensifia quand elle fut informée qu’il avait fait une allusion sur elle lors de sa conférence sur les femmes vaines. La cour, composée de hiérarques accuées avant dans leur mauvaise vie par Chrysostome, décida de destituer Jean  pour une insulte à l’impératrice et de l’éxécuter. L’empereur Arcadius a remplacé l’exécution par l’exil. La même nuit, à Constantinople, selon un rapport de Théodoret de Cyr, un tremblement de terre s’est produit. Effrayé, Eudoxia demanda à l’empereur de faire revenir Jean d’urgence et immédiatement envoyé une lettre au pasteur exilé, le suppliant de revenir. Mais deux mois plus tard une nouvelle dénonciation a suscité la colère d’Eudoxia. En mars 404, le faux Concile du Chêne a eu lieu, qui a décidé d’expulser Jean. Face à la perspective de l’exil, Jean se tourna vers Rome pour obtenir de l’aide.

  1. Fait #1Jean Chrysostome envoie ses lettres non seulement à l’évêque de Rome Innocent, mais aussi à Vénérius de Milan et au Chromatius d’Aquilée. Ce fait indique que saint Jean ne s’est pas adressé au pape comme chef de l’Eglise entière mais comme à un des évêques pouvant porter de l’aide.
  2. Fait #2. Dans la première lettre au pape Innocent nous lisons : «  Pour nous (Jean Chrysostome), qui n’avons été ni surpris dans aucune faute, ni convaincus, ni déclarés coupables, accordez-nous d’être avec vous, comme par le passé , en communion de lettres et de charité. Mais si nos ennemis , qui ont fait preuve de tant d’iniquité, forgent encore de nouveaux griefs pour se justifier de nous avoir chassé de Constantinople, sans nous donner ni les actes, ni les libelles d’accusation, sans faire connaître les accusateurs, alors qu’ils réunissent DES JUGES INCORRUPTIBLES et NOUS PLAIDERONS VOLONTIERS DEVANT EUX NOTRE CAUSE, nous leur PROUVERONS que nous n’avons rien à nous reprocher de ce dont ils nous accusent…  » A INNOCENT, ÉVÊQUE DE ROME

Conclusion : Saint Jean cherche à se défendre tout seul devant ses accusateurs s’ils avait voulu agir dans le cadre de la loi ecclésiastique. Cela montre que Jean Chrysostome n’a pas considéré le siège de Rome comme un tribunal suprême.

 

2. Quelle était la réponse du pape Innocent ? Est-ce qu’il allait régler tout le problème « par son pouvoir suprême » ?  

« Mais que ferons-nous maintenant contre cette audace coupable? Nous soumettrons l’affaire à CE CONCILE, que depuis longtemps nous regardons comme nécessaire. C’est le seul moyen d’apaiser ces troubles (!). Pour que CE CONCILE puisse se réunir, n’attendons le remède à tant de maux que de la volonté du Dieu tout-puissant et de son Christ, Notre-Seigneur. Tous ces troubles que vient d’exciter la. haine du démon contre ceux que Dieu veut éprouver, s’apaiseront; si nous sommes fermes dans la foi, il n’est rien que nous ne devions espérer de la divine miséricorde. Nous nous occupons sans cesse de la célébration d’un concile, afin que, par la volonté de Dieu, ces mouvements puissent se calmer enfin. »

Conclusion : Quand saint Jean Chrysostome s’est caché de ses persécuteurs et le temps s’écoulait vite pour lui, l’évêque de Rome avait une bonne occasion de régler le problème en vertu de son autorité suprême, s’il l’avait eu. Pourtant, le pape Innocent n’a même pas pensé à ce moyen qui lui restait inconnu au début du Vème siècle.

 

10. Les objections des Latins

1. Les Latins citent :

« Et pourquoi Jésus-Christ, laissant là les autres apôtres, parle-t-il à Pierre seul de ce soin et de cet amour? Entre les apôtres, Pierre était le plus grand et le plus éminent; il était la langue et le chef du collège : c’est pour cela que Paul le fut voir préférablement aux autres. En même temps, Jésus-Christ voulait rassurer Pierre, et lui montrer que la souillure de son renoncement était effacée : c’est pourquoi il lui confie le gouvernement de ses frères, et il ne lui rappelle, il ne lui reproche point son renoncement, mais il lui dit : Si vous m’aimez , recevez le gouvernement de vos frères : montrez maintenant l’ardent amour que vous avez toujours fait paraître, et dont vous vous glorifiiez; la vie que vous vouliez donner pour moi, donnez-la pour mes brebis. »

HOMÉLIE LXXXVIII. SUR JEAN

 

Réponse :

Dans ce passage particulier où l’apôtre Pierre avait besoin du soutien et du rétablissement apostolique de la part du Seigneur, saint Jean le remet en valeur aussi en l’appelant « le plus grand et éminent ». Dans d’autres endroits (cf. ci-dessus), saint Jean Chrysostome attribue les titres de valeur à d’autres apôtres (le chef et le prince (Paul), les premiers, les colonnes (Jacques, Jean), ayant une haute position (Jacques)), ce qui veut dire qu’il faut le comprendre dans le sens honorifique et non pas dans le sens juridique. Car on ne peut pas imaginer dans ce cas que les colonnes des apôtres Jacques et Jean ou le chef et le prince des apôtres Paul gouvernent eux-aussi sur d’autres apôtres.

En plus, la phrase « Il lui confie le gouvernement de ses frères » signifie la protection particulière confiée à l’apôtre Pierre pour prendre soin de tous les chrétiens. Car le mot προστασίαν qu’utilise saint Jean Chrysostome veut dire la protection, le soin et non pas le gouvernement dans le sens du pouvoir suprême sur ses frères. Même le mot « frère » sous-entend l’égalité et non pas la subordination. Voici un autre endroit de la même homélie où  προστασίαν est traduit comme le soin ou care en anglais.

Comme c’était montré plus haut, les paroles « paissez mes brebis » sont adressées, selon saint Jean Chrysostome, non seulement à l’apôtre Pierre, mais à tous les chrétiens qui s’occupent spirituellement au moins d’une âme.

Conclusion : Dans ce passage, pour saint Jean, l’apôtre Pierre est ainsi le plus grand et éminent apôtre dans le sens orthodoxe, comme le premier en dignité. Aucune allusion sur la soumission absolue des apôtres à l’apôtre Pierre ne se voit pas.

 

 

2. Les Latins citent : 

« Jean Chrysostome dit à propos de Pierre à l ‘élection de Matthias : « Les disciples étaient au nombre de cent vingt, et de toute cette multitude, il n’en demande qu’un. Mais c’est à juste titre qu’il propose l’élection et qu’il prend dans cette affaire la principale autorité, parce que le soin de tous lui a été confié »

HOMÉLIES SUR LES ACTES DES APOTRES (3)

 

Réponse :

Continuons à lire l’homélie du saint Jean.

« En ces jours-là, Pierre se levant au milieu des frères ». Pierre est l’apôtre vif et impétueux auquel Jésus-Christ a confié la garde de son troupeau; et parce qu’il est le PREMIER EN DIGNITE, le premier aussi il prend la parole… 

Mais observez encore que Pierre prend en toutes choses L’AVIS DE SES FRERES, ET QU’IL NE FAIT RIEN AVEC HAUTEUR ET AUTORITE. Au lieu de dire simplement : Choisissons celui-ci à la place de Judas, il cherche à les consoler de ce crime horrible en usant de circonlocution. Car la trahison de Judas les avait profondément consternés; et ne nous en étonnons point, aujourd’hui encore nous en sommes tout bouleversés: et que ne durent-ils donc pas éprouver? « Mes frères» … 

« Alors ils en présentèrent deux, Joseph, appelé Barsales; et surnommé le Juste, et  Matthias ». C’EST L’ASSEMBLÉE QUI LES PRÉSENTE, ET NON PAS PIERRE. Celui-ci s’est borné à proposer cette élection, moins comme un projet venant de lui que comme l’accomplissement d’une ancienne prophétie. AINSI, IL INTERPRÈTE L’ÉCRITURE, ET NE COMMANDE RIEN

Je veux aussi vous faire admirer la MODESTIE de Jacques. Il était désigné pour être évêque de Jérusalem, et cependant il garde le silence. Considérez également la PROFONDE HUMILITÉ de tous les autres disciples : ils ont banni toute rivalité et se cèdent mutuellement LES HONNEURS DE L’APOSTOLAT. Car il semblait que cet église naissante habitât déjà dans les cieux et ne tint plus à la terre. Aussi, sans être revêtu de marbre précieux, le cénacle était-il tout resplendissant de la ferveur des premiers fidèles…

 

Conclusion : Selon Jean Chrysosotme, tous les apôtres agissant ensemble, en assemblée. Ils ont choisi le douzième apôtre ensemble. L’apôtre Pierre parlait non pas comme le chef de l’Église mais en tant qu’interpréteur de la prophétie. L’apôtre Jacques occupait une haute position en tant qu’évêque de Jérusalem et avec d’autres apôtres, ils laissaient parler Pierre par l’humilité et non pas parce qu’ils n’avaient pas le pouvoir qu’avait Pierre.


 

Nous publions également un extrait du livre de l’abbé Wladimir Guettée « La Papauté schismatique » qui traite les oeuvres et les événements dans la vie du saint Jean confirmant nos conclusions :

 

Les oeuvres du saint Jean Chrysostome

Extrait_Jean_Chrysostome_La_papauté_schismatique

 

La correspondance avec le pape Innocent

Extrait_Jean_Chrysostome_La_papauté_schismatique_2

 

Conclusion finale : Un oeil non préjugé voit que saint Jean Chrysostome ne parle pas de l’apôtre Pierre dans l’interprétation de l’Eglise de Rome, où il aurait eu un pouvoir suprême sur d’autres apôtres. Tous les titres qui lui sont attribués sont honorifiques (chef, prince, le premier, colonne, coryphée…) et montrent le ministère particulier de l’apôtre Pierre et son haute autorité dans l’Eglise du premier siècle. Les mêmes titres sont attribués aussi aux apôtres Paul, Jacques et Jean. Pour saint Jean, l’apôtre Pierre est premier en dignité, ce qu’il dit ouvertement.

La correspondance entre saint Jean et le pape Innocent, où le premier ne considère pas le pape comme le Juge suprême et le pape n’agit pas comme « Souverain pontife de l’Église universelle » bien qu’il puisse aider à saint Jean, réfute aussi cette théorie romaine surgie qu’au VIIIème siècle.

 

Par les prières de Tes saints premiers apôtres Pierre et Paul, saint Jean Chrysostome, Seigneur Jésus Christ, notre Dieu, ait pitié de nous les pécheurs.

 

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