Ne déplace pas la borne ancienne, Que tes pères ont posée. Prov 22.28

 

Cet article est inspiré de celui rédigé par père Géorge Maksimov en 2016, accessible en russe ici.

La révélation divine nous est transmise de deux manières : 1° à travers la Sainte Ecriture du Nouveau et Ancien Testament comprenant 77 livres canoniques; 2° à travers la Sainte Tradition de la seule Eglise apostolique qui comprend les Décrets des Conciles Oeucuméniques et locaux, les oeuvres des saints Pères de l’Eglise et la tradition liturgique. La croyance en cette révélation se base sur la promesse du Sauveur, que le Saint-Esprit conduira dans toute la vérité (Jn  16.13) Evidemment, ces paroles concernent non seulement les apôtres, mais toute la plénitude de l’Eglise qui est la colonne et l’appui de la vérité (1 Tim 3.15). Et cette conduite promise de l’Église par le Saint-Esprit dans toute la vérité est réalisée à la fois 1° par des Conciles qui expriment ce qui paraît bon au Saint-Esprit (Ac 15.28) et 2° par ceux que Dieu a placés dans l’Église comme enseignants (1 Cor 12.28), cela veut dire les saints Pères. Une telle foi avec la conviction que le Christ nous a révélé toute la vérité nécessaire pour le salut constitue un principe qui permet à l’Église orthodoxe de rester identique et équivalente à Elle-même de génération en génération.

Comme a dit saint Vincent de Lérins [1],

Pour savoir comment je pourrais, par une méthode sûre, générale pour ainsi dire, et constante, discerner la vérité de la foi catholique d’avec les mensonges de la perversité hérétique, de tous j’ai reçu à peu près cette réponse d’après laquelle, si moi ou tout autre, voulait prendre sur le fait les sophismes des hérétiques, éviter de tomber dans leurs pièges, et demeurer dans une foi saine, en restant sain et sans atteinte, il fallait, avec l’aide de Dieu, abriter cette foi derrière un double rempart : d’abord l’autorité de la loi divine, ensuite la tradition de l’Église catholique…Et, dans l’Église catholique elle-même, il faut veiller soigneusement à s’en tenir à ce qui a été crupartout, et toujours, et par tous ; car c’est cela qui est véritablement et proprement catholique, comme le montrent la force et l’étymologie du mot lui-même, qui enveloppe l’universalité des choses. Et il en sera finalement ainsi, si nous suivons l’universalité, l’antiquité, le consentement général.

Les paroles de saint Vincent de Lérins montrent que la vérité de la Révélation divine n’est pas donnée à un seul homme dans l’Eglise, même au plus pieux et sage, mais à toute l’Eglise. Pour cela, ce n’est pas le témoignage d’un seul homme même le plus pieux et le plus sage qui exprime la vérité, mais le témoignage de toute l’Eglise. Il s’ensuit que ce qu’on appelle le consentement des Pères (en latin – consensus patrum), un concept désignant une vérité doctrinale de la Tradition que nous apprenons depuis l’ensemble de témoignages de tous ou de la plupart des saints Pères qui ont écrit à ce sujet.

Le consentement des Pères, ainsi que l’autorité doctrinale de la Tradition de l’Église dans son ensemble constituent une barrière insurmontable pour ceux qui voudraient introduire un nouvel enseignement (la nouveauté profane, selon saint Vincent de Lérins) dans l’Orthodoxie. Même si vous réussissez à y convaincre la plupart des fidèles contemporains, cela ne marchera pas avec les anciens, tout simplement parce qu’ils sont déjà morts, ayant laissé la confession de la foi sans votre nouveauté.

A cet égard, nous entendons parfois les attaques sur ce principe qui tentent soit de rejeter complètement la sainte Tradition, notamment les ouvrages des Pères, soit de La décrédibiliser sous prétexte qu’il y ait plein de « textes contradictoires ». Nous allons considérer de préférence le deuxième argument qui affirme que les oeuvres des saints Pères contiennent des formulations doctrinales fausses ou imprécises ou même contradictoires les unes avec les autres. Il en résulte globalement qu’il n’y ait pas de « consensus patrum » en général et il est impossible de se référer aux oeuvres des saints Pères comme à l’autorité doctrinale.

Alors, une attaque sur le principe « consensus patrum » est la suivante :

Il y a plein de contradictions et imprécisions dans les oeuvres des saints Pères, alors il est impossible de retrouver le « consensus patrum ».

 

« Consensus patrum » ne concerne que les dogmes nécessaires pour notre salut

D’abord, aucun exposé autoritaire de la foi orthodoxe ne contient l’idée que la partie de la sainte Tradition englobe ce que les saints Pères écrivaient sur les questions qui ne concernent pas directement les dogmes, comme la vie sociale, la nature… Nous rappelons qu’il s’agit de la Révélation divine et surnaturelle qui ne traite pas les questions comment les vers rampent par terre, combien ça fait deux et deux, comment se produit la fusion thermonucléaire à l’intérieur du soleil… Elle ne concerne que les principes de foi nécessaires pour notre salut. Beaucoup de saints ont laissé un grand héritage littéraire, dans lequel on peut trouver leurs points de vue sur un très grand nombre de sujets. Mais quand nous parlons du consentement des Pères, nous parlons du consentement en matière de la foi, c’est-à-dire de l’enseignement dogmatique et moral. Comme saint Vincent de Lérins a écrit : il faut veiller soigneusement à s’en tenir à ce qui a été cru partout, et toujours, et par tous. Alors, quand je lis, par exemple, les expressions d’un certain saint Père à propos d’une personne historique particulière ou de questions de médecine, de structure politique, de pédagogie, de géographie, de zoologie, etc., je suis attentif à cette opinion, et en même temps je me rends compte qu’elle n’a pas d’autorité obligatoire pour moi, à la différence des opinions du même saint Père à propos des questions doctrinales. De plus, même les saints Pères eux-mêmes ont clairement indiqué que ce domaine intellectuel n’a pas du tout la même signification et la même obligation que la doctrine dogmatique et morale. 

 

Les imprécisions et les contradictions dans les oeuvres de saints Pères

Il faut dire que l’idée que tout ce qui était écrit par les saints Père est inspiré par Dieu, infaillible et ne contient pas de contradictions avec d’autres Pères est fausse et n’a jamais été dite dans aucun exposé autoritaire de la foi orthodoxe. Ceux qui imposent cette idée aux orthodoxes montrent soit l’incompréhension du principe « consensus patrum », soit le désir d’amener cette conviction jusqu’à l’absurdité, la transformer en caricature ridicule qu’ils réfuteraient plus facilement.

Si quelqu’un croyait que tous les saints, quelle que soit leur époque, se trouvent dans le consentement absolu sur toutes les questions, alors cette croyance signifierait que les Conciles, y compris les Conciles Oeucuméniques soient superflus. Il aurait suffi à regarder les oeuvres des saints Pères pour distinguer la foi orthodoxe et l’hérésie. De surcroît, dans le cadre de cette idée, le principe du consensus des Pères perd le sens, car, s’ils parlent tous de la même chose, il n’est pas nécessaire de comparer les oeuvres et définir leur consentement sur une problématique en question. Il aurait suffi à lire n’importe quel Père dont les textes sauteraient aux yeux en premier et suivre ses doctrines, en sachant que tous les autres Pères ont des opinions identiques.

Certaines oeuvres des saints Pères contiennent évidemment des accents particuliers, des imprécisions, des fautes doctrinales et ce fait n’annule aucunement pas le principe « consensus patrum » mais le stimule. Saint Vincent de Lérins écrit [2] :

Au sein de cette Église catholique et apostolique, il faut absolument qu’ils suivent la totalité, l’antiquité, le consensus, et s’il arrive qu’une partie se dresse contre la totalité, la nouveauté contre l’antiquité ou la dissension d’un ou de plusieurs contre le consensus universel ou du moins la plus grande partie des catholiques, qu’ils préfèrent l’intégrité du tout à la corruption de la partie ; dans cette même totalité, qu’ils préfèrent la religion de l’antiquité à la profanation que constitue la nouveauté, et que, dans l’antiquité, à la témérité d’un seul ou d’un petit nombre, qu’ils préfèrent avant tout, s’il y en a, les décrets généraux d’un concile universel ; enfin, si ce n’est pas possible, qu’ils suivent, ce qui est presque la même chose, les avis de maîtres nombreux et importants.

Dans le même ouvrage, saint Vincent cite comme un exemple les contradictions entre saints Agrippine et Cyprien de Carthage, d’une part, et saint Etienne de Rome, d’autre part, sur la question de la reconnaissance du baptême des hérétiques.

Nos adversaires pourraient dire : saint Vincent décrit une seule contradiction, tandis que nous pouvons amener des exemples de beaucoup de contradictions. Mais en fait, saint Vincent écrit [3] que ce phénomène n’est pas unique et qu’en général tous ceux qui aspirent à déguiser leur hérésie sous le nom d’un autre, vont bien souvent rechercher des écrits quelque peu emberlificotés de quelques anciens, qui, en raison de leur obscurité, s’adaptent à peu près à leur propre dogme, si bien qu’ils donnent l’impression de n’être ni les seuls, ni les premiers, à le penser.

En outre, saint Vincent décrit [4] la situation où même une région entière pouvait tomber dans l’erreur:

Et si, dans l’antiquité même, une erreur se rencontre, qui soit celle de deux ou trois hommes, ou d’une ville, ou même d’une province ? – Alors, il aura grand soin de préférer, à la témérité ou à l’ignorance d’un petit nombre, les décrets (s’il en existe) d’un concile universel tenu anciennement de façon universelle. – Et si quelque opinion vient enfin à surgir où ne se trouve rien de ce genre ? — Alors, il s’appliquera à consulter, à interroger, en les confrontant, les opinions des ancêtres, de ceux d’entre eux notamment qui, tout en vivant en des temps et des lieux différents, mais demeurés fermes dans la communion et dans la foi de l’unique Église catholique, y sont devenus des maîtres autorisés ; et tout ce qu’il saura avoir été soutenu, écrit et enseigné non pas par un ou deux, mais par tous ensemble, d’un seul et même accord, ouvertement, fréquemment, constamment, un catholique se rendra compte qu’il doit lui-même y adhérer sans hésitation.

Saint Vincent dit que même les Conciles locaux peuvent se tromper en citant à titre d’exemple un décret du Concile de Carthage [5].

Comme nous le voyons, l’idée que certains des saints Pères supposaient d’avoir les expressions erronées en matière de foi n’est pas du tout « un secret sous sept sceaux » dans l’Orthodoxie. Cette idée est directement énoncée dans le même ouvrage le plus souvent mentionné, lorsqu’on parle de la sainte Tradition et du principe « consensus patrum ». 

Ce principe est nécessaire parce qu’un saint particulier peut s’exprimer de façon imparfaite, inexacte, erronée. Alors que leur opinion consensuelle et commune sur une question dogmatique exprime non seulement un avis particulier, mais la foi commune de l’Église. Et saint Vincent n’était pas le seul à écrire sur de telles erreurs.

Voici, par exemple, les paroles de saint Basile le Grand sur saint Denis d’Alexandrie [6]: 

I do not admire everything that is written; (Je n’admire pas tout ce qu’il a écrit) indeed of some things I totally disapprove. For it may be, that of the impiety of which we are now hearing so much, I mean the Anomœan, it is he, as far as I know, who first gave men the seeds. I do not trace his so doing to any mental depravity, but only to his earnest desire to resist Sabellius… While vehemently opposing the impiety of the Libyan, he is carried away unawares by his zeal into the opposite error.

Saint Athanase le Grand a également consacré une petite œuvre à ce sujet, en expliquant que Denys a écrit d’autres lettres, s’étant justifié dans les choses suspectes, il a apparu droit dans la foi. C’est pourquoi, s’il écrit ce qui contredit lui-même, ne le considérez pas car cela ne mérite plus d’attention. [7]

Saint Basile le Grand a remarqué que dans une oeuvre d’aussi grand saint de l’antiquité Grégoire le Thaumaturge, il y avait expressions erronées auxquelles les Savelliens se référaient pour confirmer leurs vues. Saint Basile explique ceci en disant que « tout en convainquant les païens, il n’a pas jugé nécessaire d’observer l’exactitude des énoncés, mais il a parfois concédé aux coutumes d’un élève, de sorte qu’il n’a pas contredit l’essentiel. C’est pourquoi tu y trouveras beaucoup de mots qui servent aujourd’hui de très grands renforts aux hérétiques » [8]. Par conséquent, saint Basile demande : « Ne interprétez pas les mots de Grégoire dans le mauvais sens » [9].

Les expressions erronées de saint Gégoire de Nysse concernant l’apocatastase sont largement connus. De nombreux saints Pères ont rejeté cet enseignement et l’ont confirmé sur les Conciles. Et saint Barsanuphe Le Grand (de Gaza) dit que ce n’est pas un exemple isolé, et explique les raisons pour lesquelles cela arrive [10]:

Les saints, devenus des maîtres, ont largement réussi, surpassé leurs maîtres et, ayant reçu la confirmation d’en haut, ont exposé un nouvel enseignement tout en conservant ce qu’ils ont reçu de leurs anciens enseignants, c’est-à-dire l’enseignement faux. Ayant réussi dans la vie spirituelle par la suite et devenant des maîtres spirituels, ils ne prièrent pas Dieu de leur avoir révélé concernant leurs premiers maîtres… en les traitant comme des sages, ils n’ont pas analysé leurs mots si bien que les opinions de leur maîtres se mêlaient à leur propre enseignement ; et les saints disaient parfois ce qu’ils apprenaient de leurs maîtres, parfois ce qu’ils comprenaient raisonnablement de leur propre esprit. Par conséquent, le premier et le seconde ensemble des mots leur étaient attribués.

 

 

Saint Jean de Damas a écrit à propos du saint Épiphane de Chypre, auquel les iconoclastes se référaient :

Si tu dis que le divin Epiphane a définitivement interdit [les images], alors saches que ce livre peut d’abord être faux et inscrit incorrectement… Deuxièmement … peut-être le grand Epiphane (bien sûr, si nous sommes d’accord que ce livre lui appartient) a prescrit qu’il ne fallait pas faire des images voulant corriger une mauvaise coutume dans sa région… Troisièmement, ce qui arrive rarement n’est pas une loi pour l’Eglise, et une hirondelle ne fait pas le printemps… et une opinion n’est pas capable de réfuter la tradition de toute l’Église, s’étendant d’un bout de la terre à l’autre… Ainsi, [en ce sens] accepte les nombreuses citations des Écritures et des Pères. [11]

 

À son tour, saint Photius de Constantinople a souligné que ce qui est écrit dans un ouvrage de saint Papias d’Hiérapolis à propos du Royaume millénaire du Christ n’est pas accepté par l’Église [12].

Enfin, saint Marc d’Ephèse en parle beaucoup dans ses deux objections aux Romains sur le purgatoire. Ils ont essayé de présenter l’affaire en sorte que le consentement des Pères enseigne sur le purgatoire par l’interprétation de 1 Cor 3.15. En le réfutant, saint Marc démontre que les citations des Romains du Corps d’Aréopagite, de saint Epiphane de Chypre et de saint Jean de Damas « ne disent rien du feu purificateur, et il vaut mieux le dire, ils le réfutent » ; la citation de saint Théodoret de Cyr est fausse. Il admet que les citations de certains saints occidentaux comme Ambroise de Milan, Augustin et Grégoire le Grand font des allusions sur le feu purificateur. Saint Marc donne de nombreux arguments contraires et montre pourquoi ces saints avaient tort dans cette question particulière. Notamment, il donne des arguments bibliques et théologiques, des références aux Conciles et des contradictions de cette doctrine avec les témoignages de plusieurs Pères.

Mais pour nous, son raisonnement suivant est particulièrement intéressant :

« l y a la grande différence entre ce qui a été dit dans les Ecritures canoniques et la Tradition de l’Eglise et entre ce qui a été emprunté des oeuvres des Docteurs ; ainsi, le premier, tel qu’il est transmis de Dieu, nous devons y croire et réconcilier l’un avec l’autre, s’il semble que quelque chose ne soit pas en accord; le second, nous ne devons absolument pas y croire ou accepter sans étude. Car il est possible que quelqu’un, bien qu’il soit Docteur, ne dit pas tout correctement. Car quelle nécessité on aurait eu dans les Conciles Oeucuménique, si chacun d’entre eux n’avait pas pu s’écarter de la vérité ? [13]

Ensuite, le saint donne des exemples de saints qui ont fait des erreurs, et même un exemple du Concile de Néo-Césarée, dont une règle erronée a été ensuite abolie par le Concile in Trullo.

Puis il poursuit: « Seules les Écritures canoniques sont infaillibles, c’est ce qui est mise en évidence aussi par le bienheureux Augustin… dans l’Épître à Fortunatus, il écrit :  le raisonnement humain, même si cet homme était orthodoxe et avait une grande réputation, on ne doit pas l’accepter avec la même autorité, que les Écritures canoniques… »

Comme nous le voyons, beaucoup de saints ont écrit sur des exemples des fautes. Ce n’est pas un secret. Pourtant, en même temps, ils ne rejetaient pas l’autorité des mêmes saints sur d’autres questions (saint Marc se référait au bienheureux Augustin, par exemple, etc.), ni, surtout, l’autorité de la Tradition patristique en tant que telle.

Il en ressort une image très intéressante : du point de vue de nos adversaires, une erreur d’un saint doit nous convaincre qu’il est inutile de lui croire en tout ; par conséquent, il est inutile de croire à tous les saints Pères, car « tous » ont des erreurs ou des imprécisions quelque part. (Q) Mais, pourquoi aucun saint qui écrivait sur les fautes d’autres saints Pères n’en a pas déduit de telles conclusions et n’a même pas pensé de remettre en cause le principe du consensus patrum ?

Citant des exemples d’erreurs authentiques ou imaginaires des saints Pères sur des questions dogmatiques, les modernistes ou les Romains veulent créer une image dans la tête de leurs lecteurs que, si tous les saints se contredisaient d’une certaine façon, donc, ils n’avaient pas de consentement réel ; donc, il ne faut pas l’accepter comme une autorité doctrinale.

A une telle personne qui nous assure qu’il n’y ait pas de consentement des pères dans l’exposé de la foi, nous voudrions faire une petite suggestion : prends deux saints Pères qui, à ton avis, se contredisent le plus et dont il y a assez d’œuvres littéraires. Puis, crée une table sur les principes de la foi chrétienne, comment chacun de ces deux Pères a enseigné à propos d’une telle ou telle question dogmatique. Mets « les plus » là où ils ont enseigné la même chose et « les moins » là où ils se sont principalement contredits. Puis, résume, combien y a-t-il de « plus » et de « moins » ? Quel est leur pourcentage ?  Combien y a-t-il de « moins », la moitié, un tiers ou un quart ? Nous supposons que nos adversaires, au moins ceux qui ont lu les saints Pères, ne s’importuneront pas de cette expérience, car ils comprennent très bien qu’il y aurait très peu de « moins ». Et qu’en est-il de « plus » qui sont en majorité ? Cela, c’est le consensus patrum dont l’absence et l’impossibilité nous sont proposées. Ajoutez à ces deux saints un troisième ou une douzaine, faites une comparaison, et vous verrez que le consentement des Pères sur les questions doctrinales et fondamentales est une réalité qui est détectable et prouvable.

Le fait, pourquoi les erreurs de certains saints ne réfutent pas le principe général du consentement dans la foi et ne néglige pas la crédibilité du témoignage consensuel des Pères, peut être expliqué par l’exemple de la textologie du Nouveau Testament. Comme vous le savez, parmi les milliers de manuscripts grecs, de nombreuses divergences ont été trouvées. En même temps, l’écrasante majorité de ces divergences n’empêche absolument pas à définir la version originale du texte. Cela ne concerne pas seulement les chrétiens, mais même le savants bibliques séculiers les plus sceptiques. C’est parce que « 95% des différences dans le Nouveau Testament se produisent dans un nombre exceptionnellement petit de manuscripts » [14].

Si dans le manuscript A qui n’est pas le plus ancien, un mot est manqué, et tous les autres manuscripts nous ont conservé le verset avec ce mot, alors il n’est pas difficile de comprendre que la plupart des manuscripts nous apportent le verset original. En même temps, dans le manuscript B, dans un autre verset, deux mots ont été interchangés par rapport à la façon dont ce verset a été écrits dans le manuscrit A et tous les autres manuscrits. Et ici aussi, il n’y a aucune difficulté à identifier la version originale. Ainsi, il s’avère que même une quantité importante de divergences dans les manuscripts ne réfute nullement le fait que leur consentement général nous transmet de manière fiable le texte biblique original.

De la même manière avec les saints Pères, dont le nombre de divergences fondamentales en matière doctrinale est très inférieur au nombre de divergences dans les manuscripts du Nouveau Testament. Si le nombre de divergences dans les manuscripts du Nouveau Testament est déterminé autour de cent mille, le nombre des divergences fondamentales entre les saints sur les questions doctrinales s’élève au maximum à quelque dizaines.

Il faudrait ajouter que le concept « consensus patrum » concerne les questions dogmatiques qui sont importantes pour notre salut. Evidemment, au sein du christianisme, on peut retrouver une question si particulière qu’aucun Père saint n’a élaboré. En plus, nous savons qu’il y a des questions dont les réponses ne nous seront pas données dans cette vie, comme des questions providentielles dans les vies des gens. Le patirikon d’Egypte nous récite une histoire sur saint Antoine le Grand :

Abbe Antoine, scrutant la profondeur des jugements de Dieu, demanda : le Seigneur, comment se fait-il que quelques-uns meurent jeunes, tandis que d’autres vivent très vieux ? Pourquoi aussi certains sont-ils pauvres et d’autres riches ? Comment se fait-il que des mauvais s’enrichissent et que des bons soient dans le besoin ? Survint une voix qui disait : « Antoine sois attentif à toi-même ; car ce sont des jugements de Dieu, et il ne t’est pas utile de les connaitre ».

 

Enfin, sur certaines questions particulières dans le domaine doctrinal, nous pouvons rencontrer une situation où quatre saints Pères en ont parlé, deux d’entre eux ont répondu comme ceci, et deux autres comme cela. Si nous rencontrons une telle situation, c’est un signe que cette question n’a aucune signification dogmatique et n’affecte pas le salut. Saint Philarète de Moscou dit directement: « Il me semble que le raisonnement de certains évêques est tout-à-faint vrai, lorsqu’ls disaient qu’il y avait eu des questions que l’Eglise n’a pas dogmatiquement traitées, mais a laissé à chacun la possibilité d’en raisonner sans dommage pour son orthodoxie et son salut. C’est pour cela que certains Pères avaient des opinions positifs à un sujet et d’autres négatifs. » [15]

 

Principe « consensus patrum » et les Conciles Oecuméniques

Les chrétiens qui attaquent le principe « consensus patrum » reconnaissent quand même en général l’autorité des Conciles Oeucuméniques. C’est pourquoi ce serait intéressant de considérer les Actes des Conciles sous le prisme de notre sujet. Ceux-ci englobent non seulement les Décrets dogmatiques et canoniques, mais aussi les transcriptions des réunions et certains documents qui leur précèdent. Le fait que les Actes des Conciles avec leurs transcriptions soient des sources autoritaires de la Tradition de l’Église est attesté par les multiples références sur elles par les Conseils Oecuméniques ultérieurs. [16]

 

Concile apostolique

D’abord, considérons attentivement le Concile apostolique qui était exemplaire pour toute la vie de l’Eglise terrestre dans plusieurs choses, y compris dans le recours aux autorités anciennes. En faisant la décision finale du Concile, l’apôtre Jacques qui l’a présidé se réfère au prophète Amos (Am 9.11-12) :

Lorsqu’ils eurent cessé de parler, Jacques prit la parole, et dit: Hommes frères, écoutez-moi! Simon a raconté comment Dieu a d’abord jeté les regards sur les nations pour choisir du milieu d’elles un peuple qui portât son nom. Et avec cela s’accordent les paroles des prophètes, selon qu’il est écrit: Après cela, je reviendrai, et je relèverai de sa chute la tente de David, J’en réparerai les ruines, et je la redresserai, Afin que le reste des hommes cherche le Seigneur, Ainsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom est invoqué, Dit le Seigneur, qui fait ces choses, Et à qui elles sont connues de toute éternité. C’est pourquoi je suis d’avis qu’on ne crée pas des difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais qu’on leur écrive de s’abstenir des souillures des idoles, de l’impudicité, des animaux étouffés et du sang. (Ac 15.13-20)

 

Premier Concile Œcuménique

Les Actes de Deux premiers Conciles n’ont pas été conservés, mais nous gardons les paroles du témoin oculaire du Premier Concile, saint Athanase le Grand. Décrivant comment le débat entre les Pères du Concile de Nicée et les Ariens a eu lieu sur la base des citations des Écritures, il constate que la victoire sur les hérétiques et l’expression exacte du Symbole se sont manifestées grâce au recours aux saints anciens : « Les hérétiques trouvaient des mots impurs et parlaient vraiment de la terre; et les évêques n’ont pas inventé de mots eux-mêmes, mais ont  témoigné de la part des Pères ». [17]

While they, like men sprung from a dunghill, verily ‘spoke of the earth’, the Bishops, not having invented their phrases for themselves, but having testimony from their Fathers, wrote as they did. For ancient bishops, of the Great Rome and of our city, some 130 years ago, wrote and censured those who said that the Son was a creature and not coessential with the Father. And Eusebius knew this, who was bishop of Cæsarea, and at first an accomplice of the Arian heresy; but afterwards, having signed at the Council of Nicæa, wrote to his own people affirming as follows: ‘we know that certain eloquent and distinguished bishops and writers even of ancient date used the word “coessential” with reference to the Godhead of the Father and the Son.

Ainsi, lors du Premier Concile œcuménique, la référence à l’autorité des anciens saints Pères était d’une importance décisive.

 

Troisième Concile Œcuménique

En ce qui concerne le Troisième Concile Œcuménique, nous lisons les paroles de saint Cyrille d’Alexandrie: « Pour administrer la guérison des paroles de la vérité, nous devons nous tourner vers les paroles des saints Pères, et si nous obéissons à leurs commandements, nous sommes dans la foi selon ce qu’ils ont écrit, et nous conformons nos pensées à leur enseignement droit et irrépréhensible. » [18]

C’est sur la base de ce critère que saint Cyrille a proposé de déterminer où se trouve la vérité ; elle est dans son enseignement ou dans celui de Nestorius.

C’est ce principe qui a guidé les Pères du Concile pour la décision finale. Après avoir lu l’explication de saint Cyrille du Symbole de la foi, chaque évêque s’est exprimé si celle-ci correspondait à la foi des saints Pères ou pas. Voici les paroles de saint Acace de Mélitène [19] :  » Je confesse que l’Église raisonne pareillement dès le début et je sais que c’est exactement la même confession basée sur des oeuvres des saints Pères, les Saintes Ecritures et les Traditions de foi « . Palladius d’Amasya a dit qu’il acceptait cette confession « parce qu’elle est conforme à l’exposition de la foi des saints Pères » [19]. Thomas de Derbia: « Et je tiens à ce qui est selon la foi des saints pères » [19] . Sosipater de Septimia: « Je raisonne et affirme, comme nos Pères pensaient et croyaient » [19]. De même pour d’autres membres du Concile. Puis, Palladius d’Amasya propose de lire la lettre de Nestoruis pour comparer si sa foi correspondait à celle des Père de Nycée :

Palladius, the bishop of Amasea, said, The next thing to be done is to read the letter of the most reverend Nestorius, of which the most religious presbyter Peter made mention; so that we may understand whether or no it agrees with the exposition of the Nicene fathers.… [20]

Et puis, on rejette la lettre de Nestorius, parce qu’elle ne correspond pas à la foi des Pères de Nycée, ni à la Tradition de l’Eglise. « Il a altéré la Sainte Ecriture et rejeté les dogmes des saints Pères ».

Et ce recours à la foi des Pères n’était pas aléatoire. Les membres du Conseil ont spécifiquement examiné des extraits des saints Pères anciens, afin de déterminer leur accord sur le sujet pour lequel ils se sont réunis.

 

Le Quatrième Concile œcuménique

Passons maintenant au quatrième Concile œcuménique. Ses actes commencent par le message de Saint Flavien de Constantinople, qui écrit: « Nous devons lutter pour la vraie foi, pour l’exposition de la foi et des enseignements des saints Pères, afin que tout cela demeure indemne et ferme même lors des toutes trubulations » [21] . Pendant tout le Concile, le critère principal pour définir la vraie foi était la conformité à celle des Pères.  

As the holy and blessed and Ecumenical Synod holds fast and follows the rule of faith (fidei regulam in the Latin Acts) which was set forth by the fathers at Nice, it also confirms the faith set forth by the Synod of 150 fathers gathered at Constantinople at the bidding of the great Theodosius of blessed memory. [22]

 

Tous les évêques ont donné leurs avis concernant la foi exprimée dans lettre de saint Léon le Grand en appliquant le même critère : est-ce que cette foi du pape de Rome était en accord avec celle des Pères ou pas :

The most glorious judges and the great senate said:  Since we see that the Holy Gospels have been placed alongside of your holiness, let each one of the bishops here assembled declare whether the epistle of most blessed archbishop Leo is in accordance with the exposition of the 318 fathers assembled at Nice and with the decrees of the 150 fathers afterwards assembled in the royal city. [23]

Pendant ce Concile, on lisait aussi des extraits des oeuvres des saints Pères pour exposer leur enseignement. Les expressions des membres du Concile sur la signification du témoignage des Pères sont très éloquentes: « Les Pères ont enseigné et leurs paroles sont conservées par écrit, nous ne pouvons rien y ajouter ». « Sans rien ajouter de nouveau dans la foi que nous avons reçue de nos Pères, nous avons observé, avec l’aide de la grâce de Dieu, que nous la gardons et que nous la garderons » . [24] 

Dans le document principal du Concile, nous lisons: « Par une décision commune, nous avons expulsé les dogmes faux et restauré la foi infaillible des Pères » et « suivant les saints Pères, tous enseignons de confesser… » Après la lecture de la définition, tous les évêques ont crié: « Ceci est la foi des Pères ». [25]

 

Cinquième Concile Œcuménique

En ce qui concerne les actes du cinquième Concile Œcuménique , nous voyons le même recours à l’accord des saints Pères comme source de la vraie foi. Les membres du Concile définissent les Pères exemplaires avec la foi desquels il faut comparer l’enseignement :

We further declare that we hold fast to the decrees of the four Councils, and in every way follow the holy Fathers, Athanasius, Hilary, Basil, Gregory the Theologian, Gregory of Nyssa, Ambrose, Theophilus, John (Chrysostom) of Constantinople, Cyril, Augustine, Proclus, Leo and their writings on the true faith.  [26]

Plusieurs foi, les membres insistent qu’ils suivent la foi des Pères : « Nous suivons tous les saints Pères et les enseignants de la sainte Église de Dieu … et tout ce qui est écrit et expliqué par eux sur la foi et la condamnation des hérétiques , nous l’acceptons » [27] ; « Nous gardons et prêchons la foi qui est accordée … par notre Sauveur Jésus-Christ aux saints Apôtres … que les saints Pères ont confessée et transmise aux églises … nous les suivons entièrement » [28] . Les noms des grands saints sont indiqués après, et il est ajouté que « d’autres saints Pères, nous les acceptons aussi, ceux qui ont prêché la bonne foi avec impeccabilité pour le reste de leur vie. » [29]

Ils travaillent sur la clarification du « consensus patrum » concernant le sujet pour lequel le Concile s’est déroulé.

Dans le document principal du Concile,  l’enseignement des Pères est décrit comme un critère obligatoire de la foi: « Il est nécessaire d’accepter ce qui est écrit par quelqu’un, comme si cela était en accord avec la foi orthodoxe des saints Pères » [30] . Et, bien sûr, les membres du Concile soulignent: « Nous avons confessé ce qui nous a été donné par l’Écriture divine et les enseignements des saints Pères » [31] .

 

Sixième Concile Œcuménique

Le Sixième Concile œcuménique a accordé une attention encore plus importante que les Conciles précédents à l’examen des témoignages des saints Pères pour établir ce qui allait devenir plus tard le « consensus patrum ».

Dans la lettre du pape Agathon, incluse dans les actes du Concile, il est écrit à propos des légats du pape: « à ces messagers nous avons remis les témoignages de certains saints Pères qui étaient dans cette Eglise Apostolique, ainsi que leurs écrits, pour qu’ils essayent… grâce à ces écrits d’exprimer ce que l’Église Apostolique enseigne » [32] . « Car à partir d’un petit nombre de brefs témoignages de divers Pères respectés, la vérité devient tout à fait évidente » [33] .

L’accusation de l’hérétique au Concile, c’est « qu’il raisonne contre l’enseignement des saints Pères; il est l’ennemi des Pères » . Au contraire, « ce Concile a donné une définition précise, confirmée par les Saintes Écritures et conforme à l’enseignement des saints Pères » .[34]

Le document principal du Concile affirme : « Notre Concile saint et œcuménique … continuellement suivant le chemin direct des Pères saints et glorieux … a rejoint la voix des cinq Conciles œcuméniques » [35].

 

Septième Concile Œcuménique

Les Actes du Septième Concile œcuménique commencent par la lettre du Pape Grégoire, qui dit: « Notre lumière et notre pouvoir salvateur sont nos Pères et nos enseignants saints et porteurs de Dieu, ce que nous ont également témoigné les six Conciles ». Et même temps, de tels mots sont présents dans cette lettre: « Celui que altère ou détruit les définitions des Pères est maudit » [36] .

Cette idée est encore plus claire dans l’anathème suivant :

Anathema to those who say that the making of images is a diabolical invention and not a tradition of our holy Fathers.[37]

Saint Taraise de Constantinople invite tous les membres à étudier les oeuvres des saints Pères concernant le sujet du Concile en exprimant la doctrine de l’immutabilité des dogmes: « Ce que l’Église conserve dans Sa Tradition … demeure indemne et inébranlable pour toujours ».

Après cela, les membres du Conseil commencent à étudier en détail les textes des Pères, y compris ceux que les iconoclastes ont mis à leur profit pour établir ce qu’était le consentement des saints. Et, ayant établi ce consentement, ils s’exclament: « Que les enseignements des Pères aimant Dieu nous corrigent! A travers d’eux, nous avons bu de la vérité, en les suivant, nous avons chassé les mensonges … Nous gardons les commandements des Pères ». « En toutes choses nous détenons les doctrines de nos Pères qui portent Dieu, nous prêchons cet enseignement… sans rien ajouter et sans rien retirer de ce qui nous a été donné ».

Le document final affirme :

We, therefore, following the royal pathway and the divinely inspired authority of our Holy Fathers and the traditions of the Catholic Church (for, as we all know, the Holy Spirit indwells her), define with all certitude… [38]

Comme il est facile de voir, la Tradition patristique pour les Pères des Conciles œcuméniques était une autorité absolue, et la définition du consentement des anciens Pères dans la foi ne leur paraissait pas seulement possible, mais était une des procédures inaliénables du Concile. Et quand on pose la question: d’où sait-on que tel ou tel Concile est véritable ? Le signe le plus important pour les Pères des Conciles était la conformité de leurs résolutions au consentement des Pères de l’antiquité.

Quiconque doute qu’il existe l’expression générale de la foi et qu’elle soit définissable, peut se familiariser avec les Actes des Conciles œcuméniques et essayer de réfuter le « consensus patrum » qui y était révélé. Les Pères des Conciles n’ont pas été trompés et n’ont pas trompé d’autres chrétiens. L’accord général des saints sur les principales questions dogmatiques est une réalité.

Pour la conclusion, nous citons encore une fois les paroles du Septième Concile œcuménique:

« A ceux qui rejettent l’enseignement des saints Pères et la Tradition de l’Eglise catholique… à ceux qui disent qu’il ne faut pas suivre les enseignements des Saints Pères et des Conciles œcuméniques et la Tradition de l’Eglise catholique, anathème! »


 

 

 

[1] Chapitre 2 « Le traité de Pérégrinus pour l’antiquité et l’universalité de la foi catholique contre les nouveautés profanes de toutes les hérésies »

[2] Chapitre 27

[3] Chapitre 12

[4] Chapitre 3

[5] En fait, la situation décrite par saint Vincent s’est reproduite plus tard avec l’Eglise de Rome, lorsqu’une région entière est tombée dans l’erreur concernant le Filioque, en la confirmant par des Conciles locaux ultérieurs.

[6] Lettre IX à Maxime, philosophe

[7] Sur saint Denys d’Aléxandrie

[8] In his endeavour to convince the heathen, he deemed it needless to be nice about the words he employed; he judged it wiser sometimes to make concessions to the character of the subject who was being persuaded, so as not to run counter to the opportunity given him. This explains how it is that you may find there many expressions which now give great support to the heretics, as for instance creature and thing made and the like. ST. BASIL OF CAESAREA.To the notables of Neocæsarea.

[9] Do not put a wrong meaning on the words of Gregory. ST. BASIL OF CAESAREA. To the clergy of Neocæsarea.

[10] « La conduite dans la vie spirituelle ». Traduction russe

[11] Page 29. Traités contre ceux qui décrient les Saintes Images 

[12] Photius. Bibliotheque. Ed. R. Henry, IV vol. Paris, 1965. P. 291a.

[13] Le Second discours sur le feu purificateur, 15. Saint Marc d’Ephèse

[14] Warfield B. Introduction à la textologie du Nouveau Testament, op. par: McDowell J. Preuve indiscutable. Chicago, 1991.

[15] Philarète de Moscou , prélat. Appelez Dieu pour de l’aide (une collection de lettres). M., 2006. P. 639.

[16] Par exemple, les Actes des Troisième et Quatrième Conciles Oecuméniques ont été cités lors du Sixième Concile Oecuménique

[17] Athanasius – Epistula ad Afros episcopos. To the Bishops of Africa. 6

[18] And of how great diligence and skill there is need when the multitude of those grieved is so great, so that we may administer the healing word of truth to them that seek it. But this we shall accomplish most excellently if we shall turn over the words of the holy Fathers, and are zealous to obey their commands, proving ourselves, whether we be in the faith according to that which is written, and conform our thoughts to their upright and irreprehensible teaching. Cyril of Alexandria Second Letter to Nestorius

[19] Les Actes Du IIIe Concile. Session I. Traduction russe

[20] Extracts from the Acts. Session I

[21]  Extracts from the Acts. Session I.

[22] Extracts from the Acts. Session IV.

[23] ibid.

[24] Extracts from the Acts. Session XVI.

[25] After the reading of the definition, all the most religious Bishops cried out:  This is the faith of the fathers.The Definition of Faith of the Council of Chalcedon.

[26] Extracts from the Acts. Session I.

[27] ibid.

[28] The Sentence of the Synod.

[29] ibid.

[30] And since we had learned from these that nothing written by anyone else ought to be received unless it had been proved to agree with the orthodox faith of the holy Fathers, ibid.

[31] …and kindling for ourselves the light of knowledge from the holy Scriptures, and the doctrine of the Fathers, we have considered it necessary to comprehend in certain Capitula, both the declaration of the truth, and the condemnation of heretics, and of their wickedness. ibid.

[32] The Letter of Pope Agatho.

[33] ibid.

[34] The Definition of Faith.

[35]   Wherefore this our holy and Ecumenical Synod having driven away the impious error which had prevailed for a certain time until now, and following closely the straight path of the holy and approved Fathers, has piously given its full assent to the five holy and Ecumenical Synods , ibid.

[36] Partie de la lettre. Extracts from the Acts. Session II.

[37] Extracts from the Acts. Session I.

[38] The Decree of the Holy, Great, Ecumenical Synod, the Second of Nice.

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