Grâce à Dieu, nous publions ici une oeuvre très répandue dans les pays russophones du père-martyre Daniil Sysoev. L’ouvrage traite les questions de la mort et surtout l’expérience post-mortem décrite par la Sainte Eglise.

 

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Que faire si vous êtes quand même mort ? Malheureusement la plupart des gens essaient d’éviter de se poser cette question. Mais, qu’on le veuille ou non, on aura à mourir. Le père Daniel nous décrit d’une manière tout à fait logique et basée sur la Révélation Divine et l’expérience de l’Eglise Orthodoxe le passage de l’individu de cette vie provisoire vers l’éternité.

L’auteur nous donne les conseils concernant le comportement à prendre à ce moment crucial de notre vie. Il nous apprend comment ne pas avoir peur, comment passer les « péages », raconte ce qui nous attendra dès que nous aurons passé le seuil de la mort, explique en détail l’enseignement de l’Eglise sur l’enfer et le Paradis.

Ce livre sera utile à tous ceux qui ont des doutes sur la vie éternelle de l’âme, ainsi qu’aux gens qui s’intéressent tout simplement aux problèmes de leur sort posthume.

 


 

 

 

Content

  • « Le Bon Pasteur offre sa vie… » (Jn, 10,11) 4
  • Introduction 8
  • Histoire de la chute du premier homme et apparition de l’enfer 9
  • Le royaume au-dessus de la Terre 18
  • Structure de l’Univers 20
  • L’âme 22
  • Causes de la mort. Justes, pécheurs et « gens ordinaires » 26
  • Mort idéale. Mort terrible 36
  • Préparation à la mort, tentations et vertus 40
  • La mort approche. Moment de la mort 55
  • Les sensations après la mort 70
  • L’Au-delà, les « péages », les exemples des saints 80
  • Signification des Sacrements 86
  • Chemin vers les Cieux 91
  • Paradis 100
  • Résurrection universelle 106

 

 

« Le Bon Pasteur offre sa vie… » (Jn, 10,11)

Le prêtre Daniel Syssoyev naquit à Moscou le 12 janvier 1974 dans la famille des professeurs du dessin Alexey Syssoyev, actuellement prêtre, et Anne Amirova. Ses parents se firent baptiser après sa naissance. Daniel reçut son baptême le 31 octobre 1977.

Le garçon veut être prêtre depuis son plus bas âge. Au lieu de jouer il fait des sermons. Il adore écouter les vies des saints et dessiner. Il est très doué pour les études.

En 1991 Daniel devient étudiant du Séminaire Ecclésiastique de Moscou. Il lit beaucoup, traduit. Ses connaissances sont encyclopédiques. Pendant ses années d’études au Séminaire il assume le service du chantre et de l’ecclésiarche du cœur mixte de l’Ecole des maîtres de chapelle.

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Le 19 janvier 1994 Daniel Syssoyev est ordonné lecteur par l’évêque Rostislav (Dévia-tov) de Magadan et Tchoukotka. Il se marie l’an-née suivante et devient le moment venu père de sa première fille.

En 1995 il est ordonné diacre et en janvier 2001 — prêtre. La même année il termine ses études au Séminaire et devient étudiant de l’Académie Ecclésiastique de Moscou. Sa deuxième fille voit le jour cette année-là.

Le père Daniel a des activités intenses et multiples. Depuis son ordination il est prêtre à l’église Pierre et Paul à Moscou. Il a un talent de prédicateur et dit un sermon chaque fois quand il officie. Il exerce les fonctions du secrétaire du Centre de missionnaires et de civilisation « Six jours de la Création du monde ». En même temps il est membre du Centre de la réhabilitation des victimes des cultes totalitaires et des mouvements pseudo religieux St. Jean de Kronchtadt. En 1999 il écrit un livre

« Les annales du début », en 2000 il est rédacteur du recueil « Les six jours de la Création du monde contre la théorie de l’évolution » et de l’almanach « La révélation Divine et la science moderne ». Il publie plus d’une dizaine

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d’articles au sujet de la création du monde et contre les sectes.

A partir de l’année 1995 le père Daniel enseigne la Loi Divine aux élèves de la Gymnase Classique Orthodoxe « Yassiénévo ». Dès le mois d’août 1996, après avoir reçu la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche, il mène des discussions bibliques avec des personnes, victimes des sectes et des manipulations occultes à la Procure de Kroutitzy à Moscou. Au même endroit depuis l’année 1997 tous les jeudis il organise des soirées bibliques où il procède à la lecture de la Bible avec l’explication des extraits lus. A partir de 2006 les mêmes réunions de lectures ont été reprises à l’église St Thomas à Kantémirovskaya à Moscou.

De 2004 à 2009 il voyage beaucoup. En même temps il enseigne la liturgique et la mission au Séminaire auprès du monastère St Nicolas de Pérerva. En 2007 et en 2008 il va en Macédoine, à Tatarstan, en Kirghizie. Le père Daniel participe à de multiples émissions radio et télévisées, ainsi qu’aux discussions ouvertes avec des musulmans, auxquelles il est invité par la partie musulmane.

Au cours de l’année 2009 le père Daniel annonçait plusieurs fois qu’il recevait à

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maintes reprises les menaces de mort de la part des musulmans. La prédication ouverte de la Bonne Nouvelle et la conversion des musulmans à la foi chrétienne étaient la cause de ces avertissements dangereux.

Le matin du 19 novembre 2009 le père Daniel célébra la Liturgie Divine pendant laquelle il t communia. Ensuite il administra le Sacrement du Baptême à un enfant. Après il fit le rite qui rallia à l’Eglise une personne ayant pratiqué l’occultisme. Dans l’après-midi le père Daniel commença ses réunions habituelles de lectures bibliques, après lesquelles il resta tard à discuter avec tous ceux qui en avaient besoin. La nuit tombée, le dernier élève étant parti, le père Daniel se mit à confesser un de ses enfants spirituels. C’est à ce moment qu’un assassin masqué fit son interruption à l’église en tirant et en criant: « Où est Syssoyev? » En entendant du bruit et des cris le père Daniel interrompit la confession et sortit de l’autel. Il vit la personne masquée armée et sans avoir peur fit quelques pas à sa rencontre. Il fut immédiatement mortellement blessé. Quelques heures plus tard, sans reprendre ses esprits, le père Daniel trépassa. Il eut 35 ans

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au moment de sa mort et laissa sa femme avec trois enfants. Il fût tué au moment d’exercer sa vocation de prêtre, pendant le Sacrement de la Confession, habillé avec de l’étole du prêtre et avec la croix sur sa poitrine.

Introduction

Comme vous le comprenez, le sujet est actuel pour tout un chacun, car que nous le voulions ou non, nous aurons tous à mourir. Depuis Adam et Eve la mort est devenue ­malheureusement le sort triste et pas naturel de tous les êtres humains. Malgré le fait que ce sort ne correspondait pas au dessin de Dieu concernant l’homme, il est devenu notre deuxième nature, que le Seigneur a vaincue par Sa Résurrection. Mais Il ne nous a pas donné l’immortalité maintenant dans notre corps corrompu, ce qui serait cruel. Il nous a donné la Résurrection dans le corps immortel. La raison est claire pour laquelle le Seigneur ne nous a pas donné la vie éternelle maintenant.

— Vous, par exemple, grand-mères, voudriez-vous ne jamais mourir et être éternellement malades ?

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Non.

Vous pouvez facilement vous imaginer les gens qui prétendent vouloir vivre toujours, sauf qu’ils ne pensent pas qu’il serait également bien que dans ce « toujours » il n’y ait pas de maladies. Vous êtes d’accord, n’est-ce pas ?

Il est évident que quand nous parlons de la mort, il est nécessaire avant tout de comprendre comment l’Univers est fait afin de voir clair dans tout ce qui nous arrive dans la vie.

Histoire de la chute du premier homme et apparition de l’enfer

Nous devons comprendre que l’organisation de l’Univers changeait en permanence d’une manière cardinale. Au tout début l’Univers n’existait pas, il n’y avait que Dieu qui existait. Le Seigneur a créé deux mondes — deux univers, qui sont liés entre eux — le monde visible et le monde invisible. Nous en entendons parler chaque jour lors des Vêpres pendant la lecture du psaume 103. Et le monde visible et le monde invisible ont éclaté à la suite de la transgression : le monde invisible par la transgression

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de Lucifer et des anges qui l’ont suivi, le monde visible — à travers la chute des premiers êtres humains Adam et Eve. Avec le péché les maladies, la corruption et la mort sont entrées dans le monde visible. Le Seigneur a dit à Adam : « …tu es poussière et tu retourneras en poussière » (Gen. 3, 19). Dans la bouche du Seigneur ces paroles voulaient dire non seulement que le corps de l’homme irait dans la terre, mais que son âme irait dans les abîmes souterrains de l’enfer.

Cet ordre des choses a duré jusqu’à la Résurrection expiatoire du Fils de Dieu.

La Bible nous décrit d’une manière nette et détaillée l’organisation de l’enfer. Selon la parole de Dieu l’enfer est un certain endroit énorme et souterrain (Is. 14, 15). Le mot souterrain ne doit pas être compris au sens propre du terme. Plusieurs personnes en percevant les paroles de la Bible de façon littérale partaient chercher cet endroit dans les profondeurs de la terre.

Il y a à peu près cinq ou sept ans sont parus des articles qui relataient le fait que les foreurs avaient trouvé l’enfer sous la terre. Il est intéressant que ceux qui recopiaient ces

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publications n’aient pas fait attention à la date de sortie du journal, qui était à l’origine de l’erreur. Le journal en question était sorti le 1er avril et nombreux étaient ceux qui étaient tombés dans le piège du poisson d’avril. Effectivement, tout ce qui est sous terre est lié en quelque sorte avec l’enfer. On peut trouver les informations là-dessus dans certaines vies des saints et dans d’autres sources de la Tradition orale. Mais le lien en question n’est pas géographique. L’enfer est situé en bas (en dessous de), mais pas géographiquement, il s’agît d’une autre dimension. Notre monde possède une dimension en plus des trois dimensions connues, de l’espace et du temps. Je crois que chacun le comprend parce que nous pouvons deviner d’avance des évènements ou prendre conscience du temps en tant que tel. Si notre vie se passait uniquement dans les trois dimensions, nous ne pourrions pas le comprendre et en prendre conscience. En réalité notre âme appartient également au monde invisible qui est corrélatif au monde visible comme une dimension complémentaire.

Conformément à la parole de Dieu l’enfer, qui a commencé son existence à la suite de la

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rébellion des premiers êtres humains, est une prison des âmes comme l’Apôtre Pierre l’indique. Il est une sorte de cellule de détention préventive, mais pas un lieu de souffrances, ni de punition. L’enfer est l’endroit, comme la Bible le dit, où les âmes demeurent comme dans une sorte de sommeil perpétuel. Com-ment est ce sommeil ? Ici nous devons comprendre très clairement en quoi consiste l’erreur des témoins de Jéhovah qui considèrent que l’âme s’endort. Pour les témoins de Jéhovah la mort est un sommeil sans rêves. Il est possible que les témoins de Jéhovah ne fassent pas de rêves, mais en ce qui nous concerne, nous savons que le sommeil n’a rien à voir avec un état comateux. Notre conscience continue à travailler, mais de façon particulière, qui peut nous permettre de prendre conscience de nous-mêmes. Mais nous ne pouvons pas influencer notre rêve. Vous comprenez ? Je vois quelque chose sans pouvoir l’influencer. Je sens quelque chose, mais je ne peux rien changer. Cet état de perception est une comparaison très exacte avec le sommeil. Un sort qui est pareil à cet état de rêve dans le sommeil ordinaire attend tout être humain

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parti dans la prison des âmes dans le monde souterrain.
Maintenant quelques mots sur l’enfer. Après la transgression l’enfer est un certain endroit, souterrain, où les hommes se retrouvent après leur mort. Jusqu’à aujourd’hui les gens non baptisés y trouvent également leur place, tous sans exception.

L’enfer a son organisation particulière. En fonction du mal que l’être humain a commis dans sa vie terrestre il occupe une place au niveau supérieur ou inférieur. Avant l’avènement du Seigneur l’enfer possédait une sec-tion spéciale pour les justes, qui était séparée du restant par un certain abîme. Cet endroit de l’enfer réservé aux justes s’appelait « le sein d’Abraham ». Rappelez-vous la parabole du riche et du pauvre Lazare (Luc 16, 19–31) où il y a une description très nette du Schéol, alors que c’est un endroit invisible, et l’enfer proprement dit signifie un endroit souterrain (Hadès en grec veut dire le royaume souterrain). Le Schéol est un endroit invisible parce qu’il n’y a que des ténèbres.

C’est dans ce schéol précisément qu’il y avait une place prévue spécialement pour les

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justes qui espéraient le Christ, pour ceux qui espéraient que Dieu vienne pour s’ingérer dans l’histoire, et pour ceux qui avaient rencontré Dieu le Christ de leur vivant. L’expérience de cette rencontre et l’espoir entretenu pendant la vie terrestre rendaient leur existence post mortem plus remplie et plus dense, si on peut le dire, que la vie d’autres habitants de l’enfer.

Mais aujourd’hui les justes ne sont plus là, car le Seigneur Jésus Christ les a tous libérés quand Il est descendu aux enfers. Il a libéré également tous les pécheurs qui de leur vivant s’étaient repentis de leurs péchés, qui avaient servi le Dieu unique et avaient essayé de venir à Lui. Le Seigneur les a récupérés, eux aussi, car ils avaient cru en Lui et étaient venus vers Lui.

Après que le Seigneur ait détruit les portes de l’enfer la possibilité de s’en échapper est devenu réelle. A ce moment-là les âmes qui avaient le désir de s’échapper en ont profité. C’étaient celles qui de leur vivant avaient cherché Dieu. Pour les âmes des êtres humains qui ne cherchaient pas Dieu pendant leur vie, il était inutile de quitter l’enfer, car après la mort il n’y a pas de pénitence.

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Pour les êtres humains qui ont reçu le sacrement du Baptême, la possibilité de quitter l’enfer a été maintenue. Cette possibilité a servi de base pour un rite étonnant et mystérieux qui est célébré chaque Pentecôte, lorsque pendant la deuxième prière adressée au Christ Sauveur nous demandons grâce pour les âmes se trouvant en enfer en espérant qu’une aide leur soit octroyée afin de soulager leur état.

L’enfer, lui, a été détruit, et satan a été destitué. A présent il se trouve en enfer. Auparavant il n’y était pas. Vous devez savoir qu’avant satan venait en enfer pour se moquer des détenus, mais il n’y vivait pas. Son pouvoir résidait ailleurs. C’est dans les airs, dans l’atmosphère qu’il exerçait son pouvoir, d’où son appellation de prince du cosmos. Il est très important de le savoir. Pourquoi ?

Parce que l’idée répandue, que les démons habitent en enfer, est très dangereuse du point de vue pratique.

Selon le livre du prophète Ezéchiel l’enfer est organisé de telle façon que normale-ment les âmes des hommes se mettaient à côté des âmes de leurs ancêtres, remontant

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jusqu’au premier père de la lignée familiale. Ainsi toutes les âmes intelligentes des ancêtres des premiers peuples se trouvaient comme dans des cercueils, en pleine possession de leur conscience, mais sans aucun pouvoir de changer quoi que ce soit. Autour d’eux gisaient les âmes de leurs descendants. A propos, de là vient le culte des ancêtres. L’importance du lieu de l’enterrement et de l’entourage de la tombe dans ce lieu nous vient également de là, ainsi que l’attitude vis-à-vis des cimetières. Le peuple russe et d’autres peuples de la planète considèrent les cimetières comme des endroits particuliers liés d’une certaine façon au sort post-mortem des hommes. Il est vrai qu’auparavant ce lien a existé.

Actuellement l’endroit où sera le corps physique après sa mort est complètement sans importance pour l’âme de l’être humain. Le fait que le corps a été brûlé contre la volonté que l’être humain exprimait pendant son existence terrestre, ne constitue aucun péché ni aucune détérioration ni pour son âme, ni pour son corps. Est-ce que le fait de brûler les saints martyrs les a lésés d’une

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manière ou d’une autre ? Non. Vous comprenez ? Il est important de garder ça en tête, car souvent les gens ont une mauvaise compréhension de ces choses.

La Terre où nous vivons est souvent pour nous un endroit où notre cœur est attaché à beaucoup de choses. Le Seigneur a dit :
« ……­là­ où est ton trésor, là aussi est ton cœur » (Matthieu 6, 21). Effectivement l’homme a normalement des liens très étroits avec la Terre. Regardez bien : l’homme aime la Terre, il aime ce qu’il fait sur cette terre, il aime aussi les choses qui concernent son corps. Tout ceci ne se produit pas sans conséquences pour lui. Plus il aime la Terre, plus il s’y attache, plus il a du mal à la quitter. Plus loin nous parlerons du destin, de la nature du processus de la mort de l’âme ou de ce qui se passe quand l’homme est en train de mourir.

Où allons-nous nous retrouver quand nous serons sortis de notre corps ? En le quittant nous ne nous retrouverons pas en enfer, mais dans l’atmosphère. A ce moment précis il est utile de se poser une question concernant les habitants des airs. Il faut que nous ayons une compréhension très claire là-dessus.

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Le royaume au-dessus de la Terre

Au dessus de la Terre se trouve le royaume de satan, le domaine des esprits mauvais habitant sous le ciel où le diable est maître. Les Saintes Ecritures en parlent directement :

« …les esprits mauvais dans les régions célestes » (Ephésiens, 6, 12), « le prince du cosmos ». C’est lui qui règne dans autour de la Terre. Pourquoi ? Selon l’Ecriture ancienne basée sur les prophéties d’Ezéchiel au tout début, lorsque le chérubin Lucifer était encore fidèle à Dieu, il avait été nommé l’Ange-gardien de la planète Terre (Ezéchiel 28, 13–16). Le dessein de Dieu consistait à faire de la Terre le noyau du monde. Lucifer était le premier parmi les anges. Cette première place lui a valu la fonction confiée par Dieu de gouverner le cœur de l’Univers matériel. Ceci explique le fait que le chérubin révolté contre Dieu ait pu créer dans l’atmosphère, sous le ciel, son propre royaume des ténèbres, quand il a été soutenu dans sa révolte par l’homme déchu. Le mot « ténèbres » signifie que dans ce royaume il n’y a pas de lumière Divine. L’endroit le plus sale de la Terre peut être considéré

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comme une oasis de propreté par rapport au royaume qui est au-dessus de la Terre. Dans les contemplations de certains êtres ce domaine est souvent vu comme rempli de fausse lumière. L’Apôtre Paul dit que « …satan­ lui-même se déguise en ange de lumière » (2 Co 11, 14). Il est également capable de paraître aux humains sous d’autres formes qui peuvent être multiples, mais qui sont toutes fausses et changent en permanence, comme s’il mettait des masques différents. Il irradie de lui-même une sorte de lumière luciférique. C’est exactement cette lumière que voient les occultistes, magiciens et sorciers. En plus, d’une manière très précise, ils nomment le domaine habité par le diable « astral », ce qui vient du mot « astrum » (étoile). Il s’agit exactement du royaume sous le ciel et au-dessus de la Terre. Aussi l’appelle-t-on le cosmos (espace cosmique). Il ne s’agit pas de l’espace matériel autour de la Terre, car cet espace est soumis au Créateur, mais de l’ensemble des anges et des âmes humaines qui vivent d’après les lois du mal et qui sont sous le pouvoir de satan. Sachez bien que quand on parle de l’intelligence cosmique il s’agit de satan. Et si on vous

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propose de communiquer avec « l’intelligence cosmique », vous devez comprendre qu’on vous propose d’entrer en contact avec Lucifer en personne, mais en aucune façon avec Dieu. Les cieux sont soumis à Dieu jusqu’à aujourd’hui et sont peuplés par des esprits bienheureux.

Structure de l’Univers

La Bible compte trois ciels. Dans la deuxième épître aux Corinthiens l’Apôtre Paul dit : « Je connais un homme dans le Christ, qui voici quatorze ans (était-ce en son corps — je ne sais, était-ce hors de son corps — je ne sais : Dieu le sait) fut ravi jusqu’au troisième ciel. Et cet homme-là (était-ce en son corps, était-ce sans son corps — je ne sais : Dieu le sait) je sais qu’il fut ravi jusqu’au paradis et qu’il entendit des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à un homme de redire. Pour cet homme-là je me glorifierai ; mais pour moi, je ne me glorifierai que de mes faiblesses » (2 Ch 12, 2–5). L’Apôtre Paul parle dans cet extrait de lui-même, mais à la troisième personne, comme s’il décrivait quelqu’un d’autre.

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Ainsi l’atmosphère constitue le premier ciel, l’espace cosmique en représente le deuxième, et le monde invisible en est le troisième. C’est au sein du monde invisible où il a contemplé Dieu que l’Apôtre Paul a été ravi. Il a également été emporté dans le Paradis, l’endroit le plus élevé de la Terre, qui en est séparé par un glaive tournant. Néanmoins cette partie de la Terre est la plus haute et la plus belle. Éphrem le Syrien disait que cette partie de la Terre existait et en quelque sorte était accessible même pour les êtres en chair et en os. Le Paradis en question est également l’endroit préalable pour les âmes. Selon saint Jean Chrysostome nous avons acquis plus que ce que nous avions perdu. Le Paradis a été notre perte, et c’est le Royaume des Cieux qui nous est promis maintenant. Mais la Jérusalem céleste est encore inaccessible, elle n’a aucun habitant. Elle est déjà créée par Dieu sans être peuplée. Le jour où la Jérusalem céleste se remplira de citoyens, ce jour-là sera celui de la fin du monde quand Dieu descendra vers nous avec son feu céleste.

Et au-dessus de tous les mondes c’est Dieu Qui règne dans Son royaume infini

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remplissant tout, retenant tout, gouvernant tout, pénétrant tout et dépassant tout. Il est l’endroit pour tout et pour Lui-même.

Dieu est partout. Est-ce qu’Il est présent en enfer ? La Bible nous confirme directement Sa présence en enfer : « Si j’escalade les cieux, Tu es là, — dit le roi David, — qu’au schéol je me couche, Te voici » (Ps 138, 8). Le pouvoir de Dieu remplit absolument tout, et tout existe parce qu’Il le veut. Ainsi est constitué l’Univers où nous habitons.

L’âme

Passons maintenant à notre âme. Qu’est-ce que c’est que l’âme ? Plusieurs considèrent qu’à l’intérieur de nous il existe un

« petit bonhomme » qui vit sa vie, mais ces gens-là ne veulent absolument pas croire dans l’existence de l’âme. Mais rappelez-vous que l’âme est une intelligence, un esprit qui possède une volonté et des sentiments. Il est évident que celui qui n’a pas de tête est appelé « fou », « déraisonnable », ce qui est tout à fait logique. On ne peut même pas discuter avec une telle personne,

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car de quoi peut-on parler avec un imbécile insensé sans volonté ? En réalité l’âme est une intelligence, qui a une volonté et des sentiments, ayant en même temps une certaine capacité de vie pour animer le corps. Saint Jean Damascène distingue dans notre âme deux parties : sensée et insensée. La partie suprême de l’âme est celle qui est sensée. Ce qu’il y a de plus haut dans l’âme c’est l’intelligence, ce qu’on appelle également l’« esprit », parce que c’est dans cette partie-là que l’Esprit Saint entre et sanctifie tout l’être. Cela explique le fait que l’homme vient à l’Eglise poussé par sa foi, qui métamorphose d’abord son esprit et après soumet sa volonté et ses sentiments. De la même façon la partie insensée de notre âme à son tour se compose de deux parties: celle qui se soumet à notre esprit, et celle qui ne le fait pas. Par exemple la colère, elle obéit à notre esprit, Dieu nous l’a donnée exprès pour que nous nous débarrassions de nos péchés à l’aide de ce sentiment. En même temps d’autres choses font partie de notre âme et qui sont absolument ingérables par notre esprit. A titre d’exemple on peut signaler la

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force qui nous permet de grandir, de se développer et d’entretenir la vie dans notre corps physique. Cette force, sans être subordonnée à notre corps, est une manifestation de notre âme qui possède une volonté et des sentiments. L’image de l’âme sous forme d’un petit bonhomme qui mène sa vie à l’intérieur de nous a en quelque sorte une raison d’être.

L’âme possède également un mécanisme spirituel de gestion du corps. Il existe une notion des douleurs fantômes. Par exemple l’homme a mal à la jambe amputée. C’est la partie inférieure de son âme, celle qui n’est pas soumise à l’esprit, continue à chercher l’organe qui manque. D’après Grégoire de Nysse l’âme porte l’empreinte du corps aimé parce que le fait de ne pas avoir de corps est anormal pour l’être humain. Ceci est une raison pour laquelle nous croyons en la résurrection de la chair, et non seulement en la résurrection des âmes. Celui qui croit que l’âme est immortelle, et le corps ne l’est pas, et qui considère qu’après la mort il se retrouvera immédiatement au Royaume des Cieux où il recevra la plénitude de la grâce, celui-ci n’est pas un chrétien.

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Comme nous l’avons dit ci-dessus, la mort n’est pas non plus une condition normale pour l’homme. Mais la mort d’un chrétien est très différente de la mort de celui qui n’a aucune notion du christianisme. En quoi consiste cette différence par rapport à la nature humaine ? La personnalité du chrétien ne se détruit pas, tandis que celle du non chrétien, elle se détruit, parce que la notion de la personnalité de l’être humain embrasse et son âme, et son corps. L’homme dit : « Je suis malade », malgré le fait qu’il n’y a que son corps qui l’est vraiment, tandis que son âme est bien portante. Quand la personne non baptisée est morte, son âme se sépare de son corps, et la force qui assure le lien entre les deux disparaît. Le corps reste gésir dans la tombe, quant à l’âme, elle descend dans les abîmes souterrains attendre le jour du Jugement Dernier. Pour le chrétien ça se passe différemment. Le lien entre son âme et son corps perdure après sa mort, car Dieu est présent partout, et le corps et l’âme du chrétien sont scellés par Lui au moment du baptême, quand l’homme reçoit la Chrismation (l’Onction du baptême) — le sceau du Saint Esprit, qui est

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imprimé sur le corps, mais sanctifie l’âme en même temps. Au moment où le chrétien reçoit le Corps et le Sang du Seigneur il devient l’être qui a le même corps que le Christ, dans ses veines coule le Sang du Christ au sens propre du terme, et la chair de l’homme devient Celle du Christ. C’est la raison pour laquelle on nous appelle les membres du Corps du Christ.

Ainsi le lien entre le corps d’un chrétien et son âme ne peut être détruit. L’âme se sépare du corps, mais à travers Dieu le lien continue. De ce fait nous prions devant les reliques des saints, parce que ce lien est en vigueur chez les justes. Avant l’exploit expiatoire du Sauveur on ne priait pas devant les reliques des saints car le lien en question n’existait pas.

Causes de la mort. Justes, pécheurs et « gens ordinaires »

Maintenant, en ce qui concerne le processus de la mort, il est important de retenir que la mort se trouve dans les mains de Dieu. Il dit : « C’est Moi Qui fais mourir et Qui fais vivre, quand J’ai frappé c’est Moi qui guéris, et personne ne délivre de Ma main » (Dt 32, 39). Et

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le Christ dit dans l’Apocalypse : « …je­ détiens la clef de la mort et de l’hadès» (Ap 1, 18). Les clefs que le Sauveur a dans ses mains sur l’icône sont un symbole du pouvoir absolu que le Seigneur a sur l’enfer et sur la mort. Remarquez bien qu’Il n’a pas de clés du Paradis. Ce sont les Apôtres et leurs successeurs, les prêtres absolvant les humains de leurs péchés, qui les gardent.

Quelles sont des raisons pour lesquelles Dieu rappelle à Lui telle ou telle personne ? En général nous ne connaissons pas tous les desseins de Dieu, mais il existe un certain nombre de considérations, de notions générales qui exigent d’être expliquées. Souvent l’homme meurt au moment où il est mûr pour l’éternité. Il est dit dans les Evangiles : « Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre : qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. D’elle-même la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, puis plein de blé dans l’épi. Et quand le fruit s’y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point » (Mc 4, 26–29). Ainsi le Royaume de Dieu se développe à l’intérieur de l’être

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humain. Quant ce dernier est bien mûr pour l’éternité, il est immédiatement enlevé. Il est à noter que la vitesse de la maturation n’est aucunement liée avec le temps ordinaire. Voilà ce qu’en dit le livre de la Sagesse du roi Salomon : « …les­ âmes des justes sont dans la main de Dieu, et aucun tourment ne les touchera. Aux yeux des insensés ils ont paru bien morts, leur trépas a été tenu pour un malheur et leur départ loin de nous — pour un anéantissement ; mais eux sont dans la paix. S’ils ont, aux yeux des hommes, subi des châtiments, leur espérance était pleine d’immortalité. Pour une légère correction, ils seront comblés de bienfaits, car Dieu en effet les a mis à l’épreuve et Il les a trouvés dignes de Lui. Comme l’or au creuset Il les a éprouvés, comme un parfait holocauste, Il les a agréés. Au temps de leur jugement ils resplendiront, et comme les étincelles à travers le chaume ils courront. Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux à jamais. Ceux qui mettent en Lui leur confiance comprendront la vérité, et ceux qui sont fidèles demeureront auprès de Lui dans l’amour, car la grâce et la miséricorde sont pour Ses saints et Sa visite est pour Ses élus »

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(Sg 3, 1–9). Et plus loin le Seigneur dit : « …­le juste, même s’il meurt prématurément, sera en repos, la vieillesse honorable n’est pas celle qui se traduit par une longévité, elle ne se mesure pas au nombre des années : c’est cheveux blancs pour les hommes que l’intelligence, c’est un âge avancé qu’une vie sans tache. Devenu agréable

à Dieu, il fut aimé, et, comme il vivait au milieu des pécheurs, il fut ravi. Il a été enlevé de peur que la malice ne pervertisse son intelligence, et que la fourberie ne séduise son âme. Car la fascination de la perversité obscurcit le bien, et l’égarement de la concupiscence corrompt un esprit sans malice. Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière ; son âme était agréable au Seigneur, aussi est-elle sortie en hâte du milieu de la perversité. Les foules voient cela sans comprendre et il ne leur vient pas à la pensée que la grâce de Dieu et Sa miséricorde sont avec Ses saints et Son secours. Le juste qui meurt condamne les impies qui vivent, et la jeunesse vite consommée — la longue vieillesse de l’injuste » (Sg 4, 7–16). Voyez-vous comment Dieu considère la maturation de l’homme ? Il y a des cas où Dieu laisse un juste vivre un certain temps sur Terre. Ceci est fait pour que

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cet homme témoigne de l’éternité devant d’autres êtres. Le juste en question est déjà en pleine maturité, il vit dans l’éternité déjà ici sur Terre, mais Dieu le garde en vie pour qu’il serve de chemin vers Dieu à quelqu’un d’autre. Dans ce cas nous voyons bien que Dieu opère toujours selon Sa volonté.

Maintenant en ce qui concerne les pécheurs. Le Seigneur enlève ceux qui pèchent quand ces derniers atteignent les limites du mal. Nous le savons aussi. L’homme commettait des actes répréhensibles, et le Seigneur l’enlève au moment de son envol, quand il est devenu mûr pour le mal. Même dans ce cas de figure il existe des exceptions. Par exemple le pharaon, le roi d’Egypte, a atteint les limites du mal, mais Dieu l’a laissé en vie. Pourquoi ? Pour démon-trer que Sa force et Sa gloire sont au-dessus du pharaon, pour que le nom de Dieu fasse peur à tous les peuples. Comme s’Il avait montré avec évidence comment il ne fallait pas faire et ce qui arriverait à celui qui se comporterait mal. Dieu dit spécialement que dans Ses yeux cet homme était déjà mort, mais il était laissé en vie pour montrer toute

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la puissance de Dieu. Un panneau de publicité, si vous voulez. Ceci explique les cas où les derniers criminels restent sur Terre. Le Seigneur les garde en vie spécialement pour ultérieurement montrer Sa gloire sur ses gens-là et rappeler aux humains qu’il ne faut pas s’attacher à la Terre. La Terre n’est pas le Royaume des Cieux. Ce n’est pas un endroit où les hommes vivront éternellement. Même dans les œuvres de Saint Augustin nous rencontrons la question suivante : pourquoi même les peuples justes sont-ils gouvernés par des méchants ? Nous savons que les gouvernants d’Etats sont mis en place par Dieu, et non par les hommes. Il met en place et renverse les rois comme Il veut. Dieu fait en sorte que les hommes ne s’habituent pas et ne pensent pas que leur espoir doit être lié avec les succès terrestres de leur pays. Dieu envoie des gouvernants méchants afin que les hommes se détournent de la vanité du monde et cherchent le Royaume des Cieux qui est incorruptible. Par exemple je pense qu’il est difficile de s’attacher trop à la Terre quand vous avez Boris Nikolaévitch Eltsine comme président. Ainsi, le Seigneur a atteint

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son but pour que nous cherchions plutôt à sauver nos âmes qu’à organiser notre vie matérielle.

Mais revenons à nos moutons. Il existe enfin des gens dits « ordinaires », que le Seigneur enlève également. Sachant que la personne devenue mûre, peut être capable de commettre un péché grave, Dieu l’emporte avant qu’elle ne le fasse. Globalement telles sont les principales raisons qui causent la mort de l’être humain.

Evidemment, personne ne connaît les délais. Il y a de très rares cas où le Seigneur découvre à l’homme l’information concernant le moment de sa mort. Pourquoi ? Parce qu’autrement l’être humain dirait : « J’ai encore du temps avant de mourir, je vais en profiter pour faire la noce et après je me repentirai, et ça ira bien comme ça ». Mais après le péché ne lui permettrait pas de se repentir, parce qu’il deviendrait sa deuxième nature, et l’être en question ne serait pas à même de rentrer dans l’éternité. C’est une raison pour laquelle le Seigneur cache le moment de la mort. Mais nous, nous devons garder toujours présente à l’esprit la mémoire de la mort. Saint Jean

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Climaque a une règle géniale qu’il enseigne à un prêtre : « Ne rate jamais l’occasion de rappeler que l’homme est mortel ». Aujourd’hui on nous enseigne le contraire. Dans le cadre de notre culture on répète sans cesse : « On essaie de ne pas parler de la mort ». Autre-fois, comment portait-on les cercueils ? Dans un village, un homme qui a été respecté, on portait son cercueil à bout de bras ou sur l’épaule. N’est-ce pas ? Quelque temps après on a commencé à le transporter en voiture : le cercueil était conduit à travers toute la ville accompagné d’un orchestre. Et aujourd’hui on enferme le défunt dans un bus avec des rideaux bien tirés pour que personne ne voie rien, et la chose est faite!

Très souvent par devoir professionnel j’ai affaire aux mourants et aux morts. Il est intéressant de voir que souvent les gens essaient de se débarrasser des morts ! Ce phénomène est lié au fait que l’homme a peur de penser à la mort. En réalité cette approche est complètement incorrecte. Un chrétien normal doit faire tout son possible pour, comme le dit le roi Salomon, aller plus souvent « à la maison de deuil qu’à la maison de festin » (Ecclésiaste

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7, 2). Pour cette raison il est très utile d’aller au cimetière.

Du temps de mes études les séminaristes aimaient aller dans les morgues. Moi, je le faisais aussi. C’est une sensation forte qui vous dégrise, à la suite de laquelle vous reprenez vos esprits immédiatement. Certains saints avaient dans leurs cellules des têtes de morts, des cercueils et d’autres objets rappelant la mort. Beaucoup se creusaient une tombe encore de leur vivant.

— Pourquoi des enfants meurent-ils ?

— Pour la même raison. Le Seigneur voit qu’un enfant baptisé en devenant une personne adulte sera un brigand, tandis qu’en mourant cet enfant peut aller au Royaume de Dieu.

Un moine voulait connaître le destin Divin, et il a eu une révélation, qu’un bébé en grandissant deviendrait le chef de bandits, et en mourant à l’âge de bébé il irait au Royaume de Dieu. Il y a une autre explication concernant la mort des petits enfants, qui consiste dans le fait que la personne en question peut devenir rapidement un juste de très haut niveau. Prenez l’exemple de Kirik, un de

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nos justes. Quel âge avait-il ? Le martyr Kirik avait trois ans d’âge. Il est aujourd’hui un grand juste dans les cieux. Et les enfants de Bethléem ? Le Seigneur connaît les voies de l’homme. Il sait faire ce qu’on appelle « des calculs préalables ». Dieu voit le libre arbitre de l’homme, quoiqu’Il ne le définisse pas. Il utilise le libre arbitre des êtres différents, même des assassins, pour réaliser Sa décision. Un assassin commet un péché en violant les commandements de Dieu, mais il ne peut pas violer la volonté de Dieu. Est-ce clair ? Dieu ne voulant pas un meurtre, Il ne le permettra pas : il y aura un coup raté, un détonateur ne fonctionnera pas etc. Il y a plein d’exemples de ce genre.

J’ai regardé dernièrement les nouvelles à la télé, et j’ai appris qu’il y avait eu un acte terroriste en Inde qui avait emporté la vie de 65 personnes. En même temps il y a eu deux détonateurs qui n’avaient pas fonctionné. Le Seigneur a voulu que certaines personnes meurent et d’autres restent en vie. Selon les données statistiques il y a plus de 30 % de passagers qui sont en retard ou rendent leurs billets pour les vols dans des avions qui ont

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des crashs par la suite. Tout se passe selon la volonté de Dieu. Ce qui, en aucune façon, ne justifie le mal. La bonne volonté de Dieu utilise la mauvaise volonté de l’homme. Mais en aucune façon on ne peut justifier le mal. Dieu utilise tout simplement le mal fait par l’homme.

Mort idéale. Mort terrible

Maintenant, laquelle des morts est la meilleure ? Bien sûr la meilleure mort pour un chrétien est celle d’un martyr pour le Christ Sauveur. En général c’est la meilleure mort que l’être humain puisse avoir. Quand il y a eu trois moines tués au monastère d’Optino, certains y envoyaient des condoléances, tandis qu’en réalité pour un chrétien c’est une joie suprême. Dans l’Eglise ancienne on n’envoyait jamais de condoléances quand il y avait un meurtre quelque part. Toutes les églises envoyaient immédiatement des congratulations. Comprenez bien, on envoie des félicitations parce que dans les Cieux il y a un nouveau protecteur des chrétiens qui apparaît. La mort par

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martyre lave absolument tous les péchés excepté l’hérésie et le schisme. Tous les autres péchés — la fornication (tous les rapports sexuels en dehors du mariage sanctifié par l’Eglise), le meurtre, les adultères — sont lavés. L’hérésie est une altération consciente de l’enseignement de l’Eglise, qui va contre la volonté de Dieu. Ce n’est pas une altération par absence de connaissance. Est-ce clair ? En ce qui concerne le schisme, ce dernier représente l’organisation d’une rébellion contre l’Eglise. Tous les autres péchés sont lavés. Souvenez-vous du martyr Vonifatiy ! La langue slave nous trahit parfois. Par exemple dans le passé les slaves ont mal traduit le mot « martyr », et depuis nous le comprenons toujours d’une manière incorrecte. En général le mot « martyr » ne doit pas être compris comme celui qui souffre. Un martyr c’est un témoin. Chez les arabes c’est exactement le schakhid. Sauf que chez eux il témoigne de la méchanceté de l’esprit d’Allah, et chez nous il témoigne que le Christ est bon et qu’Il a vaincu la mort. Nous pouvons appeler quelqu’un un martyr, quand la personne en question a témoigné par sa

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mort que le Christ avait vaincu la mort et qu’Il était ressuscité. C’est ça qui constitue l’essence du témoignage, et non le fait que la personne est torturée. Il y a des martyrs qui sont morts de mort naturelle. On peut citer en exemple la première martyre Thècle qui est décédée naturellement, mais qui est bien une martyre. Il y a d’autres exemples : la martyre Golendoukha ou Sainte Chouchanika. Il est connu qu’elles ont subi des tortures et des moqueries cruelles, mais sont mortes de mort naturelle. Et avec ceci elles sont martyres, car elles ont témoigné avec leur vie et leur mort de la parole de Dieu.

Aujourd’hui, évidemment, nous prions toujours. Je crois que chacun parmi nous fait un signe de croix et se prosterne avec toute la sincérité de son cœur quand nous demandons au Seigneur « une fin chrétienne, sans douleur, sans honte, paisible, et une bonne défense devant Son trône redoutable ». J’espère que chacun le veut sincèrement.

Il est intéressant de savoir que la meilleure mort naturelle est celle dont on est prévenu. A la suite de ça, on considère que les maladies cancéreuses sont une faveur de Dieu, parce

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ce que la personne concernée sait qu’il ne lui reste que quelques mois à vivre. Elle peut se préparer, se réconcilier avec les autres, corriger sa vie et nettoyer son âme avant de partir pour l’éternité.

La mort la plus horrible que le chrétien puisse avoir c’est celle qui est brusque. L’homme qui meurt de cette manière part dans l’éternité sans faire ses bagages.

Est-ce que cela veut dire qu’il ne faut pas se soigner ?

Il faut se soigner. Qui dit qu’il ne le faut pas ? Selon la législation actuelle le méde-cin qui cache le diagnostic est un criminel et est soumis à une punition, si ma mémoire est juste, jusqu’à trois ans de privation de liberté. Et c’est tout à fait juste. Le médecin doit annoncer le diagnostic au malade lui-même, et pas à sa famille. Cet article a été adopté à l’exemple de l’Occident en 1995, il me semble.
Et qu’est-ce qu’il faut faire si la famille ne dit rien au malade ?

C’est qu’ils sont des criminels. Si quelqu’un est au courant du fait qu’une personne doit bientôt mourir et ne le lui dit pas, ce quelqu’un est un criminel. C’est une personne

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horrible. Mentir est une mauvaise action, surtout dans des circonstances pareilles.

Le SIDA est une punition de Dieu, cette maladie peut corriger celui qui est malade. Dans 90% des cas le SIDA est causé par la drogue et l’homosexualité. Des enfants infectés ne représentent que 3% des gens malades du SIDA, tandis que 90% (95% d’après certaines sources) sont des drogués et des débauchés. C’est un châtiment évident de Dieu. Mais reprenons notre sujet.

Préparation à la mort, tentations et vertus

Comment se préparer à la mort ? Que faire quand on est malade ? « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Eglise et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis » (Jc 5, 14–15). Nous recourons à l’Onction d’huile pendant la maladie. Mais encore aujourd’hui il existe un mythe remontant à l’enseignement catholique de Rome stipulant que l’onction

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d’huile est une extrême onction. C’est une erreur. L’Onction d’huile est donnée exactement pour guérir, et il arrive très souvent que ce Sacrement guérisse. J’au vu un bon nombre de guérisons après l’Onction. Je connais des prêtres qui étaient témoins de centaines et de milliers de guérisons après l’Onction d’huile. Pourquoi ceci se passe-t-il ? Par ces guérsons le Seigneur prouve à celui qui a été guéri que son corps sera ressuscité. Est-ce que vous comprenez bien le vrai sens de la guérison par l’Onction ? Cela est fait pour nous persuader de la résurrection du corps, car si le corps n’a aucune importance, s’il va se putréfier dans la tombe, il n’y a aucun sens à le guérir. Pour cette raison dans toute maladie il faut faire le Sacrement d’Onction d’huile.

Si vous avez une maladie mortelle, cancer ou autre, il faut se préparer de la manière suivante. Premièrement, il est nécessaire de réduire au minimum toutes vos œuvres séculières. Cela signifie qu’il faut dire adieu

à toutes vos occupations terrestres. Il faut payer vos dettes pour ne pas laisser à d’autres le soin de le faire. Obligatoirement il faut se réconcilier avec tous les proches. Il faut vous

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organiser pour avoir beaucoup de temps libre. Le diable fait de notre vie une course perpétuelle. Il essaie de nous faire crever avec une agitation qui ne finit pas pour qu’on n’ait pas de répit. La Bible nous en parle dans le livre de l’Exode quand Moïse est venu voir le pharaon pour lui dire la parole de Dieu: « laisse partir Mon peuple » (Ex 5, 1). Qu’est-ce que le pharaon lui a répondu ? « Vous avez trop de loisirs, voilà pourquoi vous dites : « Nous voulons aller sacrifier au Seigneur » (Ex 5, 17). C’est exactement ces paroles-là que le diable prononce jusqu’à aujourd’hui pour que les hommes n’arrêtent pas leur va-et-vient bassement matériel et oublient tout. Pour cela le diable est appelé le pharaon spirituel.

Si on vous a annoncé un diagnostic peu réconfortant, il faut faire tout pour avoir plus de temps libre. Remarquez bien que d’habitude les gens font carrément le contraire. Après avoir appris un diagnostic troublant les gens se chargent fortement de travail pour ne pas penser à la mort. C’est une bêtise. Il faut y penser. Il faut regarder à l’intérieur de son âme et chercher ce qui y manque. Il faut d’urgence faire de bonnes actions, celles qu’il est

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possible de faire à ce moment précis. Ce que vous faites avant de mourir va influencer la trajectoire que vous allez prendre dans l’éternité. Voilà l’image : plus l’avion prendra de vitesse au moment du décollage, plus de puissance il aura pour monter directement dans le ciel. De la même façon plus vous aspirez à la vie divine avant votre mort, plus vous monterez dans le Royaume de Dieu. Il ne faut pas oublier que le but est non seulement de monter au Paradis, mais d’y monter le plus haut possible et y recevoir le plus possible de dons. Dieu souhaite à Ses enfants qu’ils veuillent plus, et pas moins.

Une tentation qui vient avant la mort est un abattement. L’être humain est abattu par une angoisse très forte, il se pose des questions : « Comment est-ce possible ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal? Pourquoi je dois mourir maintenant ? ». Ces questions n’ont pas de sens. La question à poser à ce moment est la suivante : qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Souvenez-vous que l’angoisse n’a pas de paroles, ce n’est pas Dieu qui l’envoie. C’est le Christ Qui est Dieu Parole. « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était

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auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1, 1). Notre Dieu le Christ est Logos, ce qui fait que le chrétien est complètement dans le Verbe du Christ, tandis que toutes les envies privées du don de la parole viennent de l’ennemi de Dieu. Qui veut que nous perdions la raison ? Uniquement l’ennemi de Dieu. Toute anxiété, toute peine ne viennent pas de Dieu. Comment les soigner ? Avec de l’espoir. Le désespoir peut être guéri par l’espoir. Quand il y a un danger de mort pour un homme où doit-il placer son espoir ? Il est bien dit dans le Symbole de la foi: « J’attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir ». C’est le meilleur remède contre le chagrin et l’angoisse. Quand il reste peu de temps, il faut dire sa gratitude à Dieu d’avoir annoncé le décès qui approche. C’est le moment de faire ses valises. Les gens bêtes disent : « Moi, je vais faire la noce avant ma mort ». Et à quoi ça sert ? Il vaut mieux faire ses valises pour de vrai. Quand vous achetez un voyage touristique ou si vous voulez vous reposer dans un autre pays, vous échangez vos roubles contre des dollars ou des euros au cas où vous auriez à acheter quelque chose. Est-ce que

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chez les chrétiens il peut y avoir une sorte de « conversion de devises » ? Finalement elle existe chez les chrétiens comme dans le siècle. Quand on se prépare à partir dans l’au-delà il est nécessaire de convertir d’urgence la somme la plus grosse possible pour avoir de quoi vivre après la mort.

En faisant l’aumône nous acquérons notre trésor dans les cieux au sens propre du terme. Le Seigneur dit : « Vendez vos biens et donnez-les en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où ni voleur n’approche ni mite ne détruit. Car où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (Lc 12, 33–34). Quelle est, donc, votre tâche ? Elle consiste à vous accumuler un capital chez un trésorier céleste.

En même temps si je me rends dans un autre pays avec de l’argent, mais tout nu, ça n’ira pas non plus. Là où je vais il peut y avoir des problèmes climatiques. N’est-ce pas ? Pour ne pas me couvrir de ridicule devant les étrangers il me faut de bons vêtements. De même, quand nous partons de ce monde il faut bien regarder de quoi notre âme est habillée. En parlant de l’Eglise de Laodicée le

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Seigneur dit : « Tu t’imagines : me voilà riche, je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ; mais tu ne le vois donc pas : c’est toi qui es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu ! Aussi, suis donc mon conseil : achète chez Moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir, des habits blancs pour t’en revêtir et cacher la honte de ta nudité, un collyre enfin pour t’en oindre les yeux et recouvrer la vue » (Ap 3, 17–18). Notre tâche à nous c’est de voir comment est notre âme, si elle est bien habillée. Et quels sont les habits pour l’âme ? L’âme s’habille avec la vertu. S’il nous manque quelque chose de ce côté-là, il faut commencer à nous corriger immédiatement.

N’oubliez pas que toute passion contre laquelle vous ne luttez pas finira par vous dévorer. Après la mort toutes les passions vont ressortir. Remarquez bien qu’il n’y a pas besoin de les vaincre définitivement. Mais, après tout, ce serait bien de les vaincre définitivement et de devenir impassible.

Quel type de mort est le meilleur ? C’est quand l’Esprit Saint Lui-même te dira directement que tu es déjà sauvé. Il existe une notion, qui qualifie l’état particulier de

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quelqu’un qui a atteint les sommets de la vie spirituelle, et qui est une assurance. Dans ce cas l’Esprit Saint dit Lui-même à une telle personne qu’elle va aller dans le Royaume des Cieux d’une manière sûre. Voici ce qu’en dit l’Apôtre Paul : « J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Et maintenant, voici qu’est préparée pour moi la couronne de justice, qu’en retour le Seigneur me donnera en ce Jour-là, Lui, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront attendu avec amour Son Apparition » (2 Tm 4, 7–8). Cela veut dire que l’Apôtre Paul savait fermement qu’il serait sauvé. Antoine le Grand, lui, il jubilait avant la mort parce qu’il était sûr d’être sauvé par le Seigneur. Le Seigneur le lui a dit Lui-même. Rappelez-vous ce que disait Saint Séraphin de Sarov :

« Venez sur ma tombe, je vais prier Dieu pour vous ». La bienheureuse Matronne parlait de la même façon. Pourquoi ? Avaient-ils tant de confiance en eux-mêmes ? Pas du tout. L’Esprit Saint leur a attesté qu’ils seraient sauvés. Il est impossible à l’homme d’agir lui-même dans ce sens. C’est la décision de Dieu, comme Dieu Lui-même l’a dit. Mais il faut y aspirer,

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car la meilleure assurance du salut vient des Paroles prononcées par Dieu.
Est-ce qu’on peut être embrouillé par un démon ?

Non. Dans ce cas de figure le démon ne peut pas embrouiller. Quand c’est Dieu Qui parle, on ne peut confondre cet évènement avec aucun autre. Au cas où il y a des doutes, il ne s’agit pas de Dieu. Pour que la Parole de Dieu se manifeste il faut qu’il y ait d’abord les fruits de l’Esprit, et ce n’est qu’après que Dieu s’adresse à l’homme. Dans le texte de l’Epître aux Galates il est dit : « Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22–23). Ces fruits de l’Esprit témoignent du fait que l’homme s’approche de Dieu, et c’est uniquement après que Dieu lui parle.

Nous savons qu’après être sorti de son corps, l’homme est obligé de se retrouver dans une ambiance défavorable pour lui. Cela veut dire qu’il devra affronter des esprits mauvais. J’espère pour nous tous que nos relations avec eux sont mauvaises. Ce ne serait pas bien d’être en bons termes avec

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des esprits mauvais. D’où la nécessité de les combattre. A ce moment-là la vérification de notre équipement s’impose, aussi bien que celle des armes dont on aura besoin pour lutter contre eux. De quoi notre armement doit-il avoir l’air ? Dans le sixième chapitre de son Epître aux Ephésiens l’Apôtre Paul décrit en détail la technologie des préparatifs à ce jour fatidique. « Revêtez l’armure de Dieu, pour pouvoir résister aux manœuvres du diable, car ce n’est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les régisseurs de ce monde des ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes. C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester ferme » (Ep 6, 11–13). « Le jour mauvais » est celui de notre mort, le jour où nous rencontrerons les princes des ténèbres. Il faut bien maîtriser toutes les armes qui sont en notre possession et vérifier leur état opérationnel. Comment devons-nous être armés ? « Levez-vous, donc, en vous ceignant de la vérité », — dit Théophane le Reclus. La tête aussi doit être

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casquée de vérité. Avant tout le corps doit être pur. Il faut cesser les fornications, tous rapports sexuels, la débauche et toutes les choses de ce genre. Le cerveau doit plonger dans la contemplation des articles de foi en Dieu. Avant la mort il est nécessaire de réviser la science des dogmes, la théologie dogmatique, car pour entrer au Paradis il faut connaître un mot de passe. Vous le connaissez ? Si non, on ne vous laissera pas entrer. Le Symbole de la foi est ce mot de passe pour le Royaume des Cieux. La signification du mot « symbole » est « mot de passe ».
Est-ce qu’il peut nous arriver de l’oublier ?

— Si vous n’avez jamais réfléchi au sens du Symbole de la Foi, bien sûr que vous l’oublie-rez. Mais si vous vous y êtes intéressés il vous reviendra à l’esprit.

Donc, avant tout il faut se faire examiner dans la matière qui est la foi. Après il faut
« se vêtir de l’armure de la sainteté ». Il s’agit de vérifier si à ce moment précis nous respectons tous les commandements de Dieu. Pour continuer il faut « être chaussé de l’empressement de dire la bonne nouvelle au monde ».

De quoi exactement faut-il être chaussé ? De

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l’ardeur d’aller vers le monde Divin selon les Evangiles. Etes-vous toujours prêt à faire tout selon les Evangiles ? Le moment est venu de se contrôler. « Avant toute autre chose prenez le bouclier de la foi, qui vous donnera la force d’éteindre toutes les flèches incandescentes du malin ». Regardez à quel point vous faites confiance à Dieu. Organisez-vous un examen en vivant un moment d’angoisse ou de découragement pour voir si vous arrivez à les rejeter facilement ou pas. Si ce n’est pas le cas, demandez à Dieu de vous renforcer dans votre foi. Ensuite, «prenez également le casque du salut ». Le casque du salut est l’espoir ferme que le salut vient de Dieu. Maintenant en ce qui concerne la lutte. Gardez bien présent à l’esprit que les armes pour la bataille vous sont données : l’espoir du salut qui sera votre casque, la Parole de Dieu et des prières qui seront votre glaive afin de combattre des démons et les chasser dehors. Il faut bien connaître la foi, ses dogmes pour qu’aucun démon ne puisse vous fausser l’esprit, et pour que tout en vous soit prêt pour que vous puissiez devenir saint. « Et un glaive spirituel qui est la Parole de Dieu ». Premièrement, lisez la

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Parole de Dieu. Je considère, que si quelqu’un a une maladie mortelle, il doit relire les Ecritures Saintes d’un bout à l’autre, au moins il doit commencer à le faire. N’oubliez pas que pour nous la Parole de Dieu n’est pas qu’un texte, mais également une forme suprême de prière.

Quelle est la différence entre la prière orthodoxe et celle des sectateurs ? Ces derniers prient avec leurs propres mots, tandis que les orthodoxes le font avec la Bible. C’est une absurdité d’entendre dire que tout ce qui est orthodoxe n’est pas biblique. C’est les membres des sectes qui ne sont pas bibliques. Ils ont arraché des morceaux de la Bible et les utilisent à tors et à travers sans rien connaître au juste. Moi-même, j’ai eu une discussion publique avec des protestants. Ils ne connaissent pas la Bible du tout. On leur montre un passage dans le texte de la Bible, et eux de dire : « Oh, on ne le connaissait pas ». Ils apprennent par cœur des recueils de citations, sans avoir une vision intégrale de la Bible. Tandis que nous, chrétiens orthodoxes, nous prions avec la Parole de Dieu, nous la vivons. Savez-vous combien il y a de

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lectures bibliques pendant notre office ? Mais presque tout l’office est composé de lectures bibliques. Même le canon d’André de Crète est complètement imprégné par la Bible. Voilà pourquoi nous écoutons la Parole de Dieu et nous prions avec la Parole de Dieu. Nous prenons l’habitude d’être en prière permanente. Le commandement de Dieu nous appelle à prier d’une manière incessante : « Veillez donc et priez en tout temps » (Lc 21, 36). En suivant ce précepte nous devons nous contrôler tout le temps pour vérifier si nous prions ou pas. Pendant des accès de peur nous le ressentons particulièrement. C’est le prince des ténèbres qui nous pousse à avoir peur, et on ne peut le chasser qu’avec la prière.

Qu’est-ce qu’il faut faire lorsqu’on n’est pas prêt ? Débranchez toutes les pensées. Apprenez à le faire et mémorisez bien cette technologie d’une manière sûre. Après avoir débranché toutes les pensées concentrez-vous uniquement sur les paroles de la prière : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, ait pitié de moi, pécheur. Très Sainte Souveraine Vierge Mère de Dieu, aide-moi. Seigneur, protège-moi avec la puissance de la vénérable Sainte Croix. Gloire

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au Père, et au Fils, et au Saint Esprit, maintenant, et toujours, et aux siècles des siècles. Amen ». Rejetez toutes les pensées, même les plus convaincantes, qui vous empêchent de prier, car elles viennent de satan. Par ces pensées on veut vous pousser vers le désespoir et vous faire périr. C’est un premier assaut, la plus forte attaque sera déclenchée tout de suite après la mort. C’est une bonne raison pour bien se préparer.
Maintenant parlons de l’aide qui peut nous être donnée par nos proches. Si nous sommes incapables de fréquenter le temple de Dieu nous-mêmes, il faut demander à nos proches d’amener le prêtre à la maison le plus souvent possible. Le plus important est de communier le jour même de notre mort. Selon la tradition, que la pratique confirme, celui qui a reçu dignement le viatique, est inaccessible aux attaques de satan après sa mort. Le Christ est en lui.

Comme il est dit chez l’Apôtre Paul : celui qui se glorifie, il se glorifie dans le Seigneur (1Co 10, 16–17). Est-ce clair ? C’est pour cette raison que le diable a de grands problèmes avec un tel chrétien. Il est très utile de prier

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Sainte Barbara pour ne pas mourir brusquement. N’oubliez pas Sainte Barbara.

La mort approche. Moment de la mort

Et maintenant on va parler de la mort. Quelles sont les étapes ? Au début, une fois le diagnostic appris, l’homme refuse de le croire. Ensuite il se révolte, proteste, et il finit par se tranquilliser. C’est la résignation des incrédules. Les croyants doivent être contents d’avoir le temps pour se préparer et mener à bout toutes les choses commencées. Vous comprenez qu’il vous reste peu de temps. Dieu merci vous le savez, comme ça vous pouvez faire le nécessaire. Je vous ai déjà parlé des dettes, de la Parole de Dieu, des vertus. J’ai également mentionné l’examen de la foi à s’administrer. Efforcez-vous de fréquenter le temple de Dieu même en dehors des offices. Vous pouvez y lire la Parole de Dieu ou les Pères de l’Eglise. Alignez votre esprit sur une longueur d’onde qui fait penser à Dieu. Evitez de regarder la télévision, qui distrait. Vous n’en avez pas besoin. C’est à ce moment particulier que

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vous n’avez surtout pas besoin de distractions. Communiquez avec votre famille, parlez à vos proches, laissez une sorte de testament à vos enfants. Quel testament ? Pas uniquement financier, mais également spirituel ; dirigez les vers la lumière de Dieu, parce que vous êtes responsables de vos enfants. Nos aïeux n’avaient pas peur de la mort. Auparavant des princes faisaient de grands testaments où ils traitaient de questions financières, foncières et surtout spirituelles : ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait pas faire. Ils ne montraient ni panique ni hystérie. L’hystérie est de notre époque.

Tout le monde a toujours eu peur de la mort.
Ce n’est pas vrai !

Il n’y a pas eu d’hystérie, mais la mort, on en a eu toujours peur.

Ce n’est pas juste ! Les chrétiens n’avaient pas peur de la mort. Ceux qui croyaient sérieusement n’avaient pas peur de la mort.

Parlons du moment où la mort approche. Comment le reconnaître ? Premièrement, sachez que les douleurs lâchent les malades cancéreux un jour avant la mort,

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car l’organisme arrête de lutter. C’est l’ultime immense miséricorde Divine. Comme je l’ai déjà dit, il est nécessaire d’approcher les Saints Sacrements. Evidemment il faut réu-nir la famille, les proches pour leur parler. Et après il faut rester seul pour être avec Dieu dans la prière. Vos intimes peuvent rester en silence à vos côtés. Vous pouvez demander que quelqu’un vous lise à haute voix les Evangiles, qui recèlent une puissance suprême. Les Evangiles peuvent aligner correctement votre âme au moment même de la mort. C’est une raison pour laquelle vous ne devez pas transférer les mourants dans des hôpitaux et des hospices. La meilleure des choses c’est de mourir chez soi. Merci à Dieu pour l’existence d’un nombre d’hôpitaux orthodoxes, mais quand même il vaut mieux les éviter.

Souvent avant la mort les gens ont des yeux qui s’ouvrent petit à petit. La personne commence à voir un autre monde. Il est fréquent de voir les proches décédés qui apparaissent, ou des Anges de Dieu, ou, au contraire, des esprits mauvais. Il faut être prêt à tous ces phénomènes, parce que « les tuniques de peau », dont les yeux des

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humains sont revêtus depuis la chute du premier homme, deviennent de plus en plus fines, et le mourant s’ouvre à une autre réalité. A ce moment-là il est utile de ne pas oublier que satan est un baratineur. En vérité il a beaucoup moins de forces qu’on ne le pense. Comme il a été dit dans les Ecritures : « l’ennemi est achevé, ruines sans fin » (Ps 9, 7) . Cela signifie que l’ennemi n’a plus d’armes depuis la crucifixion de Jésus Christ. Au cas où vous voyez des spectres ou des démons qui vont vous faire peur, n’oubliez pas que leur seule tâche est de vous intimider. Ils n’ont pas de force. Je vous ai raconté un jour l’histoire du démon qui était apparu devant Antoine le Grand. Un énorme démon, un géant aux yeux rouges qui s’élevait jusqu’au ciel, très noir. Antoine n’a fait que rire de lui :

Et bien, explique-moi ce que tu es venu faire chez moi ? — dit Antoine le Grand, — si tu me veux, moi, Antoine, — me voici. Si c’est Dieu Qui t’a donné du pouvoir sur moi

— prends-moi, fais-toi plaisir. Sinon, qu’est-ce que tu es venu faire ici ? Franchement, pourquoi tu me déranges ?! Qu’est-ce que tu

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veux de moi ?!! Voici, je fais un signe de croix, et va-t-en.
Antoine a fait un signe de croix, et le démon a disparu.

Regardez l’Ange que Dieu a envoyé pour tuer les Assyriens. Cet Ange n’a pas fait de démonstrations particulières avant de s’acquitter de sa mission. Il est venu, les a fait périr et s’est retiré. De même, les Anges que Dieu a chargés de la mission de faire mourir tous les premiers-nés d’Egypte. Est-ce qu’ils faisaient des démonstrations quelconques ? Non, ils sont venus, ils ont fait ce qu’ils devaient faire sans explications et ils sont partis. Il en était souvent ainsi. Les saints avaient cette attitude vis-à-vis de la volonté de Dieu, et vous devez l’avoir: faire un signe de croix, adresser une prière à Dieu, mais sans orgueil. N’oubliez pas que Dieu est avec nous à condition que nous priions. C’est une raison pour laquelle nous disons : « Dieu, protège-nous avec la force de Ta vénérable et vivifiante Croix et préserve-nous de tout mal ». Et il faut faire un signe de croix. Selon Saint Jean Chrysostome aucune force nuisible de satan ne peut nous toucher quand nous prononçons ces paroles.

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Quand la mort approche il est nécessaire de lire le psaume 118 « Heureux impeccables en leur voie », le cathisme 17. On peut demander au prêtre, s’il est présent, de le lire. Il peut lire également le canon pour la sortie de l’âme du corps. Il est préférable que la lecture soit faite par un prêtre connaissant les prières spéciales qui aident considérablement. Au cas d’une agonie difficile on procède à la lecture d’une prière particulière. Si la personne souffre longtemps il est également nécessaire d’appeler le prêtre au téléphone. Il peut lire les prières chez lui s’il ne peut pas venir. Le Seigneur entendra cette prière.

Un jour j’ai été appelé chez une femme mourante à neuf heures du soir. Je l’avais confessée un mois et demi avant cette visite. Vous savez bien qu’avant sa mort la personne, qui trépasse, peut communier indépendamment du fait d’avoir mangé ou pas. A ce moment précis le fait d’avoir mangé n’a aucune importance. A ce sujet il existe une règle du premier Concile Œcuménique. A partir du moment où la personne observe la foi orthodoxe il faut la faire communier. Donc, moi, j’arrive et je vois un spectacle effrayant :

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la femme en question est allongée sur le lit avec des yeux qui sortent de leurs orbites au sens propre du terme, au point qu’on ne voit pas les paupières. Et elle est en train de repousser quelqu’un de force en faisant des gestes à droite et à gauche en criant : « J’ai peur, j’ai peur, j’ai peur ». Je lui demande si elle veut communier. Elle répond : « Oui »,

— après quoi elle a perdu la faculté de parler. C’étaient ses dernières paroles. Je lui ai administré les Saints Sacrements, et elle s’est calmée immédiatement, a souri et a trépassé. Ceci est un exemple de passage par des épreuves post mortem dites « péages », et l’exemple de la miséricorde de Dieu. Il faut prier pour l’obtenir.

Qu’est-ce qu’il faut faire quand l’homme est sans connaissance ?

Il faut prier pour lui, lire un canon pour la sortie de l’âme. Il est interdit d’administrer des Sacrements à la personne qui a perdu ses esprits. A l’exception du Baptême et au cas où la personne a manifesté auparavant son désir d’être baptisée. Il est interdit d’administrer des Sacrements tels que la Communion ou l’Onction d’huile à celui qui est

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sans connaissance. N’oubliez pas que l’ictus ne signifie pas que la personne touchée est sans connaissance. Elle peut perdre la possibilité de parler, mais si sa conscience est présente, on peut la faire communier à condition qu’elle manifeste son accord avec ses yeux ou par n’importe quel autre moyen. Encore une fois je rappelle : la personne en question devait pendant sa vie faire un effort pour aller vers Dieu. Dieu dans ce cas-là lui fait honneur de pouvoir s’approcher du calice. Dans le cas contraire, quand l’être humain toute sa vie n’en faisait qu’à sa tête, le Seigneur ne lui donne pas cette possibilité.

Un prêtre a décidé d’administrer une onction d’huile à une femme sans connaissance. Au début du Sacrement de l’Onction d’huile quand on a commencé à lire les Evangiles la femme en question est sortie du coma et a dit : « Je me repens ». Ensuite elle a communié, et le lendemain elle est morte.

Les règles de l’Eglise n’autorisent pas à administrer des Sacrements aux personnes dans un état comateux à l’exception du Sacrement du Baptême. Normalement dans ce genre de situation on célèbre un moleben,

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prière solennelle d’intercession, pour la santé. Si le Seigneur le veut, la personne comateuse peut retrouver sa conscience. En ce qui concerne le Baptême, ce Sacrement n’est administré que si la personne malade avait manifesté avant sa maladie le désir de recevoir le Baptême, mais les circonstances l’ont empêchée de le faire en temps utile. Dans ce cas de figure on asperge cette personne trois fois avec de l’eau.

Maintenant parlons du moment de la mort. La différence entre les niveaux spirituels apparaît au moment où la mort approche. Les Ecritures disent que « le méchant mourra de sa méchanceté, et ceux qui en veulent aux fidèles devront en subir la peine » (Ps 33, 32). Et le Seigneur disait d’un riche écervelé : « Pauvre fou ! Cette nuit même on va te redemander ton âme ». Littéralement : on l’extraira en la torturant. « Pour qui sera tout ce que tu as accumulé ? » (Lc 12, 20). Effectivement, un certain esprit visite réellement des hommes au moment où ils doivent mourir. Cet esprit a l’aspect des images sur lesquelles les humains représentent la mort : souvent c’est un squelette avec une faux ou d’autres instruments.

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Cet esprit est l’ange de la mort qui enlève aux hommes la vie. A quoi tout ça sert-il ? Ca sert à couper le lien avec la terre. L’homme qui n’est pas attaché à la terre et qui croit en Christ Sauveur ne verra pas la mort dans le sens propre de ce terme. Quand le Seigneur a dit : « celui qui écoute Ma parole et croit à Celui Qui M’a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jn 5, 24), Il n’a pas parlé d’une manière allégorique ou indirecte, le sens de Sa phrase est directe. Cela explique le fait que ceux qui meurent d’une manière juste ne voient pas la mort. Ils voient des Anges Divins et parfois le Christ Sauveur en personne. Avez-vous entendu une histoire célèbre qui parle d’un ascète très respecté dans la ville d’Alexandrie et qui était en train de mourir ? Des démons sont venus et ont extrait l’âme de son corps en le torturant, et à ce moment-là la voix de Dieu a prononcé que pas une minute Dieu n’avait connu la paix dans l’âme de ce moine, bien que cet ascète ait paru être un grand juste. Le jour même un sans-abri trépassait pas loin de cet endroit, couché dans un caniveau. Dieu a envoyé l’Archange Saint Michel

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pour qu’il récupère son âme. Le sans-abri a dit à l’Archange qu’il ne voulait pas mourir. L’Archange revient vers Dieu pour Lui annoncer cette volonté du sans-abri. Dieu appelle le roi David en lui demandant de chanter afin de faire sortir l’âme du pauvre de son corps. Le roi David commence à lui chanter un chant angélique si beau que l’âme émerveillée sort du corps et monte vers le Ciel. Proprement parlant c’est exactement ça qu’on demande dans nos prières. Rappelez-vous les paroles de Dieu : « Je suis la porte : Celui qui entrera par Moi, sera sauvé, il entrera et sortira, et trouvera un pâturage » (Jn 10, 9). « Celui qui entrera » où ? Dans l’Eglise. Il sortira de ce monde par le Christ et trouvera un pâturage éternel dans le Paradis, cet endroit qu’on appelle gras ou riche en herbes graminées et en céréales. Ceci explique pourquoi celui qui se préparait correctement ne voit pas en réalité la mort qui devient facile pour lui. Pour ces gens ce moment ne peut même être appelé « la mort ». Les Ecritures l’appellent

« une délivrance ». L’Apôtre Paul disait : « j’ai le désir d’être délivré et être avec le Christ, ce qui serait, et de beaucoup, bien préférable, mais

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demeurer dans la chair est plus important pour vous » (Ph 1, 23–24). S’il est possible de parler de la normalité chrétienne, nous devrions rêver de quitter ce monde par le Christ, en Sa présence, et que l’amour de Dieu nous remplisse au moment de notre mort. Il faut que notre prière à ce moment crucial nous amène à la mort avec Dieu.

Avant la mort elle-même l’homme peut vivre des états différents. Voici l’exemple de Sisoès le Grand : au moment où les Anges sont venus chercher son âme, il leur demandait de lui laisser le temps pour se repentir. Il considérait qu’il n’avait même pas commencé sa pénitence bien qu’on lui ait dit qu’il était déjà parfait. Ensuite il a commencé à irradier la lumière, et, en disant : « Voici le Christ qui vient, apportez-moi le vase d’élection du désert », il est sorti de son corps. Il a été ravi jusqu’au Ciel par les mains du Christ. D’autres au contraire se mettaient en joie. Un ascète, Apollonios, s’égayait et jubilait avant la mort. Interrogé par les autres sur la cause de sa joie, il répondait de la manière suivante : « J’étais paisible comme Moïse, fervent comme Aaron, courageux comme Josué, fils de

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Nûn, pieux comme David, sage comme Salomon. Si Dieu m’a donné tout ça, pourquoi ne me donnerait-Il pas le Royaume des Cieux ? » Ce raisonnement parait très intéressant, quoique peu modeste. Mais c’est exactement cette approche qui peut être considérée comme une vraie soumission. Le Seigneur a donné toutes ces qualités, le Seigneur a donné absolument tout, est-il possible qu’Il ne donne pas également le Royaume des Cieux ? Il ne faut pas oublier que notre espoir, et il est particulièrement important de ne pas l’oublier au moment de la mort, est basé sur la mort et la Résurrection du Seigneur Jésus Christ, et non sur nos bonnes actions. Essayez de croiser vos bras, serrer la croix contre vous. Demandez qu’on vous installe le Crucifix de notre Sauveur devant les yeux, afin que la mémoire de notre Sauveur vous accompagne au moment de la sortie de ce monde et que cette dernière vous mène vers la vie. Celui qui s’est préparé correctement à ce moment peut espérer avoir la vie en sortant de ce monde. J’en connais des exemples. La douleur physique à ce moment précis n’a aucune importance. Le saint évêque Grégoire Palamas mourait du cancer des

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intestins. Les douleurs étaient terribles. Malgré ces souffrances il disait : « Vers les Cieux, vers les Cieux, vers la lumière ». Ces paroles ont été entendues par le futur patriarche Philothée, qui était assis à ses côtés. Après ces mots saint Grégoire Palamas est sorti de son corps en souriant. La pièce, où son corps se trouvait, s’est remplie immédiatement de parfum et de lumière. Il a beaucoup souffert, comme des martyrs souffrent pendant qu’on les torture sans se soucier de la douleur. Est-ce clair ? La joie céleste, qui n’a aucun lien avec le corps, embrasse l’âme. Cet état, on est capable de l’atteindre sur terre : le chrétien est tellement attiré par le ciel que le mal fait à son corps ne lui importe plus.

Comment se déroule le processus de la mort au cas où l’homme n’est pas prêt? D’habitude le corps se vide petit à petit des essences de vie, comme si la vie quittait doucement son habitacle. La mort commence à envahir la personne par les bouts des doigts et des orteils. Après elle monte brusquement vers des articulations. La sainte Théodora a vu comment la mort lui coupait articulation par articulation. N’importe quel homme ordinaire

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voit souvent ça. Après quoi on ressent comme si la vie se concentrait dans deux points : dans le cœur et dans le front. Et si ensuite la personne voit la mort, elle peut avoir des sensations différentes comme celles qui suivent: prendre une boisson, ou la mort coupe le dernier fil, ou tout simplement un coup brusque et sans douleur. Ces sensations peuvent être multiples. Il y a un instant où on perd connaissance, comme si on tombait dans le noir, après quoi beaucoup de gens voient un tunnel. Cela signifie que la conscience revient. Dans d’autres cas il n’y a pas de tunnel, et la personne se retrouve en dehors de son corps et voit son corps de l’extérieur. Parfois l’homme ne se rend pas tout de suite compte qu’il est déjà mort. Cela qui arrive assez souvent, surtout quand il n’y a pas eu de préparation à la mort. Une chose importante à savoir : après la mort les hommes gardent leurs convictions. Les Ecritures ne parlent nulle part de changements de convictions après la mort, tout au contraire, il y est écrit qu’en enfer on ne confesse pas sa foi en Dieu, car l’âme de la personne défunte est la proie de ses superstitions: « car dans la mort on ne peut plus penser

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à Toi : chez les défunts on ne peut plus te louer » (Ps 6, 6). En plus, comme nous l’avons déjà indiqué, les passions, contre lesquelles la personne n’a pas lutté de son vivant, ressortent.

Les sensations après la mort

L’être, évidemment son âme, se voit dans une nouvelle réalité. Au début il se sent très soulagé, surtout si, vivant, il a été malade, et même s’il ne l’était pas. Pourquoi ? Saint Grégoire de Nazianze dit le Théologien disait qu’après la chute d’Adam notre âme est devenue une porteuse de cadavre. Le corps gêne l’âme, vous l’avez certainement déjà remarqué. Tout le monde connaît certainement les situations de ce genre : au moment où vous avez besoin de réfléchir vous avez tantôt mal

à la tête, tantôt votre estomac fait du bruit, tantôt votre cœur vous fait mal ou vous avez tout simplement sommeil. Toute activité de l’âme est liée avec le corps. Donc, après être sortie de son corps, l’âme se retrouve dans un état plus naturel pour elle. Mais elle ne sait pas encore qu’en ce qui concerne l’une de ses tâches les plus importantes — c’est-à-dire

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l’animation du corps — elle ne peut plus s’en acquitter. Pendant quelques minutes la personne essaie en vain d’établir le contact avec les gens de son entourage jusqu’au moment où elle se rend compte de sa mort. Pour celui qui se préparait tout ce qui lui arrive parait naturel, et même attendu. Quelles sont les actions à entreprendre à ce moment-là ? Au lieu de se jeter à droite, à gauche, il vaut mieux prier. Comment ?

« Seigneur, en Tes mains je remets mon esprit ». Ce sont les paroles que le Seigneur Lui-même a prononcées sur la croix. Pour nous c’est une prière que nous récitons tous les soirs avant de nous endormir. Pareillement, en sortant de notre corps il faut glorifier la Sainte Trinité pour que cette glorification continue au-delà du moment de la mort.

Vous rappelez-vous la mort de sainte Macrine ? J’aime toujours raconter cette histoire. Elle avait une maladie grave et était déjà si faible que l’on croyait qu’elle était en train de mourir. Le soir est tombé, et on a apporté des lampes allumées dans la pièce. Et sainte Macrine, comme tout chrétien ordinaire …­Et qu’est-ce qu’ils font, les chrétiens ordinaires,

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quand on apporte la lumière le soir?.. Elle a commencé à chanter tout bas la « Lumière joyeuse »: « Lumière joyeuse de la sainte gloire du Père Immortel, Céleste, Saint et Bienheureux,

ô Jésus Christ ! Parvenus au coucher du soleil, voyant la lumière du soir, nous chantons Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Il est digne dans tous les temps de Te célébrer avec des voix saintes ».

En prononçant ces paroles elle est sortie de son corps et a continué à chanter après avoir quitté son corps : « Ô Fils de Dieu qui donne la vie ; aussi le monde Te glorifie ». Voilà une belle mort. N’est-ce pas ? En vérité c’est un exemple de ce qui est une mort noble. Il est bien de commencer à chanter des louanges et des remerciements à Dieu avant de mourir parce que Dieu nous fait sortir de notre corps afin de nous y réinstaller de nouveau.

Avant de mourir pensez que tout le monde rencontrera son corps de nouveau le jour de la Résurrection. J’insiste : exactement le même corps, mais purifié par Dieu.

D’habitude l’âme de celui, qui est en train de mourir dans l’état de gratitude vis-à-vis de

Dieu, essaie de monter immédiatement vers

Lui. Comme il est bien dit dans l’Ecclésiaste,

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le souffle de l’homme retourne à Dieu Qui l’a donné (Qo 12, 7).
Selon la tradition bien connue, l’âme de la personne qui a vécu d’une manière ordinaire, erre sur Terre pendant trois jours. Elle peut se diriger vers des lieux qui lui étaient très chers. Moi, je vous recommande de faire un voyage vers le Saint Sépulcre. D’après l’enseignement orthodoxe, pour les âmes des trépassés les distances n’existent pas. Fréquents sont les cas où, au moment de la mort, des âmes faisaient leurs apparitions

à des personnes différentes, membres de la famille, pour annoncer leur mort ou faire leurs adieux. Encore une fois, moi, je vous recommande d’aller vers le Saint Sépulcre ou d’assister à une Liturgie Divine célébrée pas loin de chez vous. Ne pas oublier que nous pouvons y participer comme si nous

étions en vie, car les sacrifices sont offertes et pour les vivants, et pour les défunts. La prière de saint Ambroise de Milan contient les paroles suivantes : « nous Te prions, Seigneur, que ce sacrifice, offert aussi pour les défunts, devienne pour eux une expiation, une purification, et que Ton Sang Vivifiant

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les rassasie ». Conformément à ces paroles nous devons aspirer au Saint Sacrement du Christ qui est la source vivante de la grâce Divine. Malheureusement beaucoup d’âmes de défunts aspirent à des choses terrestres. Chacun fait son choix. L’amour ne se commande pas.

Certains courent sur terre pendant les trois premiers jours. On ne les laisse pas faire au-delà de ce temps. Ce qui préoccupait l’homme avant sa mort, définit le choix des endroits par lesquels il sera attiré tout de suite après. Ceci explique une parole suivante: « Je vous jugerai dans l’état dans lequel Je vous aurai surpris » (Jean Climaque « L’Echelle sainte » Parole 7 §50 ; Ez 33, 13–20). La personne qui a plein d’habitudes terrestres va se diriger vers la terre.

Est-ce qu’il faut prier à ce moment ?

Si la personne qui meurt en a pris l’habitude, la prière viendra, autrement — non. Est-ce clair ? L’ennemi vous enlève toutes les possibilités de vous protéger et immédiatement.

Batuchka (petit père), expliquez les paroles de Dieu à propos d’un moine qui ne Le laissait pas Se reposer en lui un seul jour.

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Tout est simple. Aucun repos. Ses exploits, il les faisait par vanité et par orgueil. Il communiait, mais son âme n’était jamais en paix. Dieu n’avait pas la possibilité de S’installer en lui en paix.

Donc, voici mon conseil : sortez du corps en priant. Si la terre vous attire quand même, allez à l’église. Et n’oubliez pas que vous avez la possibilité extraordinaire d’entrer dans n’importe quel temple de la planète, de visiter tous les lieux saints que vous désirez. L’âme d’un chrétien ordinaire, s’il en a envie, peut se rendre en visite au Golgotha ou aller vers le Saint Sépulcre afin de Les vénérer avant de quitter la terre.

Evidemment le délai de trois jours est assez relatif. Souvent les ennemis commencent déjà à attaquer pendant cette période soit en vous intimidant soit en vous séduisant.
Prières pour les défunts, service funèbre, quarantaines.

Habituellement l’âme du défunt revient sur terre au moment de l’enterrement du corps. Pour cette raison les services funèbres à distance ne sont pas une chose normale. La personne morte a besoin que son corps soit

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à l’église, sanctifié par le Saint Sacrement, et que l’âme puisse prier pour la dernière fois. C’est encore mieux d’amener le corps du défunt à l’église avant la Liturgie afin que son âme puisse y assister, ainsi qu’aux adieux de ses proches. L’âme du défunt entend réellement tout et c’est pour ça qu’elle a besoin des adieux. Comprenez-vous ?

Nous embrassons le corps, et l’âme, qui habitait dans ce corps entend et doit pardonner. Je vous rappelle que si vous êtes mort et que votre âme part sans pardonner, elle part directement en enfer. Et il n’y a pas d’autres solutions. Apprenez à pardonner tant que vous êtes en vie. Celui qui ne pardonne pas de son vivant ne pourra plus le faire après sa mort. Et l’endroit où il ira est bien connu de tout le monde.

Est-ce que nous, ceux qui restent en vie, devons également demander pardon à celui qui est mort ?

Nous le devons et d’une manière très sincère. C’est le dernier moment où il est possible de se réconcilier avec lui. Ceux qui essaient de se débarrasser du corps sans faire

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de service funèbre agissent d’une manière horrible. Demandez obligatoirement un vrai service funèbre, et non pas une messe à distance. Ce genre d’office peut être célébré à distance seulement dans le cas où le défunt par la force de circonstances n’a pas de lieu d’enterrement : la personne s’est noyée, ou a été tuée à la guerre, et l’endroit où se trouve le corps est inconnu. Dans tous les autres cas la célébration à distance n’est pas normale. Ceci est très important. Faites le nécessaire de votre vivant pour que l’office à l’église où votre corps sera amené après votre mort ne soit pas célébré d’une manière abrégé. N’ayez pas honte d’aller vous-même voir le prêtre à ce sujet. Je vous assure que, si vous le prévenez vous-même, aucun prêtre n’abrègera l’office, sauf des cas extrêmes, tels, par exemple, que le jour du Vendredi Saint.

Quel jour célèbre-t-on l’office funèbre ? On le fait le troisième jour. Comme vous

le savez, il existe des rites différents de services funèbres: pour les nouveau-nés, pour les moines, pour les laïques, pour les prêtres, pour les évêques, pour les diacres. En plus, il y a un rite spécial de l’office des morts le jour

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de Pâques, quand, pendant tout le service de fête de Pâques on ne prononce que la litanie comme prière pour le défunt.

Et le corps de la personne défunte doit se trouver où ?

Ça dépend.

Mais le corps, il faut le laisser où ?

Où vous serez autorisé à le faire.

On peut le garder à la maison ?

Bien sûr.

Les proches, qui sont chrétiens, doivent, naturellement, aider à laver le corps eux-mêmes. C’est mieux quand ce sont les proches qui rendent leur hommage au défunt. Pour vous rappeler : les séculiers, on les lave, les prêtres, on les frotte avec de l’huile bénite. Quant aux moines, sans les laver, on leur frotte les lèvres, les mains et les pieds avec de l’huile bénite. N’oubliez pas que l’honneur rendu au défunt, est une vertu pour le chrétien, dont il reçoit la récompense dans les Cieux. Le Livre du Roi David parle d’une grande récompense qui attend ceux qui enterrent les gens qui n’ont personne pour inhumer leurs corps. Il s’agit d’une récompense vraiment grande, que le Seigneur

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donnera quand le corps sera ressuscité le dernier jour.
Quelles doivent être les actions des proches et de la famille quand la personne est morte ? Il faut faire dire immédiatement le plus possible de quarantaines dans des églises différentes. Dès le premier jour il serait bien d’écrire un petit billet de commémoration avec le nom de la personne défunte et l’envoyer au Mont Athos. Il faut y envoyer ce billet par l’intermédiaire de la Procure du Mont Athos se trouvant à côté de l’endroit où la famille habite. Le même billet peut être également envoyé à la ville sainte de Jérusalem à travers la Procure de Jérusalem. Il faut tout simplement y aller et laisser votre billet avec le nom de la personne défunte pour que sa commémoration se fasse auprès du Saint Sépulcre. Les moscovites peuvent aller dans la rue Arbat dans une église de la Résurrection, l’église de l’Apôtre Philippe, qui est la Procure de Jérusalem. Il faut demander aux membres de la famille de lire le Psautier pendant quarante jours de suite, au moins un cathisme. Si vous avez des amis proches, demandez à l’avance qu’ils prient pour vous en établissant

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l’ordre journalier de lecture. Il arrive qu’on embauche des gens spécialement pour lire le Psautier vingt quatre heures sur vingt quatre. C’est très utile, car le Psautier protège contre les attaques des démons, comme si cette prière entourait l’âme du trépassé. Quelle est l’utilité de l’office des morts ? Ce service funèbre sert à protéger l’âme de la personne morte le troisième jour, quand elle monte dans les Cieux, en l’entourant des prières de l’Eglise. Il est nécessaire que ce jour-là la Liturgie soit absolument célébrée, si l’« Ustav » (le Typikon) l’autorise. Avant le carême, par exemple ce n’est pas autorisé.

L’Au-delà, les « péages », les exemples des saints

Bien sûr un Ange-gardien accueille l’homme après sa mort. Le chrétien est accueilli par deux Anges : un Ange gardien et un Ange « psychopompe » ou « psychagogue », celui qui est chargé d’accompagner et de guider, qui tous les deux conduisent l’âme du trépassé dans l’Au-delà. En plus de ces deux Anges il y a au moins deux

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démons qui sont à l’accueil : un ange tentateur et un ange guide vers les ténèbres. Normalement ça arrive le troisième jour. Pour les âmes de ceux qui veulent aller le plus vite possible au Ciel, cette rencontre peut se passer le premier jour après la mort. Des saints, par exemple, ne tardaient pas, n’attendaient rien et se dirigeaient directement vers le Ciel, point final. « Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (Mt 6, 21). La personne qui possède plein de biens dans les Cieux, qu’est-ce qu’elle a encore à attendre ailleurs? Elle a, peut-être, envie de bénéficier de ses droits le plus tôt possible. Si son fiancé bien-aimé l’attend dans les Cieux, qu’est-ce qu’elle a encore à traîner faire sur terre ? Quand l’âme du défunt monte dans l’air, elle passe les épreuves des princes des ténèbres qu’on appelle les « péages ». Même la Mère de Dieu au moment de partir vers Son Fils Le priait avant Son Assomption qu’Il La protège des « péages ». Et le saint martyr Eustrate, dont nous récitons la prière pendant l’office de minuit des samedis, suppliait aussi Dieu qu’Il lui fasse l’honneur de passer outre les « péages ». Voilà pourquoi nous devons

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également demander à Dieu dans nos prières de nous protéger.

Les « péages » représentent la dernière tentative d’induire l’homme en tentation, de le séduire et de causer sa perte. Ils sont inévitables et obligatoires. On peut se poser la question, à quel point sont-ils inévitables ? J’ai déjà dit que les chrétiens qui avaient communié, passeraient outre les « péages », tandis que les démons se sauveraient de ces âmes à toute vitesse.

Je conseille vivement à tout le monde de lire « Les ailes données par la Trinité », écrit par le père Tikhone Agrikov. Son livre est déjà en vente. C’est un livre magnifique sur des ascètes de nos jours. Le père Tikhone Agrikov, archimandrite Pantéleimon, qui observait les règles les plus austères, a été pendant un certain temps le confesseur de la foi de la Laure. Ensuite il est devenu un ancien (un starets) au Caucase, et après encore pendant la guerre de Tchétchénie, il a vécu dans les Carpates. Après de nouveau il s’est retrouvé au Caucase. Il est décédé à Malakhovka aux environ de Moscou. Voici un grand starets de nos jours, celui-là ! Je l’ai même un peu connu. Il a été un vrai

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ascète de Dieu. Mettez le nom de l’archimandrite Pantéleimon dans les listes de commémoration que vous donnez à l’église. Le neveu de l’archimandrite Pantéleimon Alexandre, évêque de la ville de Dmitrov, qui officie à Tcherquisovo, est actuellement vicaire du Patriarche à Moscou.

Voilà une histoire que racontait le père Tikhone à propos d’un diacre de la Laure de la Trinité Saint Serge assez connu et qui est décédé en 1960. Un jour ce moine-diacre a célébré la Liturgie pendant laquelle il avait communié, et s’est retiré ensuite dans sa cellule pour se reposer. Il s’est endormi et ne s’est plus réveillé. Le père Tikhone dans la cellule de ce moine-diacre priait pour que Dieu lui fasse connaître le sort posthume du défunt. Le quarantième jour après la mort du diacre le père Tikhone a eu une vision du défunt lumineux de bonheur. Le père Tikhone l’a interrogé à propos de son passage des « péages ». Et le diacre trépassé de répondre : « Sais-tu, qu’à force d’avoir communié, je suis passé outre les

« péages ». Les démons ont fuit dans tous les sens, parce qu’il avait du Sang et du Corps du Seigneur en lui. Comprenez-vous maintenant

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que le Saint Sacrement est la meilleure protection contre les attaques des démons?

En même temps une prière insistante provoque ces attaques. Des ascètes menant une vie spirituelle subissent en permanence ce genre d’attaques. Les démons n’intimident pas ceux qui n’ont pas de vie spirituelle. Et si vous ne voulez pas être effrayé par les démons au moment de passer les « péages », menez une mauvaise vie. Dans ce cas de figure vous serez tout simplement trompé.

Selon saint Théophane le Reclus les démons tromperont celui qui avait l’habitude de son vivant d’être gourmand. L’âme de la personne qui avait vécu pour son estomac, qu’est-ce qu’elle va voir à la sortie de son corps? Théophane le Reclus dit qu’elle verra une table bien mise, avec du caviar, des œufs de saumon, le dos d’esturgeon essoré, des gâteaux, du vin etc. Cette âme, qu’est-ce qu’elle va faire ? Où va-t-elle aller ? Et c’est à ce moment précis qu’elle sera attrapée, parce qu’elle fera son choix librement toute seule. Cela explique toutes ces histoires parlant des mondes astraux, des demeures astrales bienheureuses, qui ne sont rien d’autre que

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les pièges de satan, installés sur le chemin de l’Au-delà. Toutes ces descriptions nous parlent d’une réalité bien organisée, des attrapes réelles installées pour saisir les âmes des êtres humains. Et je suis même persuadé que les musulmans, par exemple, voient réellement leur paradis musulman. Sauf que, après, ils ne sont pas du tout contents de s’y retrouver.

Tous les hommes tombent obligatoirement dans ces pièges. Sauf ceux qui se sont confessés. Dans les « Epreuves de la sainte Théodora » il y a vingt épreuves (« péages ») décrites. D’autres sources en donnent une quantité un peu différente. L’essentiel de l’épreuve qui consiste à passer par les

« péages » est de vérifier tous les péchés de chaque âme. Comment ça se passe ? En sortant toutes leurs notes, les esprits mauvais évoquent tous les péchés que la personne a commis pendant sa vie. Leur but est de perdre l’âme en question et la récupérer de plein droit. Mais n’oubliez pas qu’ils ne peuvent trouver dans leurs notes aucun péché confessé. Ils peuvent s’en souvenir, mais ils

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n’ont pas de preuves. C’est une raison pour laquelle il est nécessaire de se confesser le plus souvent possible.

Signification des Sacrements

Je recommande de se confesser deux-trois fois par semaine. Ce rythme de confession ne nécessite pas une préparation particulière. Après avoir commis, que Dieu nous en préserve, un péché quelconque il faut tout de suite le confesser. C’est tout. Avec cette approche la vie est très facile à vivre. Pour le moment dans l’église où j’officie il n’y a qu’un seul prêtre, ce qui me pose un vrai problème, car je me confesse rarement. Et je vous assure que cette situation me gêne réellement. Quand j’officiais dans d’autres églises ce problème n’existait pas. Aujourd’hui je suis obligé d’aller ailleurs, et j’ai peu de temps pour ça. On doit confesser ses péchés à partir de l’âge de sept ans. Priez Dieu lors du Sacrement de l’Onction de l’huile pour qu’Il rétablisse le bon fonctionnement de votre mémoire afin que vous vous souveniez de tous les péchés commis et oubliés. A propos : dans les prières

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du Sacrement de l’Onction de l’huile il n’y a aucune mention de l’absolution des péchés oubliés. N’ayez pas d’illusions.

— Dans ce cas-là quelle est l’utilité de ce Sacrement ?

— Ce Sacrement guérit le corps.

— Et quelle est la différence entre la Confession et la Communion ?

— Lors de la Confession les péchés sont absous, tandis que pendant l’Eucharistie on s’unit au Christ. Quant à la guérison du corps ou des maladies de l’âme (les déprimes par exemple), liées à la perturbation du fonctionnement corporel, le Sacrement de l’Onction de l’huile est très utile dans ce genre de situations.

Ouvrez les Saintes Ecritures, en particulier l’épitre de l’Apôtre Jaques où rien n’est dit à propos des péchés oubliés. Que signifie la phrase « les péchés sont absous » ? Les conséquences des péchés sont des maladies. La conséquence, voire la punition pour le péché commis, est enlevée par le Sacrement de l’Onction de l’huile administré par sept prêtres (dans la pratique actuelle et en fonction des cas précis le nombre indiqué

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de prêtres peut être diminué). Le péché lui-même ne peut être enlevé que pendant le Sacrement de la Pénitence. Les Saintes Ecritures, comme les Pères de l’Eglise, ne disent rien à propos de la rémission des péchés pendant l’Onction de l’huile. Lorsque j’étais étudiant au séminaire, j’ai pris mon temps afin d’entreprendre une étude spéciale concernant le Sacrement de l’Onction de l’huile. Dans le cadre de cette étude j’ai relu tous les Pères de l’Eglise qui avaient écrit à ce sujet. Aucun ne parle de la rémission des péchés pendant le rite de l’Onction de l’huile administrée par sept prêtres. Les conséquences des péchés sont nettoyées, mais les péchés eux-mêmes ne sont pas remis. Par contre on se souvient des péchés anciens oubliés, c’est un fait notoire. Il vous est certainement déjà arrivé après avoir vécu ce Sacrement de vous être rappelé d’un seul coup des choses enterrées par votre mémoire depuis très longtemps. L’Onction de l’huile restaure l’esprit pour que l’homme puisse se repentir, avoir des regrets. Et le Seigneur nous éclaircit l’esprit. Dans la vie de la Bienheureuse Théodora nous apprenons que dans l’au-delà elle voyait

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les prières de son père spirituel saint Basile le Jeune comme une masse d’or qui lui venait en aide. Il faut garder en mémoire que les prières des justes et des gens ordinaires sont un support très important qui aident l’homme à se purifier, à abandonner l’habitude de pécher. Nous implorons le Seigneur de nous octroyer le don de la prière. Il est bien mieux d’essayer de ne pas pécher, et quand cela arrive, d’aller immédiatement nettoyer son cœur. Prenez l’habitude de vous confesser le plus souvent possible. Si vous avez commis un péché, demandez tout de suite pardon à Dieu et ne vous justifiez pas. Sachez que Dieu peut vous pardonner sans que vous vous confessiez au cas où vous n’avez pas de possibilité d’assister au Sacrement de la Pénitence. Nous connais-sons des cas où Dieu remettait des péchés Lui-même. Il ne S’est pas enlevé le droit de le faire, n’est-ce pas ? Je vous en donne un exemple : un homme commettait tout le temps un péché de fornication en allant après chaque fois à l’église pour faire sa pénitence. Un jour il l’a fait comme d’habitude et en se rendant au temple il est mort sur le chemin. Le diable exigeait son âme, tandis que Dieu a

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dit : « Le temps de la mort est en Mon pouvoir, et le repentir, c’est lui qui en décide. Il se dirigeait vers Moi pour faire sa pénitence, de ce fait c’est Moi qui l’accueille ». Je ne raconte pas cette histoire pour justifier la vie dans le péché, mais pour vous démontrer qu’il faut apprendre à vivre dans la pénitence. Tu as fait un faux pas — demande immédiatement pardon. A cet égard l’Eglise a institué la confession personnelle quotidienne que nous faisons tous les soirs en lisant les prières du soir avant de nous endormir. Et il ne faut pas transformer la lecture de cette règle en une simple énumération automatique des péchés. Dans la confession du soir vous devez faire pénitence pour vos péchés réels commis ce jour-ci.

La vitesse avec laquelle l’âme s’élève vers les Cieux peut être différente d’une personne à l’autre. Pour cela il n’y a pas de règles générales. Macaire le Grand a mis quelques minutes pour le faire. Afin de réveiller la vanité en lui les démons criaient pendant son ascension : « Macaire, tu nous a vaincus ».

« Pas encore », — répondait le saint en continuant à monter. Et eux de nouveau : « Nous

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sommes vaincus par ta force ». Et lui encore une foi : « Pas encore ». Et quand il était déjà à la porte du Paradis il a dit : « Oui, je vous ai vaincus par la force de Jésus Christ ».

Comment se comporter s’il n’y a pas de prêtre à vos côtés au moment où vous mourez ? Vous devez faire la liste de vos péchés et demander n’importe quelle personne de transmettre ce papier à un prêtre. Ce dernier lira obligatoirement la prière d’absolution et remettra les péchés car il garde le pouvoir des clés. De la même façon, les prêtres ont les mêmes pouvoirs après leur mort parce qu’ils restent prêtres dans l’au-delà. Il est très important de savoir comment agir quand on est seul. En même temps la personne mourante doit elle-même prier Dieu de lui pardonner ses péchés.

Chemin vers les Cieux

Donc, en montant vers les Cieux priez Dieu sans arrêt. Essayez de ne pas parler aux démons, laissez l’Ange gardien le souci de le faire. Quant à vous, vous devez demander pardon. Dès que vous voyez un péché quelconque,

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demandez pardon tout de suite. Tous les péchés mentionnés ne seront pas les vôtres. Les démons sont menteurs, et ils essaieront de vous coller ce qui n’est pas à vous. Pendant cette montée la mémoire se restaure, demandez à Dieu de vous la renouveler en priant de la sorte : « Seigneur, pardonne-moi, j’ai espéré en Toi, et j’espère toujours en Toi, Seigneur, en Ton intercession, en l’espoir que Tu me donnes ». L’espoir, que Dieu est miséricor-dieux, aide. Il est également très utile de se souvenir d’Une Certaine Vierge, qu’on appelle Mur Indestructible. Connaissez-vous Son Nom ? La Vierge Marie Mère de Dieu. N’oubliez pas qu’Elle est vraiment un Mur Indestructible, Qui protège les hommes.

Il existe un livre magnifique dont le titre est « Un évènement vrai que beaucoup qualifieront d’extraordinaire ». Vous l’avez peut-être lu. Un certain monsieur Ikskoul K. est mort et est resté dans l’au-delà pendant trente six heures. Il a été protégé par la Vierge Marie qui l’a fait revenir dans ce monde. Pour cette raison tant que vous vivez n’oubliez pas d’adresser vos prières à Dieu, à la Sainte Vierge et à votre Ange gardien. Vous devez

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vivre avec votre Ange gardien à vos côtés et avoir de bonnes relations avec lui. J’espère qu’elles sont déjà bonnes. N’oubliez pas de le remercier et de lui présenter vos vœux le jour de sa fête. A propos, elle est quand, sa fête ? Sa fête est le 21 novembre, ainsi que celle de toutes les Puissances Célestes. « Je te remercie, mon Ange gardien, pour toute l’aide que tu m’as apportée ».

On peut commander un Te Deum unique-ment au Seigneur Jésus Christ ?

Pas uniquement, vous pouvez le faire à l’Ange gardien.

Il est possible de commander des molebny (prières d’actions de grâces ou prières solennelles d’intercession) également aux saints. Dans ce cas-là il faut le mentionner dans votre papier de la manière suivante : « Le moleben

à la sainte Ksénia de Saint-Pétersbourg ». Les Te Deum d’actions de grâce, on ne les fait qu’à Dieu. Au cas où vous voulez remercier un saint, vous commandez un moleben au saint en question.

Revenons à notre sujet principal. Vous êtes en train de monter dans l’air. Qu’est-ce qui arrive à l’âme qui n’a pas pu le traverser ?

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On la prend par les bras et on l’envoie en enfer, dans ce pays des ombres éternelles, que j’ai décrit plus haut. Dans cet endroit l’âme n’est pas suppliciée par un châtiment de feu, elle est en attente de sa pénitence. Mais elle est tourmentée à l’idée de sa future punition, elle est torturée par ses envies insatisfaites. Rappelez-vous la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare (Lc 16, 19–31)? Quel était le tourment du riche, quel organe souffrait le plus? La langue. Pourquoi ? Parce qu’il avait pris l’habitude d’avoir du plaisir par sa langue, et c’est celle-ci qui était devenue l’instrument de son tourment. Les âmes des êtres humains sont tourmentées avec leurs envies insatisfaites. Leurs passions les dévorent, ce qui constitue l’essence des tortures infernales. Il ne faut pas oublier que l’enfer est un avant-châtiment, et non le châtiment lui-même. Le feu que les âmes voient dans l’enfer n’est qu’un éclat de la flamme qui sévira après la fin du monde. En effet il n’y a pas encore de verdict ni dans l’enfer, ni dans le Paradis.

L’âme qui a passé les épreuves des « péages » arrive devant les portes du Paradis

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où elle est accueillie par l’Apôtre Pierre muni des clefs (Mt 16, 19). Dans son épître l’Apôtre Pierre a promis, qu’après sa mort il continuerait de prendre soin de nous pour que nous gardions toujours en mémoire son enseignement : « J’emploierai mon zèle en ce qu’en toute occasion, après mon départ, vous puissiez vous remettre ces choses en mémoire » (2 P 1, 15). Il réalise ce qu’il a promis et en conformité avec sa promesse il vous mettra à l’épreuve à propos de son enseignement.

Comment, donc, sont contrôlés ceux qui sont sur le point de rentrer dans le Paradis ? Le sens de l’examen est de voir si les nouveaux arrivés ressemblent au Christ ou pas. Comme l’indique Siméon le Théologien, si l’âme de l’homme ressemble au Christ, cet homme rentrera dans le Paradis. Le Paradis est un jardin superbe plein de verdure où règne le printemps éternel. C’est un jardin physique dans lequel chaque petite herbe est remplie de sens. On peut même dire que le Paradis est plus réel, plus dense que la Terre. Si l’enfer est un espace moins dense que la Terre, le Paradis, l’endroit de l’attente et de la croissance de l’âme, est plus réel que la Terre.

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Maintenant la dernière chose concernant les « péages ». Souvent satan essaie de tromper les âmes qui montent en passant par les

« péages ». Comment le fait-il ? Il se déguise en bon ange habillé de lumière. A cause de ce danger au moment où vous verrez un ange gardien, dites-lui avant tout : « Glorifie Jésus Christ et fais un signe de croix ». Faites-le absolument pour ne pas vous laisser prendre par un monstre cornu caché sous l’habit d’un ange. « Tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu » (1 Jn 4, 3).

Un jour saint Païssios du Mont Athos reçoit la visite de feu Euphémie Très-louée, et il lui dit : « Fais-moi un signe de croix et une grande métanie ». Elle s’est signée et a fait une prosternation avec lui. Et c’est uniquement à ce moment-là qu’il lui a dit : « Très bien, je suis très content que tu sois venue ». Ce comportement est un exemple d’une approche correcte. Imaginez que vous êtes mort et voyez un saint ange. Tout de suite il faut le soumettre à un interrogatoire direct : « Qui es-tu ? Glorifies-tu Jésus Christ ? ». Autrement vous pouvez tomber dans de mauvaises pattes. C’est très dangereux, on ne joue pas avec ça.

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Combien dure l’ascension la plus longue ? Personne ne sait. Marc de Thrace a été retenu pour une heure à cause de sa vanité. Souvent, si on est retenu, ce n’est pas pour longtemps. Quand ceci arrive l’âme est souvent tirée vers les ténèbres. Si l’âme est retenue en passant les « péages », il faut prier Dieu.

Il est important que ceux qui ont du piston dans les Cieux prient pour cette âme. Comment le faire ? Il existe un moyen très intéressé. Je parle de la plus scandaleuse parabole du Christ Sauveur dans le Nouveau Testament, celle de l’intendant avisé, qui induit en erreur un bon nombre de lecteurs. Voilà ce qui est directement dit dans ce texte :

« …faites­-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin qu’au jour où il viendra à vous manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles » (Lc 16, 9). Autrement dit, achetez ceux qui prieront pour vous quand vous serez incapable de le faire vous-même. Comment faut-il dépenser son temps avant sa mort ? Il faut distribuer tout son argent parmi les gens en leur disant : « Toi, il faut que tu pries pour moi ! Tu as compris ? Sinon je te rendrai

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visite quand je serai mort. Toutes les nuits tu me verras pour ne pas oublier de prier pour moi. »

Faire de bonnes actions pour ceux qui ne l’ont pas mérité sert également. Quelqu’un vous a fait du mal, et vous, au contraire, vous lui faites du bien. De cette manière au sens propre du terme vous vous achetez un toit éternel. La parabole de l’intendant avisé nous enseigne de faire en sorte qu’il y ait autour de nous le plus possible de gens qui soient nos obligés. C’est-à-dire ceux qui devront prier pour vous et votre âme. Vous pouvez utilisez pour ça et l’argent et vos bonnes actions, tout moyen est bon. Demandez des promesses de prier, qu’ils vous le jurent, n’ayez pas honte. Il faut que leur soutien soit puissant.

Rappelez-vous la parabole : quand il viendra à manquer, que feras-tu ? — « Piocher ? Je n’en ai pas la force ; mendier ? J’aurai honte…

­ » (Lc 16, 3.). Il faut convoquer et commander. Pourquoi croyez-vous que je construis une église ? En réalité j’ai mon intérêt. Qui évoque-t-on pendant toutes les Liturgies au moment de la Grande Entrée ? « Les bienheureux et d’éternelle mémoire fondateurs de cette

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sainte église ». Chaque litanie contient cette évocation. Vous aussi, vous devez avoir ce genre d’intérêt. Ne vous limitez pas aux petits billets de commémoration ou pour la santé que vous donnez à l’église pour vos proches, faites quelque chose de réel, mettez brique sur brique dans la fondation de votre salut.

Dans notre société les personnes intéressées sont mal vues. Mais ce n’est pas toujours mauvais de l’être. L’intérêt peut servir également pour l’éternité. Les résultats de votre intérêt peuvent être particulièrement utiles lors des épreuves des « péages ».

Espérons que l’âme est passée au travers des « péages » avec succès. Si ce n’est pas le cas elle va en enfer. Sachez qu’il est possible d’extraire l’âme de l’enfer à l’aide des prières, mais uniquement si de son vivant le défunt gardait intacte la foi dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, s’il croyait en la Sainte Trinité. C’est une condition sine qua non pour sauver l’âme de la personne qui est morte.

Et comment peut-on savoir si le défunt avait une vraie foi de son vivant ou non?

Parfois le Seigneur nous laisse avoir des visions. Parfois on peut sentir quelque chose

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de désagréable pendant la prière. Quand on prie pour quelqu’un nos âmes communiquent à travers le Christ. C’est une raison pour laquelle je considère qu’il est bon de communier les samedis de commémoration des morts, quand il y a des offices funèbres. Bien sûr il faut se confesser la veille, car il est impossible de le faire le jour de commémoration.

Paradis

En se retrouvant au Paradis n’oubliez pas

à quoi ressemblent les « péages » tels qu’on les a décrits. Sainte Perpétue a vu une échelle en or qui montait de la terre jusqu’au ciel et qui avait un aspect horrible à cause de couteaux plantés des deux côtés. Là où il devait y avoir la première marche se tenait un dragon déchaîné. Elle a vu que Satire, son compagnon de cellule, s’était approché de cette échelle et avait fait sur ce dragon un signe secret, qui était un signe de croix. A ce moment le dragon s’est calmé et s’est tu. Satire a posé son pied sur le dragon et a commencé à monter en ne regardant que vers le haut. Pourquoi

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les couteaux ? Ceux qui regardent de côté se coupent. En passant par les « péages » il ne faut regarder que vers le haut. Sainte Perpétue a suivi Satire en faisant, elle aussi, un signe secret sur le dragon. Elle a monté l’échelle et est entrée au Paradis. Elle a été accueillie par Jésus Christ le Grand Berger entouré des Esprits de feu qui Lui chantaient une hymne de louange. Il l’a embrassée en disant : « Je te salue, tu es Ma fille qui revient enfin à la maison ». C’est de cette manière qu’on arrive au Paradis. Pendant neuf jours de suite l’âme découvre le Paradis dans la mesure de ses possibilités. Les âmes des personnes qui de leur vivant ne se consacraient pas assez à des réflexions de haute spiritualité, ne verront pas le Paradis dans sa plénitude. Il existe des endroits différents dans le Paradis. Avant de mourir faites un effort pour mieux vous préparer afin d’y monter le plus haut possible. Du neuvième au quarantième jour après la mort on montre l’enfer et ses tortures à l’âme du trépassé, pour que l’âme de l’homme sache ce que cet endroit prépare pour elle. Finalement le quarantième jour l’âme du défunt se présente et s’incline devant Dieu pour

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recevoir son jugement personnel provisoire avec indication de l’endroit où cette âme va attendre le Jugement dernier. Si, pendant sa vie dans son corps humain, l’homme n’a pas lutté contre ses passions, ces dernières continuent à progresser après sa mort, et l’âme du défunt pourrit de plus en plus. Par contre si l’homme, de son vivant, avait suivi une voie médiane, s’il s’était penché vers Dieu, Dieu peut l’extraire de l’enfer. Dans le Paradis les âmes continuent à évoluer. Nous pensons souvent : « Mais qu’est-ce qu’on va faire dans l’au-delà ? » L’âme se développe continuellement là où elle se trouve. Dans le Paradis les âmes reçoivent avant tout le repos. Rappelez-vous les paroles de l’Apocalypse qu’on a lues jeudi dernier : « je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été égorgés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient rendu. Ils s’écrièrent à forte voix, disant : « jusques à quand, Maître Saint et Véridique, attendras-Tu pour faire justice et venger notre sang sur les habitants de la terre ? » On leur donna à chacun une robe blanche et on leur dit de prendre patience encore un peu de temps, jusqu’à ce que fût au complet le nombre de leurs compagnons

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de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux » (Ap 6, 9–11). Cela montre que les âmes des hommes grandissent dans les Cieux, elles prennent soin de la Terre, savent ce qui s’y passe, et ils ont plus de force dans leur vie dans l’au-delà que nous, vivants, dans la nôtre. C’est curieux, mais l’âme du saint a une réalité plus intense que son corps. Le Paradis est une réalité plus dense que la Terre, et ses habitants sont, si je peux le dire, plus remplis de réalité que les habitants de la Terre, même s’ils n’ont pas de corps. Comme les habitants du Paradis n’ont pas encore retrouvé leurs corps, ils ne peuvent avoir encore toute la plénitude de la joie. Ils reçoivent leur récompense dans la mesure où l’existence sans corps peut le leur permettre. Les âmes se reposent, apprennent les mystères de Dieu, jouent. Peut-être ne saviez– vous pas qu’il existe des jeux et des joies spirituels au Paradis ? La vie de sainte Perpétue nous en parle. Les habitants du Paradis s’habituent doucement à la Lumière Divine en se nourrissant des fruits de cet endroit. Le Paradis est une sorte d’école. Pourquoi est-il une partie de la Terre ? Parce que la Terre a été

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créée comme une grande école, et le Paradis est une université, où on peut être admis uniquement en passant bien les examens. Les « péages » ne sont rien d’autre que les examens d’entrée à l’université. L’être humain a besoin d’apprendre à vivre en présence de son Créateur.
Le Paradis recèle plein d’endroits différents. Voici un exemple intéressant : André le Bienheureux a été ravi au Paradis et a vu en son centre une énorme Croix irradiant la lumière, qui était vénérée par les anges. Quand l’âme de l’homme monte elle voit cette Croix, et en montant plus loin elle arrive devant un certain rideau derrière lequel se trouve le Royaume de Dieu, situé au-dessus de tous les cieux.

Un jour un homme qui était disciple de saint Jean Chrysostome a été ravi au Paradis. En y arrivant il s’est trouvé très chagriné. L’Ange l’a interrogé à propos de la cause de son chagrin en disant que personne ne partait jamais de là attristé. Cet homme lui a répondu qu’il attendait très fort de revoir saint Jean Chrysostome, mais qu’il ne l’avait pas trouvé. Voici la réponse que l’Ange lui a

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donnée : « Bien, tu cherches Jean, prédicateur de la Parole de Dieu. Tu ne peux pas le voir, car il est là où est Dieu ».

Certains se préparent tellement bien sur Terre qu’ils montent plus haut que le Paradis. Prenez l’exemple de l’apôtre Paul. Il est déjà à côté du Christ comme il l’a prédit lui-même dans son épître aux Philippiens. Un autre exemple : le prophète Elie et Enoch se trouvent au Paradis avec leurs corps physiques. Le saint apôtre Paul et certains autres saints montent de plus en plus haut dans les Cieux.

Il n’y a seulement qu’une Sainte Qui a reçu déjà la plénitude de la béatitude. Elle est l’unique à avoir reçu pleinement la récompense avant le Jugement dernier. C’est la Sainte Mère de Dieu. Pourquoi ? Parce qu’Elle est ressuscitée avec Sa chair. Pourquoi l’Assomption de la Vierge est-elle une si grande fête pour nous ? Parce que c’est le jour où nous glorifions le deuxième être humain qui a atteint la plénitude de la gloire que tous les hommes ne recevront qu’au moment du Jugement dernier. Mais il est difficile de la rencontrer au Paradis. Par contre Elle apparaît

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souvent sur terre. Il y a une tradition qui dit que la Mère de Dieu vient sur terre à chaque fois, qu’on chante le Magnificat « Mon âme exalte le Seigneur ». Cela explique pourquoi tous les jours à l’église nous chantons le Magnificat qui signifie l’apparition invisible de la Vierge. Et Elle passe parmi nous en nous regardant chanter. Ceux qui ne chantent pas, Elle ne leur donne rien. Les autres, Elle regarde s’ils chantent automatiquement ou avec le cœur. Et puis, en fonction de ce qu’Elle voit, Elle donne une récompense. Son assistance bienveillante ne se fait pas attendre.

Résurrection universelle

Donc, les êtres humains ne cessent jamais d’évoluer. Ça va continuer jusqu’au jour du Jugement dernier. Quand le nombre de sauvés sera atteint, le ciel sera roulé, et le Christ viendra sur terre avec les anges et tous les saints, et l’enfer se videra, car toutes les âmes seront convoquées et le quitteront, et ce sera le jour de la Résurrection. Nous allons retourner dans nos tombeaux, qui s’ouvriront, et Dieu en extrairera nos corps.

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Rappelez-vous le jour horrible du prophète Ézéchiel quand il a vu les ossements se rapprocher les uns des autres et se recouvrir des muscles et de la peau. Et après l’esprit entrait en eux (Ez 37, 7–10).

Ça se passera exactement comme le prophète Ézéchiel l’a décrit : nos tombeaux vont fleurir de vie, et nous en sortirons en chair et en os à l’âge de trente trois ans sans lunettes, sans cannes, sans béquilles, sans défauts génétiques, et nos corps vont être le reflet exact de nos âmes.

Batuchka, et d’où on connaît l’âge de trente trois ans ?

L’apôtre Paul dit : « jusqu’à ce que nous parvenions…à­ la mesure de l’âge de la plénitude de Jésus Christ » (Eph 4, 13). C’est à ce moment-là que nous vivrons les choses les plus horribles. Et vous me parlez des « péages » ! Les « péages » — ce n’est pas définitif.

Et où on trouvera de la place pour tout le monde ?

Il y aura un nouveau ciel, une nouvelle terre et un nouvel univers. Notre terre brulera, mourra et sera ressuscitée à nouveau. C’est après ça qu’il y aura le Jugement dernier,

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quand chacun de nous se présentera devant Dieu pour répondre de tout ce qu’il a fait, et une nouvelle véritable vie commencera. Il faut toujours garder présent à l’esprit le jour de ce grand compte rendu. La Parole de Dieu met l’accent beaucoup plus sur le jour du Jugement dernier que sur les « péages ». Pourquoi ? Parce que c’est le Jugement dernier qui est le plus important. Les « péages » sont les examens d’entrée à l’université, tandis que le Jugement dernier est une prise de décision définitive concernant votre sort dans l’éternité. Cette décision sera prise d’une manière absolue et pour toujours, sans appel. C’est là qu’une grande séparation va se produire : tous les pécheurs seront jetés avec leur chair dans le feu éternel, dans les ténèbres extérieures en dehors de Dieu, et le ver, qui ne meurt jamais, les dévorera toujours, et leurs tourments ne finiront jamais. Comme dit l’Apocalypse de saint Jean : « et la fumée de leurs tourments s’élèvera dans les siècles des siècles, sans qu’il y ait aucun repos ni jour ni nuit…­» (Ap 14, 11).

En ce qui concerne les justes, ils entreront dans la vie éternelle et vivront dans un Univers nouveau, dans le Royaume avec le Christ.

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Ils seront dieux par grâce. Ils seront déifiés et atteindront les sommets des béatitudes.

Est-ce que ces justes souffriront pour leurs proches qui ne sont pas avec eux ?

Les relations de famille, de mariage et toutes les relations de chair s’arrêtent au moment de la mort. Si les proches défunts apparaissent aux vivants c’est qu’il y a eu un lien entre les âmes, et non pas à cause des liens de famille. S’il n’y a pas eu de relations d’âme à âme, il n’y a pas d’apparitions. Comprenez-vous ? « Je vous déclare qu’en cette nuit-là de deux personnes qui seront dans le même lit, l’une sera prise et l’autre laissée » (Lc 17, 34). Rappelez-vous ce que le Seigneur a dit : chacun répond pour soi (voir Éz 18). Encore une fois, si entre les époux mariés à l’Eglise il y a une parenté spirituelle et celle des âmes, celle-ci existera après la mort. Mais ce lien ne sera pas comme celui entre mari et femme, ce sera une parenté entre deux enfants de Dieu. Entre les époux, s’il n’y a pas eu de relations spirituelles entre eux pendant leur vie, il n’y aura aucun lien après la mort.

Les êtres humains vont être ressuscités dans les corps qu’ils avaient de leur vivant.

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C’est à ce moment-là que viendra le châtiment pour les péchés et la récompense complète pour une vie juste. Le grand Royaume s’installera où il n’y aura ni mort, ni corruption. Comme il est dit, la joie éternelle l’envahira, la maladie, le chagrin et la tristesse disparaitront.

Et avant le deuxième avènement du Christ, quel est l’état de l’âme de l’être humain dans l’enfer ? L’angoisse et quoi encore?…

Une attente des tortures futures. Bien sûr aussi des contacts désagréables avec des démons. Mais tout ce que vous avez entendu dire des poêles et des choses de ce genre, l’Eglise le tient pour des fables. La confession de foi orthodoxe n’y croit pas du tout. Mais dans chaque fable il y a une parcelle de vérité. Laquelle ? L’homme est puni par où il a péché. Dans quel sens ? Souvenez-vous du riche : il aimait bien manger et c’est sa langue qui brûlait (Lc 16, 24). C’est dans ce sens-là qu’il faut comprendre la situation de l’âme de l’homme en enfer. Autrement, il n’y aura pas de chambre de tortures. Après le Jugement dernier le diable ne vous torturera pas. Il aura les mains et les pieds liés, comme tous

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les pécheurs. Ils se retrouveront dans un état éternel de solitude. Que Dieu nous en préserve, de cette solitude éternelle et absolue.

Quand Macaire le Grand priait pour les morts, il a entendu leurs paroles suivantes :

« c’est une grande joie pour nous de voir le visage d’un autre être ». Vous voyez bien que dans l’enfer nous ne verrons personne en attendant toujours le châtiment futur, la géhenne, les tourments.

Au Paradis il n’y a que des justes. L’état de juste est une chose accessible. Je le répète : il y a une possibilité pour ceux qui croient en la Sainte Trinité et qui sont baptisés de devenir des justes et des saints.

Là, nous mettrons un point. Que Dieu soit avec vous !


 

 

Prêtre Daniel Sissoyev

Instruction pour les immortels ou ce que vous devez faire si vous êtes réellement mort…

Recommandé pour publication par le Conseil d’Edition de l’Eglise Orthodoxe Russe

Rédacteur en chef Nina Krivko Rédacteur Evgueny Smirnov Correcteur Natalia Voronine

 

La Fondation caritative « Centre de missionnaire prêtre Daniel Sissoyev » pratique des activités carita-tives, d’édition et monte des missions. Le site inter-net www.mission-center.com permet à tous ceux qui veulent devenir missionnaires de suivre on-line des cours qui enseignent des bases de la prédication selon le système du père Daniel. Dans la section « Charité » (« Blagotvoritelnost ») les informations sur les familles des prêtres décédés sont affichées. La Fondation ac-corde son aide aux veuves des ecclésiastiques ayant des conditions de vie difficiles. Que Dieu vous garde !

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