Pour notre archevêque N…, pour l’ordre vénérable des prêtres, pour le diaconat en Christ, pour tout le clergé et le peuple, prions le Seigneur.

Lorsque pour la première fois le Mystère eucharistique fut célébré, le célébrant était l’Auteur de notre salut, le Christ notre Maître. Après Son ascension, Sa place à l’assemblée eucharistique a été occupée par les douze apôtres, et après eux, par les évêques qu’ils avaient ordonnés. Comme avec le temps les Eglises locales se multipliaient, les presbytres commencèrent à célébrer la divine liturgie sur l’ordre des évêques. La continuité est ininterrompue, et ainsi le célébrant de chaque liturgie est le successeur du Christ.

Cette continuité se voit particulièrement dans la personne de l’évêque qui est assis « sur le trône du Christ, afin de prendre soin et de diriger avec piété Son Église ». Dans sa personne, nous voyons le Christ: « Nous devons regarder l’évêque comme le Seigneur Lui-même. » La présence de l’évêque à la divine liturgie, ou son assentiment à la célébration de celle-ci, est l’assurance de l’authenticité du Mystère : « Que cette Eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous [la présidence de] l’évêque ou de celui qu’il en aura chargé *. »

Au début de l’époque byzantine, la divine liturgie commençait par la Petite Entrée* actuelle : le premier acte liturgique était l’entrée de l’évêque dans l’église. Ensuite, celui-ci revêtait les ornements pontificaux au centre de l’église, comme cela se produit souvent de nos jours, notamment dans l’Église russe. La vêture de l’évêque figure l’événement de l’incarnation du Verbe. De même « que le Verbe de Dieu, étant sans chair, revêtit la sainte chair de la sainte Vierge », ainsi l’évêque revêt ses saints ornements, qui « signifient l’incarnation du Christ et [les traits distinctifs] de l’incarnation ».

L’évêque est le messager « qu’envoie le Maître de maison — le Christ — pour administrer Sa maison ». Il entre dans la maison de Dieu pour accomplir l’œuvre du Christ: ramener la brebis égarée dans le troupeau unique de l’Église. L’omophore*, l’ornement spécifique de l’évêque, symbolise « le salut et le rappel (…) de la brebis égarée » (Mt 18, 12). C’est pourquoi il dit en le revêtant : « Prenant sur Tes épaules, ô Christ, la nature égarée, Tu es monté au Ciel et Tu l’as offerte au Dieu et Père. »

L’entrée de l’évêque dans l’église, son accueil par les fidèles qui se sont déjà rassemblés, sa vêture au centre de l’église, soulignent la signification particulière de la présence de l’évêque dans la divine liturgie. La pratique liturgique nous révèle que l’évêque est l’image vivante du Christ, celui qui est béni, qui vient au nom du Seigneur (Mt 21, 9). Et les fidèles qui sont réunis dans l’église sont l’Israël de la grâce qui reçoit le Messie.

Pendant la divine liturgie, l’évêque est « celui qui tient la place de Dieu » et les prêtres « tiennent la place de l’assemblée des apôtres ». La liturgie est la Cène Mystique elle-même à laquelle, avec le Christ et les apôtres (que nous voyons en la personne de l’évêque et des prêtres), sont présents tous les fidèles.

Les fidèles ressentent la grandeur du ministère sacerdotal et les dangers auxquels sont exposés les célébrants. Et parce qu’ils connaissent la puissance de la prière commune, ils prient le Christ pour l’évêque. Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet :

« Si le premier venu s’avisait de vous recommander de prier individuellement pour le salut de votre évêque, chacun de vous s’excuserait comme si ce fardeau surpassait ses forces ; mais lorsque, réunis tous ensemble, vous entendez le diacre vous adresser la même invitation et vous dire: “Prions pour l’évêque…” vous ne refusez pas de vous rendre à cette injonction, et vous offrez au Ciel une prière fervente, connaissant le pouvoir de votre réunion. »

C’est sur cette puissance des prières communes que s’appuient les fidèles et qu’ils osent prier le Seigneur pour ceux qui se tiennent « près de la nature bienheureuse et pure ». Seigneur, aie pitié de notre père l’évêque, de Tes prêtres, et de Tes évêques.