Le diacre : Prions le Seigneur. Kyrie eleison.

Le prêtre dit la prière : Fais briller dans nos cœurs, Maître qui aime les hommes, la pure lumière de Ta divine connaissance, et ouvre les yeux de notre esprit pour que nous comprenions Ton message évangélique. Mets aussi en nous la crainte de Tes bienheureux commandements, afin que, foulant aux pieds tous les désirs de la chair, nous menions une vie selon l’esprit, ne pensant et n’agissant que d’une façon qui Te plaise. Car Tu es l’illumination de nos âmes et de nos corps, Christ Dieu, et nous Te rendons gloire avec Ton Père sans commencement et Ton très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Par l’incarnation du Seigneur, l’obscurité spirituelle qui régnait sur la Terre a été dissipée et la Lumière véritable a brillé. « La Sainte Écriture appelle habituellement nuit le temps précédant la venue du Christ, pendant lequel… l’obscurité de l’ignorance régnait sur la Terre. Tandis quelle appelle jour le temps de la venue de notre Sauveur, pendant lequel nous avons été illuminés, alors que nous avons reçu la Lumière de la véritable connaissance de Dieu dans nos esprits, et nous voyons maintenant le Soleil de la justice avec les yeux de notre âme. »

Avant que ne commence la lecture du saint Évangile, nous demandons au Seigneur la Lumière de la connaissance divine car, comme Soleil de Justice, Il l’accorde à nos âmes. « La connaissance est appelée lumière dans la mesure où elle est communiquée par la Lumière divine. Le grand apôtre Paul l’affirme : Dieu qui a dit: la Lumière brillera du sein des ténèbres a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu (2 Co 4, 6)… Vois-tu ? La lumière de la connaissance est communiquée par la Lumière de la grâce. »

La connaissance divine est exprimée de deux façons : premièrement, elle est inhérente au fait que Dieu nous connaît comme les Siens et participants de Sa grâce, conformément à la parole apostolique vous avez connu Dieu, ou plutôt vous avez été connus de Dieu (Ga 4, 9). Deuxièmement, elle est conférée par ce que Dieu nous révèle. Par cette révélation, le Christ illumine nos cœurs et nous accorde la véritable vie, car la connaissance de Dieu engendre la vie : « Tel est le commencement de la vie bienheureuse : la véritable connaissance de Dieu — Te connaître, dit Salomon, est la racine de l’immortalité (cf Sg 15,3)— de même que l’ignorance de Dieu [par le premier créé] introduisit la mort à l’origine. » Saint Isaac le Syrien demande : « Qu’est-ce que la connaissance ? » Et il répond : « C’est la sensation de la vie immortelle. »

La connaissance divine est la force qui nous fait acquérir la vie incorruptible, et la vie éternelle est la connaissance de Dieu, selon la parole du Seigneur: La vie éternelle, c’est qu’ils Te connaissent, Toi, le seul vrai Dieu, et Celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ (Jn 17, 3). Et ces deux choses — la connaissance de Dieu et la vie — nous les demandons dans la divine liturgie, car elles y sont offertes comme nourriture et boisson. L’un des textes liturgiques les plus anciens énonce : « Nous Te rendons grâces, notre Père, pour la vie et la connaissance que Tu nous as fait connaître par Jésus Ton enfant ; à Toi soit la gloire dans les siècles. » Nous rendons grâces pour la vie et la connaissance que le Christ nous accorde.

Depuis la hauteur de la Croix vivifiante, de l’arbre de vie, le Christ a ouvert la porte du Paradis et nous y a introduits — Il nous a introduits dans la divine liturgie, où l’arbre de la connaissance et l’arbre de vie sont plantés, fleurissent et offrent leur fruit (Gn 2, 9).

Pour entrer dans la joie du Seigneur, dans la divine liturgie, il nous faut piétiner les désirs charnels. C’est précisément ce que demande le célébrant dans la prière avant la lecture du saint Evangile : Mets aussi en nous la crainte de Tes bienheureux commandements, afin que, foulant aux pieds tous les désirs de la chair, nous menions une vie selon l’esprit. L’homme qui est ami des plaisirs refuse l’invitation du Christ à participer au banquet de Son amour. Car « lorsque l’intellect de l’homme est porté à la sensualité de ce monde, il est impuissant et inerte pour les œuvres de Dieu. Et il ne participera pas à la fête divine et céleste ». En outre, « Dieu le Père ne donne pas aux impurs [la bénédiction] de connaître le Christ, ni n’offre la grâce très utile du Saint-Esprit à ceux qui ont appris à s’écarter dans des transgressions inconvenantes, car il ne convient pas de déverser le parfum très précieux dans la boue ».

Quand, par la grâce du Christ, nous vainquons les désirs charnels, le Seigneur transforme toute notre existence. Le corps et l’âme deviennent les sources des forces spirituelles. « Une fois que le corps a brûlé dans la fournaise de l’ascèse et a été trempé dans l’eau des larmes (…), immergé dans le silence et la sérénité de la paix intérieure, il est empli avec une autre force… celle du Saint-Esprit (…). Lorsque l’âme a fait de son corps un tel collaborateur… elle change ses mouvements corporels en combats spirituels… Elle quitte le corps et entre dans la nuée de la théologie. »

Lorsque les désirs charnels sont surpassés, nous pouvons mener une vie spirituelle et connaître le Seigneur qui aime les hommes. Saint Grégoire le Théologien nous appelle à la hauteur de la théologie : « Tu veux devenir un jour théologien et digne de la Divinité ? Garde les commandements, progresse par l’observance des préceptes, car la pratique sert de marchepied à la contemplation » des mystères spirituels.