Nous avons demandé au Christ qu’il nous illumine de la lumière de la connaissance de Dieu, car II est l’illumination de nos âmes et de nos corps. Cette lumière du Christ est symbolisée par la lumière des cierges et des veilleuses que nous allumons lors de la divine liturgie et des autres offices.

L’éclairage dans l’office, en particulier avec des lampes qui brûlaient d’une huile pure, constituait une loi de Dieu donnée à Moïse: Ordonne aux fils d’Israël de te procurer pour le luminaire de l’huile d’olive, limpide et vierge, afin qu’une lampe soit allumée à perpétuité (…) dans la tente du témoignage… Elle brûlera du soir au matin devant le Seigneur. C’est une loi immuable pour vous d’âge en âge (Lv 24, 2-3).

L’utilisation de l’éclairage dans la divine liturgie commence dès les temps apostoliques. Les Actes des apôtres mentionnent que lorsque l’apôtre Paul célébrait l’Eucharistie à Troas, de nombreuses lampes étaient allumées dans le lieu de l’assemblée (Ac 20, 8). Saint Nicodème l’Hagiorite explique pourquoi nous illuminons l’église : « Premièrement, pour la gloire de Dieu, Lui qui est la véritable lumière qui illumine chaque homme. Deuxièmement, pour que se dissipent les ténèbres de la nuit et que nous éprouvions une consolation. Troisièmement, comme un signe de joie et d’allégresse… Quatrièmement, en l’honneur des Martyrs et des Saints… Cinquièmement, comme allusion à la lumière de nos bonnes oeuvres… et sixièmement, pour le pardon de nos péchés. »

Saint Syméon le Nouveau Théologien écrit à ce propos :

« Ce que te montrent les lampes, par leur signification, c’est la lumière intelligible. De même, en effet, que l’église, cette magnifique demeure, est illuminée par la multitude des lampes, de même la demeure de ton âme, bien plus précieuse que ce temple, doit être illuminée intérieurement et éclairée à fond par toutes les vertus spirituelles… Quant aux pensées qui prennent forme de lumière, le nombre de chandeliers où brûle le feu visible t’en donne une idée ; comme eux, chacune d’elles doit briller sans qu’une seule pensée obscure s’attarde dans la maison de ton âme; absolument toutes au contraire doivent briller dans le feu de l’Esprit qui les consume sans cesse. »

Dans l’assemblée eucharistique, le Seigneur vient comme l’Époux au milieu de la nuit~ de cette vie. Il nous a Lui-même donné le commandement de L’attendre avec les lampes de nos âmes allumées : Gardez vos lampes allumées (Le 12, 35). Aussi, l’Église nous incite à aller à la rencontre de l’Époux pour fêter — avec les milices angéliques — la Pâque eucharistique:

« Flambeaux en mains, approchons du Christ sortant du tombeau comme l’Époux, et avec les ordres festifs [des anges] célébrons la Pâque salvatrice de Dieu. »