Après avoir donné la communion au peuple, le prêtre dit : Sauve, ô Dieu, Ton peuple, et bénis Ton héritage.

Le chœur : [Le Seigneur est Dieu et II nous est apparu]. Nous avons vu la vraie Lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, nous avons trouvé la vraie foi, nous adorons l’indivisible Trinité, car c’est elle qui nous a sauvés.

Le diacre dit au prêtre : Exalte, Maître.

Le prêtre encense trois fois les saints Dons, en disant : Sois exalté au-dessus des deux, à Dieu, et que sur toute la Terre resplendisse Ta gloire.

Le prêtre, élevant le calice, dit à voix basse devant la sainte Table : Béni soit notre Dieu et, se tournant vers le peuple, il dit à voix haute : En tout temps, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Il porte ensuite le calice sur l’autel de prothèse.

Le chœur : Amen [Amen, Amen. Pour la rémission des péchés et la vie éternelle]. Et le tropaire : Que nos lèvres s’emplissent de Ta louange, Seigneur, afin que nous chantions Ta gloire; car Tu nous as rendus dignes de communier à Tes saints, divins, immortels et vivifiants Mystères. Garde-nous dans Ta sainteté, afin que le jour entier nous méditions Ta justice. Alléluia. Alléluia. Alléluia.

Par la sainte communion, le fidèle reçoit en lui La vraie lumière. Son âme est unie au Christ, le Soleil de justice. Son intellect est « entièrement entremêlé avec Dieu et tout illuminé par la lumière divine ». Le Christ devient pour le fidèle qui a communié à Lui :

 

Lumière et paix et joie, vie, nourriture et boisson, vêtement, habit, tente et maison divine… soleil véritablement sans déclin et astre toujours brillant, lampe qui brille au-dedans de la maison de l’âme.

Nous avons reçu dans nos âmes non pas simplement « quelque rayon de lumière, mais le disque solaire lui-même ». Nous sommes devenus, selon la grâce, des soleils qui accompagnent l’unique Soleil. Car le Christ, « ayant embrassé toutes choses par Sa force illuminatrice, donne à ceux qui en sont dignes la lumière perpétuelle, et en fait de nouveaux soleils ».

Saint Grégoire Palamas, révélant les expériences de sa sainte vie, parle de l’entrée de l’homme dans l’espace de la véritable Lumière: le Christ « ne s’est pas borné à unir Son Hypostase divine à notre nature… mais Il s’unit… aux hypostases humaines elles-mêmes, en se confondant Lui- même avec chacun des fidèles par la communion à Son Saint Corps, puisqu’il devient un seul Corps avec nous et fait de nous un temple de la Divinité tout entière — car dans le Corps même du Christ habite corporellement toute la plénitude de la Divinité (Col 2, 9) — comment n’illuminerait-Il pas ceux qui communient dignement au rayon divin de Son Corps… comme II illumina les corps mêmes des disciples sur le Thabor1 ? »
La lumière du Christ illumine l’homme entier et le conduit à la vision des mystères de Dieu : « La présence de la Lumière divine, puisqu’elle est simple et unifiée, rassemble en elle les âmes qui participent et les fait se tourner vers elle… Elle conduit vers les profondeurs de Dieu la faculté de vision de leur intellect, de telle façon qu’elles contemplent les grands mystères et deviennent initiées et capables d’initier . »
Le Mystère eucharistique — le mystère du Soleil de justice — s’est levé dans notre monde depuis la Lumière du Père ; il est célébré par la Lumière du monde, qui est le Christ; et il est sanctifié par la Lumière du Paraclet. Avant la venue du Christ, le prophète David a prophétisé : Dans Ta lumière, nous verrons la lumière (Ps 35, 10). Maintenant, nous aussi, après la sainte communion, « nous avons vu et nous prêchons: de la lumière — le Père —, nous saisissons la lumière — le Fils -, dans la lumière — l’Esprit — théologie brève et simple de la Trinité… Lumière, lumière et lumière, mais une seule Lumière, un seul Dieu ».
L’homme créé est entièrement illuminé par la Lumière divine, il est séparé de la création et uni à Dieu :

De nouveau la Lumière m’illumine, de nouveau elle se fait clairement voir,
de nouveau elle ouvre les cieux, de nouveau elle déchire la nuit, de nouveau elle crée tout, de nouveau je ne vois plus qu elle, de nouveau elle me fait sortir de toutes les réalités visibles… et, alors quelle est au milieu de tout ce qui est, elle me fait sortir de tout4.
Le Christ, la Lumière du monde, disperse les ténèbres du siècle présent. Il ouvre les deux et nous conduit dans l’espace du siècle nouveau. Là, le fidèle rencontre la Lumière, qui est « la beauté du siècle éternel à venir, le Royaume de Dieu sans commencement et sans succession ». Là, dans le Royaume, il n’y aura plus de nuit; nul n’aura besoin de la lumière du flambeau ni de la lumière du soleil (Ap 22, 5). Là brille la lumière du visage du Christ.

La divine liturgie entière, comme image du Royaume à venir, est illuminée par la lumière du Christ. Le saint néomartyr Jacques de la Sainte Montagne vit, avec ses yeux purs, l’invisible:

 

« Alors que le prêtre commençait à revêtir ses ornements, la lumière des anges brilla devant lui, semblable à la lumière de l’aurore. Lorsqu’il commença la prothèse, quatre milices angéliques vinrent et se tinrent aux quatre coins de l’église. Après qu’il eut achevé la prothèse et couvert les précieux Dons avec les saints voiles, la lumière se répandit et les couvrit — car les voiles visibles manifestent la lumière intelligible qui couvre les Dons. Lorsque vint le moment de la Grande Entrée et que le prêtre sortit avec les saints Dons, la lumière le précédait et recouvrait tous les fidèles. Lorsque ensuite les saints Dons furent placés sur la sainte Table, cette lumière l’entourait, comme le croissant de lune. Au milieu du cercle lumineux se trouvait le prêtre avec les saints Dons, tandis qu’à l’extérieur se tenaient les anges avec déférence, sans oser s’approcher. Cette lumière ne quitte pas le prêtre pur, mais devient une avec lui, et de la bouche de celui-ci sort une flamme lumineuse quand il lit l’Évangile et les prières. Et lorsqu’il élève ses mains, de ses doigts s’épanche la lumière. »

Et le saint continue: « J’ai vu le Seigneur, après la consécration, comme un jeune enfant assis sur le discos dans la lumière… Et lorsque la divine liturgie fut achevée, je vis à nouveau le jeune Enfant avec les saints anges s’élever avec gloire et honneur dans le Ciel . »