Le témoignage fondamental concernant saint Jean Chrysostome en tant que célébrant est constitué par ses propres écrits. Le saint, lorsqu’il se réfère au ministère liturgique du prêtre, nous révèle son expérience liturgique vécue.

Le véritable célébrant du Mystère eucharistique est le Christ : Celui qui célébra l’Eucharistie « lors de la dernière Cène est le Même que Celui qui accomplit maintenant ces Mystères. Nous, prêtres, occupons la place des serviteurs. Celui qui les sanctifie et les transforme est le Christ ». Le célébrant est l’instrument du Saint-Esprit, il occupe la place du Christ.

Saint Jean Chrysostome, qui vécut le ministère liturgique à son plus haut niveau, mentionne que le prêtre « se tient entre Dieu et la nature des hommes, faisant descendre jusqu’à nous les honneurs du Ciel, et y élevant nos supplications ». La célébration de l’Eucharistie place le célébrant dans le Ciel : « Le trône du sacerdoce est placé dans les Cieux. » C’est pourquoi il est exigé du prêtre une pureté angélique, de telle façon qu’il puisse exercer l’œuvre que Dieu n’a pas même confiée aux anges. Car « le prêtre invoque l’Esprit saint, il accomplit le très redoutable sacrifice et touche constamment le Maître commun de tous ».

Le prêtre se trouve sur terre et se meut dans le Ciel. Il se tient avec les saints anges, il glorifie Dieu avec les archanges, il concélèbre avec le Christ. Saint Jean révèle que lors de la divine liturgie, « les puissances célestes occupent tout le sanctuaire et collaborent avec nous dans la célébration de l’office ». Ses contemporains témoignent au sujet du saint que « lors de la divine liturgie était révélé qui était ce contemplateur du monde invisible. Car il ne ressemblait pas à un homme revêtu d’une chair mortelle, mais plutôt à un ange sous forme humaine».

C’est ainsi que les saints célèbrent la liturgie. C’est ainsi que saint Jean Chrysostome célébrait le « miracle des mystères». Devant le saint Autel, il vivait le mystère de l’amour de Dieu. Il recevait du Ciel l’Amour divin et l’offrait à ses enfants sur terre. Par conséquent, sa vie, sa parole et son témoignage fournissent la meilleure exégèse de la divine liturgie. Car celle-ci — c’est-à-dire le Christ — était sa vie. Et sa vie était une liturgie et une action de grâces continuelles.