Le Seigneur Jésus-Christ a accomplit la promesse d’établir le Sacrements de Corps et de Sang à la veille de Sa mort sur la croix, à la veille de la Pâque juive. Cette fête, la plus grande de toutes les fêtes de l’Ancien Testament, a été créée à la mémoire de la délivrance des juifs de l’esclavage égyptien. Elle consistait en le sacrifice et la consommation d’un agneau immaculé d’un an avec des herbes amères et du pain sans levain. Le sang de l’agneau immolé était censé rappeler aux Juifs que la nuit dernière, avant de quitter l’Égypte, lorsque, par ordre de Dieu, les portes de leurs maisons étaient revêtues de l’onction du sang de l’agneau, et que l’ange destructeur passait devant les maisons juives marquées de ce signe et ne frappait que le premier-né de l’Égypte des voisins. Et le pain sans levain et les herbes amères étaient censés rappeler aux Juifs le départ précipité de l’Égypte et leur destin amer lors de leur long séjour dans l’esclavage égyptien.

Le temps est venu pour le sacrifice de l’Agneau divin sur l’autel de la croix et, par conséquent, pour l’abolition des rites de Pâques dans l’Ancien Testament. En réalité, ils ont été abolis le jour de sa mort sur la croix; mais ce fait a été posée la veille par l’établissement de l’Eucharistie où le Seigneur a présenté au préalable l’image de Ses souffrances sur la croix. Et non seulement la Pâque de l’Ancien Testament a été abolie, mais tout l’Ancien Testament a été aboli et le Nouveau Testament, le nouvel ordre de la relation de Dieu avec l’homme en Christ, est entré en vigueur. L’établissement de la nouvelle Alliance a été prédit par le prophète Jérémie :

Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, Où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle, Non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, Le jour où je les saisis par la main Pour les faire sortir du pays d’Égypte, Alliance qu’ils ont violée, Quoique je fusse leur maître, dit l’Éternel. Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit l’Éternel: Je mettrai ma loi au dedans d’eux, Je l’écrirai dans leur coeur; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple.(Jér. 31.31-33)

 

Ainsi, tout comme l’Ancien Testament était établi par le sang des taureaux sur le mont Sinaï (Ex 24,8), de même le Nouveau Testament a été établi dans le Sang du Saveur, qui est le Sang de la nouvelle Alliance entre Dieu et les chrétiens.

Lors d’un repas pascal judaïque, le Seigneur Jésus-Christ célébra pour la première fois le mystère de l’Eucharistie, la Cène pascale de l’Eglise. C’était la dernière Pâque que le Christ célébra avec Ses disciples durant Sa vie terrestre.

Un jour avant la fête de la Pâque, les disciples demandèrent au Seigneur : Où veux-Tu que nous préparions le repas pascal? Et II leur répondit: Allez à la ville chez untel, et vous lui direz: le Maître dit: le temps de ma Passion est proche; Je ferai chez toi la Pâque avec mes disciples. Ceux-ci firent ce que le Seigneur leur avait ordonné et préparèrent le lieu où ils devaient célébrer ensemble la Pâque (Mt 26, 17-19).

Lorsque les disciples demandèrent au Christ où préparer la Pâque, ils avaient naturellement en vue la Pâque judaïque. C’est celle-ci qu’ils préparèrent. «Tandis que la nôtre [la Pâque chrétienne], c’est le Christ qui l’a préparée. Et non seulement II l’a préparée, mais II est devenu Pâque Lui- même. » Lors de la dernière Cène, le Christ a célébré à la fois la Pâque judaïque et la Pâque chrétienne, c’est-à-dire « à la fois la Pâque de la figure et celle de la réalité. Le Christ a fait précisément la même chose que les peintres qui, sur leur tableau, tracent les lignes du projet, ajoutent les ombres et complètent par les couleurs réelles. A la même table, Il esquissa la Pâque qui était la figure et ajouta la Pâque véritable ».

Les trois premiers évangélistes et l’apôtre Paul nous donnent la description de la première liturgie : Jésus, prenant le pain et ayant rendu grâces, le rompit et le donna aux disciples et dit: Prenez, mangez, ceci est mon corps, qui est donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. Et prenant la coupe, après avoir rendu grâces, Il la leur donna en disant: buvez-en tous, ceci est mon sang, celui de la nouvelle alliance, répandu pour beaucoup pour la rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Je vous le dis en vérité, je ne boirai plus jamais du fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai à nouveau avec vous dans le Royaume de mon Père (Mt 26, 26-29 ; Mc 14, 22-25 ; Le 22, 15-20 ; 1 Co 11, 23-26).

L’évangéliste Matthieu parle de l’établissement de l’Eucharistie:

Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant: Prenez, mangez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant: Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. (Matt. 26.26-28)

La description de la première liturgie est en même temps celle de la synaxe — l’assemblée eucharistique des temps apostoliques, si ce n’est quelle est présidée non plus par le Christ, mais par les saints apôtres, qui sont les images vivantes du Maître. Ainsi, les premiers chrétiens vivaient la présence du Christ dans l’Eucharistie et attendaient Son retour en gloire. La perception de la présence du Sauveur et l’attente de Sa seconde venue donnaient aux synaxes eucharistiques des premiers chrétiens une atmosphère de joie et d’allégresse (Ac 2, 46-47).

Aux temps apostoliques, les agapes étaient offertes avant la divine liturgie. Les chrétiens vivaient aussi l’Eucharistie comme un dîner de l’amour, précisément parce que la Cène mystique était celle de l’amour ineffable du Christ envers Ses disciples. Cependant, avec le temps, en raison de certains désordres, la divine liturgie a été séparée des agapes (1 Co 11, 17 et suiv.).

Lorsque les saints apôtres commencèrent à envoyer des lettres aux Eglises locales, les synaxes eucharistiques débutaient par la lecture de l’une de ces lettres (Col 4, 16; 1 Th 5, 27). Il y avait ensuite le baiser de paix, dont parle l’apôtre Paul dans ses épîtres (2 Co 13, 12; Rm 16, 16). Puis, le célébrant bénissait les fidèles : Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. Amen (2 Co 13, 13). Après la bénédiction, on prononçait la prière d’action de grâces et les paroles du Seigneur : Prenez, mangez… Buvez-en tous..., et la prière d’invocation du Saint-Esprit ou épiclèse qui est fondée sur les paroles du Christ après l’institution du Mystère : lorsque viendra le Paraclet (…) Il rendra témoignage de moi (…), Il me glorifiera (Jn 15, 26 ; 16, 14 ). Enfin, le Saint Corps du Christ était rompu, puis suivait la communion. C’est ainsi qu’était célébrée l’Eucharistie aux temps des apôtres.