Prenant ensuite une troisième prosphore, ou utilisant la même, le prêtre prélève sur elle neuf parcelles réparties sur trois rangées, qu’il place à la gauche de l’Agneau, en disant : En l’honneur et la mémoire des très grands chefs des ordres angéliques Michel et Gabriel et de toutes les puissances célestes et incorporelles.

Les puissances célestes exercent également leur ministère dans l’œuvre de l’économie divine. Pour cette raison, le célébrant place, à la gauche de l’Agneau, une parcelle en leur honneur.

Avant l’incarnation du Verbe, les anges connaissaient confusément le mystère du Christ. Par l’incarnation du Verbe, Dieu a été manifesté dans la chair et a été vu des anges (I Tm 3, 16). « Lorsqu’il s’est revêtu de chair, Il devint visible aux anges… Auparavant Son essence était invisible pour eux. » Le mystère de l’économie divine caché depuis les siècles en Dieu (Ép 3, 9) a été d’abord manifesté aux saints anges. Ensuite, ceux-ci le révélèrent aux êtres humains. « Ce sont les anges d’abord qui furent initiés au mystère divin de l’amour de Jésus pour les hommes et ce fut par eux que la grâce de cette connaissance nous fut communiquée »

L’archange Gabriel visita le prêtre Zacharie pour annoncer la naissance du Précurseur qui, selon les paroles du prophète, était un messager devant la face du Seigneur (Mt 11, 10 ; Ml 3, 1). Le même archange visita la Mère de Dieu pour lui annoncer « qu’en Elle s’accomplirait le mystère théarchique de l’ineffable incarnation ». À nouveau, un ange visita Joseph afin de lui dire que la Vierge avait conçu de l’Esprit saint et portait en elle le Sauveur du monde (Mt 1, 20).

Enfin, lorsque le Christ naquit à Bethléem, un ange du Seigneur visita les bergers, car ils s’étaient purifiés par leur vie, dans la paix et la quiétude’, et leur annonça la bonne nouvelle. Et soudain se joignit à l’ange une troupe nombreuse de l’armée céleste, qui louait Dieu en disant: Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et sur la terre paix, aux hommes bienveillance (Le 2, 13-14).

Maintenant, dans la Bethléem liturgique — la prothèse — là où est célébré le mystère de l’incarnation du Verbe, les anges du Seigneur apparaissent aux célébrants dont l’âme est pure, à l’instar des bergers. Il y avait un ancien « qui était pur et saint. Alors qu’il accomplissait la prothèse, il voyait les saints anges se tenir à sa droite et à sa gauche ».

Lors de chaque liturgie, une troupe nombreuse de l’armée céleste (Le 2, 13) est présente, glorifiant Dieu comme jadis à Bethléem. On rapporte au sujet du saint évêque Niphon de Constantiane ‘ que, durant la Grande Entrée, il voyait une multitude d’anges accompagnant le prêtre, « chantant avec joie des hymnes ineffables. Et lorsque le prêtre déposait les Dons précieux sur la sainte Table, les anges la couvraient de leurs ailes. Alors, deux chérubins venaient et se tenaient à la droite du célébrant, et deux séraphins à sa gauche ».

Au moment de l’anaphore, « les anges assistent le prêtre, toute l’armée des célestes puissances chante des louanges à haute voix, en remplissant tout l’espace qui est autour de l’Autel, pour faire honneur à Celui qui est sacrifié».

Dans la liturgie sont accomplis les mystères dans lesquels les anges désirent plonger leur regard (1 P 1, 12). Ils sont présents comme ministres et servants, mais seul le prêtre peut célébrer la divine Mystagogie : « Lorsque le prêtre pur et digne… entre dans le sanctuaire sacré pour célébrer la liturgie, il est entouré invisiblement par une grande foule d’anges incorporels et divins, qui le servent durant toute la liturgie avec beaucoup de révérence. Mais bien que les anges servent le prêtre durant la liturgie, ils ne peuvent la célébrer eux-mêmes sans prêtre… Ainsi, le prêtre ressemble à quelque grand officier de l’Empereur, tandis que les anges sont semblables à Ses soldats et Ses serviteurs. »