Le diacre : Tenons-nous bien. Tenons-nous avec crainte. Soyons attentifs à offrir en paix la sainte anaphore.

Le chœur : Miséricorde de paix, sacrifice de louange.

Par la sainte anaphore, qui commence maintenant, nous arrivons au moment le plus sacré de la divine liturgie. Aussi, le diacre nous appelle à prêter attention à la façon dont nous nous tenons, tant pour ce qui concerne notre âme que notre corps. « Tenons-nous bien. Tenons-nous avec crainte. » Du temps de saint Jean Chrysostome, l’exclamation était quelque peu différente: « Debout, tenons-nous droits. »
Saint Jean interprète la signification de cette exhortation comme suit:

il nous faut « élever nos pensées qui rampent à terre, bannir la paralysie spirituelle qu’apporte le souci des affaires temporelles, afin de pouvoir présenter nos âmes droites devant Dieu… Pense près de qui tu es, avec qui tu vas invoquer Dieu — c’est avec les chérubins… Aussi, nul ne saurait prendre part à ces hymnes sacrés et mystiques avec indolence… Au contraire après avoir banni toute pensée terrestre et être monté tout entier au Ciel, que chacun offre l’hymne très-sainte au Dieu de gloire et de majesté, comme s’il se tenait devant le trône même de gloire et volait avec les séraphins. C’est pourquoi le diacre nous exhorte à nous bien tenir à ce moment. En d’autres termes à nous tenir avec crainte et tremblement, pleins de sobriété et de vigilance ».

La divine liturgie est appelée « anaphore », qui signifie en grec faire monter, offrir, parce que nous-mêmes et nos précieux dons sommes offerts (élevés) vers Dieu. Et il faut « nous tenir avec révérence et avec crainte à l’heure redoutable de l’anaphore, car quelle que soit la disposition de l’âme ou quelles que soient les pensées que chacun a en ce moment-là devant Dieu, c’est dans la même disposition qu’il est élevé vers le Seigneur ».
Les Dons précieux ne sont pas simplement offerts sur l’Autel terrestre, mais ils sont élevés à l’Autel supracéleste. Et nous sommes tous appelés à nous élever jusqu’à l’espace de la paix inébranlable. Le passage vers cet espace doit avoir lieu en paix. « Une grande paix et une grande quiétude sont nécessaires » à ce moment et en ce lieu. Lorsque la sainte anaphore est offerte sur l’Autel supracéleste, les Puissances angéliques se tiennent avec crainte et tremblement. Elles couvrent leurs visages avec révérence et chantent l’hymne au triple Soleil Divin.