Lors de la Sainte Cène, le Christ célèbre de façon sacramentelle Son sacrifice sur la Croix. Il offre Son saint Sang et, en L’appelant le sang de la Nouvelle Alliance [ou nouveau Testament], « Il montre encore qu’il s’en va mourir, et c’est pour cela qu’il parle de “Testament”. Il nous remet en mémoire le précédent Testament [l’Ancien] qui avait été aussi scellé et consacré avec le sang (He 9, 18-21) ». Lors de la dernière Cène, nous voyons le passé (l’Ancien Testament), le présent (le Nouveau Testament) et le futur (Sa mort imminente), coexistant dans la personne du Christ.
Dans la divine liturgie de saint Jacques, avant la consécration des saints Dons, le peuple chante avec componction : Nous annonçons Ta mort, Seigneur, et nous confessons Fa Résurrection. La divine Eucharistie est l’expérience sacramentelle du sacrifice du Christ. Pendant la célébration, « le Maître Christ est présent, Sa mort est accomplie, ce redoutable Sacrifice ».
Saint Jean Chrysostome dit: « Respectez cette Table, la Victime qui est dessus, c’est-à-dire le Christ immolé pour nous. »
Le Seigneur, pour nous, a été livré à la mort ou, plutôt, Il s’est livré volontairement (Mt 26, 21). Dans l’Écriture, « il est dit qu’il a été trahi, mais il est également écrit qu’il s’est livré lui-même » (Ép 5, 2). Le Christ « a souffert la mort à notre place et pour nous, volontairement, alors qu’il aurait pu éviter la Passion ». La nuit de la dernière Cène, le Christ a été livré aux grands-prêtres par Judas, ou plutôt II se livra Lui-même — pour la vie du monde.

Lors de la dernière Cène, le Christ offre déjà aux disciples Son Corps très saint rompu et Son Sang répandu. D’une façon impénétrable pour l’esprit humain, Il anticipe les événements de la trahison et de la Croix. En offrant aux Douze Son Saint Corps comme nourriture, « Il montre clairement que le sacrifice de l’Agneau a déjà été accompli ». La Cène est appelée mystique, car elle nous a révélé le Sacrifice salvifique et nous a initiés à lui.
La divine Eucharistie « n’est pas une image ou une figure de sacrifice, mais un sacrifice véritable’ », car le Christ est sacrifié et offert pour les fidèles. Saint Jean Chrysostome dit : « Tu t’approches d’un sacrifice saint et redoutable… Le Christ est immolé devant toi . »
Le sacrifice du Golgotha et celui de la divine Eucharistie sont un, car « nous offrons toujours le même Christ, et non pas aujourd’hui un agneau, demain un autre; non, mais toujours le même. Pour cette raison, le sacrifice est unique… Le sacrifice qui fut alors offert, nous l’offrons aussi maintenant, lui qui ne peut jamais s’épuiser ». Le Christ « est sans cesse immolé pour sanctifier ceux qui Le reçoivent ».

La divine Eucharistie est le Mystère de la mort du Christ sur la Croix. Aussi, lorsque nous participons au Mystère, nous goûtons les fruits du sacrifice du Christ.
Par la Croix du Christ, « la mort a été abolie, la résurrection a été accordée, les portes du Paradis ont été ouvertes… nous sommes devenus les enfants de Dieu ». L’homme a été libéré de l’esclavage du diable et sa beauté première a été restaurée: « Du jour où II est monté sur la Croix, où il est mort et ressuscité, la liberté des hommes a été établie, leur figure et leur beauté [celle des premiers-créés] ont été constituées » L’homme et le monde ont été sanctifiés pour tous les siècles : « Quelques gouttes de sang recréent le monde entier . »
Sur le saint Autel, nous voyons la racine qui fait germer l’Arbre de Vie l’amour de Dieu pour l’homme. Nous nous demandons: « Quel amour pourrait égaler celui-là?… Quelle mère fut si tendre, ou quel père si affectueux ? Qui a aimé quelque personne bien aimée d’un amour aussi fou ? » Sur la Table de la Vie, nous rencontrons le Père aimant, qui « par les souffrances de Son Fils s’est réconcilié avec le genre humain et a comblé d’amour ceux qui étaient Ses ennemis ». L’amour divin est en même temps la racine et en même temps le fruit de la Croix.