Le prêtre (à voix basse) : En sorte qu’ils [i.e. les saints Dons] deviennent, pour ceux qui y communient, sobriété de l’âme, rémission des péchés, communion du Saint-Esprit, plénitude du Royaume des deux, assurance auprès de Toi, et non pas jugement et condamnation. Nous T’offrons encore ce culte spirituel pour ceux qui reposent dans la foi: ancêtres, pères, patriarches, prophètes, apôtres, prédicateurs, évangélistes, martyrs, confesseurs, ascètes, et tout esprit juste ayant achevé sa course dans la foi.
(A voix haute) : Et surtout pour notre Souveraine, la Toute- Sainte, Immaculée, Bénie par-dessus tout, glorieuse Mère de Dieu et toujours Vierge Marie.
Le chœur : Il est digne en vérité de te proclamer bienheureuse, Toi qui enfantas Dieu, toujours bienheureuse et Tout-Immaculée et Mère de notre Dieu. Toi plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins, toi qui sans corruption enfantas Dieu le Verbe, toi véritablement Mère de Dieu nous te magnifions.

Nous offrons la divine Eucharistie pour tous les Saints et surtout pour la Très Sainte Mère de Dieu. En premier lieu pour les honorer et, deuxièmement, pour rendre grâces à Dieu qui nous les a donnés afin d’intercéder pour notre salut. Tous les Saints, mais surtout la Très pure Mère de Dieu, sont une Eucharistie — une action de grâces — de l’homme à Dieu pour Ses bienfaits. Aussi, c’est d’une manière particulière que nous l’honorons et la proclamons bienheureuse.
La Mère de Dieu est l’expression suprême de l’amour de Dieu. Dans la création, elle « est l’accomplissement exceptionnel, extraordinaire et absolument déiforme accompli par la Sagesse créatrice de Dieu ». « Elle seule est la frontière entre la nature créée et incréée. Nul ne peut approcher Dieu si ce n’est par son intermédiaire et par l’Intercesseur qu’Elle a enfanté. Et aucun des dons de Dieu ne peut être donné aux anges et aux hommes si ce n’est par Elle! » Aussi, c’est à juste titre qu’Elle constitue la louange commune des anges et des hommes et qu’Elle est louée au Ciel et sur terre. Cela est manifesté par l’hymne à la Mère de Dieu II est digne en vérité qui est chanté en ce moment sacré. La première partie de cette hymne a été révélée par l’archange Gabriel à un moine athonite. L’archange la chanta alors pour la première fois, suivie de la strophe Toi plus vénérable que les chérubins.
S’adressant à Dieu le Père, le prêtre et les fidèles ont dit: II est digne et juste de Te chanter. S’adressant à la Mère de Dieu, les fidèles chantent maintenant : Il est digne en vérité de te proclamer bienheureuse… car Elle est « dieu après Dieu, celle qui occupe le second rang après la Trinité ». Les anges et les hommes s’unissent en un chœur commun pour magnifier Celle qui est véritablement la Mère de Dieu.

Nombreux sont les noms par lesquels nous chantons les louanges de la Toute-Sainte, mais son appellation première est Theotokos, « Celle qui engendra Dieu, la Mère de Dieu » « car ce nom contient tout le mystère de l’économie divine. Si Celle qui a mis au monde est Mère de Dieu, Celui qui est né d’Elle est assurément Dieu et assurément homme aussi. Car comment aurait pu naître d’une femme le Dieu pré-éternel s’il n’était devenu homme » ? En attribuant le nom de Mère de Dieu à la Toute- Sainte, nous proclamons simultanément le mystère du Christ, qui est célébré dans la divine liturgie.